‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 145 sur 458 · EPISTOLA XLVII · texte numérisé non relu

EPISTOLA XLVII

CO.NDO.YIENSIS CASTORIENSI.

Erpositionis Latinam inlerprelationem Casloriensi mi Mit quod ipsius auctoritate liber in lacem prodeat maxime lœtatur ;

virtutes ejus, prœclaraque opéra laudibus célébrât.

Ad te millo tandem, prœsul illustrissime, Exposilionis meae quam dudum llagitas intërprelalioncm Latinam a viro doctissimo Claudio Fleur/, serenissimorum principum Conliorum piaeceptore , summa diligenlia accuralam, atque a me recognilam; cieganimam illam quidem, ut quœ ab oplimo inteprelesil elaborata, in qua lamen perspi-

M3n Etieftue Gradi, poéV célèbre 01 lièS'fSlimé,

l I nli: and cie Fiuslemberg, oèf|ue de Pader-

W:a, j fait fiiipriiner les poéoK s oans le recueil ^ui

cuitali magis quam chgnnUco consul tu m voluit. Atque ea quidem inlerprelalio, si ad ic |>erveniat lardius quam oportuit, id eo contigit, quod morbo implicitus, atque aliis curisdislrictus necessariis, opus recensere mm potui.

Nunc igilur, praôsul illustrissime, lotum illud opus permitlo tibi, ac maxime gau.ieo, quod auctoritate tua in lucem prodeat, quam non modo tua dignilas, verum eliam doiiiina singularis, quodque pre&cipuum, vere Christiana pietasac progrege libi commisso suscepli laliores, denique evangelica i I la ot sancla simplicilate condila prudenlia, commendalissimam omnibus facit. Mitto uuoque ad te lilulum operi prœOgendum, qùu quidem prolilendum exislimavi iaterprelationem a me fuisse recognilam, utmea, si qua est, ea in re auclorilas nec ipsi interprelationi desit.

Tractatus vero tuos De cullu sanctorum , quibus et noslros doces , cl adversaribs amanlissimecasligas, summaanimi voluptaie periegi ; luamque illam ex o\ tirais fontibus, de Chrislo in Maria et sanclis colendo, deduclam doclrinam penilus infigi mynlibus cl cupio, et precor.

Tu me, piœsul illustrissime, lui amantissimum alqire observantissimum dilig<is, nostraraque operam in tanto principe Christ iauis raaxinie prœceptis inforu and >, Deo commendatam velis. Vale.

Dalum Parisiis, 15 Feb. 1677.

EPISTOLA XLMII.

CASTORIENSIS CONDOMENSI.

Pracedenii respondet , suamque erga Condomensem animi obscrvanliamproftlelur.

Quod precibus n.eis annuens, Latinam fieri mihique prœceperis mitti tuam catholicœ fidei Expositionem, autistes illustrissime, domine mihi observanlissime , acccplum fero eminenli in Cliristum studio, quo non contentus ipsius doclrinam eique placilam religionem a tua Gallia cognosci , insuper satagis ut ab aliis quoque gentibus bonorelur. Simul atque istum doctrinal Ihesaurura acci[)ere, merebor, diligenlercurabo ne illi typoruni eleganliam desit.

Preces quas vestra a me modeslia requin t, libenter impenderem, si dignus forem qui ]>ro tanlo prœsule ad thronura divinae gralieo precalor accederem. Non lamen omillam tolo corde desiderare. ut in sereuissimi discipuli virlutibus oplimi prœceptoris mérita celebrentur, autistes illustrissime, elc.

29 Aprilis 1677.

LETTRE XLIX

AU MARÉCHAL DE BEl.LEKONDS.

Sur lanécessité de s oublier soi-même, l'esprit qu'on prend dans l Ecriture sainte , et les dispositions de M. te Dauphin.

L'occasion e:t trop favorable pour la

a pour litre : Scpicm mrorum illustrium poemuia. ^1 10) 1> ■ Neerc-.ssel, evèque de Cn>io. se. [il.) L'abbé Fleury.

laisser passer $;\\is vous écrire, et sans vous demander (Je vos nouvelles. Je crois que Dieu vous continue ses grAccs, et que vous apprenez tous les jours, do plus en plus, h ( /ro moins conlentde vous-même, à mesure tpie vous le devenez de lui. En vérité, n'est un état désirable , de vouloir s'oublier soimême à force de se remplir de Dieu. Je trouve cju'on se sent trop, et de beaucoup trop, lors même qu'on lâche le plus de s'appliquer à Dieu. Dévouons-nous à lui en simplicité , soyons pleins de lui : ainsi nos pensées seront des pensées de Dieu; nos discours, des discours de Dieu ; toute notre action sortira d'une vertu divine. Il me semble qu'on prend cet esp1 it da-,s l'Ecriture. Dites-moi, je vous prie, comment vous vous trouvez de ce pain de vie. N'y gcûlez-vons pas la vie éternelle ? ne s'j découvre-t-elle pas de plus en plus? ne vous donne-l-elle pas une idée de la vie que nous mènerons un jour avec Dieu? Les patriarches, les prophètes, les apôtres, ne vous paraissent-ils pas, chacun dans son caraclère, des hommes admirables, de dignes figures de Jésus-Christ à venir, ou de dignes imitateurs de Jésus-Christ venu?

Il y a près d'un an que je n'ai reçu de vos lettres. Ma consolation est que je sais que vous ne m'oubliez pas. Pour moi, je vous offre à Dieu de tout mon cœur au saint autel, et je le prie de vous changer en Jésus-Christ avec le pain qui figure toute l'unité du peuple de Dieu; en sorte qu'il n'y reste [dus que la figure extérieure d'un homme mortel.

