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LIVRE I, CHAPITRE XXIII

véline^ Tespiett^ la halebarde^ enfotiçeit l'are ^ bailctoil es rein» les fortes arbaleâtes de passe * , tboit de l'arquebouse à l'ceil, affeustoit le eanon^ tiroit à la iwrtte, an papeguây, au bas en mont, d'amcm! en Val, deirant, de costé, en arrière, comme les Fartkes.

On lui attachoit un cable en quelque haute tour, pendant Ml terre : par iceluy aVec deut mains montent, puis devaloit si roidement et si asseurement que pins ne pourriez parmy un pré bien egallë. On lui mettoit une grosse percbe appu^^ à' deux arbres; à icelle se pendoit par les mains, et dlceile alloit et venoit sans des pieds à rien toucher, qu*à grande course on ne l'eust peu aconcetoir *.

Et, pour s'exercer le thorax et poulmons, crioit comme tous lès diables, le Touy une fois appelant Eudémon , depuis ta porte Saint Viptor jusques à Montmartre ^.^ Stentor n'eut ônques telle voix à la bataille de Troye.

Et, pour galentir * les nerfs, on lui avait fait deux grosses saulmones* de plomb, chascune du pois de huit mille sept cens quintaulx , lesquelles il nommoit altères *. Ic«lles preitolt ée terre en chascune main, et les eslevoit en l'air au dessus d« la teste ; leis tenoit ainsi sans soy remuer trois quarts d'heure et davantage, que estoit une force inimitable.

Jouoit aux barres avec les plus forts. Et, quand le point aévenottj se tenoit sus ses pieds tant roidement c(u'il s'abondonnoit es plus adventureux^, en cas qu'ilz le fissent mouvoir " " '"* ■ ■' • ■ I I ■■■ I ' III I

* tyrosses arbalètes qu'on, ne gautua a bien pu être daus Toripottvait onihiairement bander ^u'à gine k Poitou et la TmittiiM , et l'aide d'un eugiu nommé passe. les imprimeurs , peut-être Rabelais

^Atteindre. lui-même, auront, par distraction,

* Depuis la porte de la Bessé laissé subsister ces Vestiges de son jusques a ia fontaine 'de Narsay ancien plan.

(éd. ant. à 1535). A la page précé- ^Rendre galants , c'est-à-dîre

dente, nous aTÔns signalé une ditlfé- forts et dispos,

renée de leçon de la même nature. ^ Saumons.

A notre avis , fl ne faut pas voir * Du latin halter , contre -

là de «impies inadvertances de I*an- poids. Grosses baHet dont les an-

*ieut, mais des traces d*nue plus ciens se servoient dans leurs exer-

anéîeniM édition. cices.

Le théâtre des gestes de Ckn-- ' Plus forts (édit.aiit. à iSrSS}.

de ga place» oomine jadifi faisoit Milo. A rimitaÉton duquel aussi teooit une ponune de gremàé en sa main , et la don* noit à qui lui pourroit ost^.

Le temps aiasi employé, hii frotté, nettoyé^ «1 reftfaicliy d'babilkmanfi, tout d^MUsemeot s'en retournoient, ei, paaaans par quelques prés ou auU^s lieux herbus, vtsitoieQt les arbres et plantes^ les couferena avec les livres des anciens qui en ont escrit, eomme Theopbraste % Dioseorides, Marious, Pline, iNieander» Macer et <^lea; et en emportoient leurs pki^es mains au logis; desqueUes avoit la charge un jeune page ooauué Rhizotome ^3 ensemble des niarrochoos^,4espioebes, cerfouettes, bêches^ tranches, et autres instrumejw reqw à bien arborizer *.

Eux arrivés au logis, ce pendant qu'on aprestoit le souper, repetoient quelques passages de ce qu'avoit esté leu, et s'asseoient à table. Notez icy que son disner estoit sobre et frugal; car tant seulement mangeoit pour refréner les aboys de Testomac : mais le souper estoit copieux et large. Car tant en prenoit que lui estoit de besoing à soy entretenir et nourrir. Ce que est la vraye diète, prescrite par l'art de bonne et seure médecine; quoy qu'un tas de badaux médecins, herselés^ en Tofficine des Arabes, conseillent le contraire.

Durant iceluy repas estoit continuée la leçon du disner, tant que bon sembloit : le reste estoit consommé en bons propos, tous lettrés et utiles. Apres Grâces rendues, s'adonnoient à chanter musicalement, à jouer d'instrumens harmonieux, ou de ces petits passetemps qu'on fait es chartes, es dés, et goubelets : et là demcuroient faisans grand chère, s'esbaudissans aucunesfoià jusques à l'heure de dormir; quelquefois alloient visiter les compagnies des gens lettrés, ou de gens qui eussent veu pays estranges *.

' Philosophe platonicien du \* peuple , vant beaucoup mieux que

siècle et botaniste célèbre. herboriser, qui a prévalu.

' En grec , coupeur de raci- ^ Rompus à la dispute , soH

nés. qu'on le dérive de herse, soit qu'on

^ Espèce de sarcloirs, de marre, le prenne pour une forme ancienne

bêche de harcelés,

* Cette forme) conservée par le ® Étrangers.

100 LIVRE I, CHAPITRE XXIU.

En pleine nuyt^ dayant que soy retirer^ alloient, au lieu de leur logis le plus descouvert, Toir la face du ciel; et là notoient les comètes si aucunes estoient^ les figures, situations, aspects, oppositions et conjonctions des astres.

Puis, avec son précepteur, recapituloit brièvement, à la mode des Pythagoriques, tout ce qu'il avoit leu, veu, sceu, fait et entendu au decours de toute la journ^éo.

Si prioient Dieu le créateur en l'adorant, et ratifiant leur foy envers luy, et le glorifiant de sa bonté immense : et , lui rendans grâce de tout le temps passé, se recommandoient à sa divine clémence * pour tout l'advenir ^. Ce fait, entroient en leur repos.

' Bonté (édit. aut. a 1 535). racheter parfois la ticeoce de ses

> Comme Rabelais sait biea propos!

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