‹ Œuvres, collationnées pour la première fois sur les éditions originales, accompagnées d'un commentaire nouveauChapitre 93 sur 401 · LIVRE [, CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

LIVRE [, CHAPITRE XLIV

elie qui le poinct, courir çà et là sans voye ny chemin , jet' tant sa charge parterre, rompant son (Vain et renés, sans aucunement respirer ny prendre repos; et ne sait on qui le meut, car l'on ne voit rien qui le touche ; ainsi fuyoient ces gens de sens despourveus, sans savoir cause de fuir : tant seulement les poursuit une terreur panice1, laquelle avoient conceue en leurs âmes. Voyant le moine que toute leur pensée n'estoit sinon à gaigner au pied, descend de son cheval, et monte sus une grosse roche qui estoit sur le chemin, et avec son grand braquemart frappoit sus ces fuyars à grand tour de bras, sans se faindre ny espargner. Tant en tua et mit par terre, que son braquemart rompit en deux pièces.

Adonc pensa en soy mesmes que c'estoit assez massacré et tué, et que le reste devoit eschapper pour en porter les nouvelles. Pourtant saisit en son poing une hasche de ceux qui là gisoient mors, et se retourna de rechef sur la roche, passant temps à voir fuir les ennemis, et cullebuter entre les corps mors, excepté qu'à tous faisoit laisser leurs picques, espées, lances, et haquebutes2 : et ceux qui portoient les pèlerins liés, il les mettoit à pied, et delivroit leurs chevaux auxdits pèlerins, les retenant avec soy l'orée de la haye; et Touquedilion, lequel il retint prisonnier.

4 Panique. j 2 Arquebuses.

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