‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 153 sur 458 · EPISTOLA LX · texte numérisé non relu

EPISTOLA LX

AD INItOCEKTlQH XI.

Quod UbeUuin de Exposilione fidei Pontife.v probavent grates maximas rependit ; in hec opère claborando proposition suum déclara! ; regia optin.u prou eptu i ,»'/■< a serenissimi ï- phini irsiilutionem exponit , région Francoruf» laudes prœdicut, ionique pro Eeclesia

et Ponlifice effudit.

Bealissime Pater, Quod volis omnibus expelendum fuit, id ego VestrœSanctitalis summo beneûcio sum asboculus, uli mea scripta geslaque Sedi

(172) P(;trns Co ide, qui dcitide, sub dlulo arclù- < pisc(>p! S bastei i, al) anno 1686, vicar i aposiolici liimiere Amclus est, posl obiluni Castoriensis ej i-

QEUVRES COWPL, DE BOSSLKT. XL

Très-saint Père (173), ïl ne pouvait rien m 'arriver de plus désirable, que de recevoir, par les ordres de Votre Sainteté, des témoignages de son ap«

Si . ■■}>!.

» 173) Mous donnons celle traduction, parce qu'elle oji «.le Cossuel. {Edit. de Vers.)

Kl VRES COMPLETES DE HOSSGET.

probalioD . c'esl-a>dire de oelle de Dieu même; puisqu'elle esl assise dans le Siège d'où il a accoutumé de prononcer .ses oraclesàtoute la terre, el qu'elle se rend digne par sa sainte vie, d'Être éclairée des plus vires lumières du ciel. Après une telle approbation, lrès-eain( Père, je ne puis plus douter que mon traité de VÈrposition </•? la foi, ne Fasse l'effet que j'en avais espéré, qui est de détromper les hérétiques deserreurs qu'iîs imputent à l'Eglise, et d'instruire ses enfants, eu peu de mots, des seniimenls de leur mère sur les matières controversées. xVprès avoir paru en beaucoup de langues, il fallait, très-saint Père, qu'il parût encore en Italie el à Uomc même(l7k), c'est-à-dire, dans la source delà foi, avec toutes les marques de l'approbation publique; el, ce cpii est au-dessus de tous les titres, avec celle de Notre Sainteté.

Je n'ai pas été moins ravi , très-saint Père, de ce que Votre Sainteté a bien voulu que je susse qu'elle est satisfaite des soins <pic je prends pour instruire le jeune prince qu'il a plu au roi de me confier. Duisun emploi si grand et si important, je n'ai eu qu'à suivre les ordres de ce roi incomparable, qui, dans le temps qu'il m'y appela (je prends plaisir, très-saint Père, à le rappeler en ma mémoire), ne me commanda rien si expressément que d'élever monseigneur le Dauphin dans la crainte de Dieu, dans la révérence envers le Saint-Siège, et dans la foi que les rois ses ancêtres ont toujours non- seulement embrassée, mais encore protégée et défendue.

C'est le grand honneur de la France, de se pouvoir glorifier que, depuis douze cents an- que ses rois ont embrassé la foi catholique, c'est-à-dire la romaine, elle n'en a jamais eu qui l'ait quittée. Mais nous pouvons dire, très-saint Père, que ce n'est pas un petit honneur à l'Eglise romaine, que le trône le plus ancien et le plus auguste de l'univers ail toujours été le plus soumis et le plus libéral envers le Saint-Siège. Louis le Grand ne démentira pas ces beaux sentiments de tes ancêtres, lui qui, dans ce haut point de gloire où le met la paix donnée à l'Europe (175). plus encore que tant de batailles ^.a^nées cl tant de provim es réduiies, craint et admiré de tout l'univers, est plus touché île la religion que de toute la grandeur qui l'environne. Mgr le Dauphin apprendra , plutôt par ses exemples que par nos instructions, qu'il n'y a rien de plus grand ni de plus royal que de servir le Roi des rois : et si Votre Sainteté, qui approuve notre conduite, daigne y joindre ses saintes prières et sa bénédiction apostolique, le monde verra bientôt ce jeune prince, illustre par ses vertus [dus encore que par sa naissance. Quand il considérera que le roi *on père a été le seu! à qui le zèle, et non h' besoin, ail fait prendre les armes déjà deux fois, pour défendre la Chrétienté aUa-

apostolicœ probareotùr, unde terris D'eus

fundit oracula, oique polissimum Poiiliîici q uera unura sincértt pieiatis , Christiano-

