CHAPITRE II
' IiM PaBflrciMlicf aBtf dotées, troovéct cb wi
o» i' «nu le graad dompteur des CimbrcB : : sant par l'air, de peur de la rousée» ^ . sa venue ou a remply les timbres :!. heure frais, tombant par une housée. :..uquel quand fut la grand mer ' anrousée. Cria tout haut : Hers, par grâce, peschez le , Car sa barbe est presque toute embousée; Ou, pour le moins, tenez luy une eschelle.
Aucuns disoient que leicher sa pantoufle Estoit meilleur que gaigner les {tardons : Mais il survint un affecté màrroufle,
'Noas n'essayerons pas d'annoter ce chapitre, où tout , k commencer par k titre, est inintelligible à desteia. Dans ces prophéties, aussi obscures que celles de Merlin et de Nostradamos , on peut à la rigaeur soupçonner quelques allasions aux affaires de religion, au pape, au protestantisme; mais Touloir aller plus loin, et préciser, au bout de trois siècles , ce que Tauteur n'avait pas voulu que Ton comprît de MQ temps, ce serait tomber dans les abeiTations de ces commentateurs qui ont si étrangement abusé ^ système des interprétations historiques.
Dans son imitation de Rabelais, l'é-
crivain satirique allemand Fischart n'a pas cru devoir reproduire tex* tuellement ce chapitre, et y a substitué d'autres plaisanteries aussi peu intelligibles. S'il y avait vu les allégories hérétiques qu'y découvrent certains commentateurs, il n'aurait pas manqué, avec son antipathie contre l'Église de Rome , de les reproduire et de les rendre plus transparentes.
- Renonçant à expliquer Penscmble du chapitre, nous n'avons pas cru devoir donner, surles mots pris isolément, des explications qui n'auraient eu aucune utilité pour le lecteur.
' Grand meref édit. de 1535.
14 LIVRE I, OHAPïTRE II.
Sorti dtt creux où Ton pesche aux gardons ^
Qui dist : Messieurs, pour Dieu nous en gardons,
L'anguille y est, et en cest estau musse.
Là trouverez (si de près r^ardons)
Une grand tare au fond de son aumusse.
Quand fut au poifit de lire le chapitre , On n*y trouva que les cornes d*un veau. Je ( disoit il ) sens le fond de ma mitre Si froid qu'autour me morfond le cerveau. On l'eschauffa d'un parfum de naveau , Et fut content de soy tenir es atres , Pourveu qu'on fist un limonnier nouveau A tant de gens qui sont acariâtres.
Leur propos fut du trou de saint Patri(ie, De Gilbathar, *(k de mille autres trous; S'on les pourrolt réduire à cicatrice , Par tel moyen que plus n'eussent la toux : Veu qu'il sembloit impertinent à tous Les voir ainsi à chascun vent baisler.
Si d'adventure ilz esloient à point clous. On les pourroit pour hôustages bailler.
En cest arrest le corbeau fut pel^ Par Hercules qui venoit de Lybie.
Quoy? dist Min6s, que n'y suis je appelle? Excepté moy , tout le monde on convie : Et puis Ton veult que passe mon envie A les fournir d'huytres et de grenoiOes. Je donne au diable, en cas que, de ma vie, Preigne à mercy leur vente ' de quenoilles.
Pour les matter survint Q. B. qui clope , Au saufconduit des mistes sansonnetz.
Le tamiseur, cousin du grand Gyclope, Les massacra. Chascun mousche son nez :
* L^édition de 1535 a vente; d'antres'^ ventre.
ÇARGANTUA. 15
£n ce gueret peu d,^ bougrias sont nés, Qu'où n'ait berné su^ le çdoulija à tau. Courez y tous, et alarme sonnez, Plus y aurez que n'y eustes autan.
Bien peu après l'oiseau de Jupiter
Délibéra pariser pour le pire :
Mais, les voyant tant fort se despiter,
Craignit qu'on mist ras, sus, bas, mat l'empire,
Et mieulx aima le feu du ciel empire
Au tronc ravir où Von vend les sorets,
Que Fair serain » contre qui Von conspire»
Assubjectir es dicts des massorets.
Le tout conclud fut à pointe affilée, Maulgré Até, la cuisse heronniere.
Qui là s'asist , voyant Pentasilée Sus ses vieux ans prise pour cressonnière. Chascun crioit : Yillaine charbonnière.
T'appartient il toy trouver par chemin?
Tu la tolluz la romaine bannière , Qu'on avoit lait au traict du parchemin.
Ne fust Juno, qui, dessous l'arc céleste, Avec son duc tendoit à la pipée.
On luy eust fait un tour si tresmolesle Que de tous points elle eust esté frippée. L'accord fut tel que, d'icelle lippce, Elle en auroit deux œufz de Proserpine : Et, si jamais elle y estoit grippée, On la lieroit au mont de l'Albespine.
Sept mois après, oustez en vingt et deux , Cil qui jadis anihila Cartbage Courtoisement se mit en milieu d'eux , Les requérant d'avoir son héritage :
Ou bien qu'on ftst justement le partage Selon la loy que l'on tire au rivet, Distribuant un tatin du potage A ses facquins qui firent le brevet.
i6 LIVRE 1, CHAPITRE IL
Mais l'an viendra, signé d*un arc turquois, De cinq fuseaux , et trois culz de marmite , Onquel le dos d*un roy trop peu courtois Poivré sera sous un habit d'hermite.
0 la pitié! pour une chattemite Laisserez vous engouffrer tant d'arpens?
Cessez, cessez, ce masque nul n'imite f Retirez vous au frère des serpens.
Cest an passé, cil qui est régnera Paisiblement avec ses bons amis.
Ny brusq ny smach lors ne dominera :
Tout bon vouloir aura son compromis.
Et le soulaz qui jadis fut promis Es gens du ciel, viendra en son befroy. Lors les haratz qui estoient estonunis Triompheront en royal palefroy.
Et durera ce temps de passépasse Jusques à tant que Mars ait les empas. Puis en viendra un qui tous autres passe, Délicieux, plaisant, beau sans compas.
Levez vos cœurs, tendez à ce repas, Tous mes féaux : car tel est trespassé Qui pour tout bien ne retourneroit pas, Tant sera lors clamé le temps passé.
Finalement, oeluy qui fut de cire Sera logé au gond du jacquemart.
Plus ne sera reclamé sire, sire.
Le brimbaleur qui tient le coquemart. Heu, qui pourroit saisir son braquemart? Toust seroient netz les tintouins cabus : Et pourroit on, à fil de poulemart , Tout bassouer ' le maguazin d'abus.
* BafToner, éd. de 1535.