A LOUIS XIV
Sur les caractères d'une véritable conversion, et les dispositions nécessaires pour y parvenir (128).
Sire, Le jour de la Pentecôte approche, où Votre Majesté a résolu de communier. Quoique j • ne doute pas qu'elle ne songe sérieusement à ce qu'elle a promis a Dieu, comme elle m'a commandé de l'en faire souvenir, voici le temps que je me sens le plus obligé de le faire. Songez, Sire, que vous ne pouvez être véritablement converti, si vous ne travaillez à ôter de votre cœur, non-seulement le péché, mais la cause qui vous y porte. La conversion véritable ne se contente pas seulement d'abattre les fruits de mort, comme parle l'Ecriture (Rom. vu, 5), c'est-à-dire les péchés ; mais elle va jusqu'à la racine, qui les ferait repousser infailliblement si elle n'était arrachée. Ce n'est pas i ouvrage d'un jour, je le confesse; mais plus cet ouvrage est long et difficile, plus il y faut travailler. Votre Majesté ne croirait pas s'être assurée d'une place rebelle, tant que l'auteur des mouvements y demeurerait en crédit. Ainsi jamais votre cœur ne sera
(1-27; Il paraît qu'il s'agit ici des avis qu'il avait donnés au roi, au sujet de Aline de Montespan et * - exhorta io..s qu'il Lisait à celte daine, pour la porter à mener une vie via ment chrétienne. Les lettres suivantes éclaiircironi ce l'ail.
128) Oue li lie est sans <l»le dans l'original ; mais il es4 évident qu'elle ap.écéJc la suivante,
paisiblement à Dieu, tant que cet amour violent, qui vous a si longtemps séparé de lui, j régnera.
Cependant, Sire, c'est ce cœur que Dieu demande. Votre Majesté a vu les termes avec lesquels il nous commande de le lui donner tout entier: elle m'a promis de les lire et de les relire souvent. Je vous envoie encore, Sire, d'autres paroles de ce môme Dieu, qui ne sont pas moins pressantes, et que je supplie Votre Majesté de mettre avec les premières. Je les ai données à Mme de Montespan, et elles lui ont fait verser beaucoup de larmes. Et certainement, Sire, il n'y a point de plus juste sujet de pleurer, que de sentir qu'on a engagea la créature un cœur que Dieu veut avoir. Qu'il est malaisé de se retirer d'un si malheureux et si funeste engagement ! Mais cependant, Sire, il le faut, ou il n'y a [joint de salut à espérer. Jésus -Christ, que vous recevrez, vous en donnera la force, comme il vous en a déjà donné le désir.
Je ne demande pas, Sire, que vous éteigniez en un instant une flamme si violente ; ce serait vous demander l'impossible: mais. Sire, lâchez peu à peu de la diminuer ; craignez de l'entretenir. Tournez votre cœur à Dieu ; pensez souvent à l'obligation que vous avez de l'aimer de toutes vos forces, et au malheureux état d'un cœur qui, en s'altachant à la créature, par là se rend incapable de se donner tout à fait à Dieu, à qui il se doit.
J'espère, Sire, que tant de grands objets qui vont tous les jours de plus en plus occuper Votre Majesté, serviront beaucoup à la guérir. On ne parle que de la beauté de vos troupes, et dece qu'elles sont capables d'exécuter sous un aussi grand conducteur : et moi, Sire, pendant ce temps, je songe secrètement en moi-même à une guerre bien plus importante, et à une victoire bien plus difficile que Dieu vous propose.
Méditez, Sire, cette parole du Fils de Dieu : elle semble être prononcée pour les grands rois et pour les conquérants : Que sert à l'homme, dit-il (Marc, vin, 3G, 37), de gagner tout le monde, si cependant il perd son dme Y et quel gain pourra le récompenser d'une perle si considérable? Que vous servirait, Sire, d'être redouté et victorieux au dehors, si vous êtes au dedans vaincu et captif? Priez donc Dieu qu'il vous affranchisse ; je l'en prie sans cesse de tout mon cœur. Mes inquiétudes pour votre salut redoublent de jour en jour, parce que je vois tous les jours, de plus en plus, quels sont vos périls.
