CHAPITRE XXXII
enui4i««flter» ponr «cHeter paix» 0t renAre le» fouaces.
A tant se teut le bon homme Gallet : mais Picrochole à tous ses propos, ne respood autre cbose^ sinon : Venez les quérir, venez les quérir. Ilz ont belle couille et raolIe^ Hz vous brajpront de la fouace. Adonc retourne vers Grandgousier, lequel trouva à genoux, teste nue , encline en un petit coing de son cabinetj, priant Dieu qu'il voulsist^ amollir la cholere de Picrochole , et le mettre au point de raison , sans y procéder par force. Quand vit le bon homme de retour, il luy demanda ; Ha, mon amy, mon amy, quelles nouvelles m'apportez vous?
Il n'y a, dist Gallet, ordre ' : cest homme est du tout * hors
» L'éditant, à 1535, celles de 1535, de Dolet, de F. Juste, de 1542, 8. 1., ont toutes molie, — Le Dachat écrit moule à Tantique , ditil ; ce qui est une erreur. Dans des inveniaines du xii^ au jlixi^ siècle, nous avons constamment trouvé mo/- /«.Dans nos patois, tradition vivante as la vieille langue , on prononce encore ainsi.
CouiHe autrefois se prenait dans le sens de mortier ; le molie était le pilon , rinstroment qui servait à ^toldre.
Rabelais, suivant sa constante babitnde , joue sur les sens divers de eomUe et de molle.
Quant aux expressions qui sui* vent, ili vous brayeront de la fouace y elles ont évidemment un sens ordurier.
La fouace , dont Le Duchat va chercher bien loin Texplication , est tout bonnement un gâteau du Poitou et de la Tou raine. On n'a rien à broker pour fabriquer la fouace.
La broyer, c'est donc, comme aurait pu dire Rabelais, eti faire du bran.
' Qu'il voulût. On trouve vouzist^ voulzisty l'oulujt),
* Cela va mal. Absque ordine , dans Du Cange , est rendu par incondite^ sine justitia^ sine veritate.
* Complètement.