EXTHAIT D'UNE LETTRE DU MARÉCHAL DU BELLEFONDS A BOSSU ET
Sur les disputes du tem)>:; (1V;>).
Dans la vérité, je ne saurais avoir la complaisance de blâmer beaucoup de gens qui, je crois, ne le méritent pas. Cependant je ne me môle point de justifier personne sur la doctrine : mais l'on ne peut souffrir que je témoigne de la joie que les quatre évoques (lVl») soient bien avec Sa Sainteté; et que des hommes, qui donnent de si grands exemples dans la morale et dans la discipline, soient purgés du soupçon d'une méchante doctrine.
Personne n'a connaissance de ce que je vous écris, et peu de gens l'auront à l'avenir : car j'ose vous assurer que si je n'étais pas d'un certain rang où je dois une espèce d'exemple, je serais très-content d'être humilié et scandalisé, afin de garder un silence où je trouverais beaucoup plus de sûreté. Je vous demande réponse et l'honneur de vos bonnes grâces.
AU MARÉCHAL DE BEI LEFONDS
// lut donne plusieurs avis relatifs aux disputes présentes, et lui fait connaître ses sentiments sur les contestations qui agitaient V Eglise.
Je réponds, suivant que vous le souhaitez, à la suite de votre lettre, que j'ai reçue aujourd'hui. Si le confesseur qui vous oblige à ne point parler des cinq propositions, sans ajouter qu'elles sont dans Jansénius, prétend vous empêcher seulement de dire qu'elles n'y sont [tas, il a raison. Car vous ne devez pas dire qu'elles n'y sont pas ; puisque môme ceux qui l'ont soutenu oui reconnu que, par respect pour le jugement ecclésiastique, qui déclare qu'elles y sont, ils étaient tenus au silence. Par la même raison, il ne faut rien dire qui tende a faire voir qu'on doute si elles y sont, ou que le jugement du Saint-Siège, qui déclare qu'elles y sont, soit équitable; car ce serait manquer au respect qui est dû à ce jugement, l'attaquer indirectement, et scandaliser ses frères.
Que si ce pieux religieux prétend que jamais vous n'osiez nommer les cinq propositions, en disant, par exemple, qu'elles ont l'ait grand bruit dans l'Eglise, et autres choses Historiques et indifférentes, sans ajouter aussitôt qu'elles sont dans Jansénius, il
(145) Nous n'avons que rei extrait de la lettre de M. de Bellefonds, qui s'est trouvé dans le recueil «les lettres que Bossuet lui a écrites.
(140) Les évoques d'Alet, Nicolas Pavillon; de Paiaiers, François de Claudel; de B.auvais, Nico-
vous impose un joug que l'Eglise n'im; pas ; puisqu'il n'y a rien, dans ses jugements, qui oblige les laïques à se clécl positivement sur celle matière. On n'a rien à vous demander, quand vous ne dire/, jamais rien contre le jugement qui décide la question de fait; et que, dans L'occasion, vous direz que vous vous rapportez, sur tout cela, à ce que l'Eglise ordonne à ses enfants. Vous avez donc bien fait de ne vous engager [tas à davantage : car la sincérité ne permet pas de donner des paroles en l'air, surtout dans un sacrement; et il est contre la prudence et contre la liberté chrétienne, de se laisser charger, sans nécessité, d'un nouveau fardeau qui pourrait causer des scrupules. Du reste, vous auriez tort de blâmer des évèques (147) qui sont dans la communion du Saint-Siège, et dont la vie est non-seulement irréprochable, mais sainte. Dites, sans hésiter, que vous condamnez ce que l'Eglise condamne, que vous approuvez ce qu'elle approuve, et que vous to'érez eu qu'elle a trouvé à propos de tolérei 'dites cela quand il le faudra, sans atfçctation, et quand l'édification du prochain, ou quelque occasion considérable, le demandera. Persistez à demeurer dans le dessein de garder le silence sur ces matières autant que vous le pourrez, sans trop gêner votre esprit dans la conversation : qui vous en demandera davantage excède les bornes.
En voilà assez pour répondre à voire question : du reste, je suis bien aise de vous dire, en peu de mots, mes sentiments sur le fond. Je crois donc que les propositions sont véritablement dans Jansénius, et qu'elles sont l'âme de son livre. Tout ce qu'on a dit au contraire me paraît une pure chicane, et une chose inventée pour éluder le jugement de l'Eglise. Quand on a dit qu'on ne dwait ni on ne pouvait avoir à ses jugement, sur les points de fait, une croyance pieuse, on a avancé une proposition d'une dangereuse conséquence, et contraire à la tradition et à la pratique. Comme pourtant la chose était à un point qu'on ne pouvait pas pousser à toute rigueur lu signature du Formulaire, sans causer de grands désordres et sans faire un schisme, l'Eglise a fait selon sa prudence d'accommoder celte affaire (li8), et de supporter par charité et condescendance, les scrupules que de saints évèques et des prêtres, d'ailleurs attachés à l'Eglise, ont eus sur le fait. Voilà ce que je crois pouvoir établir par des raisons invincibles : mais cette discussion vous est, à mon avis, fort peu nécessaire. Vous pouvez, sans difficulté, dire ma pensée à ceux à qui vous le trouverez à propos, toutefois avec quelque réserve J'ai appris de l'Apôtre à ne point trahir la vérité, et aussi à ne point donner d'occasion de troubles à ceux qui en cherchent.
las Çhoart de Bizenval; d'Angers, Henri AntaulJ,
(147) Les quatre évèques.
(113) Cet accommodement se lit par la paix donnée, sous le pontifical c'.e Clément 1\, aux prélats et aux théologiens opposants.
OEUVRES < OMPI.ET
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rérende Mère el mes Irès-chères sœuTs.
D uis la ! Dgue conférence que j?ai eue avec \ mis par l'ordre de Mgr Parcheiae (150), je suis dans une continuelle inquiétude de i étal où je vous vois, et je 13 | orte sana ùçssg en mon cœur devanl ii ; le suppliant humblement, par la grâce qu'il vousa laite de quitter le siècle, qu'il lui plaise de vous éclaircir sur ce que vous avea a faire dans la rencontre présente. Je vois si i lairemi ut vos obligations, que je ne I nia en douter; el l'amour que j'ai pour rolre salut, el pour la paix de l'Eglise, me presse de vous écrire mes pensées sur ce sujet important. Car encore que je ne {(résume pas do pouvoir rien ajouter a ce qui vous a élé expliqué par ceux qui vous ont parle- avant moi, cl que je vous ai proposé moi-même presque tont ce qui me paraît le plus fort sur cette matière", néanmoins, me souvenant des instructions de l'Apôtre, je vous dirai avec lui, qu'il ne doit pas nous être à charge de vous répéter les mêmes choses, et qu'il vous est nécessaire de les entendre. {Philip, ni, 1.) Ainsi je ne crains point de revenir à vous avec les mêmes raisons que je vous ai exposées; espérant néanmoins de les appliquer plus particulièrement aux doutes que vous m'avez proposés, el à vos actes, que j'ai considérés depuis devant Dieu avec une grande attention. Lisez don -, mes chères sœurs, avec patience, ces réflexions du moindre de ceux qui vous ont été envoyés ; et trouvez bon que, laissant à part tout" ce qu'il faudrait peut-être traiter, si Ton parlait à des docteurs, je me réduise précisément à ce qui suffit pour votre état; n'y ayant rien de moins à propos que de vous jeter dans de longues et inutiles discussions, lorsque vos besoins el vos périls demandent que l'on vous donne un moyen facile de vous résoudre.
