‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 171 sur 458 · PART. XIV. LETT · texte numérisé non relu

PART. XIV. LETT

Al) MIC MIC.

Jl tâche de le détourner du dessein qu'il avait de se démettre.

Avant de venir ici, j'ai conféré, Monsieur, avec M. le maréchal de Bollefonds. La difficulté que nous avons trouvée à la chose est que votre lettre ne parle que de successeur; ce qui serait vous déposséder, et causer le dernier chagrin a vos religieux. J'ai vu un billet entre les mains de M. Jaune!, par lequel on lui marque qu'il faudrait agir pour un coadjuteur; mais que pour un successeur, c'est trop affliger les religieux. Je ne me souviens plus de qui est ce billet: mais enfin nous avons cru qu'il fallait vous en écrire, vous faire considérer les inconvénients de votre démission, et puis faire à mon retour, au commencement de l'année, ce que vous jugerez à propos. Voyez ce que ce serait si ce religieux venait à mourir pendant que vous seriez en vie, et quel déplaisir a vos religieux de n'être plus sous votre obéissance. Considérez, et ordonnez: nous agirons conformément à vos désirs. J'ai donné le livre (245} à Muguet, qui ne manquera pas de faire diligence; j'ai donné ordre pour Je privilège. Vos prières: tout à vous de tout mon cœur.

A Meaux, ce 13 décembre 1682.

A M. LE COMTE d'aVAUX, AMBASSADEUR DE FBANCE A LA HAYE.

Sur différents ouvrages contre les protestants, que le prélat avait reçus de Hollande.

Je vous suis très-obligé de la continuation de vos bontés. Si VHistoire du concile de Trente, du sieur Jurieu, est digne do quelque estime, je vous supplie de me l'envoyer parla première commodité. J'ai reçu la Critique du calvinisme ; il m'est aussi venu deux livres, dont l'un est pour la défense du Renversement de la morale de Jésus- Christ par les erreurs des calvinistes; ouvrage de M. Arnauld, que j'ai autrefois approuvé, après l'avoir examiné par ordre du roi ; et l'autre a pour litre Réflexions sur un livre intitulé Préservatif, que vous m'avez autrefois fait la grâce de m'envoyer. Ce dernier est- pour ma défense contre M. Jurieu qui m'attaque: l'un. et l'autre est do bonne main ; et, selon qu'on en peut juger par les circonstances, il n'y a [tas h douter qu'ils ne soient de M. Arnauld (246). Je ne sais d'où ils me viennent; mais j'ai été bien aise de les recevoir. Je le suis encore plus, Monsieur, de ce que vous approuvez, mes petits ouvrages ; et je le serai au delà de tout ce que je puis dire, si vous ui'accordez la continuation de votre amitié. Je suis avec respect etc.

A Mcauxj le 17 décembre 1G82.

(245) L'ouvrage de l'abbé de la Trappe, dont :'a été question dans les précédentes.

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