C.AVECHE, caboche, tète
Cave Paincte, taverne de Chinon.
Caver, creuser.
Cavlat, œufs de muge ou d'esturgeon confits à l'huile.
Cayer, caliier.
Caynon, ou Chinon eu Touraine. Dans Grégoire de Tours et dans d'autres
auteurs qui ont écrit en latin, Ciiinon est nommé Caino.
CÉ.ANS, ici dedans.
Ceclas (vent dit), vent sud-est tiers d'est, qui domine au solstice d'hiver. C'était un proverbe chez les anciens : Mala ad se trahit, <it Cœcias ntibes.
Cécile, pour Sicile.
Cedentes (choses), qui cèdent, qui fléchissent.
CEE, nom d'un géant.
Ceincts (se jouoyt es cordes DES), les cordes des sins, c'étaient les cordes des cloches (signa). En écrivant ceincts, Rabelais fait un jeu de mots : ceincts signifie les gens ceints d'ime corde, comme les cordeliers.
Ceincture .ardente, équateur.
Celeujie, ordre, signal donné par les officiers d'un vaisseau, du grec y.i-
Celicle, Cilide, pays de l'Asie Mineure.
Celle, cette.
Celle (persée), pour seUe.
Celles, vUle du bas Poitou.
Cellule, bâti, construit.
Celluy, celui.
Celoce, brigantin, aivso, petit bâtiment très rapide.
Celtica (spica), plante.
Ceilade, faon du cerf.
Cen, ce en : « Cen dessus dessous, cen devant derrière. »
Cemchrynes, sorte de reptiles.
Cexe, ccen"e, repas, souper, cœna.
Cexot.aphe, sépulcre vide, monument érigé en l'honneur d'un mort dont on n'a point la dépouille.
Cens, cent.
Censé, métairie donnée à fermage.
Censorlns, censeurs.
Censorinus, grammairien latin, du m" siècle après J.-C.
Cent, jeu de cartes que nous appelons piquet.
Centaures, êtres mythologiques.
Centonifiqlies, faiseurs de centons, compilateurs.
Centriqi^, central.
CentumvIral, composé de cent hommes.
Centltrie, centaine.
Cependent, pendant ; pendant ce temps.
Cèpes, cepiies, animaux fantastiques décrits par Phne, Elien, etc.
Ceph.aleonom.antie, di\-inatiou au moyen d'une tête d'âne que l'on faisait rôtir.
CEPHALLTs,époux de Procris. — Voyez les Métamorphoses d'Ovide.
Cepola (Barthélémy), auteur d'un livre intitiUé Cautelce juris.
GLOSSAIRE ET NOTES
Ce que, employé pour ce qui.
Ceramite (terre), terre à potier.
Céraste, sorte de serpent cornu.
CERBERiguE (mastin), de l'espèce de
Cerbère.
Cerberus, chien inîcnial, dans la my-
tliologie.
Cercelle, sarcelle.
Cercher, chercher.
Cercle, jeu qui consiste à sauter dans un cercle que l'on manie comme une corde à sauter.
Cerclé, serclé, sarclé.
Cercopiïheces ou cercopitequcs, sorte de singes à queue, révérés des Égyptiens.
Cercu dict bourguemaistre, un des domestiques de Giiillaume du Bellay.
Cere, cire.
Cerebreux, du cer\-eau; de ccrehrum.
Ceres, déesse de l'agriculture.
Cerfouette, outil de jardinier pour remuer la terre autour des plantes.
Cerites (de Tusde), prêtres de la Toscane antique.
Cerne, cercle.
Cerner (des noix), détacher le cerneau de sa coque.
Cernophore, saltation que l'on exécutait en tenant des coupes.
Cero>lus'tie, divination au moyen de la cire fondue en eau chaude.
CÉRON, ciron.
Cerq (île), entre la Bretagne et l'Angleterre.
Certon, musicien du temps de Rabelais.
Cerulé, bleu, azuré, cœruleus.
Cerveau (soj-ez en), ayez l'esprit libre et serein.
Cerveaulx a bourlet, têtes coiffées du bourrelet ou bonnet doctoral.
Ces.vrea, ville fondée par César.
Ces.\rine, de César; a tondu à la Césariue », tondu comme l'était César; < coups de poignard à la Césarine », coups de poignard comme ceux dont César fut frappé.
Cesinins, ser\-iteurs de la Quinte-Essence.
Cessateur, désœuvré, nonchalant.
Ceste icy, celle-ci.
Cestrin, bois odoriférant dont ou faisait des patenostres.
Cestuy, ce, celui.
Chach.\nins, ser^-iteurs de la Quinte- Essence; un de ces termes que l'on dit tirés de l'hébreu.
Ch.\ffourer, cgratigner, barbouiller.
Ch.affoureus (de parchemin), barbouilleurs.
Chagrin (un), un homme diagiiu, d'esprit tracassicr.
Chaire, siège, chaise.
Chaisne, chêne.
CiiAiSNON, pour Chinon.
Chaiton Armenian, Hayton, auteut arménien.
Chalbrotii, nom d'un géant.
CitALCiDE, Chalcis, ville de l'Eubée dans l'andenne Grèce.
CH.4LLANS, pratiques, terme injurieux.
CH.4LLER (les noiz), ôter la coque, écaler.
Chaloir, importer, être nécessaire. « Il ne chault, » il n'importe.
Chamailler, battre, combattre : « Y eut tant chamaillé, a Chamailler un tonneau, le tracasser.
Cham.\rre, robe d'apparat.
CiL'iMEERiÈRE, ser\'ante, chambrière.
Chambourg, Chambord.
Chambrier {Camerarins), savant du 'KXl" siède.
Chambrier, chambellan.
Ckameléon, camdéon.
Chamcuillac, nom d'un page du sdgneur d'Estissac.
Chai.ipeignons, diampignons.
CHAiiPls, enfant trouvé.
Chance, sorte de jeu de dés.
Chancre, cancre, écrevissc.
Chandelle armée, chandelle à armoiries comme les derges bénits du jour de Pâques.
Chaneph, mot hébreu qui signifie hypocrisie.
Chante.\u, morceau, quartier, reste de pain, lorsqu'il a été entamé.
Chantelle, petite vUle du Bourbonnais, arsenal renommé au moyen âge.
Ch.\ntepleure, arrosoir, entonnoir percé de trous.
Chantonnet, couplet, petite chanson.
Chanu, blanchi par l'âge : « Mon antiquité chanue. »
Chaperon, t lis mirent quatre têtes en un chaperon n, locution proverbiale :
ils rémiirent à quatre leur intelligence.
CiLU'ERONS A bourlet, bonncts des maîtres es arts.
Chapifou, jeu, colin-maiUard.
CliAPLis, conflit, rencontre, heurt, combat, carnage.
CiL\PLYs, chapdure, miettes de pain.
Chapoter, cogner, tapoter (im tonneau).
Chappart, qui s'échappe.
Chappe, manteau.
Chappe,\u albanois, chapeau pointu.
Chappon (coudier en). En sortant de souper, comme fait la gent volatile (comme les poules). C'est ainsi que Cotgrave l'entend.
Cette expression se trouve dans les Arriis d'amour de Gilles d'Aurigny :
« Et (doibvent les maryz) aller coucher
GLOSSAIRE ET NOTES
et départir d'une coiiipagiiie à telle heure que bon leur semble, voir en chapon, si niestier est ».
Chappuys (le aipitaine). Le capitaine Cliappuys et Alcofribas, cités au chapitre vni du premier livre, sont probablement Rabelais et Claude Chappuis, attaché comme lui au cardinal du Bellay.
Charanton (le Pont), près Paris.
Charbon (a souffler le), sorte de jeu qui consiste à repousser en soufflant vers les autres joueurs un morceau de charbon, embrasé suspendu an plafond et autour duquel les joueurs font cercle.
CiLVRDONNETTE. On donne encore ce nom. en Saintonge, à la fieur d'une e?pcce d'artichaut sauvage, qui est très employés pour faire caiUer le lait
Chardrier, chardonneret.
Charesse, caresse.
C!L\RETÉ, cachelet, masque.
Chargement, poids (d'un coup d'épée) .
Ch-^risteres, hymnes aux Grâces dites Charités.
Charités, les Grâces.
Charles ciXQUiEirE, l'empereur Charles-Quint.
Ch.vrles SIXIEME, roi de France.
Ch.\rles HUYCHEiiE, roi de France.
Ch-ARLes ^Lugne, l'empereur Charlemagne.
CiL^RiiER, chermer, enchanter, ensorceler. Dans im autre sens, Rabelais dit : charmer un tonneau, le renforcer.
Charmois (Charles), peintre du roi François I'?"'.
Charnier, office : « Charnier à mettre le lard ».
CiLVRON, Caron, le noclier du Styx.
Ch.\rraxtoxs, charençons, insectes.
Charrette : « Mettoit la charrette devant les bœufz ». Locution proverbiale dont le sens est facile à comprendre.
Charrous (le digne vœu de). L'abbaye de Charrous était une des sis grandes églises qui prétendaient posséder la parcelle du précure de Xotre-Seigneur détachée à la circoncision. On lit dans l'Alphabet de l'auteur français, vieux glossaire de Rabelais :
« Charroux est ime petite ville en haut Poitou sur les confins de la Marche et du I^imosin, qui a eu grand renom au siècle passé pour le regard des reliques qui estoient gardées dans le monastère de l'abbaye située au milieu de la ville, et jadis bastie par le roi Charlemagne, ainsi que racontent les
T. II
moines; ces reliques tant révérées estoient la Digne Vertu enfermée dans une châsse enrichie d'or et de pierres. Item le Digne Vœu, à sçavoir une grande statué de bois, en forme d'un homme tout couvert et revestu de lames d'argent, qui estoit dressée debout en im coin de ce monastère.
Ces reliques ne se montroient au peuple que de sept ans en sept ans, et lors on y abordoit de toutes parts. Outre plus il n'estoit permis au sexe féminin de s'approcher du Digne Vœu pour le baiser, c'estoit seulement aux hommes et jeunes enfans à qui cela appartenoit; mais les femmes estoient ordinairement au guet pour attraper celui qui l'avoit baisé, et se jettoient au col de l'homme ou de l'enfant pour le baiser et attirer par ce moyen comme par un alambic la vertueuse efficace qu'ils avoient pris en baisant actuellement cette statue. Une grande dame le voulut baiser, il se haussa de quatre ou cinq pieds, ce qui passa pour un grand miracle, quoique ce ne fût qu'un effet de la fourberie des moines qui avoient attaché imc poulie par derrière. L'an 1562, il fut despouiUé par des gentilshonunes huguenots (comme le sieur Bouganet), lesquels depuis par les gaudisseurs du païs furent appeliez les valets de diambre du Digne Vœu de Charroux; or il sembloit à Dindenaut avoir fait im grand serment quand il juroit par le Digne Vœu de Charroux. »
Charte, pancarte sur laquelle étaient inscrites les lettres de l'alphabet; abécédaire.
Chartées, charretées.
Charte, cartes à jouer.
Charte vtrade, signifie carte retournée; jeu de cartes auquel jouait Gargantua.
CiL^RTiER, charretier.
Chartre, prison.
Chartres, \'ille de France.
Chascunière, le domicile de chacun :
€ Ainsi chascun s'en va à sa chascunière. »
Chasxl\te, casemate, fortification, abri contre les projectiles de l'ennemi.
Chasm.\te, abîme, ouverture subite faite par un tremblement de terre.
Cil\ssetr.\pes, chausses-trapes.
Chastaigne, châtaigne.
Chastaigneray (le seigneur de La), courtisan célèbre par son duel avec Jamac.
Chastaine, châtaigne.
Chasteau (le cabaret du). C'est le même
GI.OfîSAIRF: ET NOTES
que Rabelais nomme ailleurs taverne du Cas tel.
Ch.\stei.eraid, \-ille de France : « Pays de Chastelleraudois. »
Chastelet (petit), une des forteresses ou prisons de Paris, sur la rive gauche de la Seine.
Ckasielet, jeu qui consiste à abattre un petit édifice, un petit château (chastelet) formé de trois noyaux d'abricots surmontés d'un quatrième.
en se servant d'un noyau d'abricot comme projectile. On emploie aussi pour l'édifice et comme projectile, des châtaignes, des noix, etc..