Sire, accordez-moi une grâce : ordonnez auP.de la Chaise de me mander quelque chose de l'état où vous vous trouvez. Je
également adressée à Lo.iis XIV; cl tous les fails nous assurent qu'elle l'ut en v.. y e en 1675, lorsque le roi commandait en personne ses armées des Pays-Bas. Cependant, comme nous ne pourrions marquer le temps précis où elle .i été écrite, irus avi ns pris If parti de réti.ùr ces de x lettres, qu'on scia bien a >c de lire mois uileirujilion.
PART. XIV. LETTRES DIVERSES
serai heureux, Sire, si j'apprends de lui que l'éloignement et les occupations commencent à faire le bon effet que nous avons espéré. C'est ici un temps précieux. Loin des périls el des occasions, vous pouvez plus tranquillement consulter vos besoins, former vos résolutions et régler voire conduite. Dieu veuille bénir Votre Majesté, Dieu veuille lui donner la victoire ; et par la victoire, la paix au dedans et au dehors! Plus Votre Majesté donnera sincèrement son cœur à Dieu, plus elle mettra en lui seul son attache et sa confiance; plus aussi elle sera protégée de sa main toute-puissante.
Je vois, autant que je puis, Mme de Montes pan, comme Votre Majesté me l'a commandé. Je la trouve assez tranquille : elle s'occupe beaucoup aux bonnes œuvres ; et je la vois fort touchée des vérités que je lui propose, qui sont les mêmes que je dis aussi à Votre Majesté. Dieu veuille vous les mettre à fous deux dans le fond du cœur, et achever son ouvrage; afin que tant de larmes, faut de violences, tant d'efforts que vous avez faits sur vous-mêmes, ne soient pas inutiles.
Je ne dis rien à Votre Majesté de Mgr le Dauphin : M. de Montausier lui rend un fidèle compte de l'état de sa santé, qui, Dieu merci, est parfaite. On exécute bien ce que Autre Majesté a ordonné en parlant ; et il me semble que Mgr le Dauphin a dessein, plus que jamais, de profiter de ce qu'elle lui a dit. Dieu, Sire, bénira en lout Autre Majesté, si elle lui est fidèle. Je suis, avec un respect el une soumission prof on je, Sire, de Votre Majesté,
Le très-humble, très-obéissant, et trèsfidèle sujet et serviteur,
t J. Bénigne, anc. év. de Condom.
AU MÊME
Lois que Dieu prescrit au prince charge' de gouverner son peuple. — Obligation qui lui est imposée, et motifs qui le pressent de soulager efficacement ses sujets dans leur misère. — Moyens que le pi élut suggère au roi pour y réussir.
Voire Majesté m'a fait une grande grâce, d'avoir bien voulu m'expliquer ce qu'elle souhaite de moi, afin que je puisse ensuite me conformer à ses ordres avec toule la lidélité et l'exactitude possible. G'eslavec beaucoup de raison qu'elle s'applique sérieusement à régler toute sa conduite : car après vous être fait a vous même une si grande violence dans une chose qui vous touche si fort au cœur, vous n'avez garde de négliger vos autres devoirs, où il ne s'agit pi us que de suivre vos inclinations.
Vous êtes né, Sire, avec un amour extrême pour la justice, avec une bonté et une douceur qui ne peuvent être assez estimées ; et c'est dans ces choses que Dieu a renfermé la plus grande partie de vos devoirs, selon que nous l'apprenons par celle
parole de son Ecriture (Prov. xx , 28; : I.a miséricorde cl lu justice gardent le r,->i; et son trône est affermi et par la bonté el par la clémence Vous devez donc considérer, Sire, que le trône que vous remplissez est à Dieu, que vous y tenez sa place, et que vous y devez régner selon ses lois. Les lois qu'il vous a données sont que, parmi vos sujets, voire puissance ne soit formidable qu'aux méchants; et que vos autres sujets puissent vivre en paix et en repos, en vous rendant obéissance. Vos peuples s'attendent, Sire, h vous voir pratiquer plus que jamais ces lois que l'Ecriture vous donne. La haute profession que Vo're Majesté a faite, de vouloir changer dans sa vie ce qui déplaisait à Dieu, les a remplis de consolation : elle leur persuade que Notre Majesté, se donnant à Dieu, se rendra plus que jamais attentive à l'obligation très-étroite qu'il vous impose de veiller à leur misère; et c'est de là qu'ils espèrent le soulagement dont ils ont un besoin extrême.
