‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 183 sur 458 · DE M1L0UD PERTII X BOSSUE T · texte numérisé non relu

DE M1L0UD PERTII X BOSSUE T

// lui témoigne l'estime singulière qu'il faisait de son mérite, la reconnaissance dont il était pénétré pour ses bienfaits, et lui déclare la sincérité de sa conversion.

Si chacun de ceux qui ont eu le bonheur d'être instruits par vos excellents ouvrages travaillait a vous en rendre compte en vous lémoignan sa très-humble reconnaissance, on vous ferait trop perdre de ce temps précieux, (jue vous employez avec tant de succès pour le bien de l'Eglise de Dieu, quand ce ne serait qu'à la simple lecture de ces sortes de remercmients. Je n'aurais pas même osé dérober au public un moment de votre temps, si ce que je dis d'abord au roi mon maître ne s'était répandu par lo récit que ce zélé et excellent prince a fait à d'autres de ma conversion. Il a toujours eu pour moi trop d'estime; et depuis peu il a eu la bonté de dire quantité de choses sur mon sujet aux ministres des autres princes, à l'o casion des circonstances où je me trouve présentement. Il semble néanmoins que vous n'auriez pas sitôt appris par celte voie Ja grande part que vous avez eue en cette alfa ire, si M. l'abbé Renaudot, ayant vu une lettre que j'écrivais à une de mes parentes qui est à Paris , n'eût été assez obligeant pour vous en rendre compte d'une manière trop avantageuse pour moi. Mais personne ne peut assez bien exprimer combien ma reconnaissance- est grande envers ceux qui m'ont aidé à acquérir la connaissance de la vérité, dont Je prix est infini.

Vos talents naturels, augmentés par la lumière divine, et maintenus en vigueur

(277) Milord Penh avait écrit sa lettre en anglais; mais il renvoya à l'abbé Renaudot, pour la traduire avant de la remettre à Bossuet. Il en usi ainsi dans toute la suiie de sa correspondance avec le prélat; et les traductions que nous donnons ici, <|ui tiennent lieu d'originaux, ont toutes élé faites i ai cet illustre abbé, il s'appliqua plus à rendre

par un travail continuel dans la vigne du Seigneur, vou-> mettent au dessus des aulr ■•» hommes. Il faut fermer les yeux à la lumière pour no pas reconnaître la vérité, de la manière dont elle est exposée par votre excellente plume. Vous êtes comme un autre saint Pau), dont les travaux ne se bornent pas à une seule nation ou à une seule province : vos ouvrages parlent présentement en la plupart des langues de l'Europe ; et vos prosélytes publient vos triomphes en des langues que vous n'entendez pas.

Je suis obligé en mon particulier de rendre grâces à Dieu, de ce (pie j'ai appris uno langue par le moyen de laquelle j'ai reçu un si grand avantage. Si j'avais pu écrire en cette même langue, j'aurais eu le bonheur de vous expliquer mes pensées sans le secours d'un interprète. Je suis donc obligé, Monseigneur, de prier M. l'abbé Renaudot, qui vous a fait connaître l'engagement que j'ai contracté avec vous, puisque je suis devenu un de vos enfants, et par le moyeu duquel j'ai reçu les otfres charitables que vous avez faites de votre secours pour mon instruction, et pour me confirmer dans la connaissance de la vérité, de vous interpréter ce très-liumble témoignage de ma reconnaissance envers vous, à qui je suis redevable d'un si grand bien.

En vérité, Monseigneur, je le ressens autant que mon cœur en est capable. Si je pouvais vous aller trouver, j'accepterais très-volontiers vos offres généreuses ; quoique, grâce à Dieu, il ne me soit pas reslé le moindre scrupule, touchant la doctrine de l'Eglise catholique, avant môme que je lisse profession de cette sainte foi. Je puis dire, Monseigneur, que je l'ai embrassée contre tout ce qu'il y avait de considérations mondaines ; et que si la force de la vérité ne m'avait pas porté à le faire, j'aurais eu le malheur de mourir dans l'incrédulité. Mais, en étant pleinement convaincu, je crois qu'étant soutenu par la force de la grâce de Dieu, je l'aurais embrassée quand même il aurait fallu souffrir une mort cruelle un moment après.

