‹ Œuvres, collationées sur les meilleurs textesChapitre 53 sur 58 · Lorsque tu converses panni le monde, aie soin de · texte numérisé non relu

Lorsque tu converses panni le monde, aie soin de

lEphes. 5, 29, 30.

2 1 Cor. 3, 12,

3 1 Cor. 17.

« Matth 18,6.

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l'édifier par tes manières et par ta modestie La plupart des hommes sont plus touchés des manières qui frappent les sens , que des discours qu'on ne conçoit que par l'attention de l'esprit. On s'instruit avec plaisir par ses sens , mais toute attention de l'esprit est pénible et désagréable. Evite surtout les manières qui ont quelque chose de fier et de cavalier i principalement dans des discours qui ont rapport à la religion. 11 faut s'humilier devant les hommes, mais en la présence du Dieu vivant il faut être ventre à terre. Si tu attires les regards et l'estime des autres, que ce soit pour les porter à Dieu ; car l'esprit de l'homme n'est pas fait pour s'occuper de toi , ni son cœur pour s'arrêter à toi. Sois donc humble et modeste; prends la posture d'un homme qui adore ; n'aie rien de fier, afin que ceux qui sont tournés vers toi se retournent comme toi vers celui que tu adores, qui seul mérite d'être adoré.

9. Avant que de parler, tâche de connaître la force et la capacité de ceux qui t'écoutent. Respecte les consciences faibles et délicates; il y en a un très-grand nombre. Prends garde que, par ton indiscrétion, tu ne sois un sujet de scandale à des personnes que j'ai lavées et purifiées dans mon sang L. Il y a bien des vérités dont tout le monde n'est pas capable. Souvent il n'y a pas grand danger à se taire , mais à parler il y en a beaucoup plus qu'on ne s'imagine.

10. On compte, mon fils, la vérité pour rien. Ainsi, lorsque la nécessité de la défendre t'oblige à rompre le silence, prends garde à toi. Celui qui l'attaque s'imaginera que tu en veux à sa personne. Il ne lui viendra pas seulement dans l'esprit que c'est l'amour de la religion et de la morale qui t'anime ; car on ne donne point aux autres ce qu'on ne sent point en soi. Tu dois avoir égard à sa faiblesse pour ne pas blesser la charité. Appuie donc d'abord ce qu'il dit de bon ; car , afin qu'il reçoive le bien que tu veux lui faire, il faut auparavant que tu dédommages son amour-propre. Lorsqu'un malade aime son mal , il faut le tromper pour le guérir. Tout le monde aime ses opinions ; mais l'on chérit particulièrement les préjugés qui favorisent ses passions. Pense donc que tu veux éclairer un aveugle qui se plaît dans son aveuglement, qui dort fort en repos dans les ténèbres, et qui ne peut souffrir une lumière qui le trouble et qui l'inquiète cruellement.

1 Cor. 8, 11.

41. Si tu reconnais qu'on soit en humeur pour disputer, tais-toi. Cela ne sert qu'à exciter les passions, et principalement l'orgueil, qui est la plus dangereuse. Chacun \ eut alors faire voir qu'il a de l'esprit, et s'attirer l'estime des autres , aux dépens de la vérité. Ceux qui haïssent la vérité parce qu'elle les blesse sont souvent plus en état de la recevoir que ceux qui parlent cavalièrement de toutes choses , parce que la vérité ne les touche point. Ceux qui sont insensibles sont ordinairement les plus malades.

12. Que si tu juges qu'on ait quelque amour pour la vérité, et qu'on désire de la connaître, voici la conduite que pour l'ordinaire tu dois tenir : interroge, mais en disciple, afin que l'amour* propre renouvelle et fortifie l'attention Approuve ce qu'il y a de bon dans les réponses qu'on te rend, sans faire d'abord attention au reste. Découvre la vérité de manière qu'on s'imagine soi-même la découvrir ; fais en sorte qu'avec toi tout le monde ait de l'esprit. Attribue aux autres des pensées solides t qu'ils n'expriment qu'à demi , et qu'ils n'ont peut-être pas. Afin que l'homme aime la vérité , il faut qu'elle lui appartienne et qu'elle le touche ; il faut qu'il la regarde comme une production de son esprit.

