RÉPONSE DU MÊME
Aux objections faites contre V explication de la nature du corps , par la notion de la force.
Les expressions de M*** étant si obligeantes et si justes, on reçoit ses objections avec autant de plaisir que de profit. Si tout le monde en usait de même, on irait bien loin. 1) parait qu'il n'est pas entêté des opinions qui sont en vogue. J'aurais tort de prétendre qu'il se rende facilement à la mienne, et je ne me flatte pas assez pour espérer de le satisfaire entièrement sur ses objections. Cependant mon devoir veut que je fasse là-dessus ce qui dépend de moi.
I. Je croirais plutôt que la notion de la force est antérieure à celle de l'étendue : parce que l'étendue signifie un amas ou abrégé de plusieurs substances, au lieu que
(329) Celle pièce a été donnée en latin dans les des œuvres de Leibnitz, publiée à Genève en I7l!8, Acia tiruçlitorumàc Leipsick.au mois de mars 1694, par M. Outens, p. 18 et !',). L'éditeur a réuni dans
p. 110 cl 11J; et elle se trouve de même en latin seulement, dans le second volume de la collection
ee volume beaucoup d'autres écrits qui oui rapport à la môme matière.
'. Il
utXNKLS COMPLETES DE BOSSU ET.
la ton 8 m (toil trouver même dans un sujet qui n'esl qu'une seule substance : or, l'unité . si antérieure h la multitude. On peut môme dire que laforoe est le constitutif dos subslanci'N, comme l'action, qui est l'exercice de la force, cm esl le caractère : car les actions ne conviennent qu'aux substances , et conviennent toujours à toutes les substances.
11. LorsquiJ s'agit de l'idée de la force, je ne saurais taire autre chose que d'en donner la définition , comme j'ai fait : les propriétés qu'on en tirera la feront d'autant mieux connaître. Son idée n'est point du nombre île celles qu'on peut atteindre par ['imagination; et ou ne doit rien chercher ici (jui la puisse frapper. Ayant mis à part l'étendue et ses moditicalions ou changements, on ne trouvera rien dans la nature qui soit plus intelligible que la force.
JIJ. Mon axiome n'est pas seulement :
Quod ejfectus integerrespondeal causœ plenœ ; mais, (Jitod effeelus integer sit œqualis causœ plenœ. Et je ne l'emploie pas pour rendre raison de la force primitive, qui n'en a pas besoin ; mais pour expliquer les phénomènes de la force secondaire : car il me fournit des équations dans la mécanique, comme l'axiome vulgaire, que le tout est égal à ses parties prises ensemble, nous en fournit dans la géométrie. La force primitive dans les corps est indéfinie d'elle-même : mais il en résulte la force secondaire, qui est comme une détermination de la primitive, provenant des combinaisons et rencontres des corps.
IV. Je n'ai garde de dire que la controverse de la présence réelle est terminée par ce que j'ai proposé : mais il me semble au moins que cette présence est incompatible avec l'opinion de ceux qui font consister l'essence du corps dans l'étendue. L'impénétrabilité naturelle des corps ne vient que de leur résistance, qui doit obéir à la volonté de Dieu : et cette résistance des corps n'est autre chose que la puissance passive de la matière.
V. Ce que j'ai répondu à la première difficulté servira encore ici : et puisque tout ce qu'on conçoit dans les substances se réunit à leurs actions et passions, et aux dispositions qu'elles ont pour cet effet, je ne vois pas qu'on y puisse trouver quelque chose de plus primitif que le principe de tout cela, c'est-à-dire que la force. Il est bien manifeste aussi que la force d'agir des corps est quelque chose de distinct, et d'indépendant de tout ce qu'on y conçoit d'ailleurs : tout le reste y étant comme mort sans elle, et incai able de produire quelque Rangement. La faculté, qui faisait du bruit dans les écoles, n'est rien qu'une possibilité prochaine pour agir : mais la force d'a-ir
est une entéléchie ou bien un acte positif; ' l cesl ce qu'on demande. La seule pos.i- 'Jililé ne produit rien, si on ne la met en acte; mais la force produit tout. Elle est porte de soi-même à l'action, et on n'a point besoin de ! aider ; il suffit qu'on ne l'empêche
T'Oint.