rumque omnium virluium lande conspicuutn, priori quoque divinilus lucê alllalum esse oporlcal. Kquidem cum elaboravi iiicinn de catholicŒ fidei Expositiofie traefatura, M

mihi animo proponeb un , ut et adversarii doclrinam Ecclesufe, toi calumniis impeiilara ac deformatam , qualis essel agnoscerent, et Ecclcsiœ filïi conpendioso sermone , sanclœ matris sensa perspieerent. Quod mihi cumulalissime continsse minime dubilaverim, poslquam libcllus meus, nonnullis jain gentibus cognitus, in 1 lai i<c quoque luce atque adcoRomœ, quod est (idei caput, est edilus, publies approbatione non munitus tant um, seul ornalus; quoque nihil quidquam aut ad commendalionem illustrius, sut ad aucloritatem (irmius esse queat, Veslrœ Sanctilatis senlenlia comprobatus.

Neque vero minus lœtum fuit, beatissime Pater, quod Vestra Sanctitas significaluni mihi esse voluerit gratani ipsi esse quanîulamcunque meam , in informando serenissimi Delphini animo, diligentiam atque opêram. Quo quidem in oflicio amplissimo gravissimoque, quid prœstarem ipsa maximi régis jussa monstrabant. Is namque cum mihi regium adolescentem erudiendum tradidit (recolo enim lubens),id prœ omnibus unum inculcabat inferciebalque, uli pietatem , uli summarn erga vestram Sedein reverenliam tenerœ menti instillarem, eam denique (idem quam ejus progenitores non tantum pie coluerint, sed etiam acerrime propugnarint.

Sit illa profecto maxima, beatissime Pontifex, Francorum regum gloria, quod a mille ducenlis annis, Romanam, id est catholicam fidem , semel animo hauslam nunquam exuerint : ipsi quoque Ecclesiae Romanse décorum, regnum illud tolius orbis vol nobilissira u m et antiquissimum , idem erga Sedein vestram obsequenlissimum et beneficenlissimum exstitisse. Non eam imminuet gloriain Ludovicus Magnus, ille data pacè magis quam tôt reportatis victoriis, tôt provinciis debelfalis inclylus, atque in tanto gratulantis orbis applausu , décora religionis omnibus laureis ac laudibus anleponens. Nec tam nostris documentis quam ejus exemplis, Delphinus augustissimus discel nihil esse magis regium quam Regem regum colère. Ae si Vestra Sanclitas nostris conatibus sanctissimas pièces atque apostolicam benediclionem i adjungat, mox sese oslenlabit orbi regius juvenis virlulibus longe quam génère cla- \ rioreiu. Regem parenlem intuetur unum in infidèles jam arma movisse, non injuria provocatum, non permotum periculo, sed ici Chrislianœ inciedibili studio ineilalum. An ei'go ilie impiam genlem requiescerc, imo omnia longe lateque devastare patietur? An non quod accepit ab oplimo parente, optimo inslilutus id posleris tradel? emergetquo

\\ltj L" Expotition fui imprimée à Home en italien, el publiée vera le mois de se| u-nibre 1078.

(175) La paix de Nimègue signée au mois d'uoûl

lialliœ, et ilia pucherrima sanctissimarpio disciplina, perpétua regum séries, qui CaroIuDQ Magnum, qui sanclum Ludovicum, qui nostrum Ludr>vicum référant, planeque inlelligant reges Francos ver? christianissi*mos atquo Ecclesiœ prirnogenitos, fidei propugnandœ ac frangendœ impiorum audaciffl esse natos factosque.

Quod ad me allinel, bcalissime Pater, cum niliil plane Jiaheam (an la vestra benignitale atque apostolirœ benevolentiœ testilieaiione dignura, id unum intelligo mihi eommendationi fuisse, quod iidem catiiolica n maxime propagatam atque ecclesi?siicanj disciplinam impensissinie restitulam velim. Id ni mi ru m unum Veslra Sanclitas curât, id agit, id spiral. Fortunet vero lahores ve&tros Dcus oplimus maximus, qui vos in tanlam sedera evexit, ut Ecciesiœ laboranti succurreret. Ha beat vos diulissime Pétri cathedra, orbi Christiano virtute magis quam loco présidentes. Dum tuba insonatis, atque ad ecelesiaslicam pacem paternosque coinplexns omnes undecunque Christianos evocatis, Jéricho coi ruât, exsurgat vero Jerosolyma, Dei sanctuariurn instauretur : neque tanlum schismata bœresesque discedant; sed Ecclesia Christi prodtat nativo décore conspicua, suis firmala regulis, antiques ii lis suis castissimisque moribus exornala. Id vero vestrum est, bealissime Ponlifex, id vestra tempora postulant, id ut vobis eveniat assiduis suppliciis Deumflagilo; ac Vestr® Sanclitalis pedibus advolulus aposlolicam henediclionem exspecto, eique me meaque omnia summa animi demissione subjicio.