Chastillcn" (cardinal de), frère aîné de l'amiral de Coligny, fait cardinal à dix-huit an?, en 1533.
Chat : • Esveigler le chat qui dort. » La cution proverbiale qui s'est conservée.
CiiAT DE JLuis, martre.
CHATE>nTE, voir Chattemite.
CH,ATomLE, poisson de mer.
CHATS-FOURREZ, CHATTES-FOrSRÉES,
CHATS-FOURII.L0XS, gens de justice, leurs femmes et leurs enfants : « Chatsfourrez vivent de corruption. »
CHATTE^^TE, hvpocrite, doucereux; de cata et mitis. Rabelais emploie le féminin chattemiteuse, et le diminutif chattemitillon.
Ch.^xtoxs, petits chats.
CHAiiANT, chat-huant, hibou.
CHAtFFOXTRER, chaffourer, égratigner « le parchemin ». — Chaufïourer (se), s'égratigner « le \-isage ».
CHAraEXY (pain), moisi; suivant de l'Aulnaye, pain où il y a du chaume, de la paille.
CHAU^nxE, maisormette couverte de
chaimie.
CH-it'XYS, ville de Picardie.
Chausse d'hjppocras, filtre à passer
l'hypocras.
Chausses, comprenant le bas-de-chausses, les bas, qiù étaient d'estamet ou de serge drapée ; et le haut-de-chausses, la culotte, les braies.
CHAU^^G^•y, ville sur la Vienne.
Ch.\u\"IR (les aureillc-3 comme asnes d'Arcâdie), remuer, dresser les oreilles. Est écrit parfois chovir, et le participe présent est chauiaiit ou cliovant.
CH.A\TN"i-, Cha^•igny, village près de
Chinon.
Chef, tête, extrémité supérietire.
Chelhydres, serpents aquatiques.
Cheli, nom que les uns tirent de l'hébreu Cheli (gâteau), les autres du grec ■/lUJjz. lèvre.
GhÈlidoine, hirondelle de mer.
CHELniixs, mot hébreu qui signifie
singes.
Chemaxt (François Errault, sieur de), l'un des domestiques et familiers de Guillaume du Bellay; fut garde des sceaux sous Henri II.
Cheminées (roquette de), fort ou fortin, retranchement qui était dans les cheminées, attendu qu'il s'agit d'andouilles qui ont là leur retraite naturelle. CHEiiNis, Ue d'Egypte.
Chen'evé, chènevLs.
Ckexins, raisins dont on fait le gros vin. Chère, mine.
Chère, repas. — « Chère lye », joyeuse
chère.
Chereph, chérif, prince, particulièrement le chef de la Mecque.
CHER3LER, charmcr.
Chersydres, sorte de serpents d'après
Pline.
Cherubicque, de chérubin, céleste.
Chesauxx, maisons, édifices.
Chescux, chacim.
Chesil. Cesil ou Chesil était pour les Hébreux, comme Orion pour les Grecs, l'astre des tempêtes. 0 Condle de ChesU ', concile de Trente.
Chesixins, mot hébreu, les forts, suivant de l'Aulnaye.
Chesxe, chêne : « Faire le chesne fourchu », se tenir la tête en bas, les pieds en l'air.
Chesn"e. chaîne.
Chesnts forchu, jeu qui consiste à se tenir sur les mains, la tête en bis, en écartant les jambes à la façon d'un branchage ou d'une fourche.
Cheusson", insecte piquant, cousin.
Cheval : « De cheval doimé regarder en la gueule », c'est commettre un acte incongru; on ne doit pas faire le difficile quand il s'agit d'im présent.
Chevalerie, équitation; a im sens plus
élevé que tout le monde connaît.
Chevalier, cavalier au jeu d'échecs.
Chevallet, petit cheval.
Chevakce, le bien, l'avoir d'ime personne.
Chevau-fon-du, c'est le jeu encore en usage du cheval-fondu; les joueurs sautent à califourchon sm: le dos de l'im d'eux qui est baissé pour les recevoir, et qui a généralement la tête appuyée à un mur.
Chevaucher, monter un cheval, être à califourchon : « Chevaucher un canon ». Est pris souvent dans le sens erotique.
Chev.\ulchex:r, cavalier, écuyer; bon écuyer dans le sens erotique.
1 CHEVAtT-CHOXS DE REBOURS (a), montre
Glossaire kt notes
un cheval, une iniilc, le cul tourné vers la tête de la mule, la faee vers la croupière, ainsi que le dit Rabelais.
Chev"aulx (isle des) : (il,'isle des Chevaux prés Escosse par les seigneui-s de Termes et Dessay saccagée ». Allusion à im fait qui se passa, en juillet 1547, sur la côte d'Kcosse, dans l'île de Keith, autrement dite aux Chevaux. Cette île ayant été enlevée par les Anglais, fvit reprise peu après par André de Montalembert, sieur de Dessé, qui commandait le corps auxiliaire de France. Paule de Thermes lui succéda plus tard dans ce commandement.
Chevï:che, chouette : « Une chevêche...
Nous sommes îcy bien pippés. » Pris à la pipée, parce que, pour prendre les oiseaux de cette manière, on se sert ordinairement d'une chevêche ou chouette qui les attire par ses cris.
« On pensoit se servir de luy (la Noue), comme de chevêche pour piper les Rochelois ». (Mémoires de l'cstat de France sous Charles IX, 177&, tome II, page 12.)
Chevêche, jeu qui consistait vraisemblablement à imiter le cri de la chouette.
Chevecier, celui qui est chargé d'acheter la cire nécessaire à l'église; titre d'une dignité ecclésiastique. Rabelais joue sur ce mot et le mot précédent.
Cheveui-X de Vénus, nom d'une plante.
Chevreter, sauter et cabrioler, sauler de dépit. « Prendre la chèvre » signifie aussi se fâcher, se mettre en colère.
Chevrettes, crevettes.
Chevrotin (tirer au), boire.
Che\'rotix, cuir de chevreau.
Chiabrex.\ des pucelles, titre d'un prétendu livre.
Chl\brexer, faire des façons, des mines, des simagrées.
Chiasser, diminutif de chier.
Chice (pois), pois cliiches.
Chich-AR, avare,
Chicheface, maigre et triste \'isage.
Chiches, pois chiches.
Chien. « Vrais chiens de monstre », im chien de monstre est un chien d'arrêt, en espagnol : pcrro de miicsira, un chien qui montre le gibier au chasseur. Regarder derrière soi » comme un chien qui emporte un plumail (une volaille) », locution proverbiale. « Battre le chien devant le lion », loc. prov., faire une chose à contre-temps.
Chien (de), terme de mépris : « Belle isle de cliien ! »
Chien chié chanté (c'est bien), ou seulement : c'est bien chié chanté. Dans
les deux cas il n'y a qu'une plaisanterie qui consiste à prononcer les deux premiers mots comme si la langue « fourchait » avant d'arriver au troi- .sième.
Chienerie, vie comme celle que mènent les chiens.
Chienlict, chienlitz, qui chie au lit, terme injurieux, resté dans le vocabulaire populaire.
CniÈRE, pour chère, dans les différents sens de ce mot : « Pire diière ».
Chiffre, écriture à l'aide de cliiffres convenus pour correspondre secrètement.
Chiliandre, qui contient mUle hommes.
Chilo, chilon, un des sept sages de la Grèce.
Chimère, monstre mythologique.
Chinon, \-ille natale de Rabelais.
Chinonnovs, le pays autour de Chinon.
Chinquen.aude, chiquenaude.
Chippe, barque anglaise (s7«:/>) .
Chippoté, chipoté, gâté à force d'être manié.
Chiquanourre, féminin de chiquanous.
CHiQL'.ANOtiRROYS, pays des chiquanous.
Chiquanous, cliicaneux; Rabelais se sert de ce mot pour désigner les huissiers et les sergents.
Ckeron.acte, qui prend à toutes mains.
Nom d'un capitaine de Gargantua.
Chismes, schismes.
Chocquer, heurter.
Chœromantie, divination qui se fait avec des pourceaux, de zoicoç, ijorc.
Choine, pain blanc et délicat.
Chole, cholère, colère.
Choper, heurter du pied, faire un fairx pas.
Chopiner, boire.
Chorde, corde.
Chorjie, chiourme, galère, le banc des rameurs ou des forçats, et aussi la troupe de ceiri-ci.
Chose, village du Chinonnais.
Chosette, diminutif de chose.
Chouart (Je-^n), désignation populaire du phallus. — Nom d'un batteur d'or à Montpellier.
Christallin (miroir de), cristal.
Christi.vn, cristlmst, chrétien : « Poires de bon Christian. »
Christophle (saint), saint Christophe, dont la légende est bien connue.
Chronique, pour maladie chronique.
Chrysippus, philosophe stoïcien florissant au u.^ siècle avant notre ère.
Chrystallin (docteur de), jeu de mots, pour docteur décrétalin ou décrétaliste.
GLOSSAIRE ET NOTES
Chylifier, réduire en chyle.
CiBOT, dboule, petit oignon.
CiCEKO, CicÉRON (Marc Tulle), l'orateur romain souvent cité. On fait de son nom l'adjectif ciccronian, ciceronien.
CiCERONl.\N, ciceronien.
ClCErt)ELLE, ver luisant.
Ciel (le), père de Saturne.
CiGALLES (ferrer les), locution proverbiale, prendre un soin inutile, perdre son temps.
CiGuoiKGXE, cigogne : « Le comte de la Cigoingne. »
Cil, celui, celui-là.
CiLiciE, pays de l'ancienne Asie Mineure.
CiMASULTE, cymaise ou moulure dite ondée.
CiXAMOîîE, cinnamone, substance aromatique fort estimée chez les anciens.
CiNCiN'NATUi.E, nom du prétendu esprit familier du Rhodogine; du latin cincinnatus, qui a les cheveux bouclés.
CiNGE, singe : « Cinges verds )>, choses fantastiques, t Oncques vieil cinge ne feit belle moue », locution proverbiale.
CiNGESSE, féminin de siuge.
CiRCÉ, magicienne de l'antiquité.
CrRCONFÉRENCE : « Infinie et intellectuale sphère, le centre de laquelle est en chacun lieu de l'univers, la circonférence point, c'est Dieu, selon la doctrine de Hermès Tri.-=mégiste. »
Rabelais s'est trompé; il n'\- a rien de pareil dans les ou\Tages attribués au prétendu Hermès Trismégiste.
Cette image se trouve dans saint Bonaventure : Itinerarium mentis ad Deum, cliapitre v; de là elle a passé dans Gerson. Vincent de Beauvais, dans le premier chapitre de son Spéculum hisloriale, l'attribue à Empédocle. — Voir l'édition des Pensées de Pascal donnée par M. Emest Havet, 1852, page 4.
CiRCUMBILIVAGINATION, mOt forgé à
plaisir pour désigner un tournoiement autour de quelque chose. « Par la g>'rognomonique drcumbilivacination, etc. », chapitre xxii du livre III; voici à peu près le sens de cette phrase :
« Par le circulaire tournoiement desquels, comme par deux contrepoids célestes, toute l'allégorique mécanisme del'Église romaine, quand elle se sent tourmentée d'aucun malaise d'erreur ou d'hérésie, se trémousse autour du même centre. »
CœcL'siBiLiVAGiîrER, tourner autour d'un centre.
Cire : « Nous les faisons comme de dre », dit Janotus en parlant des hérétiques, c'est-à-dire nous les faisons
fadlement, en un tour de main. La dre se pétrit aisément, et die brûle, ce qui offre un autre point de ressemblance.
CiRURGiEX, pour chirurgien.
CiSTEAULX, l'abbaye de Coteaux.
CiTRULLE, dtrouille.
CivADiÈRE, voile du mât de beaupré.
CiZAiLLER, couper, lacérer avec des ciseaux.
CL.A.B.4ULT, criant hors de propos; on donne ce nom à des chiens qui aboient mal à propos et ne sont bons qu'à faire du bruit.
Clairet, vin blanc.
Clan', ou Clain, ri\-ière du bas Poitou.
