LIVRE I, CHAPITRE XXXI
espèces S et phantasmes ludificatoires, mis en ton entendement que envers toy eussions fait chose non digne de qosire ancienne amitié , tu deyois premier^ enquérir de la vérité^ puis nous en admonester. Et nous eussions tant à ton gré satisfait, que eusses eu occasion de toy contenter. Mais, ô Dieu éternel ! quelle est ton entreiM'ise? Voudrois tu, comme tyran perfide, piller ainsi, et dissiper ^ le royaume de mon maistre? L'as tu esprouvé tant ignaye^ et stupide qu'il ne voulust ; ou tatit destitué de gens, d'argent, de conseil, et d'art militaire ^ qu'il ne peust résister à tes iniques aseaultst
Dépars d'icy présentement, et demain pour tout le jour sois retiré en tes terres, sans par le chemin faire aucun tumulte ny force ^. Et paye miUe besans d'or ^ pour les dommages que as fait en ses terres. La moitié baiU^as demain, l'autre moitié payeras es ides de may prochainement venant : nous délaissant ce pendant pour hostages les ducs de Tournemoule, de Basdefesses, et de Menuail, ensemble le prince.de Gratelles, et le vicomte de Morpiaille ^.
' En présentant les choses sons un faux jour et créant des fantôines trompeurs.
^ l>'abord.
3 Bouleverser, détruire. ( D/ssipare. Du Cange.)
^ Lâche (lat. iguavus).
* Ni violence.
^ Le bezan {byzantins) était une monnaie d'or frappée à Byzance du temps des empereurs chrétiens , qui a eu cours en France sous la troisième race. Aussi nos auteurs, «t entre autres le Roman de la
Rose, en parlent dans maint endroit comme d*une monnaie courante.
^ Rabelais a pen dé pages où Ton ne reconnaisse le penseur profond. Mais, quand il se fait un devoir d'être grave, vous diriez que Tesprit gaulois s'efface, que l'original ilé de la forme lui fait défaut II revêt la toge de Cicéron. Le tour, la construction , Vexprf ssion même, tout est latin.
Notre remarque s'applique aussi bien à l'admirable lettre de Grandgousier qu'à cette harangue.