Voy. Rogiilre ad direct, in^en., reg. m et passim
vi INTRODUCTION.
application trop bornée et généralisant, pour les transporter dans toute recherche, les procédés employés par le géomètre à l'examen des figures, de trouver, comme il le dit, une mathématique universelle i, Cette méthode , Descartes l'a en effet transportée partout : l'existence de Dieu , il n'a pas essayé de la prouver par celle du monde, ni par le mouvement qui veut un premier moteur, ni par l'harmonie qui suppose un ordonnateur suprême , mais par l'analyse des caractères internes de l'idée de l'infini et du parfait, conçue à priori par l'entendement avant l'idée du fini, en laquelle est enfermée l'existence de Dieu, comme en l'idée du triangle l'égalité de ses trois angles à deux droits; et, au lieu que ce soit l'harmonie du monde qui prouve la perfection divine , c'est au contraire la perfection de Dieu qui prouve à 'priori la nécessité de l'harmonie. Le monde, il ne l'observe pas, il le construit; et cela est si vrai, qu'il a pu sans ridicule dire qu'il ne parlait pas du monde réel , mais d'un monde idéal, de sa constitution et de ses lois possibles, supposé qu'il plût à Dieu de créer maintenant, dans les espaces imaginaires, assez de matière pour le composer; aussi il établit ces « lois qui le gouvernent , lesquelles sont nécessaires et univer- » selles , sans rien considérer pour cet effet que Dieu seul qui le » crée et que ses perfections infinies, s;ins les tirer d'ailleurs que » de certaines semences de vérité qui sont naturellement en nos » âmes. » Concevoir et raisonner sur le fondement de ces conceptions; définir, démontrer et conclure; poser Dieu, et, d'après lui , deviner le monde, voilà la méthode de Descartes. Par cette méthode, il fonde une école ; par là , et par là seulement, il s'oppose à Bacon, qui ouvre une tout autre voie. Le contraste de Bacon et de Descartes est en effet le contraste de l'expérience et de la raison, des sciences mathématiques et des sciences physiques ; où l'un recommande d'observer, d'accumuler les expériences, pour induire ensuite de leur comparaison lu loi des phénomènes, l'autre prescrit de fermer les yeux, de se boucher les oreilles2, afin de se soustraire aux illusions et au tumulte des sens, et, dans leur silence, de n'écouter que l'entendement, l'entendement qui appréhende, jugg
1. "Voy. Disc, de la méthode, part, il, S 11 ; et Reg. ad direct, ingen. , reg. IV.