Je n'ignore pas, Sire, combien il est difficile de leur donner ce soulagement au milieu d'une grande guerre, où vous êtes obligé à des dépenses si extraordinaires , et pour résister à vos ennemis et pour conserver vos alliés. Mais la guerre qui oblige Votre Majesté à de si grandes dépenses l'oblige en même temps à ne laisser pas accabler le peuple, par qui seul elle les peuï soutenir. Ainsi leur soulagement est aussi nécessaire pour votre service que pour leur repos. Votre Majesté ne l'ignore pas; et pour lui dire sur ce fondement ce que je crois être de son obligation précise et indisp nsable, elle doit, avant toutes choses, s'appliquer à connaître à fond les misères des provinces, et surtout ce'qu'elles ont à souffrir sans que Votre Majesté en profite, tant par les désordres des gens de guerre, que par les frais qui se font à lever la taille, qui vont à des excès incroyables. Quoique Voire Majesté sache bien, sans doute, combien en toutes ces choses il se commet d'injustices el de piberies ; ce qui soutient vos peuples, c'est, Sire, qu'ils ne peuvent se persuader que Votre Majesté sache tout;el ils espèrent que l'application qu'elle a fait paraître pour les choses de son salut, l'obligera à approfondir une matière si nécessaire.
11 n'est pas possible que de si grands maux, qui sont capables d'abîmer l'Eiat, soient sans remède ; autrement tout serait perdu sans ressource. Mais ces remèdes ne se peuvent trouver qu'avec beaucoup de soin et de patience : car il est malaisé d'imaginer des expédients praticables; et ce n'est pas à moi à discourir sur ces choses. Mais ce que je sais irès-certaiuemenl, c'est que si Votre Majesté témoigne perse véram ment qu'elle veut la chose; si malgré la difficulté qui se Trouvera dans le détail, elle persiste invinciblement à vouloir qu'on cherche; si enfin elle l'ail sentir, comme elle le sail trèsbien faire, qu'elle ne veut point être trompée sur ce sujet, et qu'elle ne se contentera que de choses solides et effectives; ceux à qui
ITRES COMPLETAS DE I BT. B5î
es ulion se plieront h ses vo- de tontes vos oblfgations celle qui esl mm loutés, i . ; urneronl loul (eur r-sprità la sa- doute la plus essentielle; et Votre Majesté lis lire dans la plus juste iuclinalion qu'elle me pardonnera si j'appuie tant sur ce supuisse jamais avoir. jet-la, qui est le plus important de ions. Au reste, Votre Majesté, Sire, doit être Je sais que la pais est le vrai temps d'accomque, quelque bonne intention que plir parfaitement toutes ces choses: mais puissent avoir ceux qui la servent, pour le comme la nécessité de faire ci de soutenir soulagement de ses peuples, elle n'égalera une grande guerre exige qu'on s'applique à jeun vôtre. Les bons rois sont les vrais ménager les forces dos peuples, je ne doute pèresdes peuples; ils les aiment naturelle- point, Sire, que Votre Majesté ue le lasse ment : leur glo iv et leur intérêt le plus es- plus que jamais ; et que dans le prochain s miel est de les conserver et de leur bien quartier d'hiver, aussi bien qu'en toute aufaire;el les autres n'iront jamais en cela si tre chose, on ne voie naître do vos soins avant queux. C'est donc Votre Majesté qui, et do votre compassion tous les Liens par la force invincible avec laquelle elle que pourra permettre la condition des ulra ce soulagement, fera naître un désir temps. C'est, Sire, ce que Dieu vous orsemblable en ceux qu'elle emploie: en no donne, et ce qu'il demande d'autant plus de se lassant point de chercher et de pénétrer, vous, qu'il vous a donné toutes les qualités elle verra sortir ce qui sera utile effective- nécessaires pour exécuter un si beau desment. La connaissance qu'elle a des affaires sein : pénétration, fermeté, bonté, douceur , de son Etat, et son jugement exquis, lui fera autorité, patience, vigilance, assiduité au démêler ce qui sera solide et réel, d'avec ce travail. La gloire en soit à Dieu, qui vous a qui ne scia qu apparent. Ainsi les maux de fait tous ces dons, et qui vous en deman- I Liât seront en chemin de guérir; et les en- fiera compte. Vous avez toutes ces qualités ; nemis qui n espèrent qu aux désordres que et jamais il n'y a eu de règne où les peuples causera I impuissance de vos peuples, se aient plus de droit d'espérer qu'ils seront varront déchus de cette espérance. Si cela heureux, que sous le vôtre. Priez, Sire, ce arrive. Sire, y aura-t-il jamais ni un prince grand Dieu qu'il vous fasse celte grâce, et pus heureux que vous, ni un règne plus que vous puissiez accomplir ce beau préglorieux que le votre ? cepte t(e saint Paul (/ Tim. m, 2), qui oblige il est arrivé souvent qu'on a dit aux rois les rois h faire vivre les peuples, autant que les peuples sont plaintifs naturellement, qu'ils peuvent, doucement et paisiblement , et qu il n est pas possible de les contenter en toute sainteté et chasteté, quoi qu on fasse. Sans remonter bien loin Nous travaillerons cependant à mettre dans I histoire des siècles passés, le nôtre a Mur le Dauphin en état de vous succévu Henri IV, son aïeul, qui, par sa bonté in- der et de profiter de vos exemples. Nous gemeuse et persévérante à chercher les re- |e faisons souvent souvenir de la lettre modes des maux de 1 Etat, avait trouvé le si instructive que Votre Majesté lui a écrite, moyen de rendre ics peuples heureux, et de i) |a lit et relit avec celle qui a suivi, si leur faire sentir et avouer leur bonheur, puissante pour imprimer dans son esprit les Aussi en élait-il aime jusqu'à la passion; et, instructions de la première. 11 me semble uaus le temps de sa mort, on vit partout le qu-i] s'etïbrce de bonne foi d'en profiter: et royaume et dans toutes les familles, je ne en effet, je remarque quelque chose de plus d;s pas I élonnement, I horreur et l'indigna- sérieux dans sa conduite. Je prie Dieu sans lion que devait inspirer un coup si sou- relâche, qu'il donne à Votre Majesté et à lui dam et si exécrable, mais une désolation pa- ses saintes bénédictions; et qu'il conserve reille h celle que cause la perte d'un bon voire santé ,jaus ce temps étrange, qui nous père a sesenfants.il n'y a personne de nous donne tant d'inquiétudes Dieu a tous les qui ne se souuenne d'avoir ouï souvent ra- temps dans sa main, et s'en sert pour avanconter ce gémissement universel à son père Cer et pour retarder , ainsi qu'il lui plaît, ou a son grand-père, et qui n'ait encore le l'exécution des desseins des hommes. Il faut cœur attendri de ce qu il a ouï réciter des adorer en tout ses volontés saintes et apbonlés de ce grand roi envers son peuple , prendre à le servir pour l'amour deluiet de I amour extrême de son peuple envers môme.
lui. C'est ainsi qu'il avait gagné les cœurs; j0 supplie Votre Majesté de me pardon-
el s il avait ote de sa vie la tache que Votre ner telle longue lettre : jamais je n'aurais
Majesté vient d effacer, sa gloire serait ac- 0u la hardiesse de lui parler de ces choses ,
complie,et on pourrait le proposer comme le sj elle ne me l'avait expressément com-
roouèlc d un roi parfait. Ce n'est point flatter mandé. Je lui dis les choses en général, et
Votre Majesté, que de lui dire qu'elle est jc lui en laisse faire l'application, .suivant
neeaveede plus grandes qualités que lui. que Dieu l'inspirera. Je suis avec un res-
Uui bire, vous êtes ne pour attirer de loin .,ect et une dépendance absolue, aussi bien
ci de près 1 amour et le respect de tous vos qu'avec une ardeur et un zèle extrême, etc.
