‹ Œuvres, collationées sur les meilleurs textes (volume 2)Chapitre 207 sur 219 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

("mi donc pas s'étonner si noke force n'est pas si grande que celle de celte même matière subtile dont nous la recevons. Mais si notre sang se fermentait aussi foi't dans notre cœur que la poudre à canon se fermente et s'agite lorsqu'on y met le feu^ c'est-à-dire^ si notre sang recevait une communication du mouvement de la matière subtile aussi grande que celle que la poudre à canon reçoit, nous pourrions faire des choses extraordinaires avec assez de facilité, comme rompre du fer, renverser une maison, etc., pourvu que l'on suppose qu'il y eût une proportion convenable entre nos membres et du sangagité de cette sorte. Nous devons donc nous défaire de notre préjugé, et ne nous point imaginer, selon l'impression de nos sens , que les parties des corps durs soient si fort unies les unes avec les autres, à cause que nous avons bien de la peine à les rompre.

Que si nous considérons d'ailleurs les effets du feu dans les mines , dans la pesanteur des coips, et dans plusieui*s autres effets de la nature, qui n'ont point d'autre cause que l'agitation de ces corps invisibles , comme M. Descai tes l'a prouvé en plusieurs endroits, nous reconnaîtrons manifestement qu'il n'est point au-dessus de leur force d'unir et de comprimer ensemble les parties des corps durs aussi fortement qu'elles le font. Car enfui je ne crains point de dire qu'un boulet de canon, dont le mouvement paraît si extraordinaire, ne reçoit pas même la millième partie du mouvement de la matière subtile qui l'environne.

On ne doutera pas de ce que j'avance , si l'on considère premièrement que la poudre à canon ne s'enflamme pas toute, ni dans le même instant ; secondement, que quand elle prendrait feu toute et dans le môme instant , elle nage fort peu de temps dans la matière subtile : or les corps qui nagent très-peu de temps dans les autres n'en peuvent pas recevoir beaucoup de mouvement, comme on le peut voir dans les bateaux qu'on abandonne au cours de Teau, lesquels ne reçoivent que peu à peu leur mouvement. En troisième lieu, et principalement, parce que chaque partie de la poudre ne peut recevoir que le mouvement auquel la matièi'e subtile s'accorde; car Teau ne communique au bateau que le mouvement direct qui est commun à toutes les parties, et ce mouvement-là est d'ordinaire très-petit par rapport aux autres.

Je pourrais encore prouver la giandeur du mouvement de

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la matière subtile à ceux qui reçoivent les principes de M, Descai'tes, par le mouvement de la tejTe et la pesanteur des corps et je tirerais même de là des preuves assez certaines et assez exactes^ mais cela n'est pas nécessaire à mon sujet. Il suffit, afin que, sans avoir vu les ouvrages de M. Descartes, on ait une preuve suffisante de l'agitation de la matière subtile, que je donne pour cause de la dureté des corps, il suffit, dis-je, de lire avec quelque application ce que j'en ai déjà dit.

Étant donc présentement délivrés des préjugés qui nous portaient à croire que nos efforts sont bien puissants, et que celui de la matière subtile qui environne les corps durs et qui les comprime est fort faible, étant d'ailleurs persuadés de l agitation violente de cette matière par les choses que j'ai dites de la poudre à canon , il ne sera pas difficile de voir qu'il est absolument nécessaire que cette matière, agissant infiniment plus sur la surface des corps durs qu'elle environne et qu'elle comprime , qu'au dedans des mômes corps , elle doit être cause de leur dureté ou de cette résistance que nous sentons lorsque nous nous efforçons de les rompre.