i)eus Sanclitalem Veslram diu Ecciesiœ su® salyâm et incolumem enstodiat, Domine healrssïuie et in Christocolendissime, sancte Papa.

Veslrœ Sanclitalis , Devotissimus et obedienlissimus filins, f J. Beisigncs , Ep. Codomensis,

In palatio Versaliensi, vin Kalendas Decemb. 1078.

PART. XIV. LETTRES DIVERSES

EPISTOLA LXi.

CAHDINAL1S CIBO.

Benevolentiœ Pontificis ipsumeertiorein fucil, et quant o sit cipud cum id pretio ei denuntial.

Cum sibi jam adilum ad sanctissimi do-

(176) Il flotte le zèle d'Innocent XI, qui s'éiait propose d'entretenir la guene contre les Turcs. En 1004, six mille Fnnçai*, la plupart d'entre la nobl ssc, s'^m pressèrent de venir soutenir les Impériaux, vive-i e.nt pressés par les Turcs, qui avaient fait m e irruption dan- la Hongrie, et Contribuèrent beaucoup au gain de la bataille de Sainl-Golhar:. En 1668 et en 1001), Louis XIV envoy. diflérenls secours à Candie, qui lelarèrent au moins de j lusieurs m is la prise de cette place, b'ils ne purent en faire lever 1 • sié^e.

(177) Le P.-.pe fit tépo. s- à cette le ire Je M. de

quée par les infidèles (176), il connaîtra qu'un de ses devoirs est de réprimer leur audace. Il fera instruire sa postérité- comme il l'a été lui-môme. La France portera toujours des Charlema .ne, des saint Louis et des Louis le Grand ; et ses rois apprendront qu'être roi de France, c'est être vraiment très-chrétien, vrai fils aîné de l'Eglise, son protecteur naturel contre les impies, et invincible vengeur de leurs attentats.

Quant à moi, très-saint Père, qui ne mérite les bontés extrêmes dont il a plu à Voire Sainteté de m'honorer, (pie par un désir immense de voir la foi étendue, et la discipline ecclésiastique heureusement rétablie, je ferai des vœux continuels pour Voire Sainteté, dont les desseins tendent uniquement à ces deux choses. Puissions-nous voir longtemps un si grand Pape dans la chaire de saint Pierre, y tenir la première place de l'univers, plus encore par ses. vertus que par l'autorité d'une charge si éminente ! Puisse le Dieu qui vous a élevé à un si grand Siège pour le bien de son Eglise, bénir v..s soins et vos travaux! Pendant que Voir;- Sainteté sonne la trompette pour appeler tous les Chrétiens à l'unité catholique et à vos embrasseraents paternels, pu ssions - nous voir tomber à vos pieds sacrés les murailles de Jéricho, c'est-à-dire les schismes et .'es hérésies. Mais en abattant cette infidèle Jéricho, il faut encore relever la sainte Jérusalem , c'est-à-dire rendre à l'Eglise son ancienne beauté, ses premières mœurs, ses règles et sadiscipline. Voilà, très-sain i Père, le digne ouvrage de Votre S intelé; c'est .e qui semble être réservé à votre pontificat. J-> ne cesse de prier Dieu qu'il vous fosse r.el e grâce: et, humblement prosterné aux pii de Votre Sainteté, j'y attends sa bénédiction apostolique, lui soumellani, avec un profon i respect, mes écrits et m personne.