Pour y parvenir, mes sœurs, el retrancher autant qu'il se peut les difficultés, je pose pour fondement la déclaration que vous avez faite dans vos actes, que yous êtes résolues d'obéir sans réserve à vos supérieurs ecclésiastiques en tout ce que la conscience peut permettre. Ainsi toute la (juestion est réduite a votre égard à examiner si la chose qu'on vous demande est mauvaise en soi. Et pour vous montrer clairement que vous devez l'accorder à Mgr
(1 19) Celte léiire fui écrile, pour le plus lard, au commencement d*e.1665. Bos&uet l'env y;1 dans le oau'S aux religieuses île Port-Royal, par l'ordre de M. l'àrchevêffue de Paris, au rapport de l'abbé Indien; mais elle ne fut point* imprimée. Eli 1705, lorsque Bossuet s'occupait d'un c^iii ^ur le Formulaire, dont bous donnons un fragment à la *nite oe cette lettre, il revit celie même lettre, \ fit divers changements, et en ôla entre autres ce qui rei .i la foi humaine, et ce qui éiait personnel aux directeurs de Port-Royal. Eté fut publiée pour l.i première fois par le cardinal de Noâiiles, qui la i imprimer à la suite de son inaud i i:l du IS
ES DE bOSSl ET.'
l'archevêque, il suffit de vous faire voir que vous le pouvez, sans blesser votre conscience; puisque, selon les termes de vos actes, hors cela vous files prèles do toul exposer.
Considérons donc, mes sœurs, ce point unique et nécessaire; et pour vous lever le scrupule que ce que voire prélat vous demande soit un péché, voyons au vrai ce qu'il vous demande.
Premièrement, je no pense pas qu'après la déclaration qu'il a faite dans son Mandement (151), vous ayez encore l'appréhension que ! on demande de vous la même adhérence au fait qui est contenu dans le Formulaire , qu'aux vérités révélées. Car, pour ôlcrtout scrupule et aplanir h tous les fidèles la voie de l'obéissance, il a déclaré nettement qu'il n'exige pas à cet égard une foi divine. Ainsi l'une des plus grandes difficultés de celles qui vous troublaient est levée entièrement par sa charité et par sa prudence.
Et certainement, mes sœurs, c'était une vaine terreur quel'on vous donnait, que par la force des termes du Formulaire vous fussiez obligées de croire le fait qui y est compris, avec la môme certitude de foi que les vérités catholiques. Car, il n'y a personne qui ne sache que, dans les professions de foi des Qdèles, il n'ait été ordinaire, dès la première antiquité, de joindre la condamnation des mauvaises doctrines avec celle de leurs défenseurs; et néanmoins, on ne dira pas que c'ait jamais été l'intention de l'Eglise, que ce qui louchait les persones fût un article de foi.
Il ne faut plus rapporter ici le fait de Théodore!,' tant de fois rebattu en celte affaire : on sait assez que les Pères de Chalcédoine ne voulurent pas seulement écouter sa profession de foi, que Tanathème de Neslorius ne fût à la tôle (152). Si donc nous disions, avec lui, anathôme à Neslorius et à quiconque ne dit pas que la sainte Vierge est Mère de Dieu, personne ne pensera que, pour joindre le fait et le dogme dans une même profession de foi, nous nous soumettions à l'un et à l'autre par le même genre de soumission, et dans le même degré de certitude.
Ecoutez, mes très-chères sœurs, la profession de foi de saint Grégoire, vraiment grand, parce qu'il a élé vraiment humble, envoyée par ce saint Pape aux Eglises d'Orient, après son exaltation au Saint-Siège (153) : « Parce que l'on croit de cœur à jusavril 1709, dont le but était de porter les religieuses de Port-Royal à se soumettre aux décisions de l'Eglise. C'est celle édition que nous avons suivie. Voyez d'autres détails sur cette lettre , dans l'Histoire de Bossuet, pièces justificatives du liv. h, rt. 2. (Edit. de Vers.)
(150 Uardouin dePéréfixe, alors archevêque de Pari.-;.
(toi) Mandement de Mgr de Peïcfixe, du 7 juin 16«4.
(152) Conc* Chalced., ai t. 8, t. IV tonc, col. 619, 620 et scq.
(i:»3j Lib. i, epist 25, t. II.
PART. XIV. LETTRES DIVERSES
lice, cl que l'on confesse de bouche à salut, je confesse que je reçois cl que je révère les qualre conciles connue les quatre livres de l'Evangile; à savoir celui de Nicée, où l'hérésie d Arius est détruite; celui de Constantinople, où l'erreur d'Eunorae et de Mac*4* doine est convaincue; celui d'Ephèse, où l'impiété de Neslori.us est jugée; celui de Chalcédoine, dans lequel la mauvaise doctrine d'Eutychès et de Diuscore est réprouvée. Je reçois pareillement le cinquième concile, oùla lellie dite d'Ibas, pleine d'erreurs, est condamnée, Théodore convaincu, les écrits de Théodore! contre la foi de saint Cyrille rejetés. Je réprouve toutes les personnes que ces vénérables conciles réprouvent, et j'embrasse celles qu'ils révèrent. Ouiconquc donc pense autre. i. eut, qu'il soit anathème. » Voyez, mes sœurs, combien de faits sont mêlés dans la profession de foi de </c grand Pape, et avec quelle autorité il fait tomber le même anathème, tant sur les faits que sur les dogmes : et néanmoins il est inouï qu'on ait jamais soupçonné qu'il rcjetAt les uns et les autres avec la même soumission de foi catholique.
Il me serait aisé de tirer dus actes des saints conciles, comme des registres publics de l'Eglise, plusieurs professions de foi de môme style et de même esprit que celle de saint Grégoire : je puis vous assurer qu'elles sont très-ordinaires dans l'antiquité.
lit il ne servirait de rien d'objecter que les faits qu'on insérait dans ces professions de foi étaient tellement notoires, que les hérétiques mêmes en convenaient. Premièrement, il n'est pas ainsi : on n'insérait dans ces professions de foi que des faits jugés par l'Eglise; mais on n'attendait pas pour cela que tout le monde en convint. Saint Grégoire ne pouvait ignorer combien de personnes disconvenaient du fait de Théodore, de Théodoret et d'Ibas : il ne l'en comprend pas moins avec les autres dans la même profession de foi et sous le môme anathème, parce qu'il lui suffisait qu'il fût jugé : et personne n'a jamais pensé qu'en cela il lit rien co'Ure les canons. Mais quand la remarque serait véritable, elle ne fait rien a la question : car, dans quelque notoriété que ces faits fussonl connus aux fidèles, elle n'était pas capable de les élever au rang des vérités révélées. Par conséquent, il est clair qu'encore qu'ils fussent proposés avec les dogmes dans la même profession de foi, ils n'étaient pas reçus pour cela par le même genre de soumission et de croyance : on recevait chaque chose dans son degré et dans son ordre.
Qui ne voit donc manifestement qu'on vous a effrayé par un vain scrupule, lorsqu'on a voulu faire craindre, par les termes du Formulaire, que ce qui louche le livre de Jansénius ne vous y fût proposé avec la même certitude que les vérités de fei? Cette crainte n'avait aucune apparence; et on ne devait pas vous engager à (.elle dislim! ion de fait et de droit, entière-
ment inouïe dans ces sortes de souscriptions; étant très-indubitable que parmi un. si grand nombre de professions de foi, dans quelles il y a eu des faits insérés p t l'autorité de l'Église, il ne so trouvera pas que celte distinction ait jamais été jugée ■ saire, ni que personne ail eu un pareil scrupule.
