‹ Œuvres, collationnées pour la première fois sur les éditions originales, accompagnées d'un commentaire nouveauChapitre 82 sur 401 · LIVRE I, CHAPITRE XXX VIII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XXX VIII

Torrentcm pertransivit anima nostra1, quand nous passasmes la grande boyre. Forsitan pertransisset anima nostra aquam intolerabilem*, de son urine, dont il nous tailla le chemin. Benedictus Dominas, qui non dédit nos in captionem dentibas eorum. Anima nostra, sicut passer, erepta est de hiquco venantium*, quand nous tombasmes en la trape. Laqueus contritus estk, par Fournillicr, et nos liber ati sumus. Adjutorium nostrum, etc. 5.

1 Notre âme a franchi le torrent.

2 Peut-être notre âme eût-elle franchi l'eau insupportable.

3 Béni soit le Seigneur qui ne nous a pas livrés a leurs dents 1 Notre âme, comme un passereau, a été arrachée du piège des chasseurs.

* Le piège a été brisé ( par Fourmilier), et nous avons été délivrés.

5 Qand nova fusmes mangés en salade.

Quand il beut le grand traict... Quand nons passasmes la grande boyre.

Quand nous tombasmes en la trape ..

Ces paroles , que l'auteur met

dans la bouche des six pèlerins , rappellent la forme du vieux cantique si populaire des pèlerins de Saint-Jacques, dont tous les couplets commencent par le mot quand.

Quand nous parlismes de France ..

Quand nous fusmes dans la Saintonge...

Quand nous fusmes au port de Blaye...

Quand nou* fusmes dedans Saint-Jac uflj.

Il est permis de conjecturer qu<- Rabelais parodie ici le vieux cantique, dont la version primitive devait être bien antérieure au Gargantua.

23* GARGANTUA

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