Or, comme il y a toujours beaucoup de parties de cette matière invisible qui passe par les pores des corps durs , elles ne les rendent pas seulement durs comme nous venons d'expfiquer, mais de plus elles sont causes qu^il y en a quelquesuns qui font ressort et se l edressent , d'autres qui demeurent ployés, d'autres qui sont fiuides et fiquides ; et enfin elles sont causes non-seulement de la force que les parties des coips durs ont pour demeurer les unes auprès des autres , mais aussi de celles que les parties des corps fluides ont de s'en séparer, c'est-à-dire que c'est elle qui j-end quelques corps durs et quelques autres fluides : dm^s, lorsque leurs parties se touchent immédiatement; fluides, lorsque leurs parties ne se touchent point.

Mais, parce qu'il est absolument nécessaire de savoir distinctement la physique de M. Descartes, la figure de ses éléments et des parties qui composent les corps particuliers , pour rendre l'aison d'où vient que de certains corps sont roides et que quelques autres sont pliants, je ne m'arrêterai point à l'expUquer. Ceux qui ont lu les ouvrages de ce philosophe imagineront assez facilement ce qui peut en être la cause, ce que je ne pourrais expliquer que très-difficilement ; et ceux qui ne savent pas le mè ne auteur n'entendraient

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que confusément les raisons que je pourrais en apporter.

Je ne m'arrêterai point aussi à résoudre un très-grand nombre de difficultés que je prévois pouvoir être faites contre ce que je viens d'établir, parce que , si ceux qui les font n'ont point de connaissance de la véritable physique, je ne ferais que les ennuyer et les fâcher au lieu de les satisfaire; mais si ce sont des personnes éclairées, leurs objections étant très-fortes, je ne pourrais y lépondre qu'avec un grand nombre de figures et de longs discours. De sorte que je cnns devoir prier ceux qui trouveront quelque difficulté dans les choses que je viens de dire, de reUre avec plus de soin ce chapitre; car j'espère que s'ils le lisent et s'ils le méditent comme il faut, toutes leurs objections s'évanouiront; mais enfin, s'ils trouvent que ma prière soit incommode, qu'ils se reposent , car il n'y a pas grand danger d'ignorer la cause de la dureté des corps.

Je ne parle point ici de la contiguïté , car il est visible que les choses contiguës se touchent si peu , qu'il y a toujours beaucoup de matière subtile qui passe entre elles , et qui , faisant efibrt pour continuer son mouvement en hgne droite, les empêche de s'unir.

Pour Vunion qui se trouve entre deux marbres qui ont été polis l'un sur l'autre, je l'ai expliquée ; et il est facile de voir que , quoique la matière subtile passe toujours entre ces deux parties , si unies qu'elles soient , l'air n'y peut passer, et qu'ainsi c'est son poids qui comprime et qui presse ces deux parties de marbre l'une sur l'autre, et qui fait qu'on a quelque peine à les désunir, si l'on ne les fait gUsser de travers.

11 est visible de tout ceci que la continuité, la contiguïté et l'union des deux marbres ne seraient que la même chose dans le vide, car nous n'en avons point aussi d'idées difiërentes ; de sorte que c'est dire ce qu'on n'entend point (|ue de les faire difierer absolument, et non par rapport aux corps qui les environnent.

Voici présentement quelques réflexions sur le sentiment de M. Descartes, et sur l'origine de son erreur. J'appelle son sentiment une erreur, parce que je ne trouve aucun moyen de défendre ce qu'il dit des règles du mouvement et de la cause de la dureté des corps, vers la fin de la seconde partie de ses Principes en plusieurs endroits, et qu'il me semble avoir assez prouvé la vérité du sentiment qui lui est contraire.