Néanmoins, quoi pie ce scrupule fût vain, et celte distinction inutile en cette rencontre, pour ne pas dire dangereuse, Mgr votre archevêque, par une charitable condescendance aux infirmes de l'Eglise, a voulu éclaircir ce doute, et faire voir à tout le monde qu'il esl bien éloigné d'exiger, en ce qui touche les faits, une certitude de foi divine.
Vous voilà donc déchargées de cette appréhension par la déclaration de votre prélat ; et il reste seulement à examiner si vous lui pouvez donner cette foi humaine et ecclésiastique qu'il vous demande.
Ne prenez point encore ici de vaines terreurs de cette foi ecclésiastique • votre prélat, également sage et charitable, voulant, autant qu'il a pu, aller au devant de tous vos s rupules et de toutes vos tentations, vous a expliqué qu'il entend par là une soumission sincère de votre jugement à ce'ni de vos supérieurs légitimes ; c'est-àdire que c'est ici une affaire d'humilité, et non pas d'intelligence, qui demande par conséquent une bonne disposition dans la vol< nié, et non une connaissance exacte dans l'entendement. Enfin, toute la question est de savoir si vous pouvez accorder à Mgr l'archevêque cette soumission, qu'il attend de vous, au jugement de vos supérieurs.
Je ne vois que deux raisons qui soient capables de vous faire croire que vous ne lo pouvez pas. La première, si vous estimez que ce jugement n'est pas canonique : la seconde, si vous soutenez que vous ne pouvez pas, sans offenser Dieu, rendre à un jugement même canonique, en une matière de tait, cette soumission que l'on vous demande. Je vous prie, examinons ces deux choses.
Premièrement, je ne pense pas qu'il soit beaucoup nécessaire de s'étendre ici sur la validité de co jugement. I! est rendu sur une matière qui appartient au tribunal de l'Eglise; il est rendu par le Saint Siège ; il est rendu avec connaissance; et le Pape Alexandre VII a déclaré à toute l'Eglise l'examen exact qu'a fait son prédécesseur, nonseulcmentilu droit, mais du fait. En fin il a reçu sa dernière forme, par l'acceptation unanime de tous ceux qui ont caractère et autorité de juges dans l'Eglise, c'est-à-dire de tons les évèques.
C'est, mes sœurs, ce consentement unanime qui doit mettre en repos votre conscience : car, en ce qui touche le point essentiel, c'est-à-dire la réceptiondes constitutions, vous ne voyez parmi les évèques aucune diversité. Ainsi, quand on vous dira que la brigue l'a emporté, jusqu'au point de taira
* . • UOSSI !.!'. 8;të
,-. |- ■ les lui: uni- aussi lies-certain qu'il n'j a rien i<i b dé-
ijiics ; / penser (|uesi l'm- hallre louchant la validité du jugement , ei
juslit'e était si s » directeurs le les pouvoirs- dos personnes.
t. elle m« serait pas autorisée par le II foui se réduire nécessairement à la
c seulement exprès de tous les évêques, question générale ; savoir si vous pouvez,
ns qu'il \ en a I un seul qui réclame; et si sans offenser Dieu, soumettre votre juge-
l :, • ,' y \ ise que des soupçons et des ment à nn jugement canonique de toute IE-
rjoutes, ils doivent être levés par l'autorité glise, dans un fait qui est de sa connais-
onlemenl si universel. sauce, cl duquel vous déclarez que vous
Je ne m'arrêterai i »<> i n i à < < ' qu'on objecte, n'avez nulle intelligence, ni aucune obliga-
que P b n'a entendu qu'une des parties : tipn de vous en éclaircir davantage.
ni: en soit de cette remarque, il Voyez, mes très-chères sœurs, et. considé* i lire en un mol que, quand le livre rez attentivement où vous êtes réduites, si tlcJan; n'eût jamais eu ni d'adversaires vous continuez à dire que vous ne pouvez, ni de sectateurs, il n'eûl pas moins été sujet à sans pécher, accorder à M. de Paris la souxameu de l'Eglise ; et, dans un tel examen, rnissh n qu'il vous demande de voire propre un livre esl lui-môme son accusateur et lui- jugement au jugement de l'Eglise. même son défenseur: si bien qu'on peut Jl faut donc aussi que vous souteniez que jrendre des éclaircissements de qui on le l' Eglise ayant rendu un jugement canonique uge à propos; mais, à parler proprement , sur un l'ait «.j ni la regarde, il n'est pas même J n'y a point d'autre partie à entendre que le permis à aucun de ses entants de s'en rapivrè mêm •. porter à elle sur la seule autorité de sa seuil ne faut pas écouler ici ceux qui pensi ni tence : car s'il y en a quelques-uns qui puispffaiblir l'autorité de ce jugement ecclésias- sent avoir pour elle celte déférence, ce sont tique, eu disant que le Pape innocent X n'é- principalement ceux qui n'ont nulle contait pas théplogien. Car ne tremblez-vous naissance du l'ait, et nulle obligation de s'en pa.s en voyant les malheureuses ouvertures enquérir.
que donne celte induction injurieuse, qui Or, mes sœurs, si ceux-là le peuvent, puis-
ya également a détruire la force de la déci- que vous vous confessez être de ce nombre,
sion en ce qui louche le fait et le droit, pour vous n'avez plus aucun moyen de vous ex-
lequel la théologie est peut-être plus néces- cuser. Pensez donc, encore une fois, à quoi
re [uc pour examiner le sens.d'un auteur? vous vous engagez, et à quoi vous voulez
Mais enfin, voici ce qui résout la difficulté, engager l'Eglise. Hé quoi ! de tels jugements
Aucun ne révoque en doute que la condam- ecclésiastiques sont-ils donc de si peu de
nation des cinq propositions ne soit canoni- poids? Et l'Eglise peut-elle ou doit-elle eu
que. Or, est-il qu'on ne peut douter que ce rendre jamais aucun, si, après qu'elle les a
qui louche le livre de Jansénius ne Je soil rendus canoniquement, ils ont si peu de
pgalemenl ; puisque l'on y voit concourir la force et d'autorité, que tous ses enfants aient
même puissance, les mêmes formes, le droit de lui soutenir en face, non-seulement
îiiêun examen, la même acceptation, et cou- qu'ils ne doivent pas, mais encore qu'ils ne
seulement unanime de tous les évêques. Et peuvent pas, sans offenser Dieu, croire res-
voilà ce jugement ecclésiastique, sous l'au- pectueusement qu'elle a bienjug4, ni sou-
torilé duquel votre préiai vous ordonne d'à- mettre leur jugement à ses jugements cano-
baisser le vôtre. niques? Ep vérité, mes très-chères sœurs,
Jl n'est donc plus question de chicaner, ni ce sentiment esl-il supportable?
sur l'autorité des assemblées du clergé , ni Néanmoins, il faut vous le dire, c'est h
même sur le Formulaire. Car, encore que ces excès inouïs que vous conduisent vos
quel pies évêques ne soient pas d'accord de actes et vos excuses présentes. Si bien qu'on
le publier, il subit qu'il vous soit proposé ne peut assez exprimer de quelle importance
par l'autorité du vôtre, et, qu'au 'fond, il il esl de vous délivrer d'une, erreur dont les
n'ajoute rien du tout aux constitutions, que suites sont si préjudiciables à la paix et à
tous ont reçues unanimement, et sans aucune l'autorité ecclésiastique. C'est pourquoi je
Restriction ni répugnance. vous conjure, mes sœurs, d'envisager avec
Ainsi, laissant à part les autres délais, qui moi les mauvais effets qu'opéreraient dans
ne l'ont rien à notre propos, il esl certain l'Eglise les principes que vous posez, et le
qu'il y a unjugsmcnl ecclésiastique, même, prodigieux renversement qu'ils feraient de
sur le fait contesté; il est certain qu'il est sa discipline, s'ils y étaient établis; et de
souverain et universel, puisqu'il est du trouver bon que je vous propose des maxi-
$aint-Siége , et accepté unanimement par nies très- véritables , par lesquelles vous
tous les évêques ; il esl certain que M. bar- pourrez sortir de ce labyrinthe, et du lour-
chevêque ne fait que procéder en exécution ; ment infini où vous jetterait nécessairement
il esl certain qu'il le peut, cl par l'autorité nue conduite si dangereuse; pour trouver
de son caractère et de sa puissance ordi- la fin de vos peines, et le repos de votre âme
re, et par la commission d'Alexan- dans l'obéissance. Au reste, je vous prie de
lire VU (154-), qui s'est remis ù tous les pré- croire que, voyant vos perplexités, je pen-
raire, eu exécution de ses bulles, ce seiais attirer sur moi un jugement bien sé-
qu'ils trouveraient le mieux. 11 est donc vère, si je vous embarrassais dans des qsies-
: Brrfdu Pape Alexandre Vitaux évêques. de Fiance, du 29 juillet 1663.
