LIVRE lï, CHAPITRE IX
mon, Genicoa l. A quoy dist Carpalim : Saint Treignan foutys vousd'Escoss2, ou j'ay failly à entendre. Lors respondit Panurge : Prug frest frinst sorgdmand stroehdt drnds pag brlelang gravot chavygny pomardiere rusth pkalhdracg Deviniere près Nays. Couille kalmuch monach drupp del meupplist rincq drlnd dodelb up drent loch mine stz rinq iald de vins ders cordelis bur joest stzampenards 3. A quoy dis/
« eguinen zuri nie , erten derauzut « eguia arimaz , Jaincoac placer « badu. »
C'est-à-dire, littéralement :
Mon grand monsieur, à toute chose il faut un remède ; il en faut un , autrement besoin est de suer.
Je vous prie donc de me faire connaître par signe si ma proposition est dans l'ordre; et si elle vous paraît sans inconvénient, donnezmoi ma subsistance. Puis, après cela, demandez-moi tout ce que vous voudrez , je ne vous ferai faute en rien ; je vous dis la vérité du fond du cœur, s'il plaît à Dieu.
1 Peut-être Rabelais a-t-il à dessein modifié l'orthographe de ce mot pour arriver à un calembour.
Je n'y sois 1 c'est-à-dire : Plaise à Dieu que je n'y fusse pas ! Ce serait s'éloigner fort de la prononciation basque (Jainkoa). Nous ferons remarquer, du reste , que les Basques se servent encore très-fréquemment de ce ternie dans le même sens que nous disons : Mon Dieu !
* Il est aussi parlé de saint Treignan d'Escosse au chapitre xxxm de Gargantua et dans la Pronostication Pa?itagrueline (ch.
vi). — Un archer écossais jure par saint Eugnan dans la 4 e des Cent Nouvelles nouvelles.
• Nous croyons avec Le Duchat que ces deux saints n'en font qu'un.
Quant à ces mots foutys vous
d'Escoss , nous ne les interprétons point comme lui. Au lien d'avoir le sens grossier qu'il leur prête, ils peuvent bien signifier, fouyez-vous, enfuyez-vous d'Escosse, en langage escosse francois , comme l'appelle ailleurs Rabelais. C'est-àdire , Saint Treignan , abandonnez l'Escosse si je n'ai pas compris.
Peut-être encore foutys vous d'Escoss signifie-t-il vous êtes d'Ecosse. Il faut se rappeler que nous avons eu des régiments et même des colonies d'Ecossais jusqu'au xvie siècle. On s'est moqué de la manière dont ils écorchaient le français. Plusieurs noëls et chansons ont même été composés dans leur langage , appelé écossais par nos joyeux ancêtres.
Voici un couplet d'un noël en escosse-francois , où nous trouvons le mot futy :
Chanty noucl bin hault tri»tou.
Patris Johan ioc beec vilhan Le filz bigot do monst lasus Y la ty ne iazons amen En ung petit vil Bethléem En ung logon bin mal courty Ne haty pas vy mesmain Bot io cry bin to la vitry Ampres dunç vach et dung an Futy M lenfant Iesucrist Apres le premier iohir daan 11 coupit la bout de sa vit.
(Les crans nouelz iiouvcaux , etc., golh., s. d.)
3 Le Duchat a cru voir du basbreton dans cet assemblage de mots forgés à plaisir. Le fait est qu'il n'y en a pas l'ombre. Ou y trouve quel-
PANTAGRUEL
Epistemon : Parlez vous Christian, mon amy, ou langage patelinois? Non, c'est langage lanternois. Dont dist Panurge : Heere, ik en spreeke anders geen taale, dan kersten taale, my dunkt nochtans al en zeg ik u niet een woord, mijnen nood verklaart genoeg wat ik begeere : gcef my uit bermhertigheid net, waar van ik gevoed mag zijn l. A quoy respondit Pantagruel : Autant de cestuy là. Dont dist Panurge Segnor, de tanto hablar yo soy cansado, por queyo suplico a vuestra reverencia que mire a los preceptos evangelicos, para queellosmovan vuestra reverencia a loque es de conciencia; y si ellos non bastaren, para mover vuestra reverencia a piedad, yo supplico que mire a la piedad natural, la quai yo creo que le movera como es de razon : y con eso non digo mas2. A quoy respondit Pantagruel : Dea, mon amy, je ne fais doubte aucun que vous ne sachez bien parler divers langages; mais dictes nous ce que voudrez en quelque langue que puissions entendre. Lors dist le compagnon : Min Herre, endog ieg med ingen tunge talede, ligeson born, oc uskellige créature : Mine klasdebon, oc mit legoms magerhed udviser alligevel klarlig hvad ting mig best behof gioris, som er sandelig mad oc dricke : Hvorfor forbarme dig over mig, oc befal at give mig noguet, af hvilcket ieg kand styre min gioendis mage, ligerviis som man Cerbero en suppe forsetter. Saa skal du lefve laenge oc lycksalig3. Je croy, dist
ques noms de lieux du Chinonnais et des environs, un petit nombre de mots obscènes , et certaines formes qui semblent affecter une ressemlance avec le vieux flamand.
1 Ceci est bien du hollandais. En voici le sens :
« Monsieur, je ne parle^oint une a ngue qui ne soit pas chrétienne :
Il me paraît toutefois que , sans que j e vous dise un seul mot , mes haillons vous décèlent assez ce que je souhaite. Soyez assez charitable pour me donner de quoi me restaurer. »
2 C'est de l'espagnol, dont voici la traduction :
« Monsieur, je suis las d'avoir tant parlé; aussi je vous supplie d'avoir devant vos yeux les préceptes de l'Evangile, pour qu'ils émeuvent votre conscience : s'ils étaient insuffisants à exciter votre charité, j'invoque la pitié naturelle , et vous n'y serez point insensible. Sur ce , je me tais. »
8 C'est du vieux danois, dont voici le sens :
« Monsieur, bien que la langue que je parle ne soit pas celle des