13. Lorsque tu sens que la vérité est bien établie dans les esprits par la force de son évidence, et par tes surprises charitables, fais en sorte qu'elle aille jusqu'au cœur, qu'elle Fanime, qu'elle le purifie , qu'elle le règle par le secours de ma grâce, car sans elle tu ne peux rien. L'homme plante et arrose ; mais c'est moi qui donne l'accroissement. Excite donc d'abord en toi-même les mouvements que la vérité y doit faire naître , et expose ensuite tes sentiments sans te contraindre. Il faut que tu sois pénétré pour toucher les autres ; mais je ne manquerai pas de te secourir et de te pénétrer de mon amour, si tu ne converses dans le monde que dans le dessein de l'édifier et de travailler à mon ouvrage.

14. Lorsque tu te trouves avec des personnes qui ont un fort grand amour pour la vérité , alors il ne faut plus tant prendre de mesures. Leur amour leur donnera de l'attention , et l'attention fera naître en eux la lumière. Ne crains point de les nourrir d'une viande trop solide; ils sauront bien la digérer. Expose-leur tes principes ; quelque abstraits qu'ils soient, ils y atteindront , ils les examineront, ils en jugeront. Si tu te trompes, ils t' éclaireront. On ne trompe

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pas facilement ceux qui ont beaucoup d'amour et de respect pour la vérité. Ils ne croient jamais les hommes à leur parole, ils ne se rendent qu'à la raison. Ils ne suivent, mon fils, que la lumière et l'évidence; ils ne se soumettent qu'à l'autorité de la foi. C'est là leur règle . aussi bien qu'à toi . Ils ne s'arrêtent point aux manières; ils n'ont point d'égards à leurs intérêts; ils font taire leurs sens et leurs passions, et m'écoutenl avec respect Point d'entêtement , point de préjugés, rien chez eux. qui sente la dispute et le parti. Communique donc le plus que tu pourras avec ces personnes pour recevoir par leur moyen l'intelligence des vérités que tu crois déjà par la foi , et pour leur faire part des biens que je t'ai donnés. Ne sois point avare de mes libéralités, fais-les servir à mes desseins, et je te comblerai de faveurs au delà de tes espérances.

W. Tu te plais dans la retraite ; le commerce du monde te fait horreur. Content de mes réponses et de mes faveurs , tu ne veux maintenant rien davantage. Tu fais bien ; mais tu peux mieux faire ; va, ne crains point d'exposer ton salut en exposant la vérité. Tu la défendras sans blesser, ou du moins sans rompre la charité, pourvu que tu rentres souvent en toi-même, et que tu regardes ceux à qui tu parles comme des personnes que je t'adresse, afin que tu travailles à leur sanctification , et qu'ils travaillent à la tienne. Contribue donc à leur salut , et tu assureras le tien , parce que tu m'obligeras de prendre un soin particulier de tout ce qui te regarde. Assurément , mon fils , assurément, si tu fais mes affaires , je n'o bîierai pas les tiennes.

16. Non , Seigneur,, vous n'oublierez pas mes affaires si je fais les vôtres. Car vous ne les avez pas oubliées dans le temps même que je ne faisais ni les miennes ni les vôtres ; dans le temps même que je ruinais mes affaires , et que je retardais les vôtres Combien de fois ai-je renversé ce que vous aviez édifié ! combien de fois ai-je corrompu ce que vous aviez sanctifié ! combien de fois ai je donné des sujets de scandale à vos chers enfants! 0 Dieu! n'ai-je poiut précipité dans les enfers plusieurs âmes pour lesquelles vous avez répandu votre sang, et qui, maintenant pleines de rage et de désespoir, vous blasphèment et me maudissent, au lieu que sans moi elles vous béniraient éternellement? Du moins est-il sûr que j'ai retardé l'accomplissement de votre ou-