PART. XiV, LfcTIRES DIVERSES.
li ins :si bien quejeneveux rien'avanccr ici que dos vérités très-connues, cl (|ni ne pouvent être révoquées en doute que par dos esprits contentieux.
Premièrement, je suppose que l'Eglise ayant reçu du Saint-Esprit tant de commandements précis de reprendre et oc censurer, de noter les hommes hérétiques, elle est Irès-souvent obligée de prendre connaissance, et déjuger définitivement de certains faits : par expmple, si quelque évoque ou quelque docteur est accusé d'avoir enseigné, de vive voix ou par écrit, une doctrine suspecte, c'est une chose appartenante à l'office de l'Eglise , d'examiner non-seulement si celle doclrine est bonne ou mauvaise en soi, mais encore s'il est véritable qu'elle ait été enseignée par tel et tel, et qu'elle soit contenue dans tel et tel livre; et ensuite, en prononçant sur ce doute, déjuger définitivement sur ce fait, et de noter et condamner publiquement cet évêque, ou ce docteur, ou ce l'ivre, comme enseignant une mauvaise doctrine, même en désignant en particulier telle et telle mauvaise doctrine. Celte vérité est constante; et il n'y a personne qui ne voie que ravi:' a l'Eglise celle autorité, c'est l'exposer nue eî désarmée aux taux docteurs, et rendre inutiles tant de préceptes et tant d'avertissements divins qu'elle a eus de se garder d'eux avec tant de précautions.
En effet, tout le monde sait que l'Eglise n'a jamais manqué d'obéir a ces commandements, toutes le^ fuis que l'occasion s'en est présentée; et elle a fait voir à ses enfants de quelle importance lui étaient de tels jugements par deux circonstances remarquables.
La première, c'est qu'après avoir jugé les novateurs, elle ne craignait point d'insérer leur condamnation avec une telle autorité dans ses professions de foi solennelles, que même elle en faisait une partie.
Vous venez de lire celle du grand Pape saint Grégoire. Le Pape saint Hormisdas exigea et reçut par écrit colle de tout l'Orient, en laquelle était énoncée la condamnation expresse de tous ceux que. l'Eglise avait jugés, el nommément celle d'Acace, patriarche de Conslantinople, qui était mort, il y avait déjà trente à quarante ans; ce Pape., très-saint et très-docte, singulier défenseur de la doclrine de saint Augustin, ayant gravement averti les évoques, « qu'il ne suffisait pas d'enfermer les errants dans unecondamnation générale, mais que leur profession do foi , dont il leur envoyait Je modèle, devait condamner en particulier, nommément el par écrit, tous ceux que l'Eglise catholi que avait jugés condamnables (155). »
L'antiquité est pleine de pareils exemples : el vous voyez, mes sœurs, de quel poids
étaient les jugements de tels faits, puisqu'ils faisaieni unn partie si considérable de la profession de foi do l'Eglise : non qu'elle ait jamais prétendu mettre le dénombrement de «•eux qu'elle condamnait au rang des vérité révélées; mais parce qu'on ne peut mieux témoigner son aversion contre les dogmes pervers, qu'en condamnant avec eux, par une môme déclaration, ceux que l'Eglise regarde et réprouve comme en étant les autours ou les défenseurs, selon ce que dit le môme Pape : « Celui-là prouve qu'il répugne aux erreurs, qui condamne les errants ; et on ne laisse aucun lieu à l'égarement, quand on ne pardonne pas à ceux qui excèdent (150). »
C'est pourquoi (et c'est la seconde observation), les jugements de cetle nature, el sur ces sortes de faits, ont paru à toute l'Eglise d'une telle conséquence, et elle lésa estimés tellement conjoints à la cause de la foi, qu'après môme que l'on é ait convenu de la condamnation des erreurs, elle déniait sa communion à ceux qui refusa eut de souscrire la condamnation des personnes.
Ainsi tout le monde sait, et c'est un fait très-constant, qu'encore que Jean d'Anlioche et les évoques d'Orient consentissent à la foi du saint concile d'Ephèse, saint Cyrille et les orthodoxes ne voulurent jamais les recevoir à la communion de l'Eglise, jusqu'à ce qu'ils eussent analhématisé nommément les erreurs de Nestorius, et souscrit expressément à sa déposition : ce qu'ils tirent unanimement au bas de la profession de foi qu'ils envoyèrent à Alexandrie (157).
Ainsi le Pape saint Hormisdas, comme en vient de le voir, encore que Jean de ConstanCinople lui eût déclaré par écrit qu'il recevait le concile de Chalcédoine, el la lettre du grand Pape saint Léon, ce qui suffisait pleinement pour l'intégrité de la fui , ne laissa pas de lui refuser constamment la communion, jusqu'à ce qu'il eût souscrit la condamnation de ceux qui avaient été réprouvés par les jugements de l'Eglise :
nommément d'Acace, son prédécesseur, que le Pape Félix 111 avait justement condamné.
Et encore que l'on objectât, connue il paraît par une lettre du Pape saint Gélase (158), ce qu'on objecte encore à présent, qu'Acace n'avait pas élé jugé par l'autorité d un concile, lui qui était évoque d'un si grand siège ; néanmoins tout l'Orient se crut obligé de céder à la seule autorité du Pape, avec une, incroyable satisfaction de toute l'Eglise catholique, qui vit , par la fermeté de ce grand et saint pontife, sa foi et sa paix unanimement établies.
Vous voyez par ces exemples constants, avérés, approuvés par tous les orthodoxes, qu'il faut dire nécessairement ou que l'Eglise
(155) Horm. , epist. 8, t. IV Cvnc. , co!. 1443; episi. 9; tbid., col. 1444; ep si. il, c. 1448 el seq.; tpist. -2\), e. 1475; epist. 51 , eu!. 1477 u s q. ; epist. 54, c. 1481 ; e;iii. SI.
(rôti) Probat oJis e se vitia, qui conileimiai errantes; i'ec itiiquit sibi locuin iluviaudt, qui non
popercerit exeedeuti. (Horm., opist. lî. uni sup.) (157) Tom. !ll Concit. gen.. col. 108S et ->cq. ;
cap. -1A, 50, 54, r><>, 3S.
(!.'.•;'.) Gei.., epU . 13, ad episc. Dardante, t. IV
Cotu , coi. iL'O.