Permettez-moi, Monseigneur, de dire que je bénis Dieu pour la grâce qu'il m'a faite de connaître la lumière de la vérité, et de vous rendre ensuite de très-humbles grâces de l'avantage que j'ai reçu par votre moyen. Je suis incapable de vous rendre aucun service, et même, au lieu de m 'acquitter de ce que je vous dois, il faut que je m'engage à vous devoir encore davantage, en vous demandant votre bénédiction et vos prières; afin qu'avec la connaissance de la véritable religion, Dieu me fasse la grâce de vivre conformément à ce qu'elle enseigne, et que

exactement et littéralement les pensées de L'auteur, qu'à leur prêter en notre langue de l'élégance et des ornements. Rien aussi ne convenait mieux, afin d'expliquer à Bossuet, le plus futilement qu'il était possible, les demandes ou les questions du lord, et que ce prélat, saisissant bien ses idée.-, y répondit précisément.

UEtVRLS COMPLETES DE BOSSUET.

je oe déshonore pas une si sainte profession. Celle charité «joutera a l'obligalion que j'ai déjàd'èlre avec lonlela soumission possible el un profond respect, etc.

De 1. ndres, ce 12 novembre ics:>.

\ MllOHO PBRTB (-"8).

]l relire les circonstances admirables de sa t»tWtrsion , lui témoigne combien il est louche de l'accw/lement de l'Angleterre, et /-• désir ai lient gu'il a d'y voir re/leurir 'a bonne foi.

Votre conversion a rempli de joie le ciel el a leno, et je ne puis vous exprimer combien elle a l'ail répandre de pieuses larmes. On voil clairement que c'est l'œuvre de la main de Dieu. Les conjonctures dans lesquelles vous vous êtes déclaré ont fait voir que vous étiez ce sage négociateur de l'Evangile, qui, ayant trouvé la vérité comme une perle d'un prix inestimable, a donne tout ce qu'il avait pour l'acquérir : c'est, milord, ce que vous avez fait. Vous avez fait même quelque chose de plus : car, on vous exposant à tout pour le royaume de Dieu, vous avez eu encore à craindre les reproches de ceux qui soupçonneraient que vous aviez agi par des vues humaines, qui «si l.i cho-e du monde la plus capable d'afiliyer un cœur aussi bon et aussi généreux que le vôtre. Dieu par sa grâce vous a élevé au-dessus de toutes c- s tentations : et, louché de son Saint-Esprit, vous avez dit avec saint Paul : Quand il a plu à celui qui m'a choisi et qui m'a appelé par sa grâce, incontinent je n'ai plus écouté la chair ni h sang. (Galat. 1, 16.) Voilà, Milord, ce qui réjouit toute l'Eglise. La part que vous publiez que Dieu m'a donnée à ce grand ouvra-e sert encore à montrer qu'il est celui qui emploie les petites choses, non plus pour confondre, mais pour accomplir les grandes ; et l'honneur que vous rendez à l'épiscopat, en mon indigne personne, achève de découvrir en vous un cœur véritablement chrétien.

J'espère donc, Milord, que Dieu, qui a opéré de si grandes choses dans un homme de votre élévation et de voire mérite, les fera servir ;m salut (Je plusieurs; et, dans celte heureuse occasion, je suis sollicité à redoubler les vœux que je fais depuis si longtemps pour la conversion -de lalirande- Brelagne. Je vous avoue que lorsqueje considère la piété admirable qui a si longtemps fleuri dans celte île, autrefois l'exempledu

f2"8) C'est ici la première lettre de Bossuel à mi- 1 »rd Pei ih : mais depuis celle époque jusqu'au jour où ce lard fut arrêté, le prélat lui en écrivit plusieurs autres, dont aucune ne nous est parvenue. H a présumer que la populace, qui, après s'être révoltée, vint fondre dans l'hôtel du lord, où elle pilla tout ce qu'elle trouva, brûla les poitrails du roi, de Bossuct, du lord, et jusqu'à un crucifix, n'aura pas épargné ses papiers, et que les lettres de no- 1 l | Am auront été consumées dans cet incendie.

monde, je sens s il m'est permis de le dire, mou esprit ému po moi-même, à l'exemple

de saint Paul, en la voyant attachée à l'îierésie; et je frémis de voir qu'en quittant ul foi de tant de saints qu'elle a portés, elle soit obligée de condamner leur conduite, et de perdre en même temps de si beaux exemples qui lui étaient donnés pour l'éclairer. Mais j'espère plus (pie jamais que Dieu la regardera en pitié.

