‹ Œuvres, collationnées pour la première fois sur les éditions originales, accompagnées d'un commentaire nouveauChapitre 159 sur 401 · LIVRE 11, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE IX

Gluck und Heil zuvor. Lieberlunker, ich lass euch wissen,das da ihr mien von fragt, ist ein arm und erbârmlich Ding, und wer vie! darvonzu sagcn, welches euch verdruslicli zu hôren> und mir zu erzelen wer, wiewol die Poeten und Orators vorzeiten haben gesagt in iren Sprùchen unù Sententzen , dass die Gedechtnus des Ellends und Armuot vorlangst erlitten ist ain grosser Lust1. A quoy respondit Pantagruel : Mon amy, je n'entends point ce barragouin; pourtant, si voulez qu'on vous entende, parlez autre langage. Adonc le compagnon luy respondit : Al barildim gotfano dech min brin alabo dordin falbroth ringuam aibaras. Nin porth zadilrim almucathin milkoprim alelmin enthoth dal heben ensouim: kuth im al dim alkatim nim broth dechoth porth min michas im endoth, pruch dal marsouimm hol moth dansrikim lupaldas im voldemoth. Nin hur diaaolth mnarbothim dal gousch pal frapin duch im scoth pruch galeth dal Chinon, min foulthrich al coninbutbathendolh dal prim 2.

Entendez vous rien là? dist Pantagruel es assistans. A quoy dist Èpistemon : Je croy que c'est langage des antipodes, le diable n'y mordroitmie. Lors dist Pantagruel : Compère, je ne sçay si les murailles vous entendront, mais de nous nul n'y entend note. Donc dist le compagnon : Signor mio, voi vedete per essempio che la cornamusa non suona mai s'ella

1 « Jeune gentilhomme, Dieu vous donne joie et prospérité avant tout.

Cher gentilhomme , je dois vous apprendre que ce que vous voulez savoir est triste et digne de pitié. J'en aurai long à vous conter, et ce ne serait pas plus amusant pour vous d'écouter que pour moi de narrer, bien que les poëtes et les orateurs d'autrefois aient soutenu, dans leurs adages et sentences , que le souvenir des peines et de la pauvreté endurées est un vrai plaisir.»

2 Le Duchat a vu dans ce baragouin de l'arabe ; un autre commentateur, de V arabe corrompu ; ot

KAP.ELAIS.

enfin un troisième , de l'arabe trescorrompu. Les orientalistes n'y ont rien vu du tout. En prenant les lunettes dont Grimm s'est servi pour déchiffrer certaine formule de Marcellus , nous avons pu décomposer en mots anglais tout le passage :

« Ail bar ill dim god Fan o decl?

mine brine ail ado door din falJ brot ring van ail bar as. Nim pork adit kin ail mug at in milkd prime allem him , etc., etc., etc. »

Maintenant, que signifient tous ces mots? — Rien du tout. La mystification subsiste , mais nous cr connaissons le procédé.

PANTAGRUEL

non a il ventre pieno : cosi io parimente non vi saprei contare le mie fortune, se prima il tribulato ventre non a la s&îita refettione. Alquale è adviso che le mani et li denti habbiano perso il loro ordine naturale et del tuto annichillati1. À quoy respondit Epistemon : Autant de l'un comme de l'autre. Dont dist Panurge : Lord, if you be so vertuous of intelligence, as you be naturally releaved to the body, you should hâve pity of me : for nature hath made us equal, but fortune hath some exalted, and others deprived : nevertheless is vertue often deprived, and the vertuous men despised : forbeforethelast end none is good2. Encores moins, respondit Pantagruel. Adonc dist Panurge : Jonaandie guaussa goussy etan beharda er remedio beharde verseia ysser landa. Anbat es otoy y es nausu ey nessasust gourray proposian ordine den. Nonyssena bayta facheria egabe gen herassy badia sadassu noura assia. Aran hondauan gualde cydassu naydassuna. Estou oussyc eg vinau soury hien cr darstura eguy harm. Genicoa plasar vadu 3. Estes vous là, respondit Eude-

1 En italien : Monsieur, vous voyez un exemple que la cornemuse ne rend jamais de son, si elle n'a le ventre plein : moi, de même, je ne saurais vous conter mes aventures avant que mon ventre aux abois n'ait eu sa réfection accoutumée. Il lui est avis que mes mains et mes dents ont perdu leurs fonctions naturelles, et sont complètement annihilées.

2 Ce passage, en anglais, manque dans l'édit. de C. Nourry, de Marnef, de F. Juste, 1533 et 1534.

Dans l'édit. de F. Juste, 1542, et surtout dans celle de Dolet , il est singulièrement défiguré :

« Milord , si la vigueur de votre « intelligence répond à vos avan- « tages naturels, vous aurez pitié c de moi ; cai la nature nous a faits »i égaux, mais la fortune a élevé « les uns et déshérité les autres.

u Toutefois la vertu souvent est dé- « daignée et les hommes vertueux « sont méprisés; car, avant le « terme final , personne ne compte « au rang des bons. »

3 Ceci est du basque , mais défiguré. Nous le trouvons pour la première fois dans l'édition de 1 542, de F. Juste. 11 manque dans Dolet.

Voici un projet de restitution que nous avons emprunté à l'opuscule publié sous le pseudonyme de Ui hersigarria [Examen critique du Manuel de la langue basque) :

« Jaun handia, gauza gueietan « behar da er remedio ; Lehar da , « bei cela icer lan da. Ambatez « othoyez nauzu , eguin ezazu gur, « aya proposatia ordine den. Non <i izanen baita facheria gabe , gina- « raci bada zadazu neure asia.

a Arren horen hondoan , galde za- « dazu nahi duzuna; eztut huteie

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