‹ Œuvres. Collationnées sur les éditions originales, accompagnées d'une bibliographie et d'un glossaireChapitre 17 sur 279 · DE SON PERE GARGANTUA · texte numérisé non relu

DE SON PERE GARGANTUA

ET DE l'ESTRANGE MANIERE DE SÇAVOIR NOUVELLES BIEN

SOUBDAIN DES PAYS ESTR.^NGIERS ET LCINGTAINS

Pantagruel occupé en l'achapt de ces animaux peregrins, f eurent ouiz du mole dix coups de Verses et Faulconneaux ; ensemble grande et joyeuse acclamation de toutes les naufz. Pantagruel se tourne vers le havre, et veoyd que c'estoit une des Celoces de son père Gargantua, nommé la Chelidoine, pource que, sus la pouppe, estoit en sculpture de œrain Corinthien une hirondelle de mer élevée. C'est un poisson grand comme un dar de Loyre, tout charnu, sans esquasmes, ayant œsles cartilagineuses (quelles sont es Souriz chaulves), fort longues et larges, moyenans les quelles je l'ay souvent veu voler une toyse au dessus de l'eau, plus d'un traict d'arc. A Marseille on le nomme Lendole. Ainsi estoit ce vaisseau legier comme une Hirondelle, de sorte que plus toust sembloit sus mer voler que voguer. En iceluy estoit Malicorne, escuyer tranchant de Gargantua, envoyé expressément de par luy, entendre Testât et portement de son filz le bon Pantagruel, et luy porter lettres de créance.

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