VIIFS C0M1 l.i:i: s DE HOSSl'KT,
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s'est horribleflnenl trompée dan nduite,
on bien (foc ses décisions sur les fa is ne sonl I 19 de >i petit» impoi la ni e qu'on veul vous fe ; itendre. El certes, si les nouvelles
maiimes qu'on veut établir à présent ees-
. t tu lieu en co terni s, qu'y eût-il eu de |.lu> b He à ceoi que IVki pressai! pour ces • is ii lions, que de répondre qu'ils avaient donné lem ration sua la foi, si nette et
si dértsiv >, (|n'il n'y evail aucune raison de I,.. v mner d'héré i • ■? tellement qu'on
ne |.iuv,i 1 après cela tes pousser t ' I n >■ loin mi, es faîis el des condamnations person- : les, sans uni' ei brème violence. Mais l'E- • ie if evail pas ces excuses. Au eontraire, le Pape saint Hormisdas répondait ainsi ;> 1 eus qui creyaaenl avoir satisfait à tout en 1 unfessanl la loi de l'Eglise romaine (159) : » Après fia, » disait-il, « que reslc-l-il autre chose, sinon que vous suiviez, sans hésiter, les jugements du Siège apostolique, duquel vous professez que vous embrassez la foi? » Où il se voit clairement qu'il parlait du jugement rendu contre Àcace.
Nous vous disons, mes chères sœurs, la même chose. Si vous embrassez la foi du Siège aposto ique, suivez sans crainte ses logements; ne craignez pas de vous exposer ;; encan péril de péché, en souscrivant humblement sur l'autorité de sa sentence.
Avant que d'aller plus loin, je me sens obligé de vous avertir qu'en rapportant ces exemples, je n'entends faire aucun préjudice à la personne de Jansénius, lequel on estime tant, qu'on vous exhorte publiquement à l'imiter. Je vous déclare, mes sœurs, que comme je ne prétends pas qu'on puisse tuer aucun préjugé de sa personne en l'aa !Ujr de son livre, je ne pense pas non plus qu'il y ait rien à conclure de son livre contre sa personne : et si j'ai produit les exemples des personnes condamnées, ce n'est pas pour les mettre en aucune sorte de comparaison avec un évoque mort dans la paix et dans la soumission; mais pour établir seulement les maximes générales louchant les jugements sur les fails, lesquelles doivent êlre réduites aux personnes ou aux écrits, suivant l'exigence de la matière.
Je n'ignore p;is qu'on répond que les f<iits sur lesquels intervenaient de lels jugements étaient constants el notoires par" l'aveu môme des parties. Mais il n'y a rien de [dus vain ni de plus mal fondé qxie celte réponse.
Car, par exemple, mes sœurs, dans les faits que j'ai rapportés, peut-on dire que Jean d'Anlioehe demeurât d'accord que la déposition de Nestorius eût été bien faite dans le concile d'Ephèse, lui qui avait rempli toute l'Eglise de plaintes si oulrageuses contre les décrets el la procédure de ce saint concile, et qui , peu de temps avant l'union, et lors même qu elle se traitait, avait encore
I lit à s;iint Cyrille qu'il s'v était dit et faît
plusieurs choses qui n'étaient pas scion l'ordre (160)? Le Pape Félix [H avait-il attendu l'aveu d'Acace, pour prononcer sa sentence ? El si Jean de Constanlinople eût reconnu d'abord la nécessité de condamner son prédécesseur, eût-il persisté si longtemps à défendre son nom et sa personne? Qui ne voit «loue que ce patriarche, aussi bien que Jean d'Anlioehe, céda par la force A^.s décrets, el se rendit par l'autorité des choses jugées?
Et, sans m'arrêter ici à une longue discussion de faits infinis, je demanderai seulement si quelqu'un peut assurer (pie les chefs des hérésies et leurs sectateurs convinssent qu'on eût bien pris leur pensée, el qu'ils. demeurassent toujours d'accord d'avoir enseigné les dogmes qui leur étaient attribués? Au contraire, n'est-il pas véritable qu'ils affectaient ordinairement de les cacher, cl de parler comme les orthodoxes, surtout quand leur parti était faible, qu'ils ne cessaient jamais de se plaindre qu'on les avait calomniés ; et qu'encore même qu'ils convinssent d'avoir dit les paroles qu'on leur reprochait, ils ne convenaient pas toujours qu'on eût bien entendu, leur fens?
Ce serait perdro le temps, et faire le savant mal à propos, que de ramasser ici les exemples d'une semblable conduite, et de prouver par un long discours une vérité qui ne sera pas disputée. Celui-là certainement aurait peu connu les profondeurs de Satan dans l'établissement des hérésies, qui ne se serait pas aperçu que le piège le plus ordinaire que tendent leurs défenseurs aux enfants de Dieu, c'est de couvrir de ténèbres leurs desseins et leurs sentiments; de donner le change, pour ainsi parler, en détour* nant l'état de la question, et réduisant la difficulté à des choses qui semblent légères, et où il ne paraît au un péril ; dans lesquelles néanmoins est renfermé en effet tout le secret du parti/ tout le venin de la doctrine, et, comme dit l'Apôtre saint Paul, toute l'efficace de l'erreur, (il Thess. 11, 10.)
Parmi tous ces artifices, et dans cette confusion, vous voyez bien , mes sœurs, à quelle séduction l'Eglise serait exposée, si elle accordait aujourd'hui cette maxime; que les jugements qu'elle rend sur les personnes et sur les ouvrages hérétiques n'ont point de force, jusqu'à ce que les faits soient avérés par le consentement des parties. Et s'ils ne veulent jamais en convenir, et s'ils soutiennent toujours qu'on n'a pas bien entendu le sens de leurs discours et de leurs écrits, l'Eglise sera-t-elie à bout par celte ruse ou par cette opiniâtreté ? et no pourra-t-elle plus obéir à l'ordre qu'elle a reçu d'en haul de noter les hommes hérétiques? c'est-à-dire demeurera- t-il établi qu'elle ne pourra plus
atnplecli, sequaris etiam ?(S. Horm., episl. 29, t. IV
7 Don. Nicopol. , Conc ., co!. 1J52.
801 PART. XIV. LETTRES D1VEI si
crier confie les loup-, tant qu'ils garderont gravité à tous ses enfants ses saintes cléci-
leur peau de brebis? Ou bien si elle l'ail son sions, tant sur le- dogmes que sur les p(!r
devoir, en notant paT une censure publique sonnes cl sur les écrits suspects (161),
leurs personnes ou leurs écrits, selon l'e\i- une preuve convainc;* nie qu'elle ne do
gencedtf cas, eux et leurs disciples en seront- nullement qu'on ne puisse s'en rapporter
ils- quittes pour dire que ces jugements re- tout à fait a elle, sans approfondir plos
gardentdesfails dont ils ne conviennent point? avant. Autrement ces publications solen-
II n'y a personne qui ne voie quelles ouver- nelles, faites dans les mêmes chaires où
tures donneraient de (elles maximes au hou- elle annonce les jugements de Dieu, seraient
leversement total de l'Eglise. non-seulement une illusion, mais une ten-
II faut donc nécessairement en établir de talion manifeste, et un piège qu'elle ten Irait
contraires, et poser, pour tout assurer, que a la crédulité des peuples. Car elle n'ignore
l'Eylise peut et doit juger des personnes et pas (pie les Chrétiens écoutant prononcer de
des écrits de ceux qui enseignent les fidèles, telles sentences, d'une place si sainte et si
soit que l'on convienne des faits, soit que éminente, sous ce nom si vénérable de l'E-
l'on n'en convienne pas, n'y ayant rien do glise, ne soient puissamment inj rits, pour
plus injuste, ni qui ouvre une plus grande ne rien dire davantage, à y donner leur
porte à la rébellion manifeste, que de sou- créance sur la seule autorité de son décret.
tenir que ces jugements ne puissent avoir Si doue cette déférence ne leur était pas
leur force entière, jusqu'à ce que les parties permise, il faudrait avouer nécessaire-
aequiescent. ment que l'autorité de l'Eglise, qui les y
Aussi voyons-nous, mes sœurs, que Î'E- conduit, leur serait une tentation et un
glise procédant au jugement de ceux qui lui scandale.