Me voilà quasi à la fin de mon travail. Monseigneur le Dauphin est si grand, qu'il ne peut pas être longtemps sous notre conduite. Il y a bien à souffrir avec un esprit si inappliqué : on n'a nulle consolation sen-

(U2) Guillaume le Roi, abbé de Haute-Fontaine, prclre aus i recommandable par sa piété que par son savoir, a ait <!es liaisons très-étroites avec le eélèbre AI. de Rance, abbé de la Trappe. Quoique pénéiré pour s« perso* ne de tous 1 s sentiments i>us à son n-éiitc, il ne pui s'empêcher de lui témoigner son improbation pour une pratiqua usiiée à la Trappe. On y élail dans l'usage, sous prétexte d humilier <t de moriifler les religieux, de leur imposer <!< s peu it-nces, souvent fort rudes, pour des taules qu'ils n'avaient point commises, cl qu'on leur imputait, sans même qu'il leur fut permis de se justifier. On civy il leur rendre servi c ci honorer Dieu, en ieur attribuant, par une pieuse fiction, îles défauts que rien ne manifestait au dehors. L'ai bé ce Haute-Fontaine témoigna combien ces sortes de fictions lui paraissaient couli aires à la véiité et à la charité. L'abbé de la Trappe et dom Rigoberi, qui prétendaient s'appuyer de l'autorité de saint Jean Climaque, répondirent qu'ils regardaient celte i raiique < comme un point capital, pou/ faire acquérir a \ religieux la peifection de leur élat (a). » M. le Roi leur allégua contre ce sentiment heaucoup de raisons, qu'ils le prièrent de mettre p r écrit, il leji" dans un ouvrage qu'il in lilula Lettre à vn abbé régulier, ou Dissertation sur te sujet des humiliations, cl outres pratiques de religion. Celle dissertation, quoique lés-solide il t;.cs-snge, déplut à l'abbé de la Trappe, qui s'inia-

PART. XIV. LETTRLS DIVERSES

sible; et on marche, commi lit sainl Paul (Hom. iv, 18), en espérance contre l'es| • rance. Car encore qu'il se commence d'asi / bonnes choses , tout est encore si peu affermi, que le moindre efforl du momie peut tout renverser. Je voudrais bien voir quelque chose de plus l'o dé ; mais Dieu le fera peut-être sans no:;s. Priez Dieu que sur la lin de la course, où il semble qu'il doit arriver quelque changement dans mon élat, je .-ois en elfel aussi indifférent que je m'imagine l'être.

Adieu, Monsieur; aimez-moi toujours. Il me semble que je vois votre prélat de plus en plus satisfait do vous. Quoiqu'il ait été à Paris assez longtemps, il a peu paru ici. Dieu veuille nous faire selon son cœur, et non selon le nôtre; car nous serions trop pervers et trop pleins do petites choses.

A Versailles, ce 6 juillet 1077.

1E ROI, ADIiÉ DE IIALTE-FONTAINK (li2).

// exhorte cet abbé à ne point publier sa réponse à la lettre que M. de lîancé avait écrite contre sa Dissertation sur certaines pénitences usitées à la Trappe, qui paraissaient autoriser le mensonge.

Je ne sais par quel accident il est arrivé que j'aie reçu votre écrit, sur la lettre de M. l'abbé de la Trappe (H3), plus tard quo vous ne l'aviez ordonné. Il m'a enfin été remis, et j'ai été fort édifié des sentiments d'humilité, de charité et de modestie que Dieu vous a inspirés en celle occasion.

Je reconnais avec vous qu'on ne peut vous condamner sans avoir vu la Dissertation, qui a donné lieu à la lettre ; et ceux;

giiia que l'auteur accusait lui et son monas'ere d'c-imer les mensonges et les équivoques. Rien n'était cependant plus éloigné de la pensée de M. le Roi, qui n'attribuait qu'à un zèle indiscret ou peu réfléchi la conduite qu'il blâmait. La dispute s'échauffa. M. de Rance entreprit de réfuter l'écr.l de M. le Roi par une longue lettre qu'il adressa a M. Vialart, évêque de Châlons, dans laquelle il laissa échapper beaucoup de traits de viva iléconlre l'auteur de la i)issertuiion. L'évêque de Chàl us communiqua sa lettre à M. l'a ht é de Haute-Fontaine, qui se borna à y faire des apostilles, apiès quoi il la renvoya au prélat. Celle affaire n'aurait pas < u d'autres su les, si l'abbé do la Trapp n'ava t. donné des copies de sa ie' lie : elle devint bientôt publique par l'impression, quoique à l'.nsu el contre la volonté de Pauiéur, qui le déclara ainsi à M. le Roi, dans une lettre du M avril 1077. L'abbé d; Haute-Fontaine se sentit alor pressé de faire imprimer sa Dissertation. Néanmoins la crainte d n préjudicj r à la tépu talion du respectai le rél'ormateur le retint; et avant de pren'tre aucun parti, il voulut consulter se- amis I s plus sages et 1 s plus éclairés, ilus-uol fut de ce lunnhrt .*(> prélat lui conseilla ce ne po.nl répondre à l'abbé de i.i Trappe.

( 143) Il s'agit d'un éclai eiss^roent donné pnr M. le Roi, sur la letlrc de M. l'abbé de la Trapp* contie sa i ion.

(a) Lettre de M. le Roi à M. Kico'c , du 1 1 septembre 1673.

VIII S COMPLETES DE I! ISSl I I

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