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LIVRE I, CHAPITRE XI

riant^ rioU en mordant^ souvent crachoitau baasin, petoit dé gresse^ pissoit contre le soleil^ se cachoit en Teau pour la pluye, battoit à froid^ songeoit creox^ faisoit.le succré^ escorcfaoit le renard % disoit la patenostre du cinge^^ retournoit à ses moutons^ toumoit les truies au foin> battoit le chien devant le lion, mettoit la charrette devant les bœufz, se gratoit où ne lui demangeoit point, tiroit les vers du nez , trop eoibrassoit et peu estraignoit, mangeoit son pain blanc le premier, ferroit les cigalles, se chatouilloit pour se faire rire, se ruoit très bien en cuisine, faisoit gerbe de feurre' aux dieux, faisoit chanter magnificat à matines et le trouvoit bien à propos, mangeoit choux et chioit pourrée , cognoissoit mouscfaes en laict^, faisoit perdre les pieds aux mousches, ratissoit le papier, chaffourroit le parchemin, gaignoit au pied, tiroit au chevrotin, comptoit sans son hoste, battoit les buissons sans prendre les oizUlons, croyoit que nues fussent paelles d'arain ^, et que vessies fussent lanternes ; tiroit d'un sac deux moultures, faisoit de Tasne pour avoir du bren, de son poing faisoit un maillet, prenoit les grues du premier sault , vouloit que maille 4 maille on ûstles haubei^eons *, de cheval donné tousjours regardoit en la

' ÉcarcÂer le renard se dit encore pour Tomtr. Cette image est mise en action dans une des scnlpinres qui ornent le jubé de Saint- Fiacre an Faouet, en Bretagne. 0e la bouche d'un homme personnifiant Tivrognerie, sort un renard à moitié dépouillé. Yoy. à ce sujet, dans les Annales arckéologiqueê, t. III, p. 18, ^n piquant article de M. de Guilliermy.

^ « C'est-à-dire, suivant Le Dachat, murmurait entre ses dents, comme fait le singe eu remuant les babines. »

^ De paille, au lien de leur enVir la plus belle gerbe.

4 Je connoH bien monscbe» en UicU (VtUon.)

C'est-à-dire : « Je sais distinguer le blanc du noir. >•

^ Poêles d'airain..... Villon avait dit dans sa Double ballade, parlant de sa maltresse :

AbuM m** et fiict eplcndre

Tousjours d'uiiff que il fiist un

Du vieil Rueheier que fust peauUire,

Tousjours d'unff que il fust un autre... Du vieil Rurheier que fust \ " Du ciel mme paesU à'armim.

Ainsi que M. Génin Tarait observer, les commentateurs de Villon ont à tort confondu le mot féminin poésie (paella , Du Cange, poêle à frire) avec le mot masculin pœsle, dais, tenture.

« Phittenrs ninin* procèdent d'ua bourjon •

Et maiUt à maitUon fait U hanhcrjeaft,

VersdeCrétin(p. 232,éd. Coustelier) , et non de Joinville, comme le prétend Julianneau.

yGoogre

goeulieS sadtoit du coq à l'asne^ mettoit entre deux verdes une meure, faisoit de la terre le fossé , gardoit la lune des loups 2. ai les nues tomboient, esperoit prendre les jdouettes toutes rousUes; faisoit de nécessité vertu ^ faisoit de tel pain soupe, se soucioit aussi peu desraiz comme des tonduz.Tous les matina escorchoit le renard ; les petits chiens de son père mangeoient en son escuelle , luy de mesmes mangeoit avec eux. 11 leur mordoit les oreilles , ilz luy graphinoient^ le nez; il leur souffloit au cul, ilz )uy leschoient les badigoinces *,

Et sabez quey hillotz ? Que mau de pipe bous bire ^ ! ce petit paillard tousjours tastonnoit ses gouvemanteseen dessus dessous •, cen devant derrière, harry bourriquet : et desja commençoît exercer sa braguette. Laquelle un chascun jour ses gouvernantes omoient de beaux boucquets, de beaux nibans, de belles fleurs, de beaux flocquars ^ : et passoient leur temps à la faire revenir entre leurs mains, comme un magdaleon d'entraict*. Puis s'esclaf foient * de rire quand elle levoit les oreilles, comme si le jeu leur eust pieu. L'une la nommoit ma petite dille, l'autre ma pine, Tautre ma branche de coural, Fautre mon bondon, mon bouchon, mon vibrequin.

I car j*oy tenir.

Aux aaipes, qn'à chenal donné On ne doibt point la gueule onvrir.

(Goquilhrt.)

' Protégeait, défendait la luoe conlre les loups.

^ Égratîgnaieot {grafignar, en proT. ; fftafigné , en saintongeois et en boargtfignon.)

^ Les lèvres. S^én Hché les bt^ ^goene, les hadigoince^ s*en lécher les lèvres (en saintoirgeois).

^ Et savez-Tons, ines enfants?

Que le mal de pipe (à renfermer le vin), l'ivrognerie, vons retourne!

[en diai. gétsc.)

* Cette ortographe est la véri* ble, bien qu'elle n'ait pas prévalu.

ÂQtrefois on disait çen pour ce^ amsi qu'on le voit dans une lettre d'Adalbéron, de 940 : « Pour cen que

m'as été féaules. >» Cen dessus des* sous était donc la même cbose que ce dessus dessous ^ comme écrit Froissart , et voulait dire : ce qui était dessus étant dessous.

"* Touffes de ruban».

' Par Magdaleon on désigne de petites masses cylindriques d'emplâtres amollies dans les mains et mises en rouleaux. EntraictêigniBe enclavé , enchâssé. Selon Fnretière, eniraict, en termes de charpenterie , désigne les pièces de bois qui tiennent deux parties opposées. Dans l'édit. ant. à 1535, on lit, au lieu de Magdaleon d'entraict, la paste dedans la mect (le pélrin).

C'est la même image à peu près.

* Éclataient de rire. (En provençal, esclafar.)

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