étaient déférés, dans quelque évidente noto- Et qui ne sait que le nom de Nestorius, riété que leurs sentiments fussent reconnus, de Pelade, de Dioscore, et autres semblables, et môme de leur aveu , n'a pas appuyé sur ont élé portés par tout l'univers chargés des ce fondement la censure qu'elle a prononcée anathèmès de tous les peuples ? Ce n'était contre leurs personnes ou contre leurs livres, pas que tous les tidèles sussent par eu\- Car si elle n'eût regardé que cette notoriété mêmes la malice de leurs discours et do et leur propre consentement, elle s'en serait leurs écrits. Un petit nombre la connaissait tenue à cette évidence, sans aucune plus de la sorte ; mais tout le reste de la muiiiample recherche : mais au contraire, ayant tude, depuis le soleil levant jusqu'au couprocédé à l'examen de leurs discours et de chant, et depuis le septentrion jusqu'au leurs ouvrages, ai i>si qu'il se voit dans tous midi, s'en liait à l'autorité de l'Eglise, sans les conciles, il paraît manifestement que s'informer davantage : et l'Eglise, qui leur l'Eglise s'est toujours sentie obligée de pren- inspirait une répugnance extrême pour les dre une connaissance juridique des pensées personnes et pour les écrits condamnés, et des sentiments des docteurs suspects par sans qu'ils en connussent par eux-mêmes la leurs discours ou écrits publics; et qu'elle malignité, ne craignait pas pour cela de les n'a jamais prétendu faire dépendre de leur engager à des jugements téméraires , ni aveu paiticulier l'effet ni l'autorité de sa de leur faire porter de faux témoignages ; sentence. parce qu'au contraire elle savait combien il
Vous voyez donc clairement, mes sœurs, leur était salutaire de les fuir plutôt que ue que c'est la pratique constante et la tradition les connaître, et de condamner par soumisde l'Eglise, non-seulement de prononcer ûes sion,ct par conformité avec elle, ceux qu'elle sentences solennelles sur le sentiment des avait condamnés par autorité et par connaisauteurs; mais encore de n'attendre pour cela sance.
ni leur aveu ni celui de leurs partisans. Vous Ainsi, je ne comprends pas sur quoi peut
voyez qu'ayant rendu de tels jugements, elle être fondée cette nouvelle doctrine, qu'à
les" croit si* importants et si bien fondés, et moins de connaître par soi-même la vérité
si certains, qu'elle ne craint point de les in- de quelque fait, on ne peut signer en eons-
sérer dans ses professions de foi publiques, cience le jugement de l'Eglise qui le décide :
et d'vi exiger la souscription, comme une comme s'il n'élait pas permis (Je s'en repo-
condition nécessaire pour recevoir sa com- ser sur son autorité, et de souscrire sur son
munion et sa paix. Or il n'y a personne qui témoignage.
ne voit qu'elle ne pourrait faire ces choses, On dit que c'est la coutume de n'exiger
si elle ne tenait pour maxime certaine et les souscriptions que des évoques, en ce qui
indubitable, qu'il y a une autorité suffisante louche les faits. Si l'on veut inférer de lu
dans de tels décrets, pour obliger ses en- que l'intention de l'Eglise fût de laisser la
lanls à y souscrire sans peine : de sorte que chose dans l'indifférence à l'égard des uen-
c'est aller directement contre son esprit et pies, on pourrait conclure le même louctiant
sa conduite, que de craindre de mentir, ou les décisions de la foi, lesquelles nous ne
de rendre un faux témoignage, en sonscri- lisons pas qu'on prît plus de soin de faire
vant sur la foi de ses jugements canoniques, signer par des souscriptions générales. Mais
Et certainement, mes sœurs, le soin que qui ne sait que l'Eglise avait d'autres té-
l'Eglise a toujours pris de faire signifier, moignages publics de la soumission trôs-
prêcher, publier avec tant d'autorité et de entière de ses enfants? il ne faut qu uns
(ICI) Conc. Comt.} sub Menna, acl. ri, i. V Conc , col. 178 et seq.
(4 t VRES COMPLETES I>K BOSSUET.
,S(ii
ic connaissance de l'antiquité, pour
que c'éiail une coutume reçue, de
pu*-, lier el de publier dans l'Eglise, non-
i emenl les décisions d - com i !i"> < 1 des ! es contre les erreurs, mais encore leurs
ithèmes contre les errants; el qu'il était
i inaire aux Chréli ns d'y répondre, i iisi hit, de les api rouver par leurs acclamations, que l'Eglise n'avait |>as besoin
i ger d'eus aucun témoignage, puisqu'ils lui en donnaient volontairement de si aut enliqui s.
Au reste, je n'avoue pasquecefûl une coutume établie, de n'exiger la souscription que des seuls évoques sur des faits de cette nature. Nous voyons en l'action 7e du concile de Conslantinople, sous Flavien, que Ips archimandrites souscrivent la déposition d'Eutvchès (162). Les légats du Pape saint Hormisdas obligèrent pareillement les archimandrites, c'est-à-dire les Pères des monastères, à souscrire expressément la condamnation d'Acace (163).
Et personne ne peut nier que l'Eglise n'ait souvent demandé, même des laï pics, un consentement exprès sur j0s jugements de fait, quand elle l'a jugé ainsi nécessaire, ou pour l'établissement de la foi, ou pour le bien de la pais et de la concorde publique.
Le concile huitième, dans son action 9% ordonne à quelques laïques de déclarer publiquement, «qu'ils reçoivent ceux que le concile reçoit, el qu'ils anathématiseut ceux qu'il analliémalise, et nommément Photius (10i).» Encore qu'iis s'excusassent sur leur condition, disant que «ce n'était pas à eux de prononcer des anathèmes; » toutefois ils le font enfin par le commandement exprès du concile, lequel, dans sa dernière action, exige en particulier des laïques qui étaient présents, comme une espèce de profession de foi, la déclaration suivante : « Recevant ce saint i l universel concile, je reçois ceux qu'il reçoit, et j'analhématise ceux qu'il analliémalise (îOoj. »
Et si vous voulez encore un exemple d'un concile universel, je vous allègue celui de Constance, lequel ajant défini plusieurs faits contre Jean Wiclef et Jean Hus, dans les sessions huitième et quinzième (106), comme, «qu'ils étaient hérétiques, el avaient prêché et soutenu plusieurs hérésies ; et nommément que Wiclef était mort opiniâtre et impénitent, analhéma lisant lui et sa mémoire : h Le Pope .'liai tin V ordonne dans ce concile, avec son approbation expr.-sse, « que tous ceux qui seraient suspects d'adhérer à ces hérétiques, sans aucune distinction, soient obligés de déclarer en particulier qu'ils croient que la déclaration faite par le saint concile de Constance, de leurs
personnes, de leurs livres, de leurs enseignements, a été très-juste, et doit être retenue et fermement assurée pour telle par tous les Catholiques, et qu'ils seul hérétiques, et doivent èire crus et nommés tels (167). » Pouvait-on jamais exiger une délaration pins
formelle sur les laits jugés au concile, et aurait-on fait davantage si l'on eût demandé la souscription?