On peut ajouter ce qu'il y a sur celte
matière dans le Journal des savants, 18 juin 1691, 10 juillet 1091, et 5 janvier 1093.
LETTRE CLXXIL
A LE1UMTZ.
liossuet lui /ait connaître le jugement qu'il porte de ses écrits sur l'essence du corps.
Ton tes les fois cjueM.de Leibnilz entreprendra de prouver que l'essence du corps n'est pas dans l'étendue actuelle, non plus que celle de l'âme dans la pensée actuelle, je me déclare hautement pour lui. J'ai même travaillé sur ce sujet; et je prétends pouvoir démontrer, par M. Descartes, qu'il na point sur cela un autre sentiment que celui de l'école. En cela donc, comme en beaucoup d'autres choses, ses disciples ont fort embrouillé ses idées: les siennes même n'ont pas été fort nettes, lorsqu'il a conclu l'inimité de ce vide qu'on imagine hors du monde; en quoi il s'est fort trompé: et je crois que de son erreur on pourrait induire, par conséquences légitimes, l'impossibilité de la création et de la destruction des substances; quoique rien au monde ne soit plus contraire à l'idée de l'être parfait, que ce philosophe prend pour principal moyen de l'existence de Dieu.
Quant au surplus de la dynamique, je m'en instruirai avec plaisir; car autant que je suis ennemi des nouveautés qui ont rapport avee la foi, autant suis-je favorable , s'il est permis de l'avouer, à celles qui sont de pure philosophie; parce qu'en cela on doit et on peut profiter tous les jours, tant par le raisonnement que par l'cxpérieuce.
Août 1093.
LETTRE CLXXHL
DE LE1B1NITZ.
Sur la réponse de Bossuei.
Le petit discours de Vessence du corps ne saurait partir que d'une main excellente; el comme il est marqué qu'elle a travaillé sur cette matière, j'en attends des lumières considérables. Le parallèle de la pensée actuelle de l'âme avec l'étendue actuelle du corps esl fort juste. Je suis effectivement d'opinion qu"il est aussi naturel à l'âme de penser, qu'au corps d'être étendu; quoique cet effet naturel puisse être suspendu par la cause suprême. Cependant il n'est pas assez, pour éclaircir la nature du corps, qu'on lui attribue une simple possibilité, qui ne dit que ce qu'il pourrait avoir : il faut lui attribuer quelque chose d'effectif, savoir la puissance, qui est un état dont l'effet suit, pourvu que rien ne l'empêche. Cette puissance, quand elle est primitive, est proprement la nature du corps; c'est-à-dire, selon la définition d'Aristote, le principe du mouvement el du repos, ou plutôt de la résistance au mouvement. Car je crois que naturellement Je corps n'est jamais dans un parfait repos, non plus que l'âme sans pensée ; et je suis
PART. XIV. LETTRES DIVERSES
persuade que l'action convient toujours naturellement à toutes les substances. Kn quoi l'on voit que nos nouveaux philosophes, qui ne sont pas instruits de ces vérités, n'ont pas eu la véritable idée du corps : car l'étendue ne leur donne qu'une idée incomplète, qui n'est point celle de la suhslance. Cela n'empêche pas que tout se fasse dans le corps selon les lois de la mécanique : mais l'origine de ces lois vient d'une cause supérieure, comme mes dynamiques le fe- . ront voir; et j'ai déjà montré, dans le Journal des savants, qu'elles ne sauraient venir de la seule notion de l'étendue.
] Je crois que l'école a raison ; mais qu'ello a été méprisée de nos temps, parce qu'elle ne s'était pas expliquée par quelque chose d'assez intelligible. La notion de la force y est merveilleusement propre. Je dislingue entre la force primitive du corps, qui est do son essence, et qui est en quelque façon intinie, et entre la force accidentaire, qui est une modification de la force primitive, née des circonstances des corps ambiants : c'est ce qu'on appelle la force mouvante, qui a lieu dans les machines.