Claqueden'T, qui daque des dents, misérable, gueux. Rabelais cite un prétendu livre intitulé le Claquedent des maroufjîes.
Claude second, empereur romain.
Claldix, musiden contemporain de Rabdais.
Cl.^udius, Claude, empereur romain.
Clause (en poing), close, fermée en poing.
Claustral, du doître : « Prieur claustral, »
Claustrier, doîtrier, doîtré.
Cla\"eaux, dous recourbés.
Cla\tel : « Hérétique davdé, hérétique bruslabie, comme une belle petite horologe. ') Allusion à un hérétique rochelïais du nom de Clavelle, condamné au feu. Rabdais ajoute : « Bruslabie comme une belle petite horologe », parce que ce Clavd était un horloger, auteur d'ime curieuse horloge de bois, et que cette horloge fut, dit-on, brûlée avec son auteur.
Clavelée, maladie des moutons.
Cla\'er, douer (un tonneau).
Claveure, serrure.
Clkaxthes, philosophe stoïdeu; vécut au m'^ siède avant notre ère.
Clefs, jeu d'adresse pour lequd on se ser\-ait de defs au moyen desquelles il s'agissait d'attdndre un but.
Clementix, clementixe, de Clément V, pape; la dnquième collection de décrétales porte le nom de ce pape.
Cleombrotus, philosophe anden.
Cléox de Daulie, qui passe pour n'avoir jamais songé.
Cléopatra, Cléopàtre, rdne d'Egypte.
Clerberg (Henri), contemporain de Rabelais.
Clerc, savant : « Clerc jusques es dents en matière de bre\-iaire. » — « Si n'estoient messieurs les bêtes, nous vivrions comme dercs ». Rabdais renverse les termes de la proposition. Si
GLOSSAIRE ET NOTES
n'étaient messieurs les clercs, etc.
Clergaux, nom formé de clerc:.
Clergesses, féminin de Clergaux.
Clergie, science.
Clerice, vocatif de derïcus, clerc.
Clericus vel addiscens, clerc ou étudiant.
CLEROiL\NTiE, divination par le sort des dés.
Clicquer, dicqueter.
Ci.iCQUETTES, cliquettes (des ladres).
Cldiatere, année climatérique, les années de la vie d'un homme qui sont des multiples de 7 ou de 9, ou encore de 7 multiplié par uu nombre impair.
CLINE-MUZETTE, ou Cl.IGNE-lIUSETTE,
jeu d'enfants où l'un d'eux dierche les autres qui se sont cachés pendant qu'il fermait les yeux (clignait des yeux).
Clisse, enveloppé d'osier.
Clocher, boiter : « Ne clochez pas devant
les boyteux y, locution proverbiale.
Clode Albix, Clodius Albinus, général romain qui fut proclamé empereur par ses soldats, mais qui ne régna point.
Cloisier, paysan qui tient une closerie. Cloper, boiter.
Clou.\tier, cloutier.
Clourre, clore, fermer.
Clous, clos, fermé.
Clousti^tie, clôture.
Clu>-y (hostel de), à Paris.
CLYiiÉNOS, soud, plante.
Clystère barb.aein", terme erotique.
CoBBiR, fracasser.
CoccAïus (JlERLiNus), poème macaro-
nique de Folengo, auquel Rabdais a
fait plusieurs emprunts. Rabelais lui
attribue un livre de Patria dinboloriim.
COCCOGXIDE, graine de thymdéa dite
poivre de montagne.
Coches, voitures pour la promenade.
CocHONXET, petite boule ser\-ant de but aux joueiirs de boules, jouer au « cochonnet va devant » : jouer aux boules en se promenant et en lançant à chaque coup le cochonnet en avant.
CocQUASSE, COQUASSE, coquemar, chaudron.
CocQUASsrER, COQUASSIER, cuisinier, alias, marchand d'oeufs, et aussi chaudronnier.
CocQCE, COQUE, coquillc, écaille.
CocQUEClGRUE, animal imaginaire. CocQUE^iART, coQUE.^L\RT, grand pot
où l'on fait bouillir l'eau, marmite.
Cocu, sorte de jeu de cartes auqud jouait
Gargantua.
CocYTE, fleuve infernal.
CoDERETZ, Coterets, station tliennale des Pyrénées.
CoDicE, cahier, codex.
Cœlivage, qui va au dd, céleste.
Cœnaire (loi), loi qui règle les repas. Cœur (Jacqi'es), riche finander du
temps de Charies VII.
Cœur, cueltr, s'emploie souvent pour
chœur.
Cogiter, penser.
C0GNOISTRE, connaître.
CoGULE, cagoule, robe de moine.
CoHUAU, domestique de Guillaume du
Bellay.
Coiffe, « laver la coiffe Jladame ^ jeu
inconnu.
CoiLLON, couillon.
CotN-, coing, fruit.
CoixcT, coixcTE, propre, bien arrangé,
bien paré, agréable.
COINGNÉE, COIGNÉE, COIGXIE, COgnéC.
Sur les deux acceptions de ce mot, voir ce que dit messer Priape au nouveau prologue du Mvrt IV.
CoiN'GNET (Pierre du) : « Pierre du Coingnet par vous pour même cause pétrifié II. (Nouveau prologue du livre IV.) Une petite statue, placée dans qudques églises et qui servait à éteindre les derges, se nommait ainsi, par allusion, dit-on, à Pierre de Cugnières, avocat général sous Philippe de Valois, qui avait attaqué les privilèges du dergé.
Coingnouoir dodrext.\l, cognoir, instrument ser\-ant à cogner; dodrental, ayant neuf pouces de long.
CoiRAU, bœuf engraissé pour la boucherie.
Coissix, coussin.
CoLAXES, fils de Jupiter et de la nymphe
Ora.
CoLDREAUX (les), village du Chinonnais.
CoLE, COLLE, tourmente, tempête.
Colix-Bridé, jeu dont on ignore la pratique; son nom peut faire supposer que c'était une sorte de colin-maillard.
CoLEv-ET, Jacques Colin d'Auxerre, abbé de Saint-Ambroise, poète alors en réputation.
Collas, pour Nicolas. « Deu Collas, faUlon ». En patois lorrain : de par saint Nicolas, compagnon.
CoLL.\rDER, louer, collauiare.
CoLLiGEAXGE, coLLiGUAXGE, lien, rapport.
COLOCYXTHE, coloquinte, plante.
CoLON'GES, Collonge-les-Royaulx, ville
du bas Poitou.
CoiopiroN, ville de l'andenne Lydie
(Asie Jlineure.) COLOPHONL\CQUE, de colophone ou colophane.
CoLOic. sorte de reptile.
CoL^TOBADES (oUvci), olives prùijarces
dons leur saumure.
CoxrBES, jeu inconnu.
Combien qite, quoique.
COMBRECELLE, l'actïon de se baisser en
avant pour recevoir quelqu'un sur
son dos. (De l'Aulnay.) Combustion, ardent désir.
Co>nTE, compagnon, cornes.
Comment a xom? C'est, comme nous
avons dit à propos du dicton ad for-
main nasi, etc., une manière d'habiller
une syllabe indécente.
CoM^rER.viGE, baptême, de commère,
marraine.
Co>DnssiON, exploit judiciaire.
CoMinssuRE, point de jonction.
COMjnSSURE L.'iMBDOÏDE, SUtUTC dU
crâne ayant la forme du lambda grec.
CojiMODUS, COJUIODE, empereur romain.
CoMPACTiON, réunion, assemblage.
COMP.\lNG, compagnon.
CoMPANAGE, ce qui se mange avec le pain; expression languedodeime et provençale.
CoMP.\RENT, comparaissent.
CoMP.-VROlT (ne se) point, ne paraissait pas.
CoMP.uiTi, partagé par égales distances.
Compas, mesure, proportion.
Compexdiel'x. abrégé.
Compère, musiden du temps de Rabelais.
Compère, compère, prêtez-moi votre SAC, Gargantua jouait « à compère, compère, prêtez-moi votre sac; » on ignore en quoi consistait ce jeu.
CoMPETAXCE (du mal), ce que réclame la maladie, ce qui con%-ient à la maladie.
CoMPETEMENT, COMPETEXTEMEXT, Convenablement.
COMPETENT, appartenant, convenable.
CojlPETER, convenir.
CoMPisBER, pisser dessus.
CoMPlTE, carrefour.
CoMPL.\iNCT, COMPLAINCTE, plainte.
CoMPLAixDRE (sc), porter plainte, se plaindre.
COMPL.VNiR, aplanir, niveler.
CoMPLEXiON-NÉ. Constitué.
Composer, mettre en comparaison; entrer en composition, faire un traité.
CojEPOSErRS (d'emprunts), composeurs (de pets), gens qui font des emprunts, etc.
Composition, ordonnance, distribution.
Compost, le calendrier.
COMPOVSTE, compote, marmelade.
Compter, dans le sens de conter, raconter.
C0MPUL6OIRE DE BEUVETTES, synottyme de jambon, qui aide à boire.
CONARE, la glande pincale.
CoNCHE, conque.
CoNCHiER, embrener, salir. — Se con- CHIER, s'embrener.
CoNCiERGERrE, prison du Palais.
CoNCiLiPETES, allant au concile, conçu Hum patentes .
CoNCiON, CONTION, discouts, hatanguc :
« I^a contion de Gargantua aux vaincus. »
Conclusions, propositions à soutenir en discussion publique.
CONCOCTioN, cuisson, digestion.
CONCOCTRICE (vertu), puissance de cuire, de digérer les aliments.
Concordat (le baUlif), personnification plaisante, comme le bonhomme Concile de I^tran et la bonne dame Pr^matique Sanction.
CoNCORDS, qui est d'accord : « Ton corps concords », ton corps où tout s'harmonise.
CoNcrLQUÉ, foiUc aux pieds : € Toute amitié conculquée. »
Concussion, secousse, ébranlement.
Co>rDEMNADE, Sorte de jeu de cartes.
CoN-DlEUX, confrères en di\'inité.
CoNDiGNE, digne, égal.
CoNTJiTioNALES, Conditionnelles, propositions conditionnelles.
Conditionné, dont les conditions sont fixées : « Pactes par vous-mêmes conditionnés », pactes, traités dont vous avez fixé vous-mêmes les conditions.
CONDUIREN-T, pour conduisirent.
CoNDUiST, poiu: conduisit.
CoNFABULATioNS, entretiens, conversations.
CONTALON, enseigne, bannière, gonfalon.
CoNFALONNiER, porte-ensdgne .
Confection de cotoniat, confitures de coing, cotignac.
CoNTtDÉRATiON, alliance.
Confermer, confirmer, rafïermir; on rencontre aussi conformer dans le même sens.
Contés, confessé.
CoNFlNlTÉ, voisinage.
Confins, voisins.
CoNTLAGRER, brûler, être en feu.
CONFORT.VTIF, qui réconforte.
CoNGiÉ, congé, permission, licence.
CONGNEU, connu. Ce mot avait parfois, comme à présent, le sens d'avoir des rdations chamelles.
CoNGNoissANCE, connaissaiîce.
CoNGNOiSTRE, connaître ; t congnois toy. »
Congratl1.ant, félidtant.
Congre, crabe, homard.
GLOSSAIRE ET NOTES
Congru, convenable, approprié à la circonstance.
CoNNiL, CONXIN", lapin.
CoN'NUBL\i-ES, relative? au mariage.
CoNOPÉE, Kf.)Vfp)~:ïov. tin pavillon de lit, duquel ordinairement les Égyptiens se servaient pour se garantir des injures des moucherons, en grec "/'•)"/fOTziç. en latin culiccs, en français cousins. Les reines et grandes princesses paraient leur lit et couches de superbes pavillons d'où Horace : Interque signa turpe militaria sol aspicii conopeum.
CONQUESTER, Conquérir; conquesta, conquit.
CoNSEN'TiNOls, habitants du Conseutin, pays autour du Consentia ou Cosenza, dans la Calabre.
CoxsEQUEMJiENT, pour ensuite.
Considération, contemplation.
CoNSiLiON, musicien contemporain de Rabelais.
Consister, se tenir, être situé, consisterc.
CoNSOLDE, consoude, plante.
CONSONNANTE, COnSOimC.
CONSONE. CONSONNE, qui convient, qui s'accorde, comme consonnant.
CONSONER, coNSON'XER, être d'accord avec, convenir.
Constantin (l'empereur).
Constantin (arc triomphal de), à Rome.
CoNST.^NTlNOBLE, Constautiuople.
Consulte (ligne), ligne brisée.
ÇoNSUMiiATUM EST (ainsi que dist sainct Thomas), tout est consommé, ou c'est fini (U\Te III, chapitre n). Saint Thomas, distrait par la composition de son hymne au saint Sacrement, mangea, dit-on, toute ime lamproie servie sur.
la table de saint Louis, et, ayant fini la lamproie en même temps que l'hymne, s'écria : Consummatum est !
CoNTAiirNER, souiller; contamination, souillure.
CONTEMNER, CONTESIPN'ER, mépriser.
CoNTEMPERER, movérer, apaiser.
CONTEMPNEilENT, mépris.
CONTEMPTIBLE, méprisable.
CoNTENDRE, disputer, avoir des prétentions contraires; d"où contentieux, litigieux; contention, content, contemps, chicane, tracas.
Content, comptant; « de content », en argent comptant.
Conthoporie, fontaine de Corinthe.
Contikuement, d'ime manière continue, sans interruption.
Contra hostium insidias, contre les embûches des ennemis; oraison.
CoNTRACT, contracte, replié, contracté.
Contredits (cour des), cour romaine.
Contrefil (a), au contraire.
Contrefortwœr, mépriser, braver la fortune.
Contregarder, contregu.\rder (se), se tenir sur ses gardes, se garder contre.
Contrehastier, grand chenet de cuisine à plusieurs crans, pour les broches.
Contremejane (voile), voile de contreartimon.
CoNTREMONT, en haut, en remontant.
Contrepeder, contrepeter, peter à l'unisson.
Contrepoinct (au), au contraire, au rebours.
Contrepoinctée, piquée comme ime courte-pointe.
Contrevenier les bulestes, tendre les voiles quand on est au plus près du vent.
Contristations, tristesses. Rabelais emploie aussi le verbe contrister, et se contrister.
CoNTROVERS, CONTROVERSE, Controversé, débattu.
Contumelie, injure, outrage.
CONTUNDRE OU CONTON"DRE, froiSSer,
piler, broyer.
Convalescence, bonne santé : « Réduit à sa première convalescence ", revenu en sa première santé.
CoN"VEN.\NiE, conven-ente. Convenable, propre.
Convenir, falloir.
CoN\TENlR, se rendre, venir, se rassembler.
CoNVENT, couvent.
Conventicule, réunion, assemblée.
Copie, abondance, d'où copieux, abondant. « Copieux en révérence », qui prodisTue les révérences.
CopiEi'x, qui copie, qui imite et singe les autres. « Les Copieux de la Flèche »
étaient passés en proverbe.
Coq : « Saulter du coq à l'asne )>, passer d'une chose à une autre sans transition, d'où l'expression co?-ft-/'rf"c restée en usage. — « Le coq d'Euclion tant célébré par Plante en sa marmite. »
(Prologue du Livre III.) Dans la comédie de Plante intitulée Aulularia, l'avare Euclion tue son coq, qu'il accuse d'avoir gratté la terre autour de l'endroit où il a enfoui sa marmite remplie d'or, et d'être complice des voleurs.
CoQUANTiN, volant; jeu de volant.
Co quart, sot, stupide.
CoQU.ATRis, espèce de basilic.
CoQUELicous, coquelicot.
GLOSSAIRE ET NOTES
Coqueluche, pour coqueluchon, capuchon.
COQUILLON, qui porte le cucullio, le bonnet doctorail; docteur, par conséquent.
COQUINBERT, « à coquinbert qui gasine perd », jeu inconnu; c'est vraisemblablement le jeu de qui perd çagne.
CoRAXiENS, Corasicens, peuple de la Colcliide.
CoRBiEU, coRBEur, CORDIEU, jurons encore usités.
CoRBiGE.iux, cormorans.
CORBINER, voler, dérober, d'où corbineur, voleur.
CoRD.iCE, danse comique et lascive des anciens.
CoRDOU.\x, de Cordoue. Le cuir de cette ■ville était fort estime.
CoRDOUA>rxiER, cordonnicr.
CoRiNTiiE, ville de l'ancienne Grèce.
CoRjiARAM, cormoran, oiseau aquatique.
CoRMÉ, boisson du Poitou faite avec des cormes.
CoRNABOUs (Journée des), allusion à quelque conte populaire.
CoRNABOux, cornets à bouquin.
CoRX.VNcn,, augmentatif de cornu. Rabelais dit au chapitre xi.vi du livre III : « Corné, comard et cornu ». Au chapitre xxxvi du livre V : « Cornant, cornu et comancul ». Et plus loin :
« Comigère, coniipetant, etc. »
CoRXE, Gargantua jouait « à la corne », jeu inconnu.
Cornemuse, instrument de musique villageoise encore en usage, d'où coniemuseur, joueiir de cornemuse.
Corner, crier avec un cornet.
CoRN-ES : « Depuis quand avez-vous prins cornes? » Depuis quand vous est-il poussé des cornes que vous êtes devenus si rogues, si insolents?
Cornet É, écorné.
Cornette. C'était une sorte de coiffure s'attachant sous le menton. On appelait cornette de chanvre la corde qui servait à pendre les condamnés.
Cornices, corniches.
Cornigere, qui porte cornes.
CoRNucopiE, corne d'abondance, la corne de la chèvre .Imalthée, de laquelle fut allaité Jupiter et nourri en l'ile de Crète par les deux nymphes Adraste et Ida. En mémoire de ce bienfait, quand il \-ient en âge, il mit cette cliévre au ciel au nombre des étoiles, et donna aux nymphes une des cornes de la chè%Te avec la vertu de leur fournir toutes choses en abondance et à souhait.
CoRONE, Cyrène, ville d'Afrique.
CoRGNEi. colonel.
CORONICE, corniche.
CoRONOPOUS, plante dont le nom est interprété par Rabelais : pied de corneille.
CoRPE DE GALLXNE, juron traduit de l'italien corpo di gallina ! corps de poulet !
C0RPOR.AXS, chefs de corps, caporaux.
CoRPULANCE, corps, matière; mot appliqué à une lampe.
CORQUIGNOLLE, croquignollc ; chiquenaude; dans ce dernier sens sorte de jeu.
CoRRTV'.Ai, rival.
CoRRUGATiON, action de se rider, de se froncer.
CoRRUPTELE, comiption.
CORSECQUE, javeline, dard.
Corselet, armiue préser\-ant le corsage.
CoRsiCQUE, la Corse.
CoRusc.^^'T, brillant, éclatant.
CoRYS.-vxTiER, dormir les yeux ouverts, comme fiasaient les Corybantes, prêtres de Cybèle, lorsqu'ils gardaient Jupiter, de peur qu'il ne fût englouti de Saturne.
CoRYB.\NTiQrES, des Corybantes.
COR\T)ON, berger virgilien.
CoRYTis, mari d'Electre, avec laquelle Jupiter engendra Dardanus.
CosciNOJLANTiE, di\-ination au moyen d'un crible qu'on faisait tourner.
COSCOSSONS, COSCOTONS A LA M.\X7RES-
QX^T, cour-coussou, mets emprunté à la cuisine des Maures et des Arabes.
CoscOTÉ, granulé, taché de petits points : « Ambre coscoté. »
Cosse, anneau de fer ou de bois que l'on flxe aux vergues et haubans pour faire passer les manœuvres courantes.
CossoN, charançon, cousin, insecte rongeant les légumes.
CoTAL, de l'italien cotale, chose, machin, désignant le phallus. — Cot.\.l d'al- BEs'GUES (messer). C'est le même mot dont Panurge fait un nom propre.
Albingues est, dit-on, Albenga près de Gênes.
CoTiR.\L (Henry). Des commentateurs prétendent que c'est Henri Corneille Agrrippa que l'auteur a voulu désigner sous ce nom.
CoTONL\T, cotignac, sorte de confitures de coing.
C0TONNER, rembourrer, ouater.
Cotte-hardie, vêtement, commun aiuc deux sexes. « Il n'est pas facile, dit M. Quicherat, dans son Histoire du costume au xiV siècle, d'expliquer la dénomination de cotte hardie, en latin tunica audax, qui prévalut au commencement du xi\''= siècle. XiO. forme de ce
Glossaire et notes
vêtement était celle d'une grande robe taillée droite et fermée comme un fourreau. Des fentes étaient disposées, soit autour de l'encolure pour faciliter le passage de la tête, soit par le bas pour assurer la liberté des jambes. »
CoTTEtTRS (de Droict), annotateurs, commentateurs; cotteur paraît former tme sorte de jeu de mots avec docteur.
CoTUKNiQUE, qui se rapporte aux Cothurnes, aux chaussures.
CoTYXE, mesure de liquides équivalant à peu près à un demi-septier ou neuf onces d'Italie.
COTYLEDONS (de la matrice); du grec x.O":'JÀr,ôojv. « l,es cotylédons ne sont autre chose qu'orifice des extrémités des veines et artères manstruelles. »
(A. Paré, l, 34.) « En anatomie, on a donné le nom de cotylédons aux lobes nombreux qui constituent le parenchyme du placenta. » (Nysten, 1855, édition Littré.)
CouANE, couenne.
CouBDE, coude.
CouBDÉE, coudée.
CouBLE, couple.
CouBLEMEXT (des chicus), accouplement.
CoiTBLER, accoupler.
CouBTE, coude.
CouBTÉE, coudée.
Couche : « Moitié au pair, moitié à la couche », c'est-à-dire tout ensemble.
C'est une expression empruntée à l'argot du jeu où la mise peut être faite moitié au pari (au pair), sur parole, moitié au comptant, en « couchant »
l'argent sur la table.
CoucofRDE, courge, citrouille, calebasse.
CouDiGNAC, coLTilN'AC, même sens que cotignac. « Coudignac de four et eau béniste de cave », c'est-à-dire du pain et du vin.
CouER (bonnette), ajouter les bonnettes aux grandes voiles.
CouET, cordage qui sert à assurer la grande voile et la misaine.
Cot:tiardise, couardise.
CouiLLAGE (des promoteurs); le Ciillagium serait, d'après Henri F.stienne, ime redevance moyennant laquelle les ecclésiastiques auraient pu, à une certaine époque et en certains pays, garder des femmes dans leurs maisons.
CouiLLATRYS. « Ce bou homme duquel il est parlé au prologiie du livre I^^, qui avoit perdu sa hache ou cognée, et à qui Jlercure cîi donna une d'or, ce qui causa que plusieurs de ses voisins se 1
ruinèrent, signifie un gentilhomme de Poitou qui vint à Paris pour quelque affaire avec sa femme, qui ctoit belle, dont François I^'' devint amoureux et enrichit le gentilhomme, qui s'en retourna en son pays : ce qui fut cause que plusieurs de ses voisins qui avoient de belles femmes ou filles vinrent aussi à Paris, croyant qu'ils feroient pareille fortune; mais ils furent obligés de s'en retourner après s'être ruinés. » {Alphabet de l'auteur français.) C0UILLE, couiLLON, mots fréquents dans Rabelais ; et nombreux dérivés : couil-
LART, COUTLLASSE, COUILLAUD, COUIL- LETANT, COUILLETTE, COUILLONNAS, COUILLONNÉS, COUILLONNIQUES,COUlI.- LONNIFORMES , COUILLONTSIIQUEMENT ,
COUILI.U.
CouiLLE A l'évesque, herbe marine.
CouiLLE DE BÉLIER, balle faite avec cet organe; jeu de ballon.
CouiLLEVEiNE, pour coulevrinc, sorte de canon. Il n'est pas besoin de faire remarquer que l'orthographe de ce mot est altérée par Rabelais avec intention.
CouL, col, cou.
CoirLAiNES, village du Chinonnais.
CouLDRAY (le), village du Chinonnais.
CouLEFFRE, Sorte de reptile.
CouLEJŒNT, écoulement.
Couleur de roy, selon Johanneau.
CouLOUoiR (redoubler au), c'est-à-dire par un coup donné en glissant, en coulant. C'était une des manœuvres de la hache d'armes.
CoupE.\u, couppEAU, un morceau :
« Vous n'en eussiez donné un coupeau d'oignon. »
C0UPELAI.T3 (au), à l'épreuve, disent les uns, de coupelle, petit instrument à essayer, éprouver les métaux. Ees autres l'entendent : au cul levé.
CouppE, plateau.
CouppE-AUEEiLLE, sorte de couteau dont la lame était extrêmement fine.
CouppE guorgi':e, pour gorge coupée, par une de ces transpositions de lettres fatnilièves à Rabelais.
COL'PPE TE.^TÉE, pour tête coupée.
CoiTPiER, oflîcicr de table; écuyer tranchant.
CouppLER, accoupler, réunir.
CoLiRAiGE, volonté.
CoLTRAL, corail.
Courant, courante : « Courante, comme bacheliers insensés ». (Livre III, chapitre xviii). On appelait bacheliers cursoires (cursorii) les bacheliers qui, se préparant à la Ucence, fréquentaient les actes des facultés, faisaient
GLOSSAIRE ET NOTES
des coure, donnaient des leçons particuliètes, couraient le cachet, comme nous disons encore. Beaucoup de maîtres restaient bacheliers cursoires toute leur vie : « Il y a des bacheliers cursoires, disait Jean Petit au synode de 1406, que je vais consulter quand j'ai quelque affaire et qui y voient souvent plus clair que d'autres qui ont une grande renommée. Giiignecourt, qui était réputé l'homme le plus savant du monde, ne fut jamais que bachcher cursoire. » {Origines littéraires de la France, par I,ouis Moland, page 238).
Courbasse, courbé sous le poids des ans.
CorRBEAU, corbeau.
CouRCAiLLET, nom propre emprunt à quelque légende populaire.
CouRLE, sorte de courge.
CouRLE, courlis, oiseau.
CouRiiAR.'Us-, cormoran.
CouRQV.^iLLET, appeau à cailles; sorte de chausses pUssées comme l'appeau.
CouRRACTECRS, correcteurs de comptes.
CouRRAlES, courroies.
CouRRAiL, verrou, marteau d'ime porte.
CouRR.\TiÈRE, revendeuse, proxénète.
CouRSiE, passage pratiqué dans le milieu d'une galère, pour commimiquer de la poupe à la proue.
Cot-RSIVES (lettres), cursives.
Coi-RsoroiR, pompe d'un vaisseau.
CouRT.-iULT, cheval ou chien de courte taille. On appelait aussi courtault le chien ou le cheval qui avait la queue coupée. Métaphoriquement, ce mot s'employait pour désigner le phallus.
Cox-TiT-BASTON, jeu qui consiste à tirer sur un bâton de façon à le faire lâcher au partenaire qui le tire en sens inverse.
C0URTE-BOUI.LE, jeu de boules dans un terrain déUmité.
CorRTlB.\t,TC, sorte de daluiatique courte que les prêtres mettaient pour officier.
CoLTiTli,. petit jardin fcnné de haies.
Courtine, terme de fortification encore employé.
CouRTiXES, rideaux de lit.
Courvée, corvée.
CouscoiL (Adam), nom probablement forgé par Rabelais.
Cousix Gerv.ms remué, jeu de mots sur cousin germain.
Coussin-, oreiller.
CoussoN, gousset de chemise.
CousTÉ, côté.
CousTE BOVIN-E, côte de bœuf.
CousTE ET v.viLLE, quoi quc la chose coûte et vaille, peu importe.
Cousteau, coteau.
CousiELETTE, côtelette.
CousTELLEUH, coutclief.
CousTERETS, coustrets, cotfets.
CousTiER, à côté, donnant à côté.
CousTiÈRES (voiles), servant à naviguer sur les côtes.
CoiSTOYER, suivre les côtes, côtoyer.
Cou\'ERCl.E; prov. : « Couvercle digne du chaudron. i>
Couvert (au), en se couvrant.
Couverte, couverture.
Coi'VRECiîiEF, coiffure quelconque.
COY, COYE, coi, coite, tranquille, paisible, sans mouvement.
CoYPHE, coiffe.
Coz, queux, pierre à aiguiser.
Cr.\chouoir, crachoir.
Crvvdot, poisson qui se pêche sur les côtes de Bretagne.
Cr.îîpalocojtes, chants bachiques. - — Voyez la Bricfie Dcclaration.
CR.\rN"E, crâne.
Cramaillière, crémaillère.
Cramoisint:, sorte d'étoffe de soie, teinte en cramoisi.
Cr.vmoisy. Ce mot n'exprime point proprement une couleur, comme on le croit communément, mais bien la perfection d'une teinture. Ainsi l'on disait : rouge cramoisy, bleu cramoisy, violet cramoisy. Au livre X, chapitre sixi, frère Jean rime en cramoisi, c'est-à-dire richement et en perfection.
Crante (le), colline près de Corinthe.
Cr-^p-^udine, sorte de pierre précieuse.
Crapault : « Hz en estoient chargez comme un crapault de plumes », locution proverbiale povir dire : n'avoir lien du tout, être tout à fait dépourvu. ■ — Un des jeux de Gargantua; on ne saurait dire en quoi exactement il consistait.
CR-^iTYLE (le Cratyle du Divin Platon).
Ce dialogue est atissi intitulé : De la propriitc des noms: il se trouve dans le tome XI de la traduction de Platon publiée par 31. Victor Cousin.
Cr^\v^vn"t, sorte d'oie sauvage, oiseau révéré des Égyptiens.
Crî.ance. croyance, foi.
Credencier, sommeher, qui a soin du buffet appelé crcdcncc.
Créditeurs, créanciers.
Crejlvsteres, les muscles suspenseurs des testicules.
Cremere, fleuve de l'ancienne Italie.
CREN"EQurs', armure de tête du cavalier, assez semblable au heaiune. On appelait aussi crenequin un outil de fer qui servait à bander les arbalètes.
Crespelu. — Voyez Cincinnatule.
Cressokxière, marchande de cresson.
Crêtes, Cretois.
Crku. cru (substantif).
Creust, profita, accrut.
Ckeziou, c'est un creuset, en Dauphinois.
Oritolacs, philosophe grec.
Croc, « croc-madamG », jeu inconnu.
Crocquemouche, personnage des contes d'enfants.
CROCQUEXOT.'USE, ou CROTEXOTAIRE,
appelation burlesque pour protonotaire.
CROCQtTETESTE, sottc de jcu de sautemouton.
Crocutes, animaux fantastiques. — Voyez Pline, livre VIII, chapitre xxi.
Croix, aigent monnayé. Les pièces de monnaie portaient une croix sur leur face, d'où l'expression : n'avoir ni croix ni pile. De là encore : n s'étudier à l'Invention de Saiute-CroLx », pour :
chercher de l'argent; c'est dans le même sens qu'il est dit (livre V, chapitre XVI) que le pressoir des Apedefte est fait du bois de la croix.
Croix osaxière. — - Voyez la Briefve Déclaration.
Croix ou Pili.e, l'un des jeux de Gargantua; c'est : pile et face.
Croix (Saixcte), église d'Orléans.
CRO^^ocoLAPTE, phalange, sorte d'insectes.
Cropière, croppière, croupière.
Cropiox, croupion.
Croppe, croupe.
Croquigxolle, espèce de diiquenaude; Gargantua jouait <t aux croquignoUes ».
Crosse, bâton recourbé avec lequel les enfants s'amusent à chasser une pierre ou une boule; — le jeu lui-même.
Gargantua jouait a à la crosse ».
Crotaphique (l'artère), artère temporale, du grec '/soTaçoç, tempe.
Grotesque, grotesque, sorte de dessins d'ornementation architecturale.
Croteux, couvert de crotte.
Croue, l'écrou d'un pressoir.
CsouLAY (le), ■STllage du Chinonnais.
Crouller, agiter, secouer.
Croustelevé, couvert de croûtes.
Cboustelles, croutelles, près Poitiers.
Croye, craie.
Croysade (la). — . Voyez Metclin.
Croyzer, jeu indéterminé.
Cruc, croc : « grupper au crue », saisir, suspendre au croc.
Cruon, cruchon, tête : « Sauve, Tevot, le pot au vin, c'est le cruon ». Chacun sait que tête {testa en latin, vase de terre cuite) était synonyme de pot au
vin. On disait donc par ironie aux francs-taupins : Sauve le pot au vin, ce qui signifiait à la fois sauve ta tête, ta vie. et sauve la bouteille. Puis on avait bien soin d'ajouter que par teste on entendait le cruon (le cruchon, la bouteille), et non leur tête, qu'on savait très bien ne pas avoir besoin de leur recommander. (B. des JI.).
Cryère, nom d'une tour de Thclème, c'est-à-dire Froide, Kpvspoç.
Crystalix, cristal.
CuBicuLAiRES, camericrs, gentilshommes de la chambre.
CucROCUTES, comme crocutes.
Cii'EiLLiR (se), se rassembler.
CuEUR, cœur.
CuHARSCE, sorte de reptile.
CuiDER, CUYDER, Croire, d'où cuideurs de vendanges, ceux qui, relâches par le raisin, « se concilient, en croyant ue faire que vesner. »
CuL, d'où culleter, cultaige, culletis, culetant, que Rabelais écrit parfois cultant : culot est un diminutif : « Le Culot de discipline. »
CiT, S.A.LLÉ, jeu inconnu.
CuLiCE, inoucheron, cousin.
CuLLEBUTER, culbuter.
CujiANE (sibylle), de Cumes.
Cures, pour excréments, en ternies de fauconnerie (rendre ses cures).
CuRLVL, de cour.
Curie, cour.
Curieusement, avec soia.
Cusane, Cusaxus, Nicolas de Cusa, auteur d'ouvrages sur les mathématiques.
Cuscute, plante parasite.
Custode, garde, custos.
Cuticule, épiderme.
Cutte-cache (jeu de), cache-cache.
CuxfEAUX, petites cuves, cuvettes.
Cu\'E DE VÉNUS, un des noms du chardon à foulon.
CuYTE, cuisson.
Cybele, mère des dieux.
Cychriode, sorte de reptile.
Cyclades, groupes d'îles de l'archipel grec.
Cyclopes, forgerons de Vulcain, n'ayant qu'un œil au milieu du front.
Cyclopicque (enclume), des Cydopes.
Cycî.-e, cygne.
Cydxus, fleuve de l'Asie.
Cyenes (ville d'Egypte) : a Le climat dia Cj-énes ». Dia est sans doute la préposition grecque o l à ; le climat, le pays qui entoure C3'ènes.
Cymb.\les, sonnettes. « Une vache sans cymbales », locution proverbiale.
Cyme CÊolique), Cumes en Êolide.
Cynamolge, oiseau fabuleux d'Arabie,
qui tette les chiennes.
Cynar.\, plante, artichaut.
Cv'N'E, arbres d'Arabie, ser\-ant à faire
des vêtements, selon Pline.
Cynocéphale, singe à tête de chien,
animal fantastique.
GLOSSAIRE ET NOTES
Cypre, île de la Méditerranée.
Cyre, sire.
Cyre, Cyrus, roi des Perses.
C'VRRHE, Syra, une des Cydades.
CVRON, ciron.
CzA, même mot que ça. Dans les commencements de l'imprimerie, le 2 tenait lieu de la cédille.
Dace, Dade.
Dactyle, datte, fruit du palmier.
D.ED.^LUS, sculpteur et ingénieur grec, père d'Icare.
Dail, faulx; tenue languedocien.
Daire, Darius.
Da ji"RANDI, permettez-moi, passezmoi de jurer.
Dal b.^roth, au feu ! en turc, d'après Panurge.
Da>i, dommage, désavantage : « A leur dam 11.
D.\JLA.SQurN, DAJLiSQLlNE, damasqulué.
D.vsns, compagnon d'Apollonius de Tyane, synonyme d'ami fidèle.
D-^MPXER, damner : « Vous vous dampnez comme ime sarpe (une serpe, un serpent) ».
D.VN'AIDES, les cinquante filles de Danaiis.
D.4XGIER, mal : c Nul n'en print dangier. »
Dangier, nom qui figurait, dans la poésie allégorique du moyen âge, le mari jaloux, le gêneur comme on dirait à présent.
Danouble, Danube.
D.VPHXÉ, nymphe changée en laurier.
D.\RD, D.\R, DARE, poisson blanc, de la grosseur d'un hareng.
Dardelle, dard, javeline.
D.\RDER, lancer un dard.
D.\RE, donner, en latin : Si lu non vis (tare, prc^sta, qucrsumus. Si vous ne voulez donner, prêtez-nous, de grâce.
Darie, Darius, roi des Perses.
Darioles (d'Ajmiexs), pâtisseries qu'on faisait en cette ville.
Carrière, derrière.
Dast, Dax, ville où il y a des sources thermales.
Datan conspira contre Moïse avec Coré et Abiron.
Datel-r, donateur, qui donne.
Datum, donné, en latin.
Dauber, D.\tjLBER, frapper, battre.
Daulphtné, province de France.
D AVANT, devant.
Davant, avant : t Tout le temps davant disner ». — D.want que, avant de.
Davantau, devanteau, tablier.
D.wtet, pince.
De (monsieur), m. de l'Ours. Tour de phrase que I^a Fontaine a emprunté de Rabelais.
Dea, interjection qu'on prononçait probablement da.
De.wibuler, promener, deambulare.
Debeziller, debeciller, disloquer, déboîter.
Deeitorebus : t Bruncha quelque peu comme debitoribiis, à gauche »; broncher comme dehitoribus fait allusion au passage du Pater nostcr où l'on bronche, où l'on s'embrouille souvent.
Deronnaireté, bonté, douceur prévenante, clémence.
Debouq, debout.
DEBOUTER, rejeter, repousser.
Debradé, qui a perdu les bras.
Debte, dette.
Debteur, débiteur.
Debvoir, devoir (substantif et verbe).
Decalogicque, du décalogue.
Decejiped.u,, ayant dix pieds de long.
Dechevelé, échevelé.
Décider, élire, choisir, extraire.
Declination, diminution, déclinaison, abaissement.
Décliner, éviter en se détoimiant, esquiver.
Decollaz (saint Jean), decollatus.
Decoltler, couler, échapper, glisser.
Decourir, couler : « 1,'eau decourt tout du long. »
Decours, cours : « Du decours de toute la journée. »
DECRET, loi ci\'ile.
Decretales. Les Décrétales dont se moque Rabelais étaient les constitutions pontificales relatives à l'administration et à la discipline. Avant Boniface VIII il n'y avait que cinq
GLOSSAIRE ET NOTES
li%Tes de Décrétales. Ce pape y ajouta le Sixte ou sixième, qui formait par lui-même un fort gros volume. Les Clémentines étaient les Décrétales de Clément V. Les Extravagantes étaient les constitutions papales en deliors (extra) du Corpus juris canonici. La puissance des papes s'est considérablement accrue à l'aide des Décrétales. De ce mot, Rabelais en a formé beaucoup d'autres : on les trouvera d-après à leur rang alphabétique.
DECRET ALIARCFTR, gouvemant par les Décrétales.
Decretalicide, meurtrier des Décrétales.
Decret.\lictone , même sens, voyez la Briefie Déclaration.
DECRET.-U.IFUGE, qui fuit les Décrétales.
DÉCRÉT.\Lix, DÉCRETALINE, qui Se rapporte aux Décrétales.
Decretalipotens, puissant par les Décrétales.
Decretaliste, savant en droit ecclésiastique.
Decretiste, savant en droit ci\'il.
Decrotoke, decrotouoire, descro- TOIRE, DECROTATORIUM, instrument à décrotter.
Decumane. — Voyez la Briefve Déclaration.
Dedxjyt, amusement; a souvent im sens erotique.
Defauciller, casser les fauciles, ou faciles (nom que l'on donnait autrefois aux os de l'avant-bras.)
Défaillir, manquer.
Defen^do, jeu indéterminé.
Déferrer l'axe, jeu inconnu.
Deffaict, deffaicte, le vaincu, la victime.
Deffait : « Faire le fait et le deffait ", faire et défaire sur le même coup, comme les bateleurs, les escamoteurs.
Deffeubler, abaisser son capuchon, sa galleverdine : c'est le contraire du mot affubler, qui est resté.
Deffourer, c'est le contraire de fourrer: par conséquent, ôter la fourrure, la doublure.
Defl\nce, méfiance.
Deflvnce, défi, déclaration de guerre.
Défortunés, infortunés.
Degaster, gâter, dévaster, ravager.
Degocrt, dégom-di, alerte, joyeux.
DEGOUT, écoulement, ce qui dégoutte, par exemple le jus tombant d'un rôti.
Degouziller, avaler.
DEGUE>rER, être comme hors du fourreau, être tout en désirs, tout en l'air. Et aussi dégainer, tirer du fourreau.
Dehait, de hayt, lestement, gaiement.
Dehinch, d'ici; mot latin francisé.
Dehinguaxdé, dégingandé, disloqué.
DÉIFICQUE, di%'in.
DÉIPHOBUS, fils de Priam et d'Iiécube, troisième mari d'Hélène.
Deject, abattu, renversé : « Deject et failly. »
Del.ayer, différer, retarder.
DELIBERATION', résolution.
Delos, la principale des Cydades.
Delpiiixium, plante.
DELUGE POETIQUE, celui de Deucalion.
Dejlander a, s'en référer à : « J'en demande aux joueurs », je m'en rapporte.
Dem.\nder de, s'informer de.
De>l^>t3Ibulé, qui a la mâchoire, la mandibule, brisée.
Dem.\rcheu, desmarcher, marcher, se mouvoir en avant ou en arrière.
Demetrius. L'anecdote relative au hallebardier de Démétrius mort dans l'antre de Trophonius se trouve dans Pausanias {Béat., chapitre xxxix).
Demeurant (au), quant au reste : « Au demeurant le meillevir filz du monde. »
Demeil-re, temps qu'on demeure avec quelqu'un ou dans un endroit.
De.uigrer, émigrer, aller autre part.
DEinoLTtGON, demogorgon, génie de la terre, divinité infernale.
Democrite, Democritus, philosophe grec.
DEiiocRlTiZANT, faisant comme Democrite, riant comme lui des choses humaines.
Demox.ax, philosophe grec dont la longéWté fut remarquable.
Demouller (les reins), fracasser, déformer.
Demourer, demeurer.
Demovore, mangeur de peuple : « Homère appelle le roy inique demovore »
— Voyez Iliade, I, 231.
Demy cein'CT, espèce de ceinture ou de
draperie à l'usage des femmes.
Demy-ost.ade. L'ostade était uae espèce d'étamine; la demi-ostade était la même étoffe plus légère.
Dex.are, argent, denier.
Dexdin', terme injurieux paraissant signifier mal bâti, marchant disgracieusement, se dandinant. Rabelais a fait de ce mot un nom propre, Perrin Dendin, et Tenot (Etienne) Dendin, son fils.
Dendro5LAX.\che, plante-arbre, du grec ûÉvoGOv et 'j.aÀâ/:z, arbre tendre comme une plante.
Denier, refuser, denegare.
DEXiGE.iJJS. dénichant.
Denigement, dénichement.
GLOSSAIRE ET NOTES
Dekiger, rtcnicher.
Denrées, menues marchandises, choses valant ou rapportant un denier. « Denrée de cresson r, une boîte de cresson.
Dens. dedans.
Dentiforme. en fonne de dents.
Deparquer, comme décamper, s'éloigner.
Departemen-t, départ.
Départie, môme sens : « Depuis ma départie », depuis mon départ.
Départir, partir : a Dépars d'ici. » Est pris substantivement : o Avant le départir. «
Dep.\rtir, despartir, séparer, distribuer, partager : « L,euT departoit de son argent. »
Dépenaillé, déguenillé.
DEPE^^^RE, despendre, dépenser.
Deperdre, perdre.
Depescher, despecher, dépêcher une besogne, s'en acquitter promptement, s'en libérer et dépêtrer; d'où le substantif depesche : « H y en a mauvaise despesche », on s'en défait malaisément. « Avoir sa despesche, » être expédié, satisfait. D'où encore despesclieur, qui dépêche, expédie rapidement : <i Beau despescheur d'heures. »
DÉpopuLER, dépeupler.
Déportes, desporter (se), se transporter, aller dans im endroit; se dispenser, s'exempter, s'en remettre à : « Je m'en depors », je cesse de m'en occuper.
Deposcher, ôter de sa poche, livrer.
DepIiAvé, falsifié, corrompu. « Livres dépravés », altérés par des interpolations, etc.
Dépression, abaissement, himiiliation.
Déprimer, abattre, abaisser.
Deprisement, mépris.
Dercé, fontaine.
Desaxgonxer, soulager, délasser, désoppresser.
Desarsonn-er, quitter les arçons : « H me feroit bien désarsonner », erotice.
Des.wouer, renier : « Je désavoue le diable si, etc ^.
Desbouciier (se), se montrer, devenir \'isible, déboucher.
DESBR.\GfETTER, délacer la braguette.
Est pris substantivement : « Valoir le desbraguetter ».
Desbrider, ôter la bride. Au figuré, « donnoit sans desbrider ».
Desbridei-r, qui dépèche et expédie lestement : « Beau desbrideur de messes. »
Descerte, dessert.
Deschaland É, qui n'a plus de chalands.
Dbschasser, chasser, expulser.
Deschiql-eter, taillader, — deschiquettire, ouverture faite dans le vêtement.
Descœuvre, découvTe.
Descontire, vaincre, défaire.
Desconpite, défaite, déconfiture.
Desconfort, affliction, désolation.
DESCROTEtTR, décrotteur; au figiiré :
t beau descroteur de vigiles ».
Descrouller, défoncer ; « Descrouller les omoplates ».
Desduire (se), s'amuser; d'où desduys, plaisirs.
Desemparer, détruirei renverser; s'emploie flgurément : « Desemparer vostre alliance », la dissoudre.
Deservir, être utile, mériter. Et quelquefois aussi démériter : « Il n'a rien deser\-i envers vous ».
Desgonder faire sortir d es gonds, déboîter.
DESHiNGti.ANDÉ, déhanché, démanché, démantibulé.
DESica\TiF, qui sèche.
Désister, cesser de, désister, renoncer à
DESjrciiER (au), en se levant.
Deslgcicîr, disloquer.
Deslogement, déménagement, action de quitter son logis.
Despris, mépris.
Despriser, mépriser.
Desprou\'eu, dépour\-u.
Despuiier, jeter de l'écume ou comme de l'écume « Despumer la verbocination latiale », dégoiser du latin.
Desracher, arracher.
Desrayé, dévoyé.
Desrocher, détacher d'un roc, précipiter du haut d'un rocher.
Desroté, déplacé, dérangé, déUé.
Dessay (André Montalembert, sieur de Dessé ou). — Voyez au mot Clievau/x.
Dessemeler les bottes, détacher les semelles des bottes.
Dessirer, déchirer.
Dessus (venir au), triompher.
Destiné, fixé, désigué par le desUn.
Destitué, dépourvu, privé.
Destorse, détour, sentier détourné.
Destoupper, débonder (im tonneau).
Destr-VMPIT, détrempa.
Destrousser, détrousser, dérober.
Desultoyre (cheval), cheval de main sur lequel on sautait sans prendre terre; cheval de rechange dans les combats.
Desvaller, devaller, descendre, aller en bas. Ce verbe est aussi actif : porter, traîner en bas. « Desvaller de mont à val son tonneau, » précipiter son tonneau du haut en bas de la colhne.
DETENTEUR : « Que rien de moy n'a esté détenteur, » qu'il n'a pas tenu à moi
GLOSSAIRE ET NOTES
Detraction, mcdisatice, noirceur, fausse imputation.
Detravé, hors d'entraves, échappe et débandé.
Detkichouere, dévidoir.
Deu C0LL.4P. — Voyez Collas.
Peult, troisième personne du présent de l'indicatif du verbe dotiloir. — Vo5'ez ce mot.
DEUS (MEA ctT-PA), « c'est ma faute. Seigneur ! » paroles du Confiteor.
