‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 193 sur 458 · AU P. MALDLIT, PRÊTRE DE L'ORATOIRE · texte numérisé non relu

AU P. MALDLIT, PRÊTRE DE L'ORATOIRE

Bossuet lui parle de deux psaumes en vers, que ce Pire lui avait envoyés; lui fait connaître ce qu'il pense des interprètes protestants , et lui marque les sources où il avait puisé pour faire ses notes sur les Psaumes.

J'ai reçu, mon révérend Père, votre lettre du 3, et je suis très-aise que le Psautier qu'on vous a donné de ma ptirt vous ait agréé. Les deux psaumes que vous m'avez envoyés m'ont transporté en esprit dans les temps où ils ont été composés ; et si je n'ose encore prononcer sur l'impression, c'est à cause que je n'ose aussi me fier à mon jugement, ni à mon goût sur la poésie, dans l'extrême délicatesse, pour ne pas dire dans la mauvaise humeur de notre siècle.

11 me paraît, par les remarques que vous faites sur la Synopse d'Angleterre, que vous avez quelque pensée que je m'en suis beaucoup servi ; mais je ne veux* pas vous laisser dans cette opinion. J'en ai parcouru cinq ou six psaumes, dans les endroits les plus obscurs, etj'y ai trouvé ordinairement plus d'embarras et de confusion que de secours. De tous les interprètes protestants, il n'y a presque que Grotius, s il le faut mettre de ce nombre, qui mérite d'être lu pour les choses, et Drusius pour les textes. An reste, ce qu'on entasse et dans la Synopse et même dans les critiques d'Angleterre, se trouve •non seulement plus autorisé, mais plus pur. et mieux expliqué dans les saints Pères : en

PART XIV. LftTPiES !>!,

nos

sorte que je ne laisse à ces critiques protestants qu'on nous vante tant, que quelques remarques sur la grammaire. Parmi les Catholiques, Muis (318) emporte le prix, à mon gré, sans comparaison.

Et voilà, mon révérend Père, à ne vous rien déguiser, tout le secours que j'ai eu ; cl je ne voudrais pas que vous crussiez que les protestants m'aient beaucoup servi, ou que j'improuve ce que vous en dites sur saint Paul. Au contraire, je suis tout à t'ait de votre avis; et ce n'est pas seulement par piété, mais par connaissance, que je donne la palme aux nôtres. Quand je serai à loisir chez moi, et que j'aurai eu plus de temps de considérer votre Analyse (319), je vous en dirai ma pensée. Je ne puis à présent vous dire autre chose sinon que ce que j'en ai pu lire m'a fort plu. Je suis de tout mon cœur, mon révérend Père, etc.

A Versailles, ce 7 mars 1691.

A M. DE RANCÉ. AUBE DE LA TtUPPE.

Sur les dispositions du roi pour la Trappe, et te triste état des affaires.

Voilà, Monsieur, les deux lettres que j'avais oublié de vous porter. Si vous prenez Ja peine de nf adresser la réponse, je serai plus fidèle à la rendre en main propre.

Je n'ai l'ait que passer à Versailles, où j'ai trouvé le roi prêt à partir pour Marly. On m'assure de tous côtés qu'il est tout à fait revenu pour ia Trappe. Je ne manquerai pas l'occasion d'en être informé par moi-même. 1! me paraît qu'il est nécessaire de redoubler les prières, à cause du mauvais état des affaires, et des autres fâcheuses conjonctures qui peuvent mettre la religion en un extrême péril, si Dieu n'y pourvoit par un coup de sa main.

On a très-bonne espérance de la conclusion des affaisès de Ilome. Je m'en vais dans quatre jours attendre dans mon diocèse l'effet do ces bonnes dispositions, pour en rendre grâces à Dieu. Je ne puis vous témoigner combien je ressens de joie de vous avoir vu, ni combien je suis touché de votre amitié.

A Paris, ce 29 août 1791.

LETTRE CLXïl.

A M. MCOLL.

Il lui témoigne la joie qu'il ressent des nu;r- (;ups de son amitié et de son approbation ; déplore les maux causés à la religion en France par les protestants, lorsqu'elle était obligée de les porter dans son sein, cl donne une juste idée de Richard Simon et de ses écrits.