-eupies Vous devez vous proposer ce digne A Saint-Germain, ce 10 juillet 1675. oujei, Ue n être redoute que des ennemis do i Etat et de ceux qui font le mal. Que tout le
leste vous aime, mette en vous sa consola- — Uon et son espérance, cl reçoive de votre bonté le soulagement de ses maux. C'est là
1xstkict10n ponnéb a loi is xiv en 1675(129).
Quelle est la dévotion du roi?
PART. XIV. LETTRES DIVERSES. ;-.i
soumission que lanl do peuples rendent aux princes.
L'essentielle obligation que la loi impose à l'homme, c'est d'aimer Dieu de tout son cœur, comme la source de tout son être et de tout son bien, et de ne ri >u aimer qui ne se rapporte à lui. C'est à quoi doil tendre toute la vie chrétienne; et on n'a ni piété véritnble, ni pénitence sincère, tant qu'on ne se met point en état, et qu'on n'a point le désir de l'aire régner en soi-même un tel amour. En cet amour consiste la vraie vie, selon que Noire-Seigneur l'a enseigné dans son Evangile.
Cet amour n'est autre chose qu'une volonté ferme et constante de plaire à Dieu, de se conformer entièrement à ses ordres, et d'arracher de son cœur tout ce qui lui déplaît, quand il en devrait coûter la vie.
Cet amour nous doit faire aimer notre prochain comme nous-mêmes, selon le précepte Je f'Evang'le [Mat th. xxn, 39) ; ce qui nous oblige à lui procurer tout le Lien possible, chacun selon son étal.
Un roi peut pratiquer cet amour de Dieu et du prochain, à tous les moments de sa vie; et, loin d'être détourné par là de ses occupations, cet amour les lui fera faire avec fermeté, avec douceur, avec une consolation intérieure, et un repos de conscience qui jiasse toutes les joies de la terre.
Ainsi aimer Dieu, à un roi, ce n'est rien faire d'extraordinaire ; mais c'est faire tout ce que son devoir exige de lui, pour l'amour de celui qui le fait régner
Un roi qui aime Dieu, le veut faire régner dans son royaume comme le véritable souverain, dont les rois ne sont que les lieutenants ; et en lui soumettant sa volonté, il lui soumet en même temps les volontés de tous ses sujets, autant qu'elles dépendent de la sienne.
Il protège la religion en toutes choses; et il connaît, en protégeant la religion, q(<e e'est la religion qui le piolége lui-même, puisqu'elle lait le plus puissant motif de la
(129) Colle instruction élanl relative aux il ux lettres qu'on vient de lire, nous avons cru ne pouvoir lui assigner une p!a<e plus convenable que celle que nous lui donnons. Le le- leur l,ra i-ai.s doute av< c plaisir quelques aneeiloies qui oui irait à celte insluclion, elqui soûl rapportées carrai, bé Ledieu, secrétaire de liossuei.
i On ue peut douter, > dii-il, « que cette re\jle de vie n'ait éié donnée au roi par M. de Condom, api es l'éclat de l'éloignement de Mme de Moutespan, à Pâques t6"7n ; puisque alors le rt»i éla l à lamée entretint un commerce suivi de letu<'s avec ce piélai, jusqu'à so.i retour à la cour, qui eut les funestes suites que j'.>i marquées ailleurs. » Ces funestes suites, do .t parle ici M. Ledit- u, regardent les nouvelles liai ons que le roi entretint, à son retour, avec Mme d'. Monte sp n, sous prétexte u*une amitié liounèie, qui firent i.ienlôt évanouir ions les projets de conversion, et se terminèrent à la naissance de plusieurs enfants naturels, dont le comle de Toulouse lut du nombre.
Il aime tendrement ses peuples, à cause
de celui qui les a mis en sa main pour les garder, et prend pour ses sujets un cœur de père, se souvenant que Dieu, dont il tient la place, est le Père commun de tous les hommes.
Par là il reconnaît qu'il est roi pour faire du bien, autant qu'il peut, à tout l'univers, et principalement à tous ses sujets; et que c'est là le plus bel effet de sa puissance.
Ainsi ce n'est qu'à regret qu'il est contraint de faire du mal à quelqu'un : par son inclination, il préférerait toujours laclémence à la justice, s'il n'était forcé à exercer une juste sévérité pour retenir ses sujets dans leur devoir.
