‹ Œuvres, collationees pour la premiere fois sur les editions originalesChapitre 17 sur 296 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Conunciit Gamaniu tut wixe moU wwié aa vcnlre «CM mcre.

Grandgousier estoit bon raiilard en son temps ^ aimant à boire net^ autant que homme qui pour lors fust au monde ^ et mangeoit voluntiers salé. A ceste fm, avoit ordinairement bonne munition de jambons de Magence et de Bayonne , force langues de bœuf fumées^ abondance d'andouiUes en la saison, et bœuf salé à la raoustarde. Renfort de boutargues S pr^ vision de saulcisses, non de Bouloigne (car il craignoit ly boucon^ de Lombard), mais de Bigorre, de Lonquaulnay, de la Brene, et de Rouargue. En son aage virile espousa Gargamdle, fille du roy des Parpaillos ', belle gouge *, et de bonne troigne. Et faisoient eux deux souvent ensemble la beste à deux dos^, joyeusement se frottans leur lard, tantqu'dle engroiasa d'un beau filz , et le porta jusques à Tunziesme mois.

' En proreDçal, /70M/a/'^o, œafs de poisson salés et confils , dont on fait une espèce de saocisse.

(Pellas, Dict, prov,) Aujoui-d'bui la poutargue est préparée avec les œnfs et le sang du mulet et de quelques autres espèces da genre des mages : c'est le même mets que les Grecs anciens nommaient cii>(iOTàpiyov, et que les modernes nomment avyotàpaxov.

' Les bouchées de Lombard ou

d'Italien , c'estrà-dire les bouchées

de nets empoisonnés.

Toudroit il bien à bailleur de houeons Donner iuj mcame à garder ses flacons?

(Harol , Cantique XXI.)

3 Ce mot avait le sens de papillon, commt parpaglio en i tal ien ,/Mirpiyon en saintongeoîs, parpailloun eu provençal. Il se disait aussi pour mécréant.

^ Femme ou fille» témoin ce passage de Coquillart :

Une (bourgeoise) qui aura les yeoix rouges, Les lare au nialin d'une eaue bUni^he.

Tellenent 4|ue sur toutes gougté Elle semblera la plus franche.

Ce mot est très-fréquemment employé dans les Cent Nouvelles nouvelle$.

^ Cçtte expression n'est pas de rinvention de Rabelais , comme de

18 LIVRE 1, CHAPITRE IIL

Car autant, voire davantage, peuvent les femmes ventre porter, mesmement quand c'est quelque chef d'oeuvre, et personnage qui doibve en son temps faire grandes prouesses. Comme dit Homerç que Tenfc^nt, duquel ^P^eptune engroissa la nymphe, nasquit l'an après révolu, ce fut le douziesme mois. Car (comme dit Aulus Gellius, lib. 111 ) ce lon^ temps convenoit à la majesté de Neptune , afln qu'en iceluy l'enfant fust formé à perfection. A pareille raison Jupiter fit durer quarante huit heures * la nuyt qu'il coucha avec Alcmene. Car en moins de temps n'eust il peu forçer Hercules , qui nettoya le monde de monstres et tyrans.

Messieurs les anciens Pantagruelistes ont conformé ce que je dis, et ont déclaré non seulement possible, mais aussi légitime, l'enfant né de femme Tunziesme mois après la mort de son mary.

Hippocrates , lib. de Alimento,

Pline, lib. VU, cap. v.

Plante, in Cistellaria.

Marcus Varro, en la satyre inscripte le Testament, ailegant Tautorité d'Aristoteles à ce propos.

Censorinus, lib. de Die natali.

Aristot., lib. VII, cap. m et iV, de Nafura animalium,

Gellius, lib. lll, cap, xvi. Servius, in EccL, exposant ce mètre de Virgile,

Mat ri longa decem, etc.

Et mille autres fous : le nombre desquelz a esté par les légistes acreu. //. de suis, et legit. L intestato, § fin.

Et in Authent. de restitut, et ea que parit in undecimo mense.

D'abondant en ont chaffourré ^ leur robidilardique loy Gai-

L'Aobay le suppose. Coquillart * Ovide et Properce indiquent

avait déjà dit: deux nuits; Apollodore et Lucien,

Jehanne fait la beMe à deux dos. trois. Il y a même des auteurs qui

Shakspeare s'en est se.-vi depuis P»[^!;* 1« ^f "f ""^'* consécutives.

dans Othello, act. I, se. i : ' ^^^^<^"'"^- /^!,«»^^ ^f "f*^

Tour da«gbterandtheMoorarenow»aking ^" Samtonge. CA^^O«m a le même

Tktbtàttwithtwabaekt.' senj: en poitevin.

yGoogle

ks.ff. de Ub, etposthum, et l. septimoff. de stat. homin.,

et quelques autres que pour le présent dire n'ose.

Moyennant lesquelles lois, les femmes veuves peuvent franchement jouer du serrecropiere à tous enviz et toutes restes *, deux mois après le tyéspas de leurs maris. Je vous prie par grâce, vous autres mes bons averlans 2, si d^icelles en trouvez gue vaillent le desbraguetter, montez dessus et mêles amenez. Car, si au troisiesme mois elles engroissent, leur fruict sera héritier du defunct. Et, la groisse cogneue , poussent hardiment oultre, et vogue la galée^, puis que. la panse est pleine.

Comme Julie , fiUe de rempereirr Octavian , ne s'abandonnoit à ses taboureurs sinon quand elle se sentoit grosse, à la forme que la navire ne reçoit son pilot, que premifireoHmt ne soit callafatée et chargée.

Et si personne les blasme de soy faire rataconnicuier ainsi sus leur groisse , veu que les bestes sus leurs ventrées n'endurent jamais le masle masculant, elles respondront que ce soQt bestes , mais elles sont femmes , bien entendantes les beaux et joyeux menus droits de superfetation : comme jadis respondit Popuiie, selon le rapport de Macrobe, lib. II Saturnal. Si le diavol * ne veult qu'elles engroissent, il fauldra tortre le douzil ^, et bouche close.

' Toos loisirs.. (V. PalsgraYc).

&«< sedit encore en anglais dans le même sens. En patois bressan, réla.

Courcy de$sey,de ley , san prendre fin ne réta. . (B. Dchard.)

' Régis traduit ce mot par ka^ verlinger, et Le Duchat prétend qii'on appelait en Lorraine haver- Ungs des rooliers , de Haver dans le Limboarg. Par avé^ avers , on a désigné autrefois les animaux domestiques. Averlan, averlin (qu'on trouve aussi) -pouvaient bien signifier les valets de ferme. En patois boalonais, averlan signifie /aw^ur ienAarras.

' Vogue la galère. « Hé! vogue la galée n était le refrain d'une yieille

ronde, dont nous citerons on couj^et:

Y avait trois filles.

Toutes trois d'un frrand ; Disaient l'une & l'autre :

Je n'ay point d'amant.

Et hé ! hé !

Vo^iia la ?alêe !

Donnez lu y du ventv

* Le diable.

^ Ce mot appartient encore à plusieurs de nos patois , et signifie, le fausset d'un tonneau. Tortre ou tordre le douzil y c'est le rompre.

Daas une farce de VAnc. ihéât, franc. y publié par Jannet, Jolyet, à qui Ton attribue un enfant, dît dans le même sens :

Ha, vraiment , il est donc i moy? .

Pnisqiie vou<s jurez vostre foy, C'est bien raison qu'il me demeure.

Hais coupom la brocha à ceste heure.

Page 1