‹ Œuvres, collationées sur les meilleurs textes (volume 2)Chapitre 101 sur 219 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Que nous ne voyons point les objets par des idée» créées avec nous. Que Dieu ne les produit point en nous à chaque moment que nous en avons besoin.

La troisième opinion est de ceux qui prétendent que toutes les idées sont créées avec nous.

Pour reconnaître le peu de vraisemblance qu'il y a dans cette opinion , il faut se représenter qu'il y a dans le monde plusieurs choses toutes différentes dont nous avons des idées : mais pour ne parler que des simples figures , il est constant que le nombre en est infini ; et même si on s'arrête à une seule , comme à l'ellipse , on ne peut douter que l'esprit n'en conçoive un nombi'e infini de différentes espèces, lorsqu'il conçoit qu'un des diamètres peut s'allonger à l'infini, l'autre demeurant toujours le même.

De même la hauteur d'un triangle se pouvant augmenter ou diminuer à l'infini, le côté qui sert de base demeurant toujours le même , on conçoit qu'il y en peut avoir un nombre infini de différentes espèces ; et même , ce que je prie que l'on considère ici, l'esprit aperçoit en quelque manière ce nombre infini , quoiqu'on n'en puisse imaginer que très-peu, et qu'on ne puisse en même temps avoir des idées particulières et distinctes de beaucoup de tiiangles de diflérente es-

' Voy. le ch. 3 de la douxièmc partie de la Méthode et VEclairr. sur ce même chapitre.

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