Il n'en vient aux rigueurs extrêmes que comme les médecins, lorsqu'ils coupent un membre pour sauver le corps.
En se proposant le bien de l'Etat pour 'a fin de ses actions, il pratique l'amour du prochain dans le souverain degré ; puisque dans le bien de l'Etat est compris le bien et \a repos d'une infinité de peuples.
Lorsqu'il agit fortement pour soutenir son autorité, et qu'il est jaloux de la conserver, il fait un grand bien à tout le monde ; puisqu'en maintenant celte autorité, il conserve le seul moyen que Dieu ait donné aux hommes pour soutenir la tranquillité publique, c'est-à-dire le plus grand bien du genre humain.
Quand il rend la justice ou qu'il la fait rendre exactement selon les lois, ce qui est sa principale fonction, il conserve le bien à un chacun, et donne quelque chose aux hommes, qui leur est plus cher que tous les biens etquela vie même, c'est-à-dire la liberté et le repos, en les garantissant de toute oppression et de toute violence.
Quand il punit les crimes, tout le monde lui en est obligé ; et chacun reconnaît en sa conscience que dans ce grand débordement de passions violentes, qu'on voit régner parmi les hommes, il doil son repos et sa liberté à l'autorité du prince qui réprime les méchants.
« Le mois d'août 1701, > ajoute M. Ledieu, « on a beaucoup, parlé à la cour de la satisfaction que Mme la duchesse de Bourgogne témoigna avoir eue de M. le prieur de Mariy, à qui ell* se cou essa dans sa malade de ce temps-là. M. l'aicevèque do Keims disait loul haut : cEUe e>t p us contente. du « luiéquede son Jésuite. > 11 est certain que iv prieur lui dit de grandes vérités, quMle avoua n'avoir jamais sues.' Elle dit à Mgr l'evèque de Meauv qu'il parlait bi n de Dieu, qu'elle en avait été nès-toueli.e. qu'elle voulait servir Die ■ avec plus de soin, et qu'elle croyait que celle maladie lui avait été envoyée pour l'en avenir.
« Ce lut à ce propos que Mgr l'evèque de M eaux nous dit à Versailles, lu mauii Î5 d'aoùi, MM. I s ab:>és Fleury »l Castellwi présents • J'ai aulrefos don é au roi une instruction par écrit, où je mettais l'amour de Dieu pour fondement de la vie cliiélienne. Le roi l'ayanl lue, me dP : 3 a «'»i pvUM « cuï parler de cel \, on n-j m'en a rien di:. i
VUES I l)MH C.TES DE 150 SU l.
Bn . il euineche mille
,,,! pries qui désolcnl le genre humain, et [uellent les faibles el les pauvres, c est-a- ,;i ,. i.i n uparl des boum es, au désespoir. kinsi l'amour du procbain le dirige dans relie aclion ; el il sert Dieu dans les lioni- Dieu a confit ■< a sa conduite.
fait la paix , il mel un à des dé*
■ rs'effroj - s is lesquels toute la terre
Dt conlrainl de faire la guerre, il la rail avec vigueur: il empêche .ses peuples d'être ravagés ; et se mel en étal de conclure une paix durable, en faisant redouter
s - forces.
Lorsqu'il soutient sa gloire, il soutient en
e bien publie; car la gloire du prince est fornemeul et le soutien de tout
l'Etat.
S'il cultive les arts el les sciences, il procure, par ce moyen, de grands biens à son royaume, et v répand un éclat qui l'ait honorer la nation, et rejaillit sur tous les particuliers.
S'il entreprend quelque grand ouvrage, comme des ports, de grands bâtiments et d'autres choses semblables; outre Futilité publique qui se trouve dans ces travaux, il donne à son règne une gloire qui sert à entretenir ce respect de la majesté royale, si nécessaire au bien du monde.
Ainsi, quoi que lasse le prince, il peut toujours avoir en vue le bien du prochain; et, dans le bien du prochain, le véritable service que Dieu exige de lui.
Par tout ce a, il paraît qu'un prince appliqué, autant qu'est le roi, aux affaires de la royauté, n'a besoin, pour se l'aire saint, que de taire, pour l'amour de Dieu, ce qu'on fait ordinairement par un motif plus bas et moins agréable.