« La découverte que je fis de la véritable loi de la nature sur le mouvement, me fit penser à l'importance de la notion de la force, et au projet d'une science nouvelle, que j'appelle la dynamique. J'avais donné, comme les autres, dans l'opinion vulgaire; mais il y a déjà plusieurs années que je me suis désabusé. Le vulgaire établit une compensation entre la vitesse et la grandeur, co ume si le produit de la vitesse et de la grandeur qui s'appelle la quantité du mouvement, faisait la force. C'est pourquoi M. Descartes, suivant en cela le préjugé commun, a cru que la même quantité de mouvement se conserve. Soient deux corps A et B ; et avant le choc, la vitesse du corps A soit (c), la vitesse du corps B soit (a). Après le choc, celle d'A soit (c) et celle du corps B soit (a). Cela posé, suivant la règle des cartésiens, A multiplié par (c), plus B multiplié par (a), est égal à A multiplié par (c), plus B multiplié par (a), ou bien A c -f B a — A c -f B a. J'ai trouvé que celte règle n'est pas soutenable. Par exemple, supposons que A soit de quatre livres, et B d'une livre: supposons encore qu'avant le choc A soit en mouvement avec la vitesse d'un degré, et B en repos; enfin supposons que, suivant les circonstances toute la force A doive être transférée sur B ; en sorte qu'enfin A soit en repos, et B seul soit en mouvement : cela posé, B recevra quatre degrés de vitesse, selon les cartésiens. Or, j'ai démontré ailleurs que si cela était, nous aurions le mouvement perpétuel tout trouvé, et l'effet plus puissant que sa cause. Car supposons qu'A k ait acquis sa vitesse en tombant de la hauteur d'un pied, et que puis continuant son mouvement dans le plan horizontal, il y donne toute la force à B 1, qui y était auparavant en repos; et que B se trouvant aux bords d'un plan incliné, ou bien au bout d'un pendule, emploie à monter la force
qu'il a reçue : donc B I commençant à monter avec la vitesse 4, montera à la hauteur de seize pieds, suivant lés démonstrations de Galilée. Ainsi, au lieu que la cuise était A h élevé à un pied, l'effet sera B 1 élevé à seize pieds, et l'effet sera le quadruple de sa cause. Car quatre livres élevées à un pied valent autant qu'une livre élevée à quatre pieds : et même nous pourrions avoir le mouvement perpétuel, comme je l'ai démontré ailleurs. Voici comme je le corrige. Mon principe est que ce n'est pas la même quantité de mouvement , mais la même quantité de la force, qui se conserve; que cette conservation consiste dans une équivalence parfaite de l'effet et de la cause ; que réduire au mouvement perpétuel est réduire ad absurdum; qu'ainsi estimant la force par l'effet, on doit estimer la force non pas par le produit du poids et de la vitesse multipliés ensemble, mais par le produit du poids et de la hauteur à laquelle le poids doit monter en vertu de la vitesse qu'il a; cette hauteur n'étant pas en raison des vitesses, mais en raison doublée des vitesses. Dans la mécanique vulgaire du levier, de la poulie, etc., la considération de la hauteur et de la vitesse sont coïncidentes ; ce qui a aidé à tromper les gens ; mais il n'en est pas de même quand il s'agit de ce que j'appelle la force vire.
Ainsi pour rectifier l'équation A (c) -j- B (a)=A{c) -J- B (a), il faut que (c) et (a) ilem (c) et (a) signifient non les vitesses, mais les hauteurs que les vitesses peuvent produire. Et par conséquent, dans le cas particulier proposé, A k avec vitesse 1, rencontrant B k en repos, et lui donnant toute sa force, suivant la supposition, lui donnera la vitesse 2 : car ainsi A k ayant acquis sa vitesse en descendant d'un pied ; B 1, en vertu de la sienne, montera à quatre pied> : et au lieu de la cause qui était l'élévation de quatre livres à un pied, nous avons un efi'et égal à celle cause, qui est l'élévation d'une livre à quatre pieds.
J'ai vu, par cela et par d'autres raisons, que ce n'est pas la quantité du mouvement que la nature conserve ; car il tient de l'être Ue raison ; puisque le mouvement n'existe jamais à la rigueur, ses parties n'existant jamais ensemble : mais que c'est plutôt la force dont la quantité est exactement conservée ; car la force exisle véritablement. On voit aussi la différence entre l'estime par le mouvement et entre l'estime par la force. Il y a encore bien des choses à dire là-dessus; mais cela sullit pour faire entendre mon but.
