‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 180 sur 458 · DE D031 MABILLON · texte numérisé non relu

DE D031 MABILLON

Sur le rétablissement de la coupe, et quelques faits historiques.

J'ai reçu la lettre que Votre Grandeur m'a fail I honneur de [n'écrire, donl je vous re- 'mercie très-humblement. J'ai parlé à quelques personnes de nos amis du rétablissement de la coupe en faveur des hérétiques. Monseigneur Slusio , qui esl un prélat des

( 2C'5) Dom Mahill n cla't alors à Rora\ (20 ) M die1 M ili o , prelre es^gno1, s'était acquis dans Rome la lépu talion d'un lrèt> -grand dire» leur, lorsqu'il fut accusé d'avoir avancé aVs «-iT'U's très-dang reuses dans le livre dtj la Conduite sptriiuatle, qu'il puhl a en espagnol. Il fui en tonséque ce au'èté, et mis dans 1 s prisons de l'inquis lion <!e Rome, au mois île juillet 1683. Les inlormaiious qu ou lit sur sa \ie mau i l'est èrei i la pi is grande corruption dans ses mœuis; et les atoniualio s dont il lut conv bu u tirent enco e mieux

Œuvres compl of. Bossuet. XL

srntir h perversité ce ses maximes, et à quc!> désordres ell s po vaieni m< ner ceux qui les ré.l . raii.nl en pratique. La congrégation d« l'inquisitii ;i rendit, 1 28 août, un décret qui condamnait soixanle-huit il ses pro, ositimis comme liéiéliqne , i-canJaleuss il blasphéma tores. Apre» avoir lait abjuration publique i e ses erre irs, il fut renferme, pour le re&te de bes jouis, dans une élioite prison, où il mourut le 29 décembre 1696.

(i(!7) Il t'a ;ii des quatre A lie! s du clergé de Fia :c\.

ŒUVRES COMI LETES DE BOSSI ET.

plu h bI (les mi oui intentionnés d>>

oette ooor, m'a dil qu'il n'était pas temps de faire cette proposition; qu'il n y avait pas •/ do lumière dans l<- conseil pour entrer dans oette condescendance, et que de la pro- ; ter de la part de la France dans l'état où, sonl à présent les choses, ce serait assez I o r. i la gâter; que le meilleur moyen pour v réussir serait de faire demander la chose par le roi d'Angleterre, par le moyen du cardinal Ouvart, ou en tout cas (ce quej'ajoi de moi-même par le nouveau prince palatin. Comme Mgr Sluaio sait parfaitement la situation des choses de celle cour, je n'ai point parlé de cette affaire à d'autre qu'à iui, si ce n'est que j'en ai dit un mot à Son Eyiinence d'Estrées.

La congrégation des cardinaux , commis par le Pape pour examiner l'affaire de Mgr d'Heliopolis contre les Pères Jésuites de la Cochinchine et de Siam, etc., a donné un décret extrêmement fort en faveur de ce prélat , par lequel décret on révoque de ce pays-là les Pères Jésuites qui n'ont pas voulu se soumettre à lui , sous peine d'excommunication ipso facto , et de ne recevoir aucun novice. Mais comme le Pape n'a pas voulu confirmer ce décret, on ne sait s'il aura assez de force pour être exécuté , quoique le Père générai ait écrit à ses religieux missionnaires conformément à ce décret.

M. le cardinal Nerli a quitté l'archevêché de Florence, pour prendre le petit évjêché d'Assise, qui n'a de revenu que neuf cents écus , sur lesquels il y en a sept cents de pension.

Nous partirons au premier jour pour Naples et pour le mont Cassin, d'où nous ne

retournerons ici que sur la fin du mois de novembre; si bien que nous serons obli lie passer ici une partie de l'hiver, lui quelque endroit qne nous soyons, je serai toujours, aussi bien que dora .Michel , avec un profond respect, etc.

F. Jean Mabu lon, moine Bénédictin. A Rome, ce 9> octobre 1685,

0E SES DiOCÉSâINS RÉFUGIÉ EN

&.NDE |

II l'exhorte à retenir à l'Eglise, où il lui fait

voir qu'on peut toujours se sauver ; l'avertit de ne point Se complaire clans ses souffrances, et lui montre les avantages dont il jouira dans le scia de l'Eglise catholique.

Aulant que j'eus de joie quand M. le b. de la r***, voire parent, me vint dire de vot/e part que vous vouliez, rentrer dans l'Eglise, autant fus-je surpris et affligé quand j'appris qu'au lieu d'exécuter ce pieux dessein, vous éiiez sorti du royaume. Est-il possible que vous ayez cru qu'on ne peut se sauver dans une Eglise, où l'on est forcé d'avouer que vos pères se sauvaient avec les noires avant votre réfurmalion ? «le serait une malheureuse manière de réformer l'Eglise, si avant qu'on pen.sAl à la réformer tous les Chrétiens pouvaient se sauver dans l'unité, et qu'après la réformalion on ne puisse pi us se sauver que par le schisme.

