I^Ô LIVRE IV, CHAPITRE LU
aultres estudes et négoces pour vous lire, vous entendre, vous sçavoir, vous user, praticquer, incorporer, sanguifier et incentricquer es profonds ventricules de leurs ccrveaulx, es internes moelles de leurs os, es perples labyrintes de leurs artères? O lors et non plus toust, ne aultrcment, heureux le monde ! » A ces motz, se leva Epistemon, et dist tout bellement à Panurge : « Faultc de selle persce, me contrainct d'icy partir. Ceste farce me a desbondc le boyau cuUier : je ne arresteray gueres. — O lors, dist Homenaz continuant, nullité de gresle, gelée, frimatz, vimeres ! O lors, abondance de tous biens en terre ! O lors paix obstinée, infringible en l'Univers : cessation de guerres, pilleries, anguaries, briguanderies, assassinemens, exceptez contre les hereticques et rebelles mauldicts ! O lors joyeuseté, alaigresse, liesse, soûlas, deduictz, plaisirs, délices en toute nature humaine ! Mais, o grande doctrine, inestimable érudition, preceptions deificques, emmortaisees par les di\'ins chapitres de ces eternes Décrétai es. O comment, lisant seulement un demy canon un petit, paragraphe, un seul notable de ces sacrosainctes Decretales, vous sentez en vos cœurs enflammée la fournaise d'amour divin; de charité envers vostre prochain, pourveu qu'il ne Soit hereticque; contemnement asceuré de toutes choses fortuites et terrestres; ecstatique élévation de vos espritz, voire jusques au tioizieme ciel; contentement certain en toutes vos afifections ! »