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vrage. Or le monde doit subsister jusqu'à. ce que votre Eglise soit achevée ; je suis donc la cause de la damnation éternelle de tous les païens , les mahométans, les hérétiques qui naîtront et qui périront dans le temps du retardement de votre ouvrage. Ah! Dieu! que j'ai causé de maux, et des maux irréparables! Comment m'avez-vous souffert jusqu'ici, et comment pourriez- vous me -souffrir, si je n'étais pas dans le dessein de travailler à voire édifice de toutes les forces que vous me donnerez? Oui, mon Sauveur, architecte du temple vivant que Dieu habitera éternellement , et pour lequel il a fait toutes choses , me voici en votre présence , pénétré de douleur des maux que j'ai causés; je suis entre vos mains, comme un instrument prêt à suivre tous vos mouvements, faites-moi l'honneur de m'employer aux derniers offices de votre maison. Autrement je m'enfuirai dans les déserts faire pénitence de mes désordres, et prier le maître de la vigne qu'il envoie des ouvriers plus forts et plus intelligents que moi pour y travailler. 0 Jésus, qui brûlez du désir d'achever et de sanctifier votre Eglise, comment souffrez-vous ces libertins qui ruinent ouvertement ce que vous éditiez, ces voluptueux qui corrompent la sdnteté de votre temple, ces femmes immodestes qui, par leurs manières lascives et impudentes , précipitent dans les enfers des âmes que vous avez rachetées au prix de votre sang? Où est ce zèle de la maison de Dieu qui vous animait autrefois contre des gens qui ne portaient point assez d'honneur à un temple matériel qui tenait d'un Hérode sa plus grande magnificence '? On profane le temple du Saint-Esprit, on le renverse , on le désole , et vous ne paraissez point ; faut-il que le démon fasse aussi son ouvrage, et que maintenant vous souffliez que ses ministres vous ravissent vos matériaux et vos enfants, pfcur les lui donner? Ministres de l'enfer, que pensez-vous faire? Vous outragez un agneau. Mais qu'un jour la colère de cet agneau sera terrible ! Vous direz en ce grand jour : Montagnes , rockers, tombez sur nous et nous cachez à la colère de l'agneau 2. Le poids des rochers et des montagnes vous paraîtra plus léger à porter que sa présence. Pensez-y sérieusement, et cessez de combattre à vos dépens sous les enseignes de Satan, à la gloire de Lucifer

1 Joan. 8, 17.

2 Jpoc. 6, 15.

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et de ses anges. 0 Jésus , apprenez-moi à réparer les désordres que j'ai causés dans votre ouvrage, afin qu'au jour de votre vengeance je sois à couvert de votre juste colère. Et faites-moi servir à l'édification des fidèles, afin que j'assure mon salut par les grâces particulières que vous donnez à ceux qui travaillent sous vous à l'exécution de vos desseins.

17 On assure, mon fils, son salut par toute sorte de bonnes œuvres *. Celui qui fait l'aumône rachète ses péchés; et je rangerai à ma droite avec mes bien-aimés celui qui m'aura nourri , habillé, visité, en la personne des pauvres*. Mais celui qui joint les aumônes spirituelles aux corporelles, celui qui nourrit, console , soutient mes enfants dans le chemin dur et pénible de la vertu, m'applique bien davantage à ses besoins, que celui qui les soulage dans leur misère. La pauvreté de l'esprit est plus grande , du moins est-elle plus dangereuse, que celle du corps. L'indigence est un sujet de mérite et de sacrifice à celui qui la souffre en patience ; mais l'ignorance n'est jamais bonne à rien. Ainsi, mon fils, tâche de connaître les besoins spirituels de mes enfants. Et lorsque tu es en état de joindre l'aumôme à l'instruction, fais en sorte, partes libéralités, qu'on reçoive tes instructions, et qu'on en profite. Lorsque tu instruis ton prochain , sans peine de ta part, tu n'offres point de sacrifice, car tu retiens ce que tu donnes. Tu fais néanmoins à celui qui fécoute le plus grand bien que l'homme soit capable de faire. Lorsque tu donnes l'aumône, tu ne fais-pas grand bien à celui qui la reçoit ; cet argent que tu donnes le tentera peut-être et ne te tentera plus; il diminuera le sujet de son mérite, néanmoins il augmentera le tien. Car naturellement tu regardes ce qui t'appartient comme une partie de ton être propre, ainsi tu fais quelque sacrifice en t'en dépouillant. Mais , si tu soutiens par tes charitables instructions la vertu de ceux dont tu soulages la misère, ta charité sera entière et parfaite. Tu auras entre autres mérites celui du sacrifice ; et comme par ton moyen mes membres recevront une solide nourriture , tu m'appliqueras à toi d'une manière particulière.

18. U y a, mon fils, bien du mérite à acquérir parmi les malades. Ils répandent , pour ainsi dire, le dégoût et l'hor-

« Dan. 4, 24 ; Luc. U, 41 .