Dieu veuille conserver longtemps Voire Sainteté à son Eglise, très-saint Père, digne, en Jésus-Christ, de tout respect et de 'tout honneur, etc. (177)

A Versailles, ce 24 novembre 1078.

mini nostri benevobntiam aperuerat, illus-

irissimœ dominationis tuae virlus et ertiditio, ut manuduolore non indigeret, lithras sane tuas ea excepil palemi erga te animi signifieatione Sanclitas Sua , quœ devolo illarum olïicio, et piaesuli oiuni laude prœslanli, aedecalholica religione j rœelare me-

Condom, par son bref du 4 janvier 1079, <|ui contieni l'approbation expnssedu livre de V Exposition. Bossuei le lit imprimer en sm rang, dans le recueil des appj< nations données à cet OQ\rage, qu*il mit en lé e d'une nouvelle édition e ce livre. Toutes ces pièces se trouvent sénnies dans le tome VU (.'e noire édition, svjbc l' Exposition de la doctrine de ÏEglifie ati'ial que.

Le cardinal Cibo accompagna le br. f u Pape d'une le Ire, eu réponse à Celle que M. do Condoiu lui avait écrite; nous la donnons anrès celle-ci.

OLTVRFS COMPLETES DE BOSSUKT.

sso

rito rfobebalnr. Id illustrissime dominatio tua 8i adjum ii-> Sanclilatis Sua Mltoris cognoscet uberius quanti ex meis : m que duliito quin reipsa eliara cognitura sit, si ocetsio sa dederil pontifias benignilatis expertendat.

Probe intelligil Sanctitas Sua, el quidem ruagno eum .-11111111 sui solalio, quantum il- 'uslrissiina dominatio tua produsse Christiana» reipublicn possit, cum piisdoctisque in-

i'ii lui fetihus, tu m instilutione serenissimi Delphi ni, qui auctoritate et eiemplo suo comprobaturus olim sil quœ ut ad instaurandam Ec( lesiaa disciplinant) el ad pro- Digandam hœresim docte sapienlerque tradideris. Ego sane pro comperlo habeo nulla in re m/igis posse nie Sanclilatis Suœanimum demereri, <|uam occasion es illi suppeditando, tii'i luique similibus viris graliflcandi : i|m intérim illustrissimes dominationi luœ de huraanissima ad me scripta epistola grattas agens, orune studium, omnia officia mea ex animo offero, ac sospitateœ diuturnam atque Qorentem a Deo auguror. Illustrissime? doDiinationis tuœ servitor,

Aldbranos, cardinaiis Cibo.

Ilomas die k Januarii 1G79.

Al MARECHAL DE BKLLEFONDS.

Sur V extrême douceur dont Jérémie, el surtout Jésus-Christ, nous ont donné l'exemple.

Je vous prie, Monsieur, de nie mander de vos nouvelles, sans oublier celles de voire santé. Pour nous, nous allons toujours expliquant les saints prophètes. ;s sommes bien avant dans Jérémie; et nous ne cessons d'admirer sa manière forte et douce. La douceur avec iaqueile il plaide sa cause devanfles grands assemblés en conseil , X-t devant le peuple, est admirable. 11 n'est pas moins merveilleux quand il répond au faux prophète Ananias. Le bel exemple 1 Comme il souhaite de bon cœur que les promesses favorables de ce faux prophète soient accomplies 1 Avec quelle modestie lui parle-t-il 1 De luimême, il ne lui dit rien de fâcheux, et n'ose pas le reprendre : s'il le lait à la lin, c'est que Dieu l'y oblige. Dieu nous fasse la grâce, quand nous serons attaqués, d'agir dans le même esprit ; quoique nuus ayons encore un plus grand exemple, qui est ce-

ji7"*j C'est ainsi qu'on appela t en cour l'assemblée de plusieurs savants, qui se rwi aient à certains jours auprès de liossuct pour (onlérer tur nSciiiure, la théologie et d'autres matières ecclésias iques ou philo>opbiques.

(173) Tout porte à cro re quT s'agit ici d^ la lett- e de l'abbé de Raucé , au sujet des hum liations qu'on lai -ait subira des religieux, en \(f\v imputant il s fautes ou (I s défauts don is n étaient pas coupables, . 1 i Iles qn'ell s se pratiquaient à la Tr-ppe. La lettre L. ci-dfssiw, adressée a M. Le Itoi, abbé de Haute Fonla ne, ia,i conn dire le suj±i j ■ c>t'c contestât on.

I*ï9j llcdeein de Lyon, qui professait 'a religion

lui ihi Sauveur même, qui ne se défend que par son silence. Quelle dignité et quelle autorité dans ce silence de Nôtre-Seigneur I Quelle punition a ceux à qui il ne daigne pas faire voir son innocence! el qu'ils méritaient bien que l'instruction de la parole leur fût refusée, eux qui n'avaient pas cru à celle des œuvres 1

' oilà , Monsieur, un petit sermon que je fais, alin que vous soyez toujours de la communion du concile (177*) de Saint-Germain. Nous vous regardons toujours comme un des Pères laïques.

