‹ Œuvres, collationnées pour la première fois sur les éditions originales, accompagnées d'un commentaire nouveauChapitre 325 sur 401 · LIVRE III, CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XXVI

Tu as, dist Panurge, l'esprit moult limpide et serain, frère Jean, couillon métropolitain, et parles pertinemment. C'est ce dont Leander de Abyde en Asie, nageant par la mer Hellesponte, pour visiteras' amie Hero, de Seste en Europe, prioit Neptune et tous les dieux marins :

Si, en allant, je suis de vous choyé, Peu au retour me chault d'estre noyé1.

Il ne vouloit point mourir les couilles pleines. Et suis d'advis que dorénavant, en tout mon Salmigondinoys, quand on voudra par justice exécuter quelque malfaicteur, un jour ou deux davant on le fasse brisgoutter en onocrotale 2, si bien qu'en tous ses vases spermaticques ne reste de quoy protraire un Y gregoys 3. Chose si précieuse ne doibt estre follement perdue. Par adventure, engendrera il un homme. Ainsi mourra il sans regret, laissant homme pour homme.

1 Rabelais songeait à ces vers de Martial :

Cum peteret dulces audaxLeandrus amores, Et fessus tumidis jaiu premeretur aquis,

Si'- miser instantes affatus dicitur undas : faicute.dum properojaiergite, dumredeo.

On sait qu'il en a été donné par Voltaire une imitation bien supérieure à celle de Rabelais :

Léandre, conduit par l'Amour,

En nageant disait aux orages :

« Laissez-moi toucher les mages, Ne me noyez qu'à mon retour. »

2 C'est-à-dire faire la chos comme un âne débâté.

3 Rabelais désigne ici spéciale ment un y, parce que c'est , ains que l'a remarqué Johanneau, la fi gure des trois attributs du die.i Priape.

«14 PANTAGRUEL

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