2 Matth 25, 35 ; Jac. 5, 20.

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reur; ils communiquent souvent leurs maux ; et , lorsqu'on surmonte sa répugnance et son appréhension afin de les soulager, chagrins du bien qu'on leur fait , ils vous disent des injures. Il n'y a que le devoir et la charité qui puissent porter à leur rendre service. Mais il y a souvent plus de mérite à acquérir et beaucoup plus de profit à faire parmi ceux qui ont le cœur corrompu et qui suivent aveuglément les mouvements de leurs passions. Ces malades font horreur aux esprits bien faits ; leur conversation a je ne sais quoi d'étrange et de rebutant que mes enfants ont peine à supporter ; leurs maladies sont contagieuses, et, lorsqu'on s'expose pour les soulager, bizarres et capricieux , ils vous chassent de leur présence. Cependant, mon fils, ce sont ces malades que je suis venu guérir 1 ; leur salut c'est mon ouvrage ; et j'aurai un soin particulier de ta santé, si tu contribues à leur guérison. Voici donc ce que tu dois faire pour y travailler heureusement.

19. Il ne faut pas 4' abord attaquer ouvertement leur passion dominante, quoiqu'elle soit le principe de la corruption de leur cœur Le malade ne souffre jamais cette opération s'il ne souhaite ardemment sa guérison ; et les malades dont je parle se plaisent dans leur maladie , car les maux de l'esprit sont presque guéris lorsqu'ils déplaisent. Le malade regarde sa passion dominante comme sa vie , son bonheur, sou être propre. On assassine un homme, on l'anéantit, on le réduit même dans un état pire que le néant, lorsqu'on retranche de lui tout ce jui fait son bonheur. Comment voudrais tu donc qu'il t'écoutât avec plaisir , qu'il suivît tes conseils, qu'il te laissât faire, ou plutôt qu'il se plongeât le poignard dans le sein pour te contenter? Pense donc, mon fils, que tu as affaire à un malade qui suit sa propre lumière et ses propres mouvements, et que tu ne peux changer son cœur qu'en changeant la face que les choses ont prise dans son esprit, dans son imagination, dans ses sens, ce qui est infiniment plus difficile que tu ne penses.

20. Tu ne peux pas, mon fils, lui crever les yeux pour fermer l'entrée au poison qui le tue ; tu ne peux pas , pour guérir les blessures de son imagination , effacer les traces que l'objet de sa passion a gravées dans son cerveau ; tu ne peux

' Matth. 9, 12.

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enfin aller à son esprit et à son cœur que par des sens toujours fidèles à la passion qui le domine. 11 faut donc que tu trompes ses gardes sans qu ils s'en aperçoivent ; que par eux tu réveilles les inclinations naturelles dont cette passion abuse ; que tu proposes à ces; inclinations des biens solides et durables; et, lorsque ces mêmes inclinations seront accompagnées de passions assez fortes et plus raisonnables, alors il faudra , par le secours de ces passions, attaquer , mais peu à peu, celle qui règne, et représenter sans cesse à l'esprit qu'elle tient en servitude les maux éternels dans lesquels elle le précipitait et les biens solides dont elle le privait.

21 . 11 ne faut jamais reprendre le pécheur dès qu'il a commis le péché. Il faut auparavant laisser refroidir sa passion allumée. Lés remèdes sont dangereux lorsqu'on les donne dans l'accès ; ils augmentent presque toujours l'ardeur de la fièvre. Néanmoins, lorsqu'il y a du scandale et qu'on est en droit de reprendre, alors, plus pour l'utilité des autres que de celui qui est en faute, on doit le reprendre avec force et quelquefois avec dureté. Mais, après l'avoir repris de la sorte, il faut en particulier adoucir son cœur aigri. 11 faut s'humilier jusqu'à lui demander pardon , comme si on avait manqué à la charité qu'on lui doit , et ne pas s'appliquer à justifier la conduite qu'on a tenue. Il vaut mieux qu'il croie qu'on ait manqué de charité pour un moment que de s'imaginer qu'on en manque encore.

22. Il y aurait , mon fils, bien des choses à dire sur ce sujet selon les diverses circonstances des temps , des lieux, des personnes ; mais cela irait trop loin. Tu devrais avoir étudié la science de l'homme. De toutes les sciences humaines, c'est celle qui a de plus grands usages , et pour la matière dont je t'instruis et pour plusieurs autres de conséquence. Mais, si tu es humble , patient , persévérante plein de charité et de compassion pour ces misérables malades, tu obtiendras presque toujours leur guérison; ta charité, ta compassion te donnera de l'adresse et de la lumière ; ton humilité et ta patience te donneront entrée partout, et ta persévérance remportera la victoire ; car, lorsque tu parleras à l'oreille, je ne manquerai pas de parler au cœur. Mais souviens-toi toujours que tu traites de maladies contagieuses, et que l'air que tu respires est corrompu. Ce seul souvenir te servira de préservatif ; il te donnera de la vigilance ; il te portera à la prière

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et à la retraite ; tu demanderas du secours à celui pour qui tu travailles ; et, sans ce secours, le commerce du monde est infiniment plus dangereux que tu ne penses.