L'écrit de feu Mme la duchesse d'York (279) et celui du feu roi d'Angleterre (280), qui a commencé à vous ébranler, sont des témoignages qu'il a suscités en nos jours pour faire revivre la foi ancienne. L'exemple du roi d'aujourd'hui, et la bénédiction que Dieu donne visiblement à sa conduite, aussi prudente que vigoureuse, est capable de toucher les plus insensibles.

Je regarde toutes ces choses^omme des marques du côté de Dieu, d'une bonté qui commence à se laisser fléchir ; et je ne cesse de le prier qu'il achève son ouvrage, lui à qui rien n'est impossible.

Puisse son divin Esprit se répandre avec abondance sur les Catholiquesqui sont parmi vous; alin qu'ils ne croient pas avoir tout fait, en combattant comme ils font courageusement pour la foi ; mais qu'à votre exemple, Milord, ils montrent leur foi parleurs œuvres, el qu'ils apprennent de vous à respecter unanimement l'ordre apostolique el la sainte hiérarchie de l'Eglise.

Pour moi, en me détachant de ce qui me regarde dans la lettre que vous m'avez fan l'honneur de m'écrire, je suis si éditié de la piété qu'on y ressent à chaque mot, que, loin de présumer que je sois capable de vous continuer dans la foi, je me sens confirmé moi-même par les merveilleux sentiments que Dieu vous inspire : et, dans la confiance que j'ai en celui qui agit en vous, je vous donne de tout mon cœur la bénédiction que vous souhaitez, me déclarant pour jamais, avec un respect mêlé de tendresse, etc.

A Paris, ce 28 novembre 1685.

DE MILORD PEKTH.

Grands sentiments de ce néophyte; heureuses espérances qu'il concevait touchant la conversion des Anglais ; son respect pour les Pères de l'Eglise, pour le clergé de France, el pour Bossuet en particulier.

Si un voyage de cent lieues et un accablement extraordinaire d'affaires, que j'ai

Nous avons d'autant lieu de le penser , que les lettres écrites par liossuel à ce lord, depuis sa prison, nous ont toutes été conservées : son lils en envoya des copies exactes à l'évèque de Troyes, sur lesquelles elles seront ici imprimées.

("271)) Première femme de Jacques H, roi d'Angleleire.

(280) Charles II, frère et prédécesseur de Jac ques II.

FAUT. XIV. i :.l fil : tbES.

e.ies à mon arrivée, ne vous demandaient pardon pour moi, je le pourrais seulement espérer (Je votre bonté. Maïs ""en vérité j'ai

Clé (('Moment fatigué depuis mon arrivée, (pie je mérite compassion : cl ainsi j'espère que mon silence, après une leltre t Ile (pie celle que, j'ai reçue de vous, ne pourra élre attribué a aucune négligence ni manque de réflexion. Je suis trop convaincu de 1 honneur el du bonheur que j'ai de ce (p e vous voulez bien prendre soin (Je moi, et • de la grâce que vous me faites d'emplov< r votre chatité, votre grande science et votre capacité à éclairer mes difficultés, même dans des matières qui ne sont pas assez importantes pour être proposées à une personne si dignement occupée des affaires de la plus grande conséquence. I..a grande réputation que vous avez acquise dans le monde, avec faut de justice, par les voies les plus honorables, fait que la correspondance qu'on a avec vous donne une telle tentation de vaine gloire, que je n'eusse osé presque m'y exposer, si je n'avais pas considéré qu'avec toutes ces grandes qualités, une connaissance si étendue, tant de science el d'expérience, vous avez une piété solide, el un jugement capable de conserver vos autres talents en leur propre place, el d'en faire usage pour les meilleures fins, avec une charité capable de vous faire embrasser toutes les occasions d'avancer l'honneur do Dieu, et de faire du bien aux hommes. C'est pourquoi j'ai recours au sainl, pour lui demander son assistance, et non pas au t;rand homme par un simple motif de vanité. J'espère qu'en ces deux qualités vous m'accorderez la seule chose que je puis vous demander, qui est vos prières; afin que je puisse faire un bon usage de ce queje dois espérer de vos excellentes qualités pour mon instruction, et pour m'encourager à en faire mon profit.