UD MÉMF..
Sur les avantages de la dynamique , et les
divers jugements que les savants avaient portés du système de LeiOnilz.
C'est avec votre pénétration ordinaire que vous avez bien jugé, Monseigneur, combien
OEUVRES COMPLI n;s DE ROSSt'LT.
dynamique, éla lie comme il faut, pourrait tvoir d'usage dans la théologie. Cari pour m* rien dire de l'opération t!i\^ créatu- -, | . l'union entre lame et le cor) s, elle fait connaître quelque chose de plus qu'on ue savait ordinairement de la nature de la substance matérielle, et de ce qu'il y i'aut reconnaître au delà de l'étendue. J'ai quelqaes pensées là-dessus, que je trouve également propres à éclaircir la théorie îles actions corporelles, et à régler la pratique des mouvements : mais il ne m'a pas encore é possible de les ramasser en un seul corps, à cause des distractions que j'ai. J'en avais communiqué avec M. Arnauid à l'égard de quelques points, sur lesquels nous avons échangé des lettres. Paraprès, je mis dans les Actes de Leipsick, mois de mars 1685, une Démonstration abrégée de l'erreur des cartésiens .sur leur principe qui est la conservation de la quantité du mouvement : au lieu ejue je prétends que la quantité de la : rco se conserve, dont je donne la mesure, différente de celle de la quantité du mouvement. M. l'abbé Catellan y avait répondu dans les Nouvelles de lu République des Lettres, septembre 1036, p, 999; mais sans avoir pris mou sens, comme je reconnus enfin, et le marquai dans les Nouvelles de lembre de l'année suivante. Le révérend P. Uaîebranche» dont j'avais touché lesentiment sur les règles du mouvement, dans ma Hé; li |ue à M. Catellan; lévrier 1087, p. 131, ne m'avait point donné tort en tout, avril -7, p. V«8; et j'avais tâché de justifier ce qu'il n'approuvait pas encore dans les Nouvelles de la République des Lettres, juillet 1087, p. 745, où je m'étais servi d'une espèce d'épreuve assez curieuse, par laquelle on peut juger, sans employer même des expériences, si une hypothèse est bien ajustée; et j'avais trouvé que la cartésienne, i.ussi bien que celle de l'auteur de laRecherche de la vérité, combat avec soi-même, par le moyen d'une interprétation qu'on a droit i;'y donner. Je ne parle point des autres qui ont voulu soutenir le principe des cartésiens dans les Acles de Leipsick, auxquels j'ai répliqué.
Feu M. Pellisson ayant fort goûté ce que j'avais touché de ma dynamique, m'engagea a lui en envoyer un échantillon, pour être communiqué à vos messieurs de l'Académie loyale des s.iences, afin d'en apprendre leur sentiment; mais il ne put l'obtenir, quoique 31. l'abbé Bignon et l'eu M. Thévcnot s'y lussent employ es. C'est pourquoi M. Pellisson approuva que je fisse mettre dans le Journal des savants une règle générale de la composition des mouvements, pour recourir au public. Longtemps auparavant j'avais écrit à M. l'abbé Foucher, chanoine de Dijon, touchant mon hypothèse, et pourquoi je n étais point d'accord du système des causes occasionnelles. Un professeur italien, a quij en avais dit quelque chose en conversation, y prit beaucoup de goût, et m'en ecnvit s , et je lui fis réponse. In ami
. • - - mt voulu savoir de moi
pourquoi je ne mettais pas la nature du co ps dans l'étendue, je lui 6s une réponse, laquelle me paraissait populaire et propre a
entrer dans l'esprit, sans qu'on ait besoin de s'enfoncer bien avant dans les spéculations. Je la lis imprimer dans le Journal des savants, 18 juin 1691. Un cartésien y répondit, 10 juillet 1091 : Je le sus un peu lard ; niais enfin je le sus par l'indication de M. l'abbé Foucher. J'y répliquai alors, 5 janvier 1093; et M. Pellisson trouva ma réplique fort claire. M. Lenl'ant, ministre des Français réfugiés à Berlin, m'écrivit ses doutes sur quelque chose qu'il avait lu dans le Journal de Paris; