LIVRE IV, CHAPITRE IX
laquelle au tiers jour subséquent les rendist sains et saulves en quelque pays de satin, à l'exemple de Jonas.
La nauf vuidee du marchant et des moutons : « Reste il icy, dist Panurge, uUe ame moutonnière? Où sont ceux de Thibault l'Aignelet? et ceux de Regnauld Belin, qui dorment quand les aultres paissent? Je n'y sçay rien. C'est un tour de vieille guerre. Que t'en semble, frère Jan? — Tout bien de vous, respondit frère Jean. Je n'ay rien trouvé maulvais, sinon qu'il me semble que, ainsi comme jadis on souloys en guerre, au jour de bataille ou assault, promettre aux soubdars double paye pour celluy jour : s'ilz guaingnoient la bataille, l'on avoit prou de quoy payer; s'ilz la perdoient, c'eust esté honte la demander, comme feirent les fuyards Gruyers après la bataille de Serizolles : aussi qu'en fin vous doibviez le payement reserver; l'argent vous demourast en bourse. — C'est, dist Panurge, bien chié pour l'argent. Vertus Dieu, j'ay eu du passetemps pour plus de cinquaxite mille francs. Retirons nous, le vent est propice. Frère Jan, escoutte icy. Jamais homme ne me feist plaisir sans recompense, ou recongnoissance pour le moins. Je ne suys point ingrat et ne le feuz, ne seray. Jamais homme ne me feist desplaisir sans repentance, ou en ce monde, ou en l'autre. Je ne suis poinct fat jusques là. — Tu, dist frère Jan, te damnes comme un i vieil diable. Il est escript : Mihi vindictam, etc. Matière de v! bréviaire. »