J'ai toujours, Monsieur, beaucoup de joie

quana je reçois di s marques de votre amitié et de Votre approbation. L'une de ces deux choses me fait grand plaisir, et l'autre m'est fort utile, parce qu'elle nie fortifie, mais surtout à l'occasion du dernier ouvrage (320;. J'ai été Irès-àïse de vous voir appuver particulièrement sur une chose que je n'ai voulu dire qu'en passant, pour le*, raisons que vous aurez arsément pénétrées, et que néanmoins je désirais fort qu'on remarquât.

C'est, Monsieur, sur le triste état de la France, lorsqu'elle était obligée de nourrir et de tolérer, sous le nom de reforme, tant de sociniens cachés, tant de gens sans religion, et (jui ne songeaient, de l'aveu même d'un ministre, qu'à renverser le christianisme. Je ne veux point raisonner sur tout ce qui est {tassé en politique raffinée : j'adore avec vous les desseins de Dieu, qui a voulu révéler, par la dispersion de nos» protestants, ce mystère d'iniquité, et purger la France de ces monstres. Une dangereuse et libertine critique se fomentait parmi nous : quelques auteurs catholiques s'en laissaient infecter; et celui qui veut s'imaginer qu'il est le premier critique de nos jours (3-21) travaillait sourdement à cet ouvrage. Il a été depuis peu repoussé comme il méritait, mais je ne sais si on ouvrira les yeux à ses artifices. Je sais en combien d'endroits et par quels moyens il trouve de la protection ; et, sans parler des autres raisons, il est vrai que bien des g'ens qui ne voient pas les conséquences, avalent, sans y prendre garde, le poison qui est caché dans les principes. Pour moi* il ne m'a jamais trompé; et je n'ai jamais ouvert aucun de ses livres, où je n'aie bientôt ressenti un sourd dessein de saper les fondements de la religion : je dis sourd par rapport à ceux qui ne sont pas exercés en ces matières ; mais néanmoins assez manifeste à ceux qui ont pris soin de les pénétrer.

'e finis en vous assurant de tout mon cœur de mes très-humbles services, et en priant Dieu qu'il vous conserve pour soutenir la cause de son Eglise, dont \os ouvrages me paraissent un arsenal.

A Meaux, ce 7 décembre ÎC91.

AU M AKKCRAL DE BEI.LEFGNDS.

Il l exhorte à souffrir avec une h,:.; hic soumission la perte de son fils, que Ditului avait enlevé.

Je me suis tu, et je n'ai pas seulement ouvert la bouche , parce que c'est vous qui l'avez l'ait ; c'est ce que disait David. (Psnt. xxxvïii, 10.) Jésus-Chris!, qui vous présente à boire son calice, vous apprend en même temps à dire : Votre volonté soit faite.

(318) Siméon <Ie Muis, profess: ur en langue hébraïque au collège royal, mon. en HiAi. Sju Commentaire sur les psaumes est irès-estimé.

(3i9j Le P. Mauduit a donné Analyses de* Evangiles, des Acies, des Epitres de saint Paul et des

Epitres canoniques, qui sont irès-eslîmées.

^5^0) Le sixième Avertissement aux protestants, ou la Défense de l'Histoire des variations, qui parurent celle année.

(32 î) Richard Simon.

Ma::!:, kxvi, tt.) Je ajoute rien à cela, Monsieur, si ce nesl que je m'en vais offrir a Dieu 'in sainl autel vos regrets et vos soumissions, el celles de votre famille, et le prier du meilleur de mou cœur qu'il vous donne) tous les consolations que lui seul

H i vki S COMPLETES DL Bossu T.

Bien éloigné ilu

sentiment de ceux qui croient avoir satisfait à tous leurs devoirs pourvu qu'ils se confessent en mourant

sans rien mettre de chrétien dans tout lu reste île leur vie, il pratiquait solidement la piété; et la surprise qui lui est arrivée ne

peut donner, et à lame que vous chérissiez m'empêche pas d'espérer de le trouver dan-, sa grande miséricorde. la compagnie des justes. C'est, Mademoiselle,

ce que j avais dessein d'écrire à Mlle Scudéry, avant môme de recevoir votre lettre : et je m'acquitte d'autant plus volontiers de ce devoir, que vous me faites connaître que mon témoignage ne sera pas inutile pour la consoler. Je profile de celle occasion pour vous assurer, Mademoiselle, de mes trèshunibles respects, el vous demander l'honneurdcla continuation de votre amitié. A Versailles, ce 14 février 1693.

A Gormigny, ce 10 août 1692.

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