LIVRE 1, CHAPITRE XXIU
enfonçoit un harnois^ acuUoit* une arbre ^ enclavpit ^ un anneau^ enlevoit une selle d'armes^ un aubert^ un gantelet. Le tout faisoity armé de pied en cap.
Au regard de fanfarer, et faire les petits popismes ^ sus un cheval ^ nul ne le fit œieulx que luy. Le voltigeur de Ferrare n'estoit qu'un cinge en comparaison. Singulièrement estoit appris à saulter hastivement d'un cheval sus l'autre sans prendre terre (et nommoit on ces chevaux desultoires *)^ et, de chascun costé, la lance au poings monter sans estrivieres; et^ sans bride ^ guider le cheval à son plaisir. Car telles choses servent à discipline militaire.
Un autre jour> s'exerçoit à la hasehe^ laquelle tant bien crouUoit^ tant verdement de tous pics reserroit^ tant soupplement avalloit en tulle ronde ^, qu'il fut passé chevalier d'armes en campagne , et en tous essays.
Puis bransloit la picque^ sacquoit ^ de l'espée à deux mainS; de l'espée bastarde "*, de l'espagnole^ de la dague ^ et du poignard; armé^ non armé^ au boucler ^^ à la cappe *^ à la rondelle.
Couroitle cerf, le chevreuil, l'ours, le daim j, le sanglier, le hevre, la perdrix, le faysant^ Totarde. Jouoit à la grosse balle , et la faisoit bondir en l'air, autant du pied que du poing.
* Mettait à cul, déi-acinait.
' On dirait anjourd'hai enfilait.
' On fait dériver ce mot du grec nonicvCetv et noicmivjjia, en latin poppyzare, pùppysmus et popipysma, qui avaient entre autres sens celui de « faire exécuta* certains otouvements à un cheval , en le flattant par une espèce de sifflement. » Cum pingeret poppyzonta reHnentem equwn, ( Pline. ) — Ce qu'il y a de certaifi, c'est qu'il s'agit ici de vokige.
* Du latin, desuitorius. C'étaient des chevaux dont on changeait, en «autant de l'nn sur l'antre.
^ Tons ces termes étaient évi-
demment consacrés pour le combat à la hache. Crouler ( italien , croUare), secouer, brandir. On lit coulloii dans l'édit. de l&3â.— j4valler en taille-ronde, c'est pKH bablement abaisser la hache, en présentant le coupant par un mouvement circulaire.
^ Frapper brusquement. Nous n'avons conservé que le substantif saccade ti l'adjectif «occiu/e.
^ Suivant Le Duchat, sorte d'épée plus grande que les épées française, allemande et espagnole.
* Bouclier.
* En se couvrant le bras de son inanteau, comme d'un boodier.
Luctoit> couToit^ saultott, non à ^is pas un sault^ noÉ à doehe pi^ ^ non au sault d'Alemant (car, disoit Gymnaste telz saults sont inutiles, et de nul bien en guerre), mais d*un sault perçoit un fossé, voUoit sus une baye, montoit six pas encontre une muraille, et rampoit en ceste façon à une fenestre de la hauteur d'une lance.
Nageoit en profonde eau, à l'endroit , à l'envers, jde costé , de tout le eor^, des seuls pieds, une main en l'air, en la- ((uelle tenant un livre, transpassoit toute la rivière de Seine ' sans ioeluy mouiller, et tirant par les dents son manteau, comme faisoit Jules César : puis d'une main entroit par grande force en un bàsteau , dHceluy se jettoit derechef en l'eau la teste première : sondoit le parfond, creusoit les rochiers, plongeoit es abysmes et goufres. Puis iceluy basteau toumoit, gouvemoit, menoit bastivement, lentement, à fil d'eau , contre cours, le retenoit en pleine escluse, d'une main le guîdoit; de l'autre s'escrimoit avec un grand aviron, tendoit le vele^, montoit au matz par les traicts ', couroit sur les branquars^, adjustoit la boussole, contreventoit les boulines', bendoit le gouvernail.
Issant de l'eau roidement, montoit encontre la montagne, et devalloit aussi franchement; gravoit® es arbres comme un chat, saultoit de l'une en l'autre comme un escurieux^, abatoit les gros rameaux comme un autre Milo* : avec deux poignards asserés* et deux poinsonsesprouvés montoit au haut d'une maison comme un rat, descendoit puis du haut en bas, en telle composition des membres que de la cheute n'estoit aucunement grevé. Jettoit le dard, la barre ^®, la pierre, la ja-
' Dans redit, ant à 1535, on quand oo esi'aa pins près du vent.
Ut, an lien de la &eine : la Loire, * Grimpait.
à MvatMoreau ; et un peu plas bas, ^ Écureuil.
an lieu de et goufreâ : et gwnfree ^ Milon de Crotone.
ie la foê»e de Saviçny, ' ^ Acérés.
' La voile. ' * Exercice encore usité en Saiu-
' Les cordages. tonge. Il consiste à lancer, d'une
^ Les vergues. certaine distance , une barre qui .
^ Conireventer les ioulines , doit , en retombant , se piquer en
signifie encore tendre le* voiles terre.