III. Je l'exhorte pareillement à lire les
(209) Jacques Drummond, troisième dujiom, duc tie Penh, fut tait conseiller d'Etal en 1070, grand justicier d'Ecosse l'an 1080, grand chancelier d'Ecosse l'an 1084. 11 professa d'abord la religion anglicane : mais il en reconnut dans la suite l'illusion, et fut convaincu de la vérité de la foi catholique en la manière qu'il le décrit lui-même dans ses lettres à Bossuet. Son attachement à l'Eglise catholique ,et au service du roi Jacques 11, l'exposèrent à beaucoup de mauvais traitements, dont ses lettres font le récit.
Nous ignorons à qui les Irois lettres dont nous donnons l'extrait ont été écrites ; peut-être pourrions-nous conjecturer que la personne dont il s'agit est Mme de Crolly, sœur du duc de Gordon, dont Bossuet a marqué lui-même le nom au dos de la feuille qui contient les extraits des deux premières de ces lettres. Nous sommes d'autant plus fondés à le penser, que milord Perd) dit lui-même, dans ses lettres à Bossuet, que la personne à laquelle il écrivait était sa parente et sa belle-sœur ; ce qui se ren- Cijiire exactement dans Mme de Crollv, dont ce
versions approuvées de la .^aiuîe Messe, ou liturgie sacrée* et de tout l'Office divin ; et je
[tuis l'assurer par avance qu'il trouvera uneparticulière consolation dans cette lecture et qu'il admirera la sagesse qui anime le corps de l'Eglise dans la distribution des divers offices, où tous les mystères de l'Ancien et du Nouveau Testament, et prinui paiement ceux de Noire-Seigneur Jésus-Christ sont célébrés et renouvelés, a vec une pieiise commémoration des.saints hommes qui ont été sanctifiés par ces mystères, et qui en ont rendu témoignage par leur admirable vie, ou même par le martyre.
IV. Quant au désir qu'il a du rétablissement de la coupe , comme il n'en a pas fa: t une condition de son retour, et qu'il est entièrement soumis en ce point, comme dans les autres, à la doctrine de l'Eglise catholique, je n'improuve pas ce désir, d'autant plus qu'il se soumet à la prudente dispenset ion du Père commun des Chrétiens, a qui le saint concile de Trente a renvoyé celte affaire. Il communiera en attendant, quanti il y sera préparé par la confession et absolution sacramentelle, en ia manière usité.dans l'Eglise catholique : et je le prie do considérer quel est l'aveuglement de ceux qui font de si grandes plaintes sur le retr; richement d'une des espèces, quoiqu'il soit fondé sur une doctrine si solide, et se sont laissé ravir sans se plaindre, la communication et présence substantielle du corps et du sang de Jésus-Christ, où nous trouvons la vie quand nous y participons avec une vive foi.
J. Bénigne, évoque de Meaux:
Donné à Paris, ce 2ï novembre 1683.
' DE MILORD DLC DE rERTn (2C9).
Sur la manière dont il a été converti à la traie foi, et les raisons qui lui ont fai! différer de se réconcilier à ' Lglite.
Depuis la mort du feu roi (270), Sa Majesté présentement régnante (211) m*a lait voir un papier (272) touchant la véritable
lord avait épousé la sœur. Au reste , ce fut Pal ' é Rcnaudoi qui donna communication au prélat de ces différentes lettres. Quoiqu'elles ne s'aclres* i i pas directement à Bossuet, nous en rapperto s ici l'extrait; parce qu'elles le regardent partit ni cr ment, et que d'ailleurs elles sont nétxssaires tour faire connaître au Lecteur les circonstances ce la conversion de ce seigneur , dont nous verroi s 1 i nlôl plusieurs lettres édites à Bossuet lui-même.
(270) Charles II , fils de Charles 1" et de Bon rieltede France, né le 22 mai 1 50, et inott le \ù mai 1085, dans la cïnqua..te-ciii'iU eue année de son âge.
(271) Jacques 11, duc d'Yoïk, (ils i'e Cliailes I" et de Henriette de France, né le 24 octobre l(>55, proclamé roi à Londres le lb' février 1G85, couronné le 5 mai suivant : dénoué en 1088 par le prince dOrange, slathouder de Hollande, son gendre* et moi l à Saint Germain-i n-Laye, le 16 septembre 1701, dans la soixante -huitième année de sou àsje.
(272) Bossuet, dans sa lettre à iniloid Penh, du 28 novembre 1085, nous apprend que cet ce; il était
H i IPLI
I ,!iso, queji crois que vous aurez v ■ i . J'y .h trouvé de si Ici i»^ raisons, que je " i-1' I1" depuis avoinle repos « 1 1 1 e ji n'eusse examiné la matière par la lecture des livres, par dea nférences, el en faisant sur ce sujet beaucoup de réflexions. Quand j'en fus en lièrent éclairci, je me trouvai engagé à examiner les autres points qui sont en conlro- . i se -, ce que je us en me dégageant, autant qu'il était possible, de tout sentiment de I arliaiité. L'excellent livre de l'évêque de Meaux, de l'Explication de h doctrine de C Eglise, m'a été d'un si grand sec-ours, que je voudrais en reconnaissance de ce que je dois à ce digne prélat, lui baiser les pieds tous les jours. Un Jésuite de piété ém inente, le P. Widrington, iu*a témoigné en cette occasion beaucoup d'amitié, et ru'a été fort utile.