Mais je ne veux point me jeter sur la controverse ; je vous écris seulement pour vous inviter à revenir et à ramener ceux que vous pourrez, même M. le Sueur. Vous uie troù-

(268) Ot'.e lettre, avec une aulre écrite à la même pi Sonne, qui se a imprim e plus bas, a été publiée par les protestants dans un petit ouvrage qui a pour titre : La séduction éludée , ou lettres de il. l'éicque de Meaux à un de ses diocésains qui s est sauvé de la persécution, avec les réponses qui y ont été faites. À Berne en Suisse, ibSO.

Mous aurions pu donn r ici ces réponses : n ais ia première n'est point celle à taquet e Bossuet iéplique dans s» seconde lettre,; parce que ce prélat avait ciu devoir réfuter p.-éférablemeiu la lettre que ce réfugié écrivait à sa femme, dont il le jugeait p utôt auteur que de telle qu'il lui avait écrite à lui-même. El pour la réponse à la s» coude lettre tiu prélat, nous sommes dispensés de l'insérer dans notre collée ion, B s uet n'ayant pa-> jugé à propi s n'y lépliquer, so:l parce que les raisons qu'elle ( oiilieut ont été m. Ile toi-, détruites, soit parce qu'il trouvait p'.us convenable de consacrer des moments si précieux aux conlroveises générales cl publiques, que île les empl .yer à une dispute part culière, «îoi.l il voyait qu'il ne pouvait se promettre

:n fruit. Il s'élût pi opost de lamener par ses iharitab es exhortations un lils tendrement chéri:

is dès qu'il vil que les i» iuiolres s'étaient teile-

■ i emparés de son esprit, qu ils dictaient eux-

es toutes ses réponses, il ces a de lui é rire.

tutti», il iui été aesez inuiile que le prélat entreprît

réfotei la grande Iciire qui lui avait été adressée > ;. répon e à >a seconde lettre; p .isque celui sut/s l<- nuui duqu 1 elle. ;»v:\ii été composée n'avait i;ii \ouIu . d t\ le: : c'est ce que déclare l'aultur même

de celle Réponse, dans la lett e qu'il écrivit à Bossuet pour le pre-serde lui répliquer. « Jeprcn s, » dit-il, i la liberté de vous écrire ce mol au sujet de la réponse qui vous a été faite sur cette secojn'e lettre à M. de V. Elle paraissait comme venir de lui, quoiqu'elle tût édite d'une anlie main : mais celui qui se mettait en sa place a enfin appris qu'il s'étaii disculpé auprès 4e V0I)S s,ir celte d^rn ère réponse, dont il n'a pas jugé à propos de faire l'adoption, connu il a > ail fait à l'égard de la première, i Quels que lu- sent les mécontentements qu i I» s protestants pouvaient avoir de. la conduite d un prélat qui ne se lassait point de travailler à confondre leurs erreurs, et à ramener à l'Eglise ceux qu'ils avaient séduits.; cependant ils étaient comme forcés de rendre dans toute occasion hommage aux émiiieutes qualités de ce grand évoque. On en a déjà vu des preuves, et on le remarque singulièrement dans ces deux réponses , où ils parlent de Bossuet « comme d'un piélat illustre, que Dieu dont Fini-* mense libéralité n'a non plus d'ega.ds à l'apparence des religions qu'à celle des personnes, a orné et enrichi d'une infinité de merveilleux dons, pour lequel aussi ils avaient une véné alion particulière, ayant toujours eu dans leur secte une grande considération pour son mérite. » Tous ces témoignages si volontaires, et qu'un resle d'équilé pouvait seul produire, nous munirent quelle impression la supériorité des laieuls et des venus de Bossuet faisait bur l'esprit b. lire.

x qu'il ne cessait de coin-

PAKT. XIV. LETTRES DIVERSES

vcroz toujours les bras ouverts, cl je n'oublierai rien (Je ce que je pourrai faire pour votre service. Je joins mes prières avec (es larmes do Mlle***. Vous avez assez donné à vos anciens préjugés : revenez à la pierre dont vous avez été séparé; et songez qu'il ne faut po i n t se complaire quand on soutire persécution, si l'on n'est bien assuré que ce soit poup la justice. Vous trouverez dans l'Eglise catholique, avec Dieu et Jésus- Christ, tout le bien spirituel que vous pouvez souhaiter : vous y trouverez l'unité et l'autorité de l'Eglise universelle ; et vous éviterez des maux que Dieu ne vous comptera pas, pour ne rien dire de pis. Revenez donc, encore une fois, je vous en conjure : je ne cesserai de vous rappeler par mes vœux et par mes prières, étant cordialement, et avec l'esprit d'un véritable pasteur, etc.

A Meaux, ce 17 octobre 1685.

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