23. Il y a, mon fils, encore bien des manières de tra> ailler à mon ouvrage , à l'édification de mon Eglise. 11 ne faut pas seulement guérir ceux qui se portent mal, il faut aussi conserver la santé de ceux qui se portent bien. Il faut même augmenter leurs forces et les soutenir contre les tentations par ton exemple , par tes discours , par tes prières ferventes et continuelles. 11 faut que tu t'appliques à leur ôter les sujets de chute et de scandale. Ils ne voient point à leurs pieds ; on doit ranger les pierres qui se trouvent dans Je chemin des aveugles. 11 faut donc que tu veilles pour eux lorsqu'ils dorment , que tu pleures pour eux lorsqu'ils se réjouissent , que tu combattes pour eux lorsqu'ils se laissent surprendre à leurs ennemis ; mais il faut encore que tu combattes avec ceux qui combattent, que tu pleures avec ceux qui pleurent, et que tu sois de toutes les bonnes œuvres que font mes enfants ; toujours appliqué à augmenter l'étendue de mon temple par la conversion des pécheurs , et à l'embellir par la sanctification des justes ; toujours brûlant de zèle pour la gloire de la maison de Dieu , de cette maison spirituelle dont je suis le fondement inébranlable, méprisant tout , négligeant tout ce qui doit périr , et travaillant pour Féternité. Quelle consolation ne dois-tu point avoir ! ton ouvrage subsistera éternellement. Une âme te doit son bonheur éternel; sans toi ma grâce lui était inutile; elle serait dans les enfers. Quel amour, quelle liaison, quelle reconnaissance de sa part? Penses-tu pouvoir périr l'ayant sauvée? Penses-tu qu'elle te puisse oublier, ou que moi je le puisse , qui tiens de ton travail une partie de mon hérit ge , un membre de mon corps, un ornement de m n temple, une âme qui chantera éternellement les louanges de celui dont je ne cherche que la gloire ? Ya , mon fils , si tu travailles à mon ouvrage , si tu fais mes affaires , ne crains point ; je ferai les tiennes ; ne

rains point . te dis-je : ta crainte me déshonore ; elle m'accuse de négligence, d'infidélité, d'ingratitude ; je suis le sauveur des pécheurs, abandonnerais-je mes enfants et mes ministres ?

24. 0 mon Sauveur î que ceux-là sont heureux qui sont du nombre de vos enfants et de vos ministres ! que l'honneur

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du sacerdoce est grand ! Prêtres du Seigneur , doubliez pas votre qualité, votre dignité, votre ministère. Vous avez entre vos mains le salut des hommes; ne vivez pas dans l'oisiveté. Vous donnez la mort éternelle à ceux qui périssent par votre négligence ; Dieu s'en vengera sur vous. Rachetez donc le temps perdu ; arrachez au démon et à ses ministres les âmes qui appartiennent à Jésus-Christ par tant de titres : il vous a faits les dispensateurs des sacrés mystères Vous avez en votre pouvoir et la source delà grâce et les canaux qui la répandent; sauvez donc les pécheurs , sanctifiez les justes , travaillez à l'ouvrage du Seigneur, au temple éternel , à Védijicatfan du corps du Christ; assurez votre salut, votre couronne, votre gloire , envoyant au ciel des âmes qui louent le Seigneur, et qui ne vous oublient jamais. 0 sauveur des pécheurs! je vous reconnais en cette qualité pour mon sauveur. Hélas ! qui suis-je* moi, pour contribuer à la perfection de votre ouvrage? Je pense à mes désordres ; je sens actuellement ma faiblesse et ma misère ; je crains , mais je veux vaincre ma crainte ; je veux me confier en votre secours , car je sais que je ne puis travailler sous vous que par les forces que vous me donnerez. Nourrissez-moi bien de votre substance, animez-moi de votre esprit, éclairez-moi , fortifiez-moi et employez moi : je suis entre vos mains comme un instrument qui ne tire sa force et son action que du mouvement de votre grâce.

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