‹ Œuvres, collationees pour la premiere fois sur les editions originalesChapitre 42 sur 296 · LIVRE 1, CHAPITRE XYIÏ · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE XYIÏ

voulut emporter furtivement : mais par honnesteté les laissa^ non parce qu'elles estoienttropcbauldes*; mais parce qu'elles estoient quelque peu trop pesantes à la portée. Cil ne fut pas celuy de Bourgs car il est trop de mes amis ^. ^ Toute la ville fut esmeue en sédition^ comme vous savez qu'à ce ilz sont tant faciles^ que les nations estranges s'esbahissent de la patience ou (pour mieuk dire) de la stupidité^ des rois de France, lesquelz autrement par bonne justice ne les refrènent, veus les inconveniens qui en sortent de jour en jour. Pleust à DieuSque je sceusse l'officine en laquelle sont forgés ces schismes et monopoles, pour les mettre en évidence es confraùpies 4ie ma paroisse * ! Croyez que le lieu auquel convint le peuple, tout folfré et habeliné, fut Sorbone 5, où lors çstoit, maintenant n'est plus l'oracle de Leucece ®. Là fut proposé le cas, et remonstré l'inconvénient des cloches transportées.

^ Aujourd^bai encore , dans les ateliers, chez les dorears, par exemple» quand on manie un outil trop, chaud et qn*on est forcé de le laisser tomber, on dît que cet outil est trop pesant.

^ Il importe de remarquer , 'dit de Marsy , avec quelle adresse Ra^ bêlais , après s'être égayé assez librement auY dépens des religieux de Tordre de Saint-Antoine, termine cette satire par un trait obligeant pour le commandeur de Bourg (Antoine du Saix, comme le veut Le Duchat, ou tout autre), mais probablement personnage accrédité dans son ordre , et eu état de soustraire Rabelais au ressentimaitde ses confrères. C'est là une tactique familière à notre auteur.

^ Nous donnons la leçon de Tédit. ant. à 1 535.

La stupidité des rois de France aora semblé un terme irrévérencieux, qui n*a plus reparu dans aucune édition.

* Dans Tédit. ant. à 1535 , à la place de ce dernier membre de phrase , on lit : » pour voir si Je n'y ferais pas de beaux placeurs de merde,

^ (Édit. ant. à 1535 et de 1535.) Ce mot a été remplacé dans les autres par Nesle, L'hôtel de Nesie occupait TemplaCement de notre hôtel des monnaies.

« Lucece, (Édit. de 1 535.) Paris.

Le Duchat croit que cet oracle de Lntèce, qui était à Thôtel de Nesle, doit s'entendre d'une idole d'Isis qui subsista, jusqu'en 1514, dans l'église de Saint-Germain-des- Prés.

Un passage de Sauvai, I, 24, paraîtrait offnr une explication beaucoup plus satisfaisante: « Le roi Jean y a longtemps logé (à Thôtel de Nesle), et ce fut une maison royale jusqu'à Charles Y. >• Mais il est évident que la pensée première de Rabelais se rapportait à la Sorbonne.

Apres avoir bien ergoté pro et contra , fat conclud en baralipton * que l'on enToiroit le plus vieux et suffisant de la faculté théologale 3 vers Gargantua^ pour luy remonstrer rhorrible inconvénient de la perte d'icelles cloches. Et^ non obstant la remonstrance d'aucuns de TUniversité^ qui ailegoient que ceste charge mieulx competoît à un orateur qu'à un théologien '^ fut à cest affaire ealeu noâtre maistre Janotus de Bragmardo *.

' On connaît levers technique qui servait à désigner les diverses espèces de syllogismes, •u-btft cetarent Dwrii ferio baraUpion.

^ Édit. ant. à 1535 et édit. de 1635. Dans tes antres on a supprimé tktohgaU,

3 Édit . ant à 1 535 et de 1 635.

Dans d'autres, sopkitie.

* C€ nom se retrouve dans le Voyage de maisire Guillaume en Tautre monde, Paris, 1612 , p. 16.

•« Le plus riche libraire du quartier « s'appelle Janotus de Bragmardo, <t qui ne laisse pas de vendre qiiel- « qnes bons livies à l*usage du <c temps qni court, où chacun se « platt à la médisance. »

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