Mais au fond, quand nous n'aurions à \i ms produire que ce qui a toujours été pratiqué par les évoques, il n'en faudrait pas davantage; et c'est assez pour l'instruction
du troupeau, que de faire voir l'exemple de ceux qui doivent en èlre la forme. Les évoques souscrivaient en deux manières aux jugements ecclésiastiques, quelquefois par autorité, quelquefois par consentement et par obéissance. J'appelle souscrire par autorité, lorsque, ayant été juges, ils souscrivaient le jugement; et ce n'est poinl celte manière de souscription que je vous propose pour exemple. Mais il est certain que même n'ayant point été juges, il souscrivaient souvent sur l'autorité des jugements canoniques qui avaient été rendus par l'Eglise.
C'est ainsi que vous avez vu que les deux patriarches Jean d'Antioche et Jean de Constantinople souscrivirent, avec un grand nombre d'évêques; le premier à la déposition de Nestorius, faite sans lui et malgré lu: au concile d'Ephèse ; et le second, par l'autorité du Pape saint Hormisdas, à la condamnation d'Acace son prédécesseur. El il n'y a personne qui ne sache quelle grande quantité d'évêques, qui n'avaient point été juges 'au concile de Sardique, souscrivirent, sur l'autorité de son décret, non-seulement Je rétablissement de saint Athanase, mais encore la condamnation des évêques ses persécuteurs. Vous voyez donc, mes sœurs, que si les évêques souscrivaient par autorité , ils souscrivaient aussi souvent par obéissance : ou si vous voulez que nous l'expliquions, et peut-être mieux, d'une autre manière, quelquefois ils souscrivaient en définissant, et quelquefois en obéissant.
Cette distinction est si importante, que nous voyous même que quelques évêques l'ont marquée expressément dans leur signature. Dans l'action Z' du concile de Chaicédoine, après que tous les évêques, qui avaient assisté au jugement et à la déposition de Dioscore, eurent souscrit en cei'.e manière : « Anatolius, évêque de Constant! nople, j'ai souscrit en définissant, » et ainsi des autres ; Juvénal, patriarche de Jérusalem, et avec lui quelques évêques qui uavaient pas assisté, ou qui avaient même été exclus de ee jugement , souscrivirent en cette sorte : «Juvénal, évêque de Jérusalem, obéissant à la sentence ùts saints évoque»,
(«62) Ad. 7, Cône. C. P. rel. set. t, Conc. Cliatced., l. IV Conc. gen.,col. 2~j0 el se i.
(Hi3) Siujg. Moscou ad llormiid., I. LV Conc. ocu., toi. ii;lU.
(164) Conc. \n acl. L, t. VIÎI Conc.
gen
col.
(165) Conc vin, :»ct. 10, col. 1153 el se.}. (166» Cône. Const.. sess. 8, t. XII Conc. gcn. col. 48',49,»t sess. 15, c« 1. 122 ci seq.
(107) l'oid , se s. 7 i. XII Conc. tji-ii., -.c^. uli. Bull. Martin. V, c I. 258.
8ft3
PART. XIV. LETTRES DIVERSES
et y consentant, j'ai souscrit. » El un autre souscrit ainsi : « Thalsssius, évêque de Césarée en Cappadoce, j'ai souscrit en suivant la forme 'les saints évoques.» Et un autre en celle façon : « Sozon, évoque de 1*1 1 i — lippes, sachant l'examen des saints évêques, • et devant obéir à leur jugement, j'ai souscrit (168). »
Que si l'autorité de ces jugements ps( telle que les évoques mêmes, qui ont caractère déjuges, y trouvent un fondement suffisant pour les souscrire par obéissance, en se reposant sur la discussion qui a été faite selon l'ordre des canons : combien plus des religieuses, qui sont si fort dans la dépendance et sous la discipline de l'Eglise, doiventelles se reposer sur la connaissance que leurs supérieurs ont prise des choses , et ensuite souscrire par obéissance, lorsqu'on leur commande de le faire, ou pour le bien de leur Ame, ou pour l'édification publique.
Ainsi, pour recueillir mon raisonnement, je soutiens que vous n'avez aucune raison qui vous empêche de souscrire purement et simplement la profession de foi que l'on vous propose. Vous no pouvez pas en être empêchées à raison du dogme condamné, puisque vous le réprouvez; ni parce qu'on en a désigné l'auteur dans le Formulaire de foi, puisque c'est la coutume de l'Eglise, dès les premiers siècles, d'en user ainsi ; ni a cause que vous ne savez pas par vousmêmes si cet auteur a enseigné de tels dogmes, puisqu'il vous doit suffire que l'Eglise l'ait jugé, et qu'on ne vous demande pas que vous souscriviez en définissant, ce, qui ne convient pas à votre état, mais seulement en obéissant; ni enfin sous prétexte que tous ne conviennent pas que le sens de cet auteur ail été bien entendu, puisque c'est sur ce doule-!à que le jugement de l'Eglise est intervenu, et qu il n'y a aucune justice de faire dépend! e l'autorité de celle décision do l'acquiescement des parties.
Certainement, si vous prenez soin do vous dégager de toute préoccupation pour peser ces choses, vous découvrirez bientôt que les raisons que vous alléguez pour votre défense vous pressent plutôt d'obéir, qu'elles ne vous en excusent.
Vous croyez vous être excusées de la signature par une raison invincible, quand vous avez dil que vous n'avez nulle connaissance de ces matières, et nulle obligation de vous en instruire. El c'est là justement ie. cas que l'on peut, sans aucune apparence de difficulté, s'en rapportera ceux qui ont obligation de connaître, et autorité de juger, c'esl-à-dire aux supérieurs ecclésiastiques. Vous croyez avoir satisfait à tout, quand vous déclarez (pie vous soumettez votre jugement à loutes les décisions de foi de l'Eglise romaine : el elle vous répond par la bouche du Pane sainl lioimisilas : « Si vous em-
brassez ma fin , suivez aussi mes ju nienls (108*). >» Vous croyez qu'il n'y à plus rien à vous demander, quan I vous avez dit que vous ne prenez point de part aux contestations. A la bonne heure, mes sœurs, ne prenez jamais de pan aux contestations. Mais n'est-ce pas trop d'indifférence, de ii en vouloir point prendre aux décisions? El si vous persistez, ne donnerez-vous pas sujet de penser que le motif qui vous y oblige, c'est (pie vous en avez trop pris aux contestations? Cédez donc enfin au commandement de M. l'archevêque, et cessez do trouver étrange qu'il ne se contente pas de votre silence; puisqu'il a raison d'espérer, el du temps, et de votre docilité, une soumission plus effective.
Quant à ce que vous ajoutez, et ce qui semble être le fort de votre défense, que vous ne pouvez rendre témoignage de ce que vous ne connaissez point : premièrement, qui de nous a jamais oui dire qu'on ne puisse rien croire ni rien assurer, même dans i\r> choses de fait, que sur sa propre science? Que si l'on peut et si l'on doit souvent s'en rapporter à l'autorité d'autrui, y en a-l il an monde une plus grande, sur les esprits des fidèles, que celle de la sainte Eglise? Ainsi, quoique lous ceux qui n'entendent [tas de quoi il s'agit soient touchés de celte raison, j'ose assurer que vous ne vous en servirez jamais, si vous concevez nettement quel témoignage on vous demande. Certainement si l'on demandait votre témoignage pour faire le procès au livre deJansénius, el pour appuyer la sentence sur votre déposition, il n'y a personne qui ne vous accorde qu'alors vous seriez tenues de déposer sur ce fait avec connaissance de cause. Mais le jugement est rendu, les Papes l'ont prononcé, lous les évêques l'ont reçu sans contradiction; el le témoignage qu'on attend de vous ne regardeplus que vous-mêmes et vos propres dispositions, c'est-à-dire la chose du monde que vous connaissez le mieux. El si vous nous répondez que c'est là aussi ce qui vous arrête, parce que dou'.anl que le l'ape el les évêques aient bien jugé en ce qui louche le fait, vous no pouvez pas l'assurer; c'est ici (pie vous vous trouverez convaincues de manquer de déférence pour l'Eglise. Car si son autorité étail telle dans votre esprit qu'elle y doit être , il n'y a personne qui na voie qu'elle pourrait facilement emporter un doute, et encore un doute comme le vôtre, lequel, de votre aveu même, ne peut pas être appuyé sur aucune raison essentielle, tirée du fond de la chose; puisque vous confessez hautement que vous n'en avez nulle connaissance.