Le bien public se trouve même dans les divertissements honnêtes qu'il prend; puisqu'ils sont souvent nécessaires pour relâcher un esprit qui serait accablé par le poids des affaires, s'il n'avait quelques moments pour se soulager."
Que fera donc le roi en se donnant à Dieu, et que changera l-il dans sa vie? Il n'y changera que le péché; et, faisant pour Dieu toutes ces actions, il sera saint sans rien affecter d'extraordinaire.
L'amour de Dieu lui apprendra à faire toutes choses avec mesure, et à régler tous ses desseins par le bien public, auquel est joint nécessairement sa satisfaction et sa gloire.
Cet amour du bien public lui fera avoirtous les égards possibles ut nécessaires à chaque particulier; parce que c'est de ces particuliers que le public e.-t composé.
Il n'est ici question ni de longues orai-
(130) François Nazzarri, irès-dislingué par &ou s-;<\uir el ses ccrilfi. Il est le premier auteur du JourniU des suçants, qui lui entrepris en Italie, a l'imitation lie telui q jî s'imprimait eu F.ance.
(tôt) Sébastieu-Josfpb du Camhnul de Poutebateau, pareui du cardinal de Richelieu, £ul poui- \u de plusieurs béaéfices, auxquels il rcuojça pour
sons, ni de lectures souvent fatigantes a qui n\ est nas accoutumé, ni d'autres choses semblables. On prie Dieu, allant el venant, quand on se tourne à lui au dedans de soi. Que le roi mette sud cœur à faire bien les prières qu'il l'ait ordinairement: c'en sera assez. Du reste tout ira à l'ordinaire pour l'extérieur, excepté le seul péché, qui dérèia vie, la déshonore, la trouble, el attire des châtiments rigoureux de Dieu el en ce monde et en l'autre. Qu'on est heureux d'ùter de sa vie un si grand mal? Au surplus, le grand changement doit être au dedans ; et la véritable prière du roi c'est de se faire peu à peu une douce el sainte habitude de tourner un regard secret du côté île D eu, qui, de sa pari, veille sur nous et nous regarde sans cesse pour "nous proléger, sans quoi à chaque moment nous péririons.
A M. D1KOIS, DOCTEUR EN SORBONSE.
Sur la traduction italienne de l'Exposition.
Je suis très-aise, Monsieur, de recevoir des marques de voire cher souvenir. Les soins que vous prenez pour notre version sont bien obligeants. Je me repose sur vous de toute la suite; et je m'attends que vous me direz de quelle manière, et par quelle sorte de présent, je pourrai reconnaître les soins de M. l'abbé Nazzarri (130), quand son ouvrage sera achevé. La lettre du révérendissime Père maître du sacré Palais est trèsobligeante. Je vous supplie, dans l'occasion, de m'entrelenir dans ses bonnes grâces, et de l'assurer, de ma part, d'une e>time extraordinaire. Je vous suis très-obligé des bons sentiments que vous avez de moi ; j'ai aussi pour vous, Monsieur, toute l'estime possible, elsuis très-sincèrement, etc.
A Versailles, ce 23 août 1675.
EXTRAIT D'UNE LETTRE DE M. DE PONTCUA- TEAU (131) A M. DE CASTORIE (132).
Sur le livre de l'Exposition de la foi catholique.
Avez-vous lu le livre de M. de Condom? le trouvez-vous bon? ne serait-il pas propre à être traduit en latin ? Si vous le jugez ainsi, on pourrait le faire dire à M. de Condom, et lui demander s'il ne voudrait point en prendre lui-même le soin ; car assurément il se trouvera honoré de ce dessein, si vous l'avez. Mais, avant toutes choses, il faudrait regardersi vous le trouvez bien, s'il n'y aurait rien à changer; car on lui en pourrait palier. J'abends de vos nouvelles sur" cela.
Ce 9 octobre 1673.
vivre dans la reiraite et la pratique de la pénitence. il mourut en 1GDU.
(15-2) Jean de ÎSeercassel, Hollandais, fut sacré évoque de Casioiie iu partibus iufidelium, el exerça avec beaucoup de zèle, dans les Provinces Unies, les fonctions de vicaire apostolique. Il mourut en 1686.