LIVRE 111, CHAPITRE XXIX
Je releveray Carpalim d'une peine. Je iray inviter Bridoye (si bon vous semble) lequel est de mon antique cognois sance; et au quel j'ay à parler pour le bien et advancemen d'un sien honneste et docte filz, lequel estudie à Tholose, sous l'auditoire du très docte et vertueux Boissoné1. Faites, dist Pantagruel, comme bon vous semblera. Et advisez si je peux rien pour l'advancement du filz, et dignité du seigneur Boissoné, lequel je aime et révère, comme l'un des plus suffisans qui soit huy en son estât. Je me y emploiray de bien bon coeur.
1 C'est ainsi que le nomme aussi Marot dans son épigramme 77 :
Vien,Boissonné, Villas et la Perrière, le tous invite avet m9y à disner.
Ce personnage, dont le vrai nom aurait été, suivant d'autres, Jean de Boysson ou de Boyssone, fut professeur à l'université de Toulouse, poursuivi en 1532 en même temps que J. Caturce (voy. ci-dessus, p. 250), puis conseiller k la cour que François 1er crea en 1539 à Chambéry. Il était ami de Longueil qui lui a adressé une lettre latine,
de Dolet qui lui a dédié le 3e Hv.
de ses Epigrammes latines, et enfin de Rabelais ( Voy. la Notice biographique). M. G. Guibal lui a consacré une thèse latine : De J.
Boyssonnei vitâ et scriplis (Toulouse, 1803,^-8»), et un article dans la Revue de Toulous» de juillet 1854, Jean de Boysson, ou la Renaissance à Toulouse.
En se rappelant que ce troisième livre n'a été publié qu'en 1546, on pourrait croire Eabelais coupable d'un anachronisme ; mais il faut noter que c'est Epistemon qui parle.
PANTAGRUEL