LIVRE IV, CHAPITRE XLVI
jeûner de escholiers. Mais (las !) ne sçay par quel malheur depuys certaines années ilz ont avecques leurs estudes adjoinct les sainctes Bibles. Pour ceste cause plus n'en pouvons au Diable l'un tirer. Et croy que si les Caphards ne nous y aident, leurs ostans par menaces, injures, force, violence et bruslemens leur sainct Paul d'entre les mains, plus à bas n'en grignoterons. De avocatz peivertisseurs de droict et pilleurs de paou\Tes gens, il se dipne ordinairement et ne luy manquent. Mais on se fasche de tousjours un pain manger. Il dist nagueres en plein chapitre qu'il mangeroit voluntiers l'ame d'un Caphard, qui eust oublié soy en son sermon recommander. Et promist double paye et notable appoinctementà quiconques luy en apporteroit une de broc en bouc. Chascun de nous se mit en queste. Mais rien n'y avons proficté. Tous admonnestent les nobles dames donner à leur convent. De ressieuner il s'est abstenu depuys qu'il eut sa forte coUcque prouvenante à cause que es contrées Boréales l'on avoit ses nourrissons, vivandiers, charbonniers et chaircuitiers oultragé villainement. Il souppe tresbien de marchands usuriers, apothecaires, faulsaires, billonneurs, adulterateurs de marchandises. Et quelques foys qu'il est en ses bonnes, reguobillonne de chambrières, les quelles, avoir beu le bon vin de leurs maistres, reinplissent le tonneau d'eaue puante. Travaille, viilain, travaille. Je voys tenter les eschohers de Trebizonde laisser pères et mères, renoncer à la pohce commune, soy émanciper des edictz de leur Roy, vivre en liberté soubterraine, mespriser un chascun, de tous se mocquer, et prenans le beau et joyeulx petit béguin d'innocence Poëticque soy tous rendre Farfadetz gentiiz. »