A M. DE MONCHY
Il lui parle des dispositions relatives à la mis' sion, et l'instruit des intrigues des protestants , pour assurer l'impunité de leurs excès.
La paix deNotre-Seigneur soit avec nous.
Pour commencer à vous rendre compte de l'état des choses depuis votre départ, je vous dirai premièrement, que, par les soins et les adresses de M. de la Contour, l'on a trouvé le nombre de lits, matelas, draps et couvertures que vous marquez par votre mémoire. La ville en fournit quelques-uns qui étaient en réserve chez le receveur : on prendra les autres ou du concierge ou des Juifs, et l'on fera en sorte que cela ne sera pas à charge à la mission, et qu'on n'en payera rien, suivant que vous me l'avez dit en cette ville. On a aussi pourvu de meubles les chambres : il sera plus malaisé de trouver des plats, du linge de table, et ce qui est nécessaire pour la cuisine: et ce serait une grande déchargo d'avoir un cuisinier qui fournît de tout : néanmoins il est véritable que quarante sous par jour est un prix excessif pour Metz ; et cependant les cuisiniers à qui j'en ai fait parler ne veulent pas accepter le marché à moins. C'est à vous, s'il vous plaît, à prendre vos mesures là-dessus : je m'informerai toujours cependant de ce qui se pourra faire, pour une plus grande commodité et épargne; et je vous écrirai ce que je pourrai ménager.
J'ai entretenu fort particulièrement notre prédicateur du Carême, qui est dans ses premiers senlimenls, et qui est persuade qu'il y va du sien de quitter tout à fait la chaire. Il ne croit pas aussi qu'on ait dessein de l'y obliger contre son gré : il témoigne qu'au reste il contribuera tout ce qu'il pourra pour le bon succès de la mission, et qu'il exhortera fortement le peuple à se rendre digne d'en recevoir le fruit. Je crois en elfet que vous le trouverez homme sage , accommodant et désireux du bien. Ses sentiments étant tels, le mien serait de demeurer aux termes du projet (pie nous avons
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; néaumoins au vôtre el à
'.ai de - de la mission ; mais si
i eo uso autrement, on ne pourra pas
r quelque murmure du peuple. Plu-
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. pas, el moi aussi, de quel principe
roua en ai touché quelque
chose; >t assurément ce que je vous en ai
,11 i iritable. Ces légères contradictions
■ peuvent pas empêcner l'affaire : et la présence de ces messieurs étendra bientôt » v's petits bruits, par lesquels Dieu veut
rouvei la fidélité île ses ouvriers. Il saura
avancer son œuvre, et tirer sa gloire
de toutes choses, par les moyens qu'il sait.
Ainsi suit-il; et sa providence soit bénie
éternellement.
Je ne prévois aucun obstacle de la part du chapitre, qui reçut, avec le respect qu'il doit, les lettres de Sa Majesté, et témoigna grande obéissance. On résolut de faire tout ce qui se pourrait, pour faciliter le succès de ce bon dessein.
Je prévois quelque difficulté entre Mgr d'Auguste et le chapitre. Quelques-uns peut-être, sous main, prendront occasion de là de vouloir traverser cette œuvre. Je tâcherai de tout mon pouvoir de faire prendre un autre cours aux choses. Je vous en dirai davantage quand je verrai cette affaire un peu plus éclose, et je veillerai soigneusement à tout pour vous en instruire. Les huguenots prennent hautement le parti de celui qui a violenté la conscience de sa servante mourante; ils l'ont déclaré à M. de la Contour ;. et ils députent à la cour pour ce sujet-là et pour quelques autres assez importants. J'en écris à M. le Gendre; et j'expose aussi, en peu de mots, tout le fait à M. Vincent , afin qu'il y agisse selon son zèle et sa prudence ordinaire. Je ne doute pas que vous ne nous aidiez à lui faire corn; rendre la conséquence de cette aifaire, ainsi que vous me l'avez témoigné,; je ne lui parle point d'autre chose, et je me remets à vous à l'instruire de tout. M. de la Contour désire fort que vous fassiez un tour en cette ville, pour disposer les chambres et les meubles suivant les personnes que vous voulez placer. Si vous ne le pouvez, mandez-moi, s'il vous plaît, votre ordre, et de quelle sorte nous rangerons tout. Nous tâcherons que tous nos meubles soient honnêtes; mais il y en aura qui le seront plus; écrivez à peu près comme il faudra disposer le tout, si vous ne pouvez y venir vous-même.
J'oubliais de vous dire que la raison pour laquelle les huguenots députent en cour, est sans doute pour tirer l'a liai re au conseil , et l'assoupir par la longueur du temps. Conférez, s'il vous plaît , avec messieurs du parlement, du moyen de l'empêcher. Je vous écris sans cérémonie,. pour ne perdre point le temps ni les paroles; mais je n'ensuis pas moins, etc.
A Metz, ce 1" février 1658.