Ainsi il n<3 me restait plus qu'un scrupule, qui m'a l'ait différer quelque temps de un; réconcilier à l'Eglise catholique : c'était la ( rainte que j'avais qu'on ne crût qu'à cause que le roi est de celte môme religion, je me convertissais plutôt pour lui plaire que pour le salut de mon âme, et que je serais fdché d'être ou de passer pour un nomme capable de déguisement. Cependant je me suis à la tin vaincu moi-même, et je me suis résolu à hasarder ma réputation, comme j'ai fait sur ce sujet. Si cela arrive, la sainte volonté de Dieu soit faite : il peut seul vous faire connaître la joie, la paix et le .contenlt ment de n on cœur. Ceux qui me connaissent le mieux savent que j'ai d'abord prévu que je sciais obligé de quitter ma charge (i73j : d'autres pourront croire que je m'expose à donner sujet au roi de penser que mon changement est dans la vue deme mettre mieux dans ses bonnes grâces. Mais Dieu est toutpuissant : et si je fais tout ce que je dois faire, sa divine bonté ne permettra fias que je sois tenté au-dessus de mes forces : et si, lorsque les hommes me feront passer pour un fourbe, l'esprit de Dieu voit ma conscience neite de ce vilain vice, je n'aurai pas sujet de regretter la perle de nia réputation; et il ne me peut rien arriver dans la suite, a cette occasion, que je ne sois prêt de supporter dans la vue de Dieu. J'avais dessein de tenir encore quelque temps cette alla ire société, jusqu'à ce que le roi eût déclaré sa volonté sur les affaires que nous avons ici : mais le P. Widrington l'ayant découverte, par un pur accident, en donna avis au P. Mansuerk, Capucin, confesseur du roi: ainsi je ne doute pas que Sa Majesté ne le sache présentement. Je vous prie de ne déclarer ceci à personne vivante, avant que je vous le permette : et cependant lâchez de me trouver quelque voie, t^our témoigner ma reconnaissance à l'évêque de Meaux (274).
;ÎES DE BOSSUET. -. 5
LETTRE C\\l.
DU MÈMB.
Sur h s suites de sa conversion, ci le mérite des écrits de M. l'évêque (!<■■ Meaux.
Ce que j'ai fait (275) m'attire beaucoup de reproches •. mais que la velouté de Dieu soit faite. Il nous est ordonné de nous couper la main droite et de nous anacln r l'œil droit, plutôt que de donner scandale : ainsi, souffrir quelques peins reproches me pourra être utile, avec la bénédiction de Dieu. La paix intérieure, dont je jouis entièrement, compense abondamment tous les biens de ce monde. J'ai montré au roi un papier, dans lequel j'ai exposé tout le fait de ce qui regarde ma conversion. J'ai rendu justice 5 l'évêque de Meaux, en ce qui regarde l'avantage que j'ai tiré de son excellent traité (276). Je trouve ses écrits remplis d'une justesse de pensées, d'une netteté d'expressions, avec tant de force, et des manières si insinuant 'S, et d'une telle grandeur de génie au-dessus de tous les autres livres de controverse, qu'ils sont entièrement effacés par ceux de ce prélat. J'y trouve aussi tant de charité et de véritables sentiments du christianisme, que je suis charmé à chaque li^ne. Comme je lui suis obligé au dernier point de la grande bénédiction que Dieu m'a faite par son moyen, je lui aurais déjà écrit pour lui témoigner ma reconnaissance, si j'écrivais passablement en liançais. Si vous pouvez lui en faire témoigner quelque chose, vous me ferez un g; an!
plaisir.
A Windsor, octobre 1C85.
DU MÊME
Sur les fruits qu'il a retires des ouvrages de M. l'évêque de Meaux ; sa fermeté dans la foi, et les mauvaises couleurs quun voulu t donner à sa conversion.
11 est vrai que les excellents ouvrages de Mgr l'évêque de Meaux ont infiniment contribué à la plus grande bénédiction que j'aie reçue en ma vie, qui est ma conversion. Avant même que j'eusse tiré un si grand avantage de ses livres, ils m'avaient fait concevoir une très-grande estime de ses talents, de son savoir et de sa sincérité; qualités qui se rencontrent rarement dans une même personne. Mais depuis que ses écrits m'ont été si utiles, il était juste que l'estime que je faisais de sa personne s'augmentât jusqu'au degré de vénération et de respect qu'on doit à un père spirituel. Les offres que vous m'avez faites de sa part, de travailler à m instruire sur les points
de f<>u Mme la duchesse d'Yoïk, première femme de Jacques 11, roi d'Angleterre , auparavant duc d'Yo.k. il parte encore d"un écrit de Charles II, frère et prédécesseur de Jacques, qui contribua aussi îl la coiiversiou du lord.
\.73. Il éiaii g a;;d chancelier d'Ecosse".
(274) Celle lettre n'a point de date dans noire extrait ; mais elle est sûrement de 1G85 , et antériewe à celles qui vont suivie.
(2~5) U parle de son abjuration ae l'l.érés;e, n6' de son retour à l'Eglise catholique.
(27u) L'Exposition de la fui tulholique.
PART. XIV. LETTRES DIVERSES
où j'avais besoin de quelque éclaircissement
sont dignes de sa piété et do sa bonté. Il no me restait, gr£ce à Dieu, aucun scrupule ni Je moindre doute , avant môme que je fusse réconcilié à l'Eglise. Présentement je dois tâcher, avec le secours do la grâce de Dieu, de rendre ma vie conforme à la sainte doctrine de cette Eglise; hors laquelle je ne crois pas que personne puisse être agréable à Dieu.
Quelques personnes peu charitables disent que" le roi mon maître, étant catholique, me l'avait fait devenir. Mais Dieu connaît !è fond de mon cœur ; et celui qui aurait agi par un semblable motif purement mondain aurait , selon toute apparence, choisi Un temps plus favorable, et n'aurait (tas l'ait une semblable chose pendant que deux dangereuses révoltes étaient en vigueur, et qu'il v avait deux armées en campagne contre le roi.
LETTRE CXXIH.