Ce grand homme concevant très-distinctement que la matière ne peut pas se mouvoir par elle-môme^ et que la force mouvante naturelle de tous les coips n'est autre chose que la volonté générale de l'auteur de la nature , et qu'ainsi la com*munication des mouvements des corps à leur rencontre mutuelle ne peut venir que de cette même volonté^ il s'est laissé aller à cette pensée qu'on ne pouvait donner les règles de la différente communication des mouvements que par la proportion qui so trouve entre les différentes grandeurs des corps qui se choquent , puisqu'il n'est pas possible de pénétroî' les desseins et la volonté de Dieu : et parce qu'il a jugé que chaque chose avait de la force pour demeurer dans l'état oii elle était ^ soit qu'elle fût en mouvement, soit qu'elle fût en repos, à cause que Dieu, dont la volonté fait cette force, agif toujours de la même manière, il a conclu que le repos avait autant de force que le mouvement ; ainsi il a mesuré les effets de la force du repos par la grandeur du corps en repos, comme ceux de la force du mouvement, ce qui lui a fait donner les règles de la communication du mouvement qui sont dans ses Pmicipes. et la cause de la dureté des corps que j'ai tâché de réfuter.

Il est assez difficile de ne se point rendre à l'opinion de M. Descartes, quand on l'envisage du même côté que lui; car, encore une fois , puisque la communication des mouvements ne vient que de la volonté de l'auteur de la nature, et que nous voyons que tous les corps demeurent dans l'état où ils ont été une fois mis, soit en mouvement, soit en repos, il semble que nous devions chercher les règles de la différente communication des mouvements à la rencontre des corps, non dans la volonté de Dieu qui nous est inconnue, mais dans la proportion qui se timive entre les grandeurs de ces coi'ps.

Je ne m'étonne donc pas de ce que M. Descartes a eu cette pensée, mais je m'étonne seulement de ce qu'il ne l'a pas corrigée, lorsqu'ayant poussé plus avant ses connaissauces, il a reconnu l'existence et quelques effets de la matière subtile qui environne les corps.

Je suis surpris de ce que, dans l'article 132 de hupiatrième partie, il attribue la force qu'ont certains coî'ps pour se iedresser à cette matière subtile, et que dans les articles Pio et 43 de la deuxième partie et ailleurs, il ne lui attribue pas leur dureté, ou la résistance qu'ils font lorsqu'on tache de les

ployer et de les roriipre, mais seulement au repos de leuj s parties. Il me paraît évident que la cause qui redresse et qui rendroides certains corps est la môme que celle qui leur doiuie la force de résister lorsqu'on les veut rompre, car enfin la force qu'on emploie pour rompre de Tacier ne diffère qu'insensiblement de celle par laquelle on le ploie.

Je ne veux point apporter ici beaucoup de raisons que Ton peut dire pour prouver ces choses, ni répondre à quelques difficultés qu^on pourrait former sui' ce qu'il y a des corps durs qui ne font point sensiblement ressort, et que Ton a cependant quelque difficulté à ployer; car il suffit, pour faire évanouir ces difficultés, de considérer que la matière subtile ne peut pas facilement se faire des chemins nouveaux dans les corps qui se rompent lorsqu'on les ploie , comme dans le verre et dans l'acier trempé, et qu'elle le peut plus facilement dans les corps qui sont composés de parties branchues et (jui ne sont point cassants, comme dans l'or et dans le plomb, et qu'enfin il n'y a aucun corps dur qui ne fasse quelque peu de ressort.

11 est assez difficile de se persuader que M. Descartes ait ci u positivement que la cause de la dureté fût diftéi'ente de celle qui fait le ressort; et ce qui paraît plus vraisemblable, c'est qu'il n'a pas fait assez de réflexion sur cette matière. Quand on a médité longtemps sur quelque sujet et que l'on s'est satisfait sur les choses que Ton voulait savoir, souvent on n'y pense plus. On croit que les pensées que l'on en a eues sont des vérités incontestables qu'il est inutile d'examiner davantage. Mais il y a dans l'homme tant de choses qui le dégoûtent de l'application , qui le portent à des consentements trop précipités et qui le rendent sujet à l'erreur, qu'encore que l'esprit demeure apparemment satisfait, il n'est pas toujours bien informé de la véiité. M. Descartes était homme comme nous; on ne vit jamais plus de solidité, plus de justesse, plus d'étendue et plus de pénétration d'esprit que celle qui parait dans ses ouvrages; je l'avoue, mais il n'était pas infaillible. Ainsi il y a apparence qu'il est demeuré si fort persuadé de son sentiment, qu'il n'a pas fait réflexion qu'il assurait quelque chose dans la suite de ses Principes qui y était contraire. Il l'avait appuyé sur des raisons très-spécieuses et très-M aisemblables, mais telles cependant qu'il n'était point comnu' forcé par elles de s'y rendre. Jl pouvait encore suspendre sou

jngeiiieut , et par co!isé(|uont ii le devait. 11 ne siiClisait pas d'examinei' dans nu corps dur ce qui peut être qui le rende tel , il devait aussi penser aux corps invisibles qui peuvent le rendre dur^ comme il y a pensé à la fin de ses Principes de \ philosophie Aorsqiï il leur attribue la cause du l essort; il devait faire une division exacte et qui comprît tout ce qui pouvait contribuer à la dureté des corps. 11 ne suffisait pas encore d'en chercher la cause dans la volonté de Dieu, il fallait aussi penser à la matière subtile qui les environne. Car, quoique l'existence de cette matière extrêmement agitée ne fût pas encore prouvée dans l'endroit de ses Principes oh il parle de la dui'eté^ elle n'était pas aussi rejetée : il devait donc suspendre son jugement^ et se bien ressouvenir que ce qu'il écrivait de la cause de la dureté des règles du mouvement devait être l'evu tout de nouveau^ ce que je crois qu'il n'a pas fait avec assez de soin. Ou bien il n'a pas assez considéré la véritable raison d'une chose qu'il est très-facile de reconnaître^ et qui cependant est de la dernière conséquence dans la physique ; je l'explique.

M. Descartes savait bien que pour soutenir son système de la vérité^ duquel il ne pouvait peut-être pas douter, il était absolument nécessaire que les grands corps communiquassent toujours de leur mouvement aux petits qu'ils renconti'eraient , et que les petits rejaiUissent à la rencontre des plus grands^ sans une perte pareille du leur. Car sans cela le piemier élémetît n^aurait pas tout le mouvement qu'il est nécessaire qu'il ait par-dessus le second^ ni le second par-dessus le troisième; et tout son système serait absolument faux ^ comme le savent assez ceux qui l'ont un peu médité. Mais en supposant que le repos ait force pour résister au mouvement, et qu'un grand corps en repos ne puisse être remué par un auti e plus petit que lui, quoiqu'il le heurte avec ime agitation furieuse, il est visible que les grands corps doivent avoir beaucoup moins de mouvement qu'un pareil volume de plus petits, puisqu'ils peuvent toujours, selon cette supposition, communiquer celui qu'ils ont , et qu'ils n'en peuvent pas toujoui's recevoir des plus petits. Ainsi, cette supposition n'étant point conti aire à tout ce que M. Descartes avait dit dans ses pi'incipes depuis le commencement jusqu'à l'établissement de ses îègles du mouvement, et s'accominodant fort bien avec la suite de ces mêmes principes, il croyait que les règles du

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mouvement qu'il pensait avoir démontrées dans leur cause étaient encore suftisamment confirmées par leurs effets.

Je tombe d'accord avec M. Descartes du fond de la chose, (jue les grands corps communiquent beaucoup plus facilement leurs mouvements que les petits, et qu'ainsi son premier élément est plus agité que le second, et le second que le troisième. Mais la cause en est claire sans avoir égard à sa supposition. Les petits corps et les corps fluides, l'eau, l'air, etc., ne peuvent communiquer à de grands corps que leur mouvement uniforme et commun à toutes leurs parties ; l'eau d'ime rivière ne peut communiquer à un bateau que le mouvement de la descente qui est commun à toutes les petites parties dont l'eau est composée^ et chacune de ces petites parties, outre ce mousement commun, en a encore une infinité d'autres particuliers. Ainsi il est visible par cette raison qu'un bateau, par exemple, ne peut jamais avoir autant de mouvement qu'un égal volum.e d'eau, puisque le bateau ne peut recevoir de l'eau que le mouvement direct et commun à toutes les parties qui la composent. Si vingt parties d'un corps fluide poussent quelque corps d'un côté, il y en a autant qui le poussent de l'autre : il demeure donc immobile, et toutes les petites parties du corps fluide dans lequel il nage rejaillissent sans rien perdi^e de leur mouvement. Ainsi les corps grossiers et dont les parties sont unies les unes avec les autres ne peuvent l ecevoir que le mouvement circulaire et uniforme du tourbillon de la matière subtile qui les envii onne.