Deus det {nobis pacem), Dieu nous donne la paix ! formule qui terminait les grâces qu'on disait après le repas. « Connaître comme son Deus det >', c'était connaître comme ses grâces ou son bénédicité.
Devajmt, en avant, avant, auparavant.
Devers, vers.
Devbdouerre, dévidoir.
Devieigne, devienne.
Dev^ntere (la), clos des environs de Chinon.
Devis, gré, plaisir : « A mon devis, » à mou gré.
DEVOT, dcvoius, cavalier ser%-ant, amoureux en titre.
DEVOTEMENT, chaleureusement, avec zèle.
Dextre, droit, droite, main droite.
Dextrement, adroitement.
Dextrier, cheval de main, cheval de combat.
Dez, dé : « Jeter le dez, » jjrendre une résolution. « Être hors le dez d'estimation, » être inestimable, ne pouvoir être estimé à son prix.
Dl-vble bur, diable vêtu de bure, dkible enfroqué : « I,abourer en diable bur. »
Di.ablerie. On appelait diablerie des jeux dramatiques analogues aux Miracles des saints, mais où les démons avaient le rôle le plus considérable.
« Diablerie à quatre personnaiges. » — « Diablerie pire que celle des jeux de Doué. »
Dlvbliculer, calomnier, selon le vrai sens du mot grec.
DiABOLOGiE, science diabolique. Rabelais se sert également de l'adjectif diabolngique. A'.xooÀoç, calomniateur, diable.
Di.'i.LOGE, dialogue.
DiAMERDis (poudre de), poudre imaginaire.
Diane, déesse. Signal du réveil donné aux soldats.
Diantre, diable.
DiAPH.\NÉlTÉ, transparence.
DI.4PHRAGME, musclc qui sépare la poitrine du ventre.
Diapré, éclatant, teint de couleurs brillantes.
DiARHOMES (climat), qu'il faudrait écrire dia Rome, comme dia Cyènes, que nous avons vu précédemment; climat sous lequel Rome est placée.
Dlaspermatisant, abondant en sperme.
DiASTOLiQiE (mouvement), mouvement de dilatation des ventricules du cœur.
DiAVOL, diable.
Dicaste, juge, celui qui rend à diacun ce qui lui appartient; mot grec.
Dict, dicté, récit, adage, parole.
Dicte de Candie, mons Dictaus, montagne de Crète.
DiDius JULiANUs, empereur de Rome.
Diecule, petit jour, diecula.
DiESELE, diable.
Diffame, diffamation, déshonneur.
DIFFERENCE, querelle, différend.
Dignité des braguettes (de la), prétendu livre que liabelais s'attribue.
DiiPEïES, descendants de Jupiter.
DiL.\CERER, déchirer, mettre en pièces, lacérer.
DiL.ATiON, délai, retard.
Diliof.ntement, diligennnent .
DiLiGER, chérir. Rabelais emploie aussi le substantif dilection.
DiLLE, fausset d'un tonneau.
DiLUCULE, point du jour.
Dimension, action de mesurer.
DnnoN, apparence, idée fantastique (héb.)
DiiiiTTER, laisser, remettre,] abandonner.
DiN.\, fille de Jacob. Fosse de Lycie, où Apollon rendait des oracles.
DiNDENAROYS, nom, forgé à plaisir, d'une forteresse qui s'était rendtie faute de munitions. I,e cas est trop fréquent, dans les guerres de cette époque, pour qu'il soit possible de préciser le fait auquel Rabelais fait allusion.
DiNDENAULT, nom d'un marchand de moutons. 1,'anecdote de Panurge et du marchand de moutons (livre IV, chapitre VI) est tirée de la xi'' Macaronée de Merlin Coccaie (P'olengo).
DiODORE (de Sicile), historien grec.
DioGENES, le philosophe cynique. L'anecdote racontée dans le prologue du livre III est tirée du traité de Lucien : De la manière d'écrire l'histoire. — Rabelais emploie l'adjectif diogéniquc.
DioGENES IyAERtius, historien des philosophes de l'antiquité.
DiOLE, diable.
DiOMEDES, uu des héros de l'Iliade.
Dion Nicevs, Dion Cassius, de Nicée en Bithynie, historien grec.
Dionys, Denis, tyran de Sicile.
GLOSSAIRE ET NOTES
DioscoRiDES, médecin grec, auteur d'un traité sur la matière médicale.
DiouRE, d'or, doré.
Dious, Dieu.
DiPHTERE, peau de parcheinia préparée pour écrire.
DiPSADES, sorte de reptiles mentionnés par Pline.
DiPSODES. Dypsodes, sujets de Pantagruel; mot grec qui signifie gens altérés.
DiPSODiE, Dypsodie, pays des Dipsodes.
Directoire, ce qui sert à diriger.
DlREPTlON, pillage, destruction.
Dis. Jupiter ou Pluton. « Dis le père aux escuz », c'est Pluton, qui préside aux trésors souterrains.
DISCEDER, s'écarter, s'éloigner.
DiscEPTER, disputer, être en différend.
Discession, départ, éloignement.
Discipline, instruction, comme disciplina en latin.
Discordance. — Voyez au mot Antiphysie.
Discrasié, dyscrasié, sans force, débile, de mauvaise constitution.
Discrétion, discernement, action de distinguer.
Disert, éloquent, bien appris : « Disertes révérences. »
DisGREGER, séparer, diviser, disperser.
DisjONCTiVES, propositions exactement contraires.
DisPAROiR, disparaître.
DisPARTi, réparti, partagé.
Dissolu, rt-sola, dissous.
Dites, pour Dis, Pluton.
T>VVE (la), petite rivière de Poitou.
DiVE, divine, sacro-sainte : « Dive bouteiUe. »
Divers, contraire, fâcheux, inconstant :
« Fortune la diverse. ••
Dl\lDER, dévider.
DrviNER, deviner, pré%-oir, connaître l'avenir d'où divination, divinateur, divinatrice.
Dl\TNiTÉ, propriété divine, attribut divin.
DmsER, deviser, causer; et de même :
divise, pour devise; et diviz, pour devis, entretien.
D0CTRIN.\L (le), titre que portent plusieurs livres d'éducation du moyen âge.
Dodeliner (de la teste), bercer, remuer la tête doucement.
Dodine (à la), sauce pour assaisonner les canards et les oiseaux de ri\'ière.
DoiGTZ : « Il avait les doigtz faitz à la main conune Miner\'e ou Arachné, » il avait les doigts très prestes, très habiles.
Doigtz de Merci're, plante.
DoiNT, donne.
DOLABELLA (Cn.), procousul. Le trait relatif à ce personnage, qu'on trouve au chapitre xliv du livre III, est rapporté par Valère-llaxime. livre VIII des Faits et Dits mémorables, et par Aulu-Gelle.
DoLEUR, douleur.
DOLOCERE, doloirc, outil de tonnelier et de charpentier.
DOLY (CHAMP), Campidoglio, le Capitule.
DoiEESES, sorte de reptiles. V.
DoMESTic, DOMESTIQUE, personne attachée à la maison, précepteur, médecin, etc.; chose qui regarde la maison et la famille, « affaires domestiques ».
DoMiNO, camail noir que les prêtres mettaient pendant l'hiver.
DOMITL\N LE CROQUE MOUSCHE, l'em-
pereur Domitien.
DoNAT (CElius Donatus), grammairien latin.
DONT, don-d, d'où.
DoRBELLis, pour de Orbellis, nom d'un commentateur de Pierre Lombard.
DoRCUJE, animal du genre du chevreuil ou du daim, révéré en Egypte.
DORELOT, enfant gâté, caressé, dorloté.
DoRELOT Dr LiÈ\TiE, jeu iuconnu, l'un des jeux de Gargantua.
DORis (aiots), dignes d'être écrits en lettres d'or, comme légende dorée.
DoRiBUS (nostre maistre) : selon les uns, P. Doré, jacobin; selon les autres, Jlatthieu d'Orry, dominicain.
DoRis (Jlicliel), Espagnol qui figure dans la chronique d'Ènguerrand de ilonstrelet.
DoRiiARS, dormeurs, aimant à dormir.
Dormir en chien, Rabelais explique luimême cette locution, livre IV, chapitre Lxm.
Dormi secure, recueU de sermons sou- ^•ent réimprimé aux XV'' et x\"i'^ siècles. Ce titre , dont on a souvent plaisanté ne s'adressait pas, bien entendu, aiix fidèles, mais aux prédicateurs, à qui il fournissait des thèmes tout préparés, et qu'il dispensait ainsi de préoccupations et de veilles.
DoROPH.\GES, qui vivent de dons.
Double, menue monnaie valant deux deniers.
DOL-BLET, musicien contemporain de Rabelais.
DouBTANCE, soupçon. Crainte.
DouBTER, douter, soupçonner, redouter.
DouBTEUX, qm est dans le doute.
DouciNE, flûte douce.
DOUÉ, petite ville du Poitou dont les
représentations dramatiques avaient
de la réputation.
DouHET (Bricnd Vallée, seigneur du),
président à Saintes et lié avec Rabelais. DouLum (se), se plaindre, s'aftliger.
DOURS, le dos, dorsum.
DouzAix, monnaie de cuivre allié d'argent, valant douze deniers.
DouziL, fausset avec lequel on bouche
ime pièce qu'on a percée.
DOYAC, conducteur de l'artillerie du roi
Charles VIII.
DoYE, vase, baquet.
Drachonique, draconien : « Loi dracho-
nique », très rigoureuse.
Dracox, dragon.
DRACOXXEAUI.X, petits dragons.
Drageouois, petite boîte à mettre les
dragées.
Drapper, faire le drap, fournir la matière
de l'étoffe.
DREP.4ICI, Trepani en Sicile.
Drogueur, droguiste.
Droict (au), vis-à-vis.
Droisser, dresser, ériger.
Droxos, des coups; terme de l'Anjou et
du Languedoc : « Soudain lui doanoit
dronos. « Dropace, dépilatoire.
Drouet, pour Heroët, poète renommé à cette époque.
Drue (l'herbe), épaisse, touffue.
Dry.ades, nymphes des bois.
Dryinades, sorte de reptiles.
Du Bellay, du Beslay, cvèque de Paris, cardinal, l'un des principaux protecteurs de Rabelais.
Du Bois le Court, grand salpêtrier du Maine.
Duc, grand-duc, oiseau de proie : « Junon avec son duc. »
DUEIL, deuil.
DuisiBLE, convenable, qui plaît, qui sied, du verbe» duirc » .
DuMET, duvet.
DujiETÉ, garni de duvet.
Du MOLLIN, musicien contemporain de Rabelais.
Du PAiGE (Monsieur), monsieur du ROI, formule familière à Rabelais, de qui La Fontaine l'a empruntée.
Duplique, réponse à une réplique.
DUPPE, huppe, oiseau.
DuppLE, amende du double.
DuRETTE, un peu dure.
Du TOUT, complètement.
DuYRE, convenir, plaire.
Dyas, deux, en grec.
Eage, âge, employé au féminin comme le latin œtas.
Eale, animal fantastique, décrit par Pline, Uvre VIII, chapitre xxx.
E.i.u ardente, eau-de-\'ie.
Ecclise, Ecuse, pour église, ecclesia.
Ecentricqlt;, pour excentrique.
EcKARBOTTER, fouiller, tisonner.
EcHEPHRON, nom tiré du grec, et signifiant : ayant du sens et de la prudence.
EcHiNADES, îles entre la Morée et Tunis.
Echine, enveloppe épineuse de certains fruits, par exemple, des châtaignes.
EcHiNEis, rémora, poisson auquel les anciens attribuaient la vertu d'arrêter les navires.
Eclipses : a Depuis certaines éclipses », depuis certaines révolutions célestes.
EcLYPTiQUER, pour éclipser, troubler.
EcsTASE, extase.
EcsTATiQUE, extatique.
Edontdes, les bacciiantes, ainsi nommées du mont Edon, en Thrace.
Edouard V, roi d'Angleterre. Anecdote
T. II
où figiirent ce roi et François Villon, chapitre Lxvn du livre IV.
Effegé, pour f, e, g.
Efferé, fier, indompté, sauvage.
EFFL^^.■cÉ, fiancé.
Efficace, efficacité.
Effray, voir Effroy.