La lettre de notre saint ami (178) afail grand bruit, n'importe : car elle ne fait pas ce bruit pour être partiale , mais parce qu'elle est simple, et que les partis veub -nt qu'on entre dans leur chaleur. Au fond, malgré les contradictions., je crois qu'elle édiliera ; et je ne me repens point que nous l'ayons divulguée. Je vous prie, quand vous le verrez, de le prier de redoubler ses prières pour moi, et de demander à Dieu ma conversion. C'est une étrange chose d'estimer tant la vertu , et de n'en avoir point. Prions les uns pour les autres : Dieu soit avec vous.

A Saint-Germain, ce 22 janvier 1G79.

A M. NICAISE, CHANOINE DE LA SAINTIi-CîlAPELLE DE DIJON.

Le prélat lui fait connaître le jugement qu'il porte des différents écrits de M. Spon.

Vous pouvez assurer M. Spon (179), Monsieur, que ses Misccllanea (180) seront bien reçus de Mgr le Dauphin , et qu'il peut les lui dédier, aussi bien que sa Réponse à la Guilleiicre (181). Nous avons estimé son Dictionnaire. Pour son In te, Domine, speravi il nous a paru ce qu'il était, c'est-à-dire ridicule el profane. Au surplus j'ai ouï dire qu'il y avait quelques bonnes remarques dans son livre : car pour moi je n'en ai rien lu ; mais j'ai lu avec grand plaisir tout le Voyage de M. Spon, plein de belles observations, et de recherches curieuses de l'antiquité. Il a donné au public une bonne opinion de son érudition, qui prépare bien les voies à ses Miscellanea. L'inscription (182) est du goût antique : il me semble qu'on pourrait cler le futur 0 , et laisser le ddiciis tout seul. Je ne sais ce que peut signifier parmi nous le principi juventutis ,

protestant'. 1) s'est içndu cél bre, dans la république des lettres, par un grand nombre d'ouvrages.

(180) Miscellanea emdUœ Antiquilatis , in-fol., imprimés plusieurs l'ois.

(181) A. M. Guillet, qui avait écrit contre son Voijaye de Grèce el du Levant, publié en trois volumes iu-12.

08v2) Il s'agit de l'i.iSi riplion q'e M. Spon deva l mettre à la tête de ses Miscellunea , pour les dédier à M. I.'. Dauphin, et il paraît, eu examinant celle » ui s'y trouve, que c*l Miteur a exactement suivi les observations de lîossuci.

PART. XIV. LETTRES DIVERSES

ni le lutclari genio pacis. Vouv \cadivis concesso, l'allusion en est ingénieuse, niais il est païen; et s'il faut imiter les anciens, c'est principalement en ce qu'ils ont i'ait leurs inscriptions selon lours mœurs et leur religion, sans y rien mêler d'étranger. Les auteurs exacts n'approuvent pas qu'on se serve du mot de divi pour les saints, quoique les catholiques s'en soient servis aussi bien nue les prolestants. Dans l'inscription pour le roi , il y a trois adverbes de suite, celeriler, forliter , audacter ; ce qui est du style aiï'ecté, plutôt que de la grandeur qui convient aux inscriptions : je les citerais tous trois. Je doute aussi un peu du conculcalis ; et je no sais si ce mot se trouve en ce genre, il paraît un peu trop figuré, et trop éloigné de la simplicité. Je ne sais si pace data ne serait pas mieux quoblata : le reste est excellent.

Voilà, Monsieur, ce que vous avez souliailé de moi, c'est-à-dire, mon avis trèssimplement. Conseillez à M. Spon d'éviter les railleries excessives dans sa Réponse aux turlupinadef : elles tombent bientôt dans le i'roid ; et il sait bien que les plaisanteries ne sont guère du goût des honnêtes gens; ils veulent du sel, et rien de plus. S'il faut railler, ce doit du moins être avec mesure. Assurez-le de mon estime. Comme je le vois né pour le bon goût, je serais fâché qu'il donnât dans le mauvais. Je suis, Monsieur, comme vous savez, très-sincèrement à vous, et ravi de voir l'amitié qui est entre vous et M. Drouas.

A Saint-Germain, ce 9 février 1679.

EP1STOLA LXIV.

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