il n'est donc plus question d'appeler ici voire intelligence; c'est une affaire de soumission el d'humilité. Il s'agii de déclarer nettement si vous pouvez croire que le Pape el les évêques, et enfin tous ceux qui ont dans l'Eglise la puissance déjuger, ont assez
(168) Cotte, Chalc. ,'aci. 5, t. IV Co.ic. c ■'., 4S3, 457, 4Ô8, 4o9.
(10./, Ejàai. 29 éj t cUcc.
s,,: onvni:s COMPLETES DK BOSSUET. 8G8
e et d'au : vousobligcrd*\ tant do fois produits en celle aiTaire, étant
1er, je n is un jugement arrête, appuyés de sorte qu'il esl beaucoup plus aisé
! u,s |UC vous ne pouvez pas en avoir aucun de les soutenir quede les combattre; lesonti-
s ir une malière que vus nu connaissez pas ; ment qu'en ont eu quelques auteurs calho-
tutesetdcs scrupules, el une au- liques, ni même l'erreur de fait, quand il y
torilé étrangère. Voilhdeqnoi il s'agit, voilà en aurait eu par quelque surprise, ne doit
la déclaration qu'on vous demande ; et vous diminuer en rien l'autorité des jugements
m'avouerez, mes jsœurs, que, pour remire un deJ'Eglise, ni par conséquent l'obligation
lui témoignage, il ne faut point d'autre con- qu'ont toujours eue s<*s enfants d'y prendre
s :. e que celle qu'on ne perd jamais, entière créance; vu même que Dieu a pourvu
quand on est humble et docile. d'ailleurs à leur sûreté, tous les docteurs
Que si après cela vous nous reparlez , étant d'accord que si nous ne sommes pas
comme pour dernière réponse* que les son- autant assurés que des articles de foi que
lences de l'Eglise, en ce qui louche les faits, l'Eglise ne se trompe pas dans ces faits, nous
sont pas tenues infaillibles, et que vous ne laissons pas -de l'être toujours qu'on ne
•. / encore troubler par ceux qui pèche point enja croyant; surtout ceux qui,
: ■ : tant de soin lesjugemenls de confessant comme vous qu'ils n'ont nulle
cetie nature, dont il .va eu quelque plainte connaissance du fond de l'affaire, et nulle
ou quelque soupçon ; trouvez bon que, sans obligation de s'en éclaircir davantage, ne
r à une longue discussion de r^s peuvent prendre de meilleur parti (pie celui
faits, par laquelle vous verriez peut-être île s'en rapporter aux supérieurs, qui ont
n ne peut on tirer aucun avantage, je grâce et autorité, et qui sont préposés par
vous demande si vous pouvez dire ou penser, le Saint-Esprit pour connaître de ces ma-
el si quelqu'un est capable de vous persua- lières.
■ I r que vous ne pouvez rien croire sur l'au- Et ne vous laissez pas émouvoir aux hislorilé de l'Eglise et de vos supérieurs, que toiresque l'on vous fait pour vous décrier la ! es |u'ils vous parlent avec une autorité in- conduite du saint Père et des évoques : refaillible : et si vous ne demeurez fias d'ac- connaissez au contraire a quelles tentations cord, au contraire, sans (pie je me nielle en les fidèles seraient exposés, s'il fallait écoupeine de vous le prouver, que c'est une ter tous ces narrés au préjudice des décrets vertu chrétienne et religieuse de soumettre publics. Nous entendons tnus les jours <o ci d'anéantir son jugement propre, même que disent nos adversaires du saint concile des cas des vérités révélées, surtout de Trente et des Papes qui les ont jugés. Et Us choses qu'on ne sait pas, el des- si vous voulez des exemples de l'antiquité, quelles on n'a nulle obligation de prendre que ne disait pas Neslorius de saint Cyrille, aucune connaissance : eniin, s'il n'est pas archevêque d'Alexandrie, le principal auteur certain et indubitable qu'au-dessous de la foi de ses maux ; des inimitiés qui élaienl entre théologale il y a un second de^ré de soumis- eux, (pie les historiens de ce temps- là n'ont sion el de créance pieuse, laquelle peut être pas dissimulées; de la jalousie de leurs siésonvent appuyée sur une si grande autorité, ges; de la précipitation de ce patriarche à qu'on m.» peut la refuser sans une rébellion prononcer à Ephèse le jugement contre lui manifeste. Je suis assuré, nus sœ:irs, (pie, en l'absence de Jean d'Antioclie, lequel ar- I our peu que vous y pensiez, vous ne pour- riva deux jours après, et qui avait donné avis rez jamais disconvenir de ces maximes. Or, à saint Cyrille de son arrivée prochaine? Et si ehes sont véritables, il faut que vous àc- s'il fallait s'amusera discuter tous ces faits, cordiez qu'encore que les décisions de l'E- et tout ce qu'entassent contre leurs juges glise, en ce qui louche les faits, ne soient pas ceux qui ont été condamnés, ne serait-ce pas crues infaillibles comme celles qui touchent s'engager à des recherches sans lin, à des la loi catholique, il ne s'ensuit pas pour cela dispules folles el sans discipline, contre le qu elles ne méritent aucune croyance; el que précepte de i Apôtre? (/i Tim. n, 2:J.j quand on aura fait voir qu'il y aura eu quel- Mes sœurs, ne vous jetez pas dans ce laque surprise dans quelques-uns de ces juge- byrinthe : car ne vous apercevez-vous pas menls de l'Eglise, ce n'est pas une consé- quelle illusion ce serait si vous étiez détourquence qu'on ne puisse plus, sans offenser nées de vous soumettre dans un l'ait si au- Dieu, la croire dans des matières sem- ihentiquement jugé, par une attache à des blables. faits particuliers, desquelsla discussion peut Ainsi, au lieu de perdre le temps à vous être très-dangereuse, el ne peut jamais être alléguer si souventles faits ri'Honorius et des que très-inutile? Laissez donc à pari ces tiois chapitres, il valait bien mieux vous narrés d'intrigues et de cabales, que des apprendre, premièrement, qu'on ne convient hommes ne cesseront jamais de se reprocher pas qu'i] y ait de l'erreur de l'ait dans ces mutuellement, peut-être de part el d'autre
ments, mais que lout le monde convient avec vérité, et du n oins presque toujours
qu'on y a souscrit et en Orient et en Occi- avec vraisemblance; et cro3 ez que parmi ces
«lent, -ca:s aucune crainte et sans aucun pé- troubles, et dans ce mélange de choses, la
til dépêche; ce qui doit mettre en repos sûreté des particuliers c'est de s'attacher aux
c conscience : sec< nderaent, que l'Eglise décrets el à la conduite publique de la sainte
t reçu tant de grâces pour juger saine- Eglise .1 de ceux dont la doctrine n'a pas été Suivez, mes sœurs, celle voie, et cessez
droite; el même ces deux ou troisjugements de vous égarer plus longtemps dans un che-