‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 172 sur 458 · RES DIVERSES · texte numérisé non relu

RES DIVERSES

LETTRE Cil

A M. DE HANCK, ABBE DE LA TUAl'l'C.

// lui rend compte de la conférence qu'il a eue avec M. l'archevêque de l'on'*, au tujet du livre de cet abbé; lai témoigne son inquiétude de v'aroir rien reçu de lu pari de M. de Grenoble, cl lui marque les raisons qu'il soupçonne pouvoir causer son silence.

Hier, Monsieur, j'entretins amplement M.

l'archevêque de Paris de la commission que vous m'aviez donnée pour lui. Je lui dis que j'avais eu le livre sans votre participation, et que j'avais cru absolument nécessaire de l'imprimer, tant pour le bien qu'il pouvait faire à l'Eglise et à tout l'ordre monastique, que pour éviter les impressions qui s'en seraient pu faire malgré vous. Par la il entendit la raison pour laquelle vous n'aviez pas pu lui communiquer cet ouvrage ; et cela se passa bien. Je lui ajoutai que vous parliez avec toute la force possible de la perfection de votre état retiré et solitaire, mais avec toutes les précautions nécessaires pour les miligations autorisées par l'Eglise, et pour les ordres qu'elle destinait à d'autres emplois : tout cela se passa bien. 11 reçut parfaitement toutes les honnêtetés que je lui fis de votre part, et écoula avec joie ce que je lui dis sur les marques non-seulement du respect, mais encore de rattachement et de la tendresse que je vous avais vus pour lui. Tout cela et tout le reste, qu'il n'est pas besoin de vous dire, se passa très-bien, et je crois qu'il ne songera à voir l'ouvrage qu'avec les autres.

Pour ce qui est de M. l'archevêque de Reims, n'en soyez point eu peine; il est pénétré de la bonté et de la grandeur de l'ouvrage; il en souhaite l'impression autant que moi. Ses remarques ne vont à rien de considérable; et comme il ne fera rien sur ee sujet-là. qu'il ne lue le communique, vous pouvez vous assurer que je ne laisserai rien affaiblir, s'il plaît à Dieu.

Nous sommes ici un peu en inquiétude de n'avoir rien appris, sur ce sujet, de M. de Grenoble. Mandez-nous, Monsieur, je vous en prie, le plus lot qu'il se pourra, quand vous aurez ses remarques ; et ce que vous croirez devoir faire après les avoir vues; afin qu'on change au plus lot ce que vous croirez devoir changer sur ses avis, et qu'on ne soit obligé de faire que le moins que l'on pourra de cartons. Il ne faut pas s'étonner de ce qu'il ne m'a pas t'ait de réponse ; comme je lui parlais des affaires de l'Eglise, peut-être n'a-t-il pas voulu s'expliquer avec moi sur cela, n'approuvant peut-être pas ma conduite, ou ayant des raisons de ne pas s'expliquer sur ces matières. H ne m'a peut-être pas assez connu. La règle de la vérité étant sauvée, le rote est de ces choses où saint Paul permet que chacun abonde en son sens; et je ne sens jusqu'ici aucun reproche de ce que j'ai fait.

(246) Ces deux ouvrage:- sont cm elfcl de M. Arnauld.

(4 l VRES COMPLETES 1>L UOSSLET.

ït-ii

Vousavei parfaitement expliqué le synode mgres (241 : mais je ne sais ce que cette décrétale, uonl II. de Luron m'a «lu que M. de Grenoble lui avait écrit.

je suis vi un i i pour ajuster, avec M. Fé-

ien el avec l'imprimeur, l'endroit des cari «ses, conformément a voire lettre du .'H janvier, parce que cet endroit avait déjà passé dans l'impression. Tout cela sera trèsbien, el entièrement sans atteinte aussi bien qui sans faiblesse, et conforme à voire intention. Je vois avec plaisir avancer l'impression de cet ouvrage : mais pressez, au nom de Dieu, M. de Grenoble. Tout à vous.

A Paris, ce samedi G février 1G83.

AU MÊME

// lui apprend les heureux fruits de son livre, et en fait de grands éloges.

Dans le peu de jours que j'ai été à Paris, j'ai vu, Monsieur, ce que vous avez envoyé au sieur Muguet, que j'ai trouvé très-digne du reste. C'est de quoi je suis bien aise de vous rendre compte avant que de m'engager dans mes visites, d'où je ne reviendrai ici qu'à la Pentecôte. Je ne laisserai pas, en attendant, de recevoir tous vos ordres, si vous en avez quelques-uns à me donner. Ce livre fait tous les effets que je m'en étais proposé ; en général, un très-grand bien. Dans quelques particuliers, il trouve beaucoup de contradiction (248), et quoiqu'on dise qu'il y en a qui se préparent à le faire paraître, je ne puis pas croire que l'aveuglement aille jusque-là. Quoi qu'il en soit, vous avez à rendre grâces à Dieu de vous avoir si bien inspiré; et votre doctrine est de celles contre lesquelles l'enfer ne peut prévaloir, parce qu'elles sont fondées sur la pierre. La continuation de vos prières me sera un grand soutien durant mes visites. Je ne perds pas l'espérance de vous aller voir avant la lin de l'automne. Je suis à vous de tout mon cœur.

A Meaux, ce 10 mai 1G83.

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