‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 148 sur 458 · SC · texte numérisé non relu

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PART. XIV. LETTRES MVERSES

min si facile. Vous trouverez votre sûreté dans relui de l'obéissance, en mettant en repos votre conscience sur l'autorité de l'Eglise. Si vous quittez ce sentier unique, outre que vous chargerez votre conscience d'une désobéissance scandaleuse, sachez que de part et d'autre vous ne trouverez que des précipices. Car, ou vous serez contraintes dedirequ'il n'est fias permis en conscience de croire respectueusement qu i l'Eglise ail bien jugé dans un fait qui est de sa connaissance, et sur lequel elle a donné une définition canonique; ou, si vous êtes touchées d'une juste appréhension des suites épouvantables de celte doctrine inouïe, il faut que vous vous rejetiez dans un autre abîme, en croyant que les décrets de deux Papes, reçus, approuvés, publiés unanimement par tous les évoques, lesquels plusieurs d'eus, a ce que j'ai appris, et nommément M. d'Angers (169), que.je nomme par honneur et avec respect, ontsouscritàdeux genoux: ne peuvent être censés canoniques. El considérez où vous jetterait cette malheureuse pensée, s'il fallait que, croyant, comme on vous le dit, que les formes canoniques ont été méprisées dans les jugements des Papes, et qu'on y a tout donné h la brigue et à la cabale, vous les vissiez néanmoins reçus et approuvés avec une vénération universelle, sans qu'il y ait dans toute l'Eglise un seul évêque qui s'oppose à une injustice que l'on publie si visilili3. Dieu vous préserve, mes sœurs, de ce sentiment 1 il vous jetterait peu à peu dans un élat bien tenible, et vous ferait regarder avec le temps lout l'ordre épiscopal d'un étrange œil. Dans ce dégoût secret de voire cœur contre tout le corps des évêques, que vous verriez unanimement adhérer à tir. jugement qui vous paraîtrait prononcé contre les canons, croyez que l'amour de l'Eglise serait exposé, pour ue rien dire de pis, à de grandes tentations. Peu à peu vous vous verriez détachées de la conduite ordinaire de la sainte Eglise, el attachées à des conduites particulières de personnes, desquellesje ne veux rien dire, sinon qu'ils sont è plaindre plus que je ne puis l'exprimer, d'en être réduits à ce point, qu'ils semblent mettre toute leur défense à décrier hautement, elde vive voix, et par écrit, loul le gouvernement présent de l'Eglise.

Dieu vous préserve, mes sœurs, encore une fois, de tels inconvénients. Que si vous les craignez avec raison, croyez donc que le jugement d'Innocent X et celui d'Alexandre VU, que vous voyez reçus par tous ceux qui ont autorité de juger dans l'Eglise catholique, sont légitimes et valables. Et ceux qui vous diront, après cela, que vous ne pouvez sans péché y soumettre humblement le vôtre, et pour le fait el pour le droit, chacun néanmoins dans sou ordre, laissezles disputer sans fin, et répondez-leur seulement avec l'Apôtre (/ Cor. xi, 16) : S'il y a quelqu'un parmi vous qui veuille être conterlieux, nous n'avons pas une telle coutume, ni

la sainte Eglise de Dieu. Voilà, mes ti enchères sœurs, le repos assuré de vos consciences, le dégagement unique des embarras où vous êtes, l'ouverture assurée à la paix et à la charité de voire prélat, et peulélre la dernière perfection du sacrifice de dépouillement et d'abnégalionde vous-mêmes, que vous avez voué à Dieu solennellement au jour de votre profession.

Il lai envoie l'extrait d'une lettre de M. Vévéque d'Alcth, sur la signature du Formulaire el sur les religieuses du Port-Royal.

«Sur la demande que l'on fait, savoir si une personne qui n'esl pas d'ailleurs instruite, ni capable par elle-même de s'instruire, ni même désireuse, offenserait Dieu d'ajouter foi à la déclaration de son supérieur sur un fait, et s'il lui est défendu de croire au témoignage de son prélat et de signer un fait sur sa foi.

« On répond, 1° que généralement parlant cette personne pourrait ajouter foi à la déclaration de son supérieur sur un fait, sans offenser Dieu, el qu'il n ■ lui est défendu de croire au témoignage de son prélat, et de signer un fait sur sa loi, sinon que ce fait fût évidemment faux el qu'il lui parût tel, quand même elle douterait auparavant de a vérité : car il semble qu'il lui esl libre de déposer son doute et renoncer aux raisons qui l'appuient pour déférer à celles de son prélat qu'elle peut croire pieusement meilleures, quoiqu'elles ne paraissent pas telles à son jugement; et c'est même une espèce d'humilité de préférer le jugement de son supérieur au sien, surtout dans une matière où il a droit de donner son jugen eut, et de laquelle on a sujet de présumer qu'il a pris connaissance.

« 2° Il se peut faire néanmoins que la personne trouverait ledit fait revêtu de lant de circonstances, qui feraient que la soumission de jugement qu'elle y rendrait, aurait (Jes suites si dangereuses et préjudiciables à la doctrine de l'Eglise, a sou ordre et discipline, et même à la réputation du prochain, que le mal qui en résulterait serait évidemment plus grand que lebieudesa soumission, à laquelle on présuppose qu'elle n'aurait aucune obligation de conscience du côté de la matière dont il s'agit, qu'en ce cas elle serait obligée de se départir plutôt du bien qui reviendrait de son obéissance, (pie d'être cause du mal qui arriverait de sa soumission.

« J'attends de jour à autre des nouvelles du traitement qu'on aura l'ail à ces pauvres religieuses, et du sud es de l'exposition de mes sentiments sur celle affaire, dépendant je vous prie d'être assuré que je ne les oublie point au saint autel, et de la confiante que Dieu me donne, que s'il les* éprouve d'une manièicqui semble furie, non-seule-

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•,i il ne le* ahan 1 mnera pas, mai» il leur fera conuatlre ol sentir en temps el lieu la puissance do sa protection. J'écris à M. voire frère les i es ilivers sen-

. :; - sur celle affaire, selon les divers tom| - el conjonctures qui s* j sont rencon-

. >, m'en ayanl sollicité pour en faire Tu- - ;e qu'il jugera à |iropos pour l'intérêt public el particulier. Nous sommes dans lo temps el la nécessité de croire en l'espérance contre l'espérance, et de nous conforter par les règles et vérités do la foi, nous assurant que Dieu fora, vers roux qui lo servent lidèlement, connaître et ressentir les vérités de ses promesses. ><

Voilà l'extrail do la lettre de M. d'Aleth (16'.)*;. Je vous renvoie pour vous faire connaître plus clairement que jamais ses sentiment; o! cette preuve est si convaincante, qu'il veut bien qu'on les dise à M. de Paris : en sorte que je doute que vous puissiez déférer a ceux qui n'en sont pas d'avis, Je vous permets de le transcrire el de le faire voir à M. de Saint-Nicolas, el même à M. de Taris, si cela est nécessaire : niais ùlez les mois qui peuvent faire voir à ce dernier que cela s'adresse a moi.

J. Bénigne BOSSUET.

Vers 1GG7.

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