Il me semble que cette raison suffit pour faire comprendre que les corps grossiers ne sont point si agités que les petits, et qu'il n'est pohit nécessaire pour expliquer ces choses de supposer que le repos ait quelque force pour résistei au mouvement La certitude des pj-incipes de la philosophie de M. Descartes ne peut donc servir de preuve pour défendre ses règles du mouvement ; et il y a lieu de croire que si M. Descartes lui-même avait examiné de nouveau ses Principes sans préoccupation et en pesant des raisons semblables à celles que j'ai dites, il n'aurait pas cru que les effets de la nature eussent confirmé ses règles, et ne serait pas tombé dans la contradiclion, en attribuant la dureté des corps durs seulement au repos de leui s parties, et leur ress<jrt à l'effort de la matière subtile.

rOiSCLLSION DES TROIS DERNIERS LIVRES.

J'ai^ ce me semble, assez fait voii^ dans le quatrième el ciii- <|uième livre, que les inclinations naturelles et les passions des hommes les font souvent tomber dans l'erreur, parce qu'elles ne les portent pas tant à examinei' les choses avec soin qu'à en juger avec précipitation.

Dans le quatrième livre, j'ai montré que Finclination pour le bien en général est cause de l'inquiétude de la volonté, que l'inquiétude de la volonté met Tesprit dans une agitation continuelle, et qu'un esprit incessemment agité est entièrement incapable de découvrir les vérités un peu cachées ; que l'amour des choses nouvelles et extraordinaires nous préoccupe souvent en leur faveur, et que tout ce qui porte le caractère de l'infini est capable d'éblouir notre imagination et de nous séduire. J'ai expliqué comment l'inclination que nous avons pour la grandeur, l'élévation et l'indépendance , nous engage insensiblement dans la fausse érudition, ou dans rétude de toutes ces sciences vaines et inutiles qui flattent notre orgueil secret^ parce qu'elles nous font admirer du commun des hommes. J'ai montré que l'inclination pour les plaisirs détourne sans cesse la vue de l'esprit de la contemplation des vérités abstraites, qui sont les plus simples et les plus fécondes, et qu'elle ne lui permet pas de considérer aucune chose avec assez d'attention et de désintéressement pour en bien juger; que les plaisirs étant des manièi'es d'être de notre âme, ils partagent nécessairement la capacité de l'esprit, et qu'un esprit partagé ne peut pleinement comprendre ce qui a quelque étendue. Enfin j'ai fait voir que le rapport et l'union naturelle que nous avons avec tous ceux avec qui nous vivons est l'occasion de beaucoup d'erreurs dans lesquelles nous tombons, et que nous communiquons aux autres, comme les autres nous communiquent celles dans lesquelles ils sont tombés.

Dans le cinquième, en tâchant de donner quelque idée de nos passions, j'ai, ce me semble, assez fait voir qu'elles sont établies pour nous unir à toutes les choses sensibles, et pour nous faire prendre parmi elles la disposition que nous devons avoir pour leur conservation et pour la nôtre ; que de même que nos sens nous unissent à notre corps et répandent pour ainsi dire notre âme dans toutes les parties qui le composent, ainsi nos émotions nous font comme sortir hois de ji. 5S

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