Je lis avec confusion les expressions pleines de bonté à mon égard, qui se trouvent dans la lettre très-obligeante que vous m'avez écrite. C'est ce qui m'a fait croire certainement que mes sentiments vous ont été expliqués selon leur véritable sens. Je reconnais queje ne suis rien selon l'opinion que je pourrais avoir de moi-même ; mais seulement selon ce queje suis dans la vue de Dieu: c'e-t pourquoi je ne suis fias fâché de trouver que chacun n'a pas pour moi la même charité que vous. C'est à Dieu qu'on offre le service qu'on rend à la religion. S'il tonnait la sincérité d'un bon cœur, je n'ai pas besoin de me mettre fort en peine du jugement que les hommes peuvent faire de moi. J'ose même dire que mon principal dessein, en tachant de passer pour sincère parmi les hommes, est dans la vue que cela peut me rendre plus capab'e de faire du bien dans la place où la divine Providence m'a établi. Si j'y réussis, que Dieu eu ait toute la gloire :

si jt* n'y réussis pas, je souhaite que quelque autre plus capable que moi, prenne un place, pour venir à bout de ce que j'aurais son h ai té faire si je l'avais pu, en ramenant un grand nombre de personnes à l'Eglise de Dieu.

Il semble que le temps soit favorable, pâme qu'il paraît une grande disposition dans les esprits à s'éelaireir des matières qui concernent la religion, pour lâcher de faire ouvrir les yeux à ceux qui ont été depuis si longtemps aveuglés par les fausses représentations des vérités de la religion. Je travaille à faire traduire la préface et les approbations, qui sont à la tôle de la dernière édition de votre excellent livre de V Exposition de la foi, et à le faire réimprimer (281). Car comme les persécuteurs des premiers Chrétiens les revêtaient d'habits extravagants pour les exposer à la risée et à la moquerie, ou les couvraient de peaux de bêtes sauvages pour les faire déchirer par d'autres; de même ici les dogmes de l'Eglise catholique ont été tournés en ridicule ou représentés comme impies, pour faire que la foi de l'Eglise eût le même sort qu'avaient eu autrefois ses martyrs.

Plusieurs hommes de bien n'ont besoin que d'être désabusés. J'ai fait celte expérience en la personne de mon frère, qui, en huit jours de conversation qu'il a eue avt'c moi, quoique de si faillies moyens ne pussent avoir un heureux effet que par la bonté de la cause, est devenu un très-bon Catholique. J'espère, avec la grâce de Dieu, qu'il servira fort utilement à avancer les intérêts de notre sainte religion en ce pays; sa chai lui donnant plusieurs belles occasions de le faire.

Depuis queje suis arrivé ici, le précepteur de mon fils, minisire de grande espérajice, et qui, selon ceux qur* gouvernent toi. était un homme fort propre à être avancé dans de grands emplois, à cause de son jugement solide, de son savoir et de sa piété, après» une mûre délibération et une longue résistance, a renoncé à toutes ses espérances et prétentions, pour se faire Catholique. C'est ce qui me fait espérer qu'il se fera encore plus de bien en ce pays. Car , après avoir vu qu'en ôlant seulement cemasque affreux dont par malice on a déguisé la vérité, cela seul a été cause que deux personnes telles que je vous ai dites l'ont embrassée; certainement il y en aura plusieurs autres qui s'engageront à la recherche des raisons qu'ils ont eues pour faire un changement si important, et avec la grâce de Dieu ils suivront leur exemple. C'est pourquoi, .Monseigneur, si vous pouvez, nous donner quelque chose qui puisse contribuer a un aussi bon dessein que celui de la conversion de ces pauvres nationsabusées, le temps serait favorable. C'est ce que je vous demande d'autant plus volon-

("28 S) Il y a lieu de penser quo le traducteur ,\ù< en œuvre par milordPcrth était le P. Juhnsion, Bénédictin anglais, -Joui nous avons quelques lettres

écrites à Bossuet, dans cette même année 1686, <i que l'on trouvera à la suite de VExposUion, ton». I %

tiers, que j ai appris que vous aviez depuis peu été fort occupé à conférer avec lesn'ouveaui invertis, el qu'il restait encore do quoi travail l< r avec quelques-uns.

