LIVRE IV, CHAPITRE XL\III
est-il? Que faict il? — Ha, dist la vieille, où il est le meschant, le bourreau, le briguant? Il m'a affoUée, je suis perdue, je meurs du mal qu'il m'a faict. — Comment, dist le Diable, qu'y a il? Je le vous gualleray bien tantoust. — Ha, dist la vieille, il m'a dict, le bourreau, le tyrant, l'esgratineur de Diables, qu'il avoit huy assignation de se gratter avecqucs vous : pour essayer ses ongles il m'a seulement gratté du petit doigt icy entre les jambes, et m'a du tout affollée. Je suys perdue, jamais je n'en gueriray, reguardez. Encores est il allé ches le mareschal soy faire esguiser et apoincter les gryphes. Vous estes perdu, monsieur le Diable, mon amy. Saulvez vous, il n'arrestera poinct. Retirez vous, je vous en prie. »
Lors se descouvrit jusques au menton en la forme que jadis les femmes Persides se présentèrent à leurs enfans fuyans de la bataille, et luy raonstra son comment a nom. Le Diable, voyant l'énorme solution de continuité en toutes dimensions, s'escria : « Mahon, Demiourgon, Megere, Alecto, Persephone, il ne me tient pas ! Je m'en voys bel erre. Cela ! Je luy quitte le champ. »
Entendens la catastrophe et fin de l'histoire, nous retirasmes en nostre nauf. Et là ne feismes aultre séjour. Pantagruel donna au tronc de la fabricque de l'EccUse dixhuict mille Royaulx d'or en contemplation de la paouvreté du peuple et calamité du lieu.