CHAPITRE II
De t'union d-e Tesprit avec les objets sensibles , ou de la force et de l'étendue des passions en général.
Si tons ceux qui lisent cet ouvrage voulaient prendre la peine de faire quelques réflexions sur ce qu'ils sentent dans eux-mêmes, il ne serait pas nécessaire de s'arrêter ici à faire voir la dépendance où nous sommes de tous les objets sen- •sibles. Je ne puis rien dire sur cette rflatière que tout le monde ne sache aussi bien que moi , pourvu qu'on y veuille pense]'. C'est pourquoi j'aurais grand'envie de n'en rien dire. Mais parce que l'expérience m'apprend que les hommes s'oublient souvent si fort eux-mêmes, qu'ils ne pensent pas seule me t à ce qu'ils sentent, et qu'ils ne recherchent point les raiscjs de ce qui se passe dans leur esprit, je crois que je dois dire ici certaines choses qui peuvent les aider à y faire réflexion. J'espère même que ceux qui savent ces choses ne seront pas fâchés de les lire ; car, encore qu'on ne prenne n, 37
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