CHAPITRE XXV
rt mm 9 entre les romders de Lenié ei cens pmjé ût Garsantaa, le ^rmuà «cImC, «ont finreat grosses gnerres.
En cestuy temps ^ qui fut la saison de vendanges au commencement d'automne ^ les bergiers de la contrée estoient à garder les vignes, et empescher que les estourneaul ne mangeassent les raisins. En quel temps, lesfouaciers de Lemé * passoient le grand carroy ^, menans dix ou douze charges de fouaces à la ville. Lesdits bergiers les requirent courtoisement leur en bailler pour leur argent, au pris du marché. Car notez que c'est viande céleste manger à desfeuner raisins avec fouace fraîche; mesmement des pineaux, des fiers, des muscadeaux, de la bicane, et des foyrars pour ceux qui sont constipés du ventre^ Car ilz les font aller long comme un vouge '; et souvent, cuidans peter, ilz se conchient^, dont sont nommés les cuideurs ^ dé vendanges.
^ Lei^né est'[un boui-g des environs de Chinoti. Johanneau constate qu'on y fait encore des galettes appelées fouaces. — Dans la Tonraine, le Poitou et une partie de la Saintonge, nous avons retrouvé le nom et la cbose.
^ Le grand cliemin. — Carpeiitier (snppl. de Pu Cange) explique ainsi ce mot de Rabelais. — Carrùi se dit encore dans une partie de la Tonraîne; il signifie carrefour, place carrée,
^ Le vouge était un long mor-
ceau de bois au bout duquel ou ajustait , suivant sa destination , soit un fer de lance, pour la guerre ou la chasse, soit une lame courbe, pour tailler les haies et les arbres.
* Ils se couvrent d'ordure. — Conchie est usité en Bressan et en d'autres patois.
^ Ctddé$ redit, ant. à 1535 et édit. 1 535.) Cuiderea rémois, gueder en bas-bourguignon , signifient encore : faire plus de vin [âe motut) qu'on ne pensait.
A leur requeste ne furent aucunement enclines * les fouaciers, mais (que pis est) les oultragerent grandement , les appellans trop diteux, breschedens, plaisans rousseaux^ galliers'^ chienlicts^ averlans'^ limes sourdes^ faitneans^ friandeaux> bastaiins ^^ talvassiers ^^ rien ne vaux, rustres^ challans^ hapelopins^ trainegaines*, gentilz flocquets^, copieux*, landoi-es^, malotrus^ dendins, baugears *•, tezés **, gaubregeux *^y goguelus *V claquedens, boyers ** d'etrons, bergicrs de merde ^ et autres telz epithetes diffamatoires; adjoustans que point à eux n'appartenoit manger de ces belles fouaces : mais qu'ilz se dévoient contenter de gros pain balle *^ et de tourte **.
Auquel oultrage un d*entre eux, nommé Forgier, bien hon- Deste homme de sa p^à'sonne/ et notable baccheli^ '^, reàpondit doucettement ; Depuis quand avez vous pris cornes **^ qu'estes tant rognes devenus? Dea^ vous nous en soûliez voluntiers bailler, et maintenant y refusez ? Ce n'est fait de bons voisins, et ainsi ne vous faisons nous, quand venez icy acheter nostre beau froment, duquel vous faites vos gasteaux et fouaces : encores par le marché vous .eussions nous donné de
« Incliiiés.
^ Compagnons galeox, sales.
Cotgraye traduit ^roZ/ier par «cwrvyfilUw.
^ Roquefort traduit «ioerlatu par maquigMons. En patois boulouais , il sigùi&efanfaroHs.Yoy. la notesor ce mot à la fin du cliap. 3.
♦ Ventrus.
^ Bourrus.
^ Tralueors de sabre.
'' Freluquets.
* Blauvais plaisants. On disait proverbialement : ies cêpieurs de 4a Flècke.
^ rnpoteuts.
** On a appelé dcuige la place que se creuse le sanglier, peut-être aussi celle des porcs. BaugeAr n*équivandrait-ii pas ici à cochon t
* ^ Tondus : peléi et Umdns sont des termes de mépris.
1^ Gobergeurs, gourmands.
^' Faiseurs de ^o^Me«, de mauvaises plaisanteries.
^^ On appelle bùiftry bouyer^ eii poitevin et en saintongeois^ celui qui oottduit des bœufs. -
'^ C'est du pain dans lequel il reste des balles.
'^ Pain grossier. •— Dans le Berry, les paysans appellent tourner le râtelier au pain.
' ^ Jeune garçon.
'* Les cornes sont la défense du bélier, qui ne devient rogne qu*à mesure qu'il ce.4se d'être agneau. C'est à quoi , suivant Le Duchat, fait aHusion cette champêtre façon do parler de Porgier.