Effroy, bruit destiné à effrayer : « Faire effroy », pousser des clameurs. « Sans effroi «, sans faire de bruit. Ce mot a aussi le sens actuel : « Voyant nostre effroy. »
Effructé, efîruité, dont on a cueilli le fruit.
Efrené, sans frein : « Cheval efrené. »
Egene, nécessiteux, indigent.
Egest.a, fille d'un prince troyen qui s'abaudoima au fleuve Crinisus métamorphosé en chien.
ÉGIPANES, égipans, satyres avec des cornes et des pieds de chèvre.
Egiuchus, en g^ec aiyiovoç, qui tient l'égide.
Egousser, écosser.
Gt-OSSATR-R ET NOTKS
ÊGRAPHnîER, égratigner, écorcher.
Eguallé. nivelé.
Ela, la note la plus élevée de la gamme, dans l'ancienne musique.
Elaî;es, les landes.
Electre, métal composé d'or et d'argent. C'est aussi l'ambre jaune.
ELEEMOS'iivE, aumône.
Éi-ÉG.\NTE5iEN'T, avec élégance, élégamment.
Eleichie, pierre précieuse taillée en forme de poire.
Elicte, éclair, lumière subite, éloise.
Elixo, pour élixir, nom donné par les alchimistes tantôt au mercure, tantôt au soleil.
Elopes, sorte de reptiles. Ce nom désigne aussi une espèce de poissons. — Voyez Pline, li\Te IX, chapitre xxvn.
ELrER, laver, nettoyer, purifier.
Elutl-vx. épuré.
Hmacié amaigri, desséché.
Emanciper (se), se rendre indépendant.
Emb.M-LER, avaler, engloutir.
EsiBASTOXNÈR, armer.
EMBA\^ÉRÉ, qui a les mâchoires déboîtées.
Embesongné, engoué d'une chose, fort occupé d'une besogne.
Embev, imbu, imbutus.
Emblée (à 1'), à la dérobée, en cacliette.
Emble>l\tl're, ensemble d'emblèmes, peinture allégorique.
Embohœ, pomper, imbiber, au propre et au figuré.
EsiBorRRER, bourrer, rembourrer; a fréquemment un sens erotique.
EMBOt-RREURS (de bastz), rembourreurs.
Embovsé, souillé de boue, de fiente.
Embrasser : « Qui trop embrasse peu estrainct. i
Embrexer, souiller de bren.
Embruiscké, entortillé, revêtu, enduit.
Embu, imbibé.
EMBfRELUCocQUER (s'), s'embarrasser, s'enchevêtrer.
Embusche, embuscade.
Embut. entonnoir.
EilEvEXCE, supériorité.
EsiiNiN'S, espèces; mot hébreu.
Emmelie, genre de saltation décente et posée.
Emmortaisées, fixées, établies d'ime manière solide.
Emolument, tel que savent les médecins gregeoys (livre 1", chapitre vui). Il s'agit de la vertu prolifique qu'on prétendait attachée au jaspe vert.
Empaletocqué, enveloppé; le paletocq était une casaque à coqueluchon.
EsiPAX, mesure de longueur, équivalant à huit pouces.
I Empantophi-é, enfermé comme dans
I une enveloppe.
! Empas (les), entraves, liens, empêche-
; ment.
I Empegé, englué, empêtré.
j Empenxé, em plumé, garni.
EsiPERET-R (1'), Charlcs-Quint.
Empereur, grand poisson du genre du spado ou épée.
Empesche, empêchement, embarras :
« Empesche de maison, n
Empescher, embarrasser.
Empeté, embaumé de pets.
Empire (le ciel), le ciel empyrée.
Emploiter, employer, occuper.
Emposteur, imposteur.
Emulateurs, rivaux.
Emulgextes (veines), veines qui portent le sang dans les reins.
Emuxder, nettoyer, purifier.
Exasé, qui n'a pas de nez, dont le nez est écrasé, aplati.
Excapitoxxer, mettre autour de la tète.
Encakré, échoué, en parlant d'un vaisseau.
Enceixte, conçue, dans le sens figuré « Chascim aye enceincte la parole saincte ! »
Excext, encens.
Enchâsser, mettre en châsse.
ExcKERiE, (faire de 1'), enchérir, demander un trop haut prix.
ExcHE\-ESTRER, mettre le chevêtre, le licou : « Enchevestrer les mulets. «
Enclin, coirrbé, incliné.
ExcLiNER, incliner : « Encline en prière. »
Encloer, endouer.
ExcLOUS, enclos.
Encocher, ficher, mettre dans le cran; est pris parfois dans xm sens erotique.
ExcoixGNÉ, poursTi, garni de cognée.
Encontre, contre.
Excontre, rencontre.
ExcYLiGLOTTE, filet, attache de la langue.
Endextelées, garnies de dents.
En'de3\xr, enrager.
Ext)OUAYRé, doué, doté.
Exdousseure, dernier revêtement; terme d'architecture.
Endltre, avaler, et par suite digérer; terme de fauconnerie.
Exéoremes, nébulosités qui surnagent dans l'urine.
ExFEPOkiiER, infirmier.
Enterrer, mettre aux fers, lier de chaînes de fer.
ExFL\NS.\iLLES, flançaiUes.
Enfl.;vmber, enflammer, incendier; enflambé, flamboyant.
GLOSSAIRE ET NOTES
Enton'drer, enfoncer, défoncer, englou- Ur.
EnfgxjTIXer, mettre au four : i A Tenfoumer on faict les pains comuz. «
E^^FROCQrÉ, portant froc.
Engarder, empêcher, garder de, prendre garde, obser\'er.
En'garier. — Voyez Atigarici'.
EN'GASTRrMYTHK, ventriloquc, qui parle du ventre.
Engin, machine, ruse, moyen, malice.
Engiponxé, enjuponné, vêtu d'une robe : « Veau engiponné », veau en robe de docteur.
En'Golevext, nom d'un géant et d'im capitaine de Picrochole.
Engout-lé, englouti, avallé.
Engourdely, engourdi.
Engravé, gravé, empreint.
Engressé, graisse.
Engroisser , rendre enceinte , devenir enceinte.
ENGRO^rELA^•D , le Groenlan , terre aus traie.
ENGROSSissEjrEXT, actiou de rendre enceinte ou de devenir enceinte.
Engu.^ixnant (frère), nom burlesque, qui veut dire : mettant en gaîne.
En'Guaxteler, garnir de gants.
Emguarder, engarder, empêcher, observer.
Enguerrant, Enguerrand de Monstrelet, chroniqueur du xv" siêde.
ExGYS, voisin; mot grec. Rabelais fait de ce mot le nom d'un royaume.
Entiydrides, couleuvres aquatiques. — ■ Voyez PUne, Uvre XXXII, chapitre xx\-i.
Enig. — Voyez la Briefve Déclaration.
Ajoutons que la traduction que donne Rabelais est fautive : Eitiig signifie quelque, aucune, et cwig, perpétuelle.
Il s'agissait, pour le landgrave de Hesse, de demeurer « sans aucune prison » ou « sans prison perpétuelle ».
Enigme. 1 1,'énigme trouvé es fondemens de l'abbaye des Thelemites » est emprunté aux œuvres de Mellin de Saint- Gelais. Raillant l'obscurité du style, Rabelais dit plaisamment qu'il est de MerUn le prophète. Rabelais a ajouté deux vers au commencement et dix vers à la fin, à partir de celui-ci : Reste en après gu'iceulx trop oblige':....
Enilims, officiers de la Quinte-Essence.
Enxter (se), s'efforcer, faire effort.
Enlevé, élevé, rehaussé, mis en relief.
Ennasé, camus.
Enn.\sin, l'ile des camus, des gens sans
nez.
Ennesiy (l'), le diable.
Ennicrochê, crochu, tourné en crochet.
Ennie, Ennius, poète latin.
En plus, non plus, pas plus.
Enquester. s'informer.
Enrimer (s'), s'enrhumer : — « Et en rithmant, Ijien souvent je m'enrime », dit Clément Marot.
Enroiddy, roidi.
Ensacher, mettre en sac.
Ens.\gir, devenir sage.
Enseigne, insigne.
Ensemble eux, avec eux.
ENSEMBLEirENT, en même temps, de concert, de compagnie.
Ensigne, insigne, marque.
Ensuivir, s'ensuivre.
Entalenter, faire naître le besoin, le désir de quelque chose. Le mot talent avait primitivement le sens de désir et besoin
Entan, comme anian.
Entelechie, une perfection intérieure de quelque chose. Rabelais, livre V, chapitre XIX, donne ce nom au royaume où règne la dame Quinte-Essence :
« Car les soulfieurs se vantent de ne tirer seulement que le subtil, et séparer de la matière terrestre la simple et pure essence, l'âme et interne perfection des choses . » {Alphabet de l'auteur français.)
Budée explique ainsi le mot sv- "£/,£"/£ '.a : « Actum et perfectionem doctissimi Grœcorum interpretantur. »
« Et si avait dix huit cens ans pour le moins. » En supposant Aristote père de l'Entéléchie, cette dernière devait en effet avoir à peu près cet âge au temps où ce Uvre a été écrit, comme l'ont très bien remarqué Le Duchat et Johanneau.
Entend.^nt, intendant, inspecteur, contrôleur.
Entendouoire, substantif formé d'entendre, Intelligence, compréhension :
« J'ai assez belle entendouoire », dit frère Jean.
Ententivement, attentivement.
Enthusiasme, enthousiasme.
Ento.mericque, adjectif formé plaisamment avec le nom de Jean des Entommeures : « Mer Entomericque. »
Entommer, entamer, tailler en pièces, couper en morceaux.
Entommelties (Jean des), est interprété Jean qui taiUe en pièces. Le long de la Loire, entamer, entommer, se disait et se dit encore pour entamer. Il faut se rappeler aussi qu'en grec àvToarJ signifie entaille. Frère Jean, au chapitre lxvi du livre IV, dit lui-
GLOSSAIRE ET NOTES
même : « Va, ladre verd, à tous les imllions de diables qui te puissent atiatomiscr la cervelle et en faire des entommeures. »
Entontœr, boire, et commencer un chant. Rabelais joue volontiers sur la double acception de ce mot : « Ung motet entonnons; où est mon entonnoir? »
Entonnoir, entonnotter, instrument à entonner, à mettre en bouteille.
ENTOfR (d'), d'autour de.
Entournoié, ayant autour de soi, enguirlandé.
Entraict, emplâtre, onguent.
Entreillizé, entremêlé.
Entrelardèrent, entrelacement.
Entremettre (s'), se mêler de.
Entrepelauder (s'), se donner des coups, se prendre aux cheveux, se houspiller.
Entrer, employé comme verbe actif :
« Quels signes entroit le soleil (hvre I, chapitre xxm). — Ceux qui estoient entrés le clous (chapitre xx\tii) . »
Entrer en vin, se mettre en train de boire.
Entretenement, entretien.
Enviz, en\-ie : « A tous enviz et toutes restes », selon toute leur envie et tout leur loisir.
Enyo, Bellone, déesse de la guerre.
EOLIPILE. — Voyez la Briejve Déclaration.
EoLUS, Éole, dieu des vents.
Ep-ENONS, louanges, panégyriques.
Epagom, moufle.
Epanalepse, répétition de mots.
Ephecticque, sceptique, pyrrhonien, qui suspend son jugement; mot grec.
EPHEMERE (fièvre), fiè\Te qui ne dure que vingt-quatre heures.
Ephesians, Ephésiens, habitants d'Éphèse.
Epicenauœ, d'après le repas.
ÉPIDEMIALE, épidémique.
Épiglottide, membrane cartilagineuse qui couvre l'orifice de la trachée-artère.
Epilenie, chant en l'honneur de Bacchus, que l'on faisait résonner durant le temps des vendanges, lors même que l'on foulait les grappes de raisin, £T:'.Àr,v'.o)V a:7;j.a.
Epinicie, chant de victoire; mot grec.
Episem.\sie, gesticulation, mouvement des mains; mot grec.
Epistemon, ce mot vient du grec, et signifie savant.
Epitherses, citoyen et maître de Plutarque. I,e rédt d'Epitheises (Uvre IV,