Vous rai tes, Monseigneur, quelques ré- (] xions sur la considération et le très-humj) e ri specl qu i j'ai pour l'office apostolique

- évoques. Je vous dirai sur ce sujet que, lorsque j'étais le plus zélé pour l'erreur, j avais une (elle vénération pour l'ordre el la mie des évêques, que je n'ai jamais eu que des pensées fort respectueuses pour les saints hommes revêtus autrefois de cette dignité dans les Eglises d'Orient cl d'Occident. Ce respect avait besoin d'èlr.e un peu rectifié ; et présentement , outre les ani iens Pères, aux prières desquels je me recommande tous les jours, il y en a trois do ce dernier temps dont je lis les Vies avec admiration et avec plaisir, qui sont saint Charles Borromée, saint François de Sales, et dom Barthélémy des Martyrs. Et comme je respecte en général tous les évoques de l'Eglise catholique, aussi il me semble que ceux de Fiance méritent d'être estimés pardessus tous les autres de ce siècle,, pour avoir pris tant de peine à mettre leur clergé dans l'état où doivent être de véritables ecclésiastiques. A quoi j'ajouterai sans flatterie que Mgr l'évoque de Meaux, quand je ne lui aurais aucune obligation, quoiqueje lui sois redevable de quelque chose qui vaut plus que tout ce qu'il p.eul y avoir au monde, lient tellement la première place dans mon estime, mon respect et mon affection, que je ne le puis exprimer. Celte comparaison ne vous plaira peul-êlre pas ; mais je suis tûr qu'elle est fort juste.

Il faudra que le digne abbé Rcnaudol supplée à mon ignorance pour vous expliquer mes véritables sentiments, et vous faire entendre ce que j'ai voulu vous dire. La traduction qu'il a faite de ma précédente, lettre ii tellement suppléé au défaut de l'original, que je lui ensuis fort obligé : car si vous avez* conçu quelque bonne opinion de moi, je lui en suis redevable; voyant qu'il m'a donné j ar sa traduction quelques avantages que la nature m'a refusés, ainsi qu'on l'aurait j u juger par l'original de ce que je vous ai écrit.

Je. ne vous importunerai pas davantage, si ce n'est pour vous prier de me donner voire bénédiction épiscopale et paternelle; puisque je suis un de vos enfants, el que j'ai pour vous tous les sentiments de respect, de soumission et d'affection possible. Conservezmoi donc, s'il vous plaît, un peu de part dans votre souvenir; et Dieu veuille que vous me l'accordiez à voire Mémento au saint aule!, lorsque vous célébrez le sacrifice de la .Messe; el faites-moi l'honneur de me croire toujours, etc.

Edimbourg, ce 8 février 1086

<2X2 Les protestants ont publié celte lettre à la Gn tlu recueil ilont nous avons déjà parlé, qui a e Lu séduction éludé.:, p. îi ci suiv.

^Sr>) C'est la fccoiule lettre «pic le> protestants'

\ l N JUIF RETIRÉ i:n ANGLETERRE,

Qui, après avoir embrassé la religion catholique, l'avait quittée pour passer dieu les protestants

7/ le sollicite arec toute la tendresse d'un pèl e de rentrer dans le sein de l'Eglise.

Quelle nouvelle pour moi (pie celle do voire sortie hors de l'Eglise ! Dieu m'a voulu humilier : car, après ce que vous aviez écrit dans votre dernier ouvrage, je croyais que vous deviendriez un des plus grands défen-r seurs de notre sainte croyance, et je vous en vois l'ennemi : mais j'espère que je ne sciai pas frustré dans mon attente. Dieu a voulu vous humilier aussi bien que moi par votre cbule , pour vous rendre a son Eglise, plus docile, plus soumis, et par là plus éclairé. Je vis clans cette espérance ; et cependant, en quelque moment que Dieu vous touche lo cœur, venez à moi sans rien craindre : vous y trouverez un appui très-sûr pour toutes choses, un ami, un frère, un père, qui ne vous oubliera jamais, cl jamais ne cessera de vous rappeler à l'Eglise par les cris qu'il fera à Dieu. Je ne vous ai point écrit jusqu'à celle heure, parce que j'ai appris que vous aviez été malade. Serait-ce que Dieu aurait voulu vous parler dans cet élatd'ahatiement? Tous les moments sont à lui. Hélas 1 serait il possible que la confusion que vous trouvez aux lieux où vous êtes ne vous fasse point souvenir de Sion et de sa sainle unité, ni sentir quel malheur c'est que d'avoir rejeté l'autorité do l'Eglise ? Je ne veux point disputer, et j'aime mieux finir en vous embrassant de tout mon cœur. Revenez, mon fils, etc.

A S&int-Germain, ce 2 mars 168G.

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