LIVRE II, CHAPITRE XI
qu'elle ne se mist point en ce hazard de laver la buée brimballatoire sans premier aluner le papier : à tant pille, nade, jocque, fore : car
Non de ponte vadit Quicum sapientia cadit ',
attendu que messieurs des Comptes ne convenoient pas bien en la sommation des fluttes d'Alemant, dont on avoit basty les Lunettes des princes, imprimées nouvellement à Anvers. Et voyla, messieurs, que fait mauvais rapport. Et en croy partie adverse, in sacerverbo dotis 2. Car, voulant obtempérer au plaisir du roy, je me estois armé de pied en cap d'une carrelure de ventre, pour aller voir comment mes vendangeurs avoient deschiequeté leurs hauts bonnetz, pour mieulx jouer des manequins : car le temps estoit quelque peu dangereux de la foire, dont plusieurs francs archiers avoient esté refusés à la monstre non obstant que les cheminées fussent assez hautes, selon la proportion du javart et des malandres, lamy baudichon. Et, par ce moyen, fut grande année de caquerolles en tout le pavs de Artoys, qui ne fut petit amendement pour messieurs les porteurs de coustrets, quand on mangeoit sans desguainer coquecigrues à ventre déboutonné. Et, à la mienne volunté que enascun eust aussi belle voix, l'on en joueroit beaucoup mieulx à la paulme, et ces petites finesses qu'on fait à etymologiser les patins descendroient plus aisément en Seine, pour tousjours servir au pont aux meusniers 3, comme jadis fut décrété par le roy de Canarre, etl'arrest en est encores au greffe de céans. Parce, monsieur, je requiers que, par vostre seigneurie, soit dit et déclaré sur le cas ce que de raison, avec despens, dommages et interetz.
1 Le dicton est : Non de ponte cadit quicum sapientia vadit. Ce lui avec qui marche la prudence ne
2 Pour in verôo sacerdolis. C'est ce qu'on appelle une tnièse.
3 Ancien pont au-dessous du
tombe pas du haut du pont. 1 pont au Change , détruit en 1596
PANTAGRUEL
Lors, dist Pantagruel : Mon amy, voulez vous plus rien dire? Respondit Baisecul : Non, monsieur : car j'en ay dit tout le tu autem*, et n'en ay en rien varié sur mon honneur. Vous donc, dist Pantagruel, monsieur de Humevesne, dictes ce que voudrez, et abreviez, sans rien toutesfois laisser de ce qui servira au propos.
1 C'est-à-dire tout le contenu depuis le commencement jusqu'à la fin. Ce dicton vient probablement de ce que les leçons de l'Office di-
vin et les lectures de table dans les couvents se terminent toujours par ces mots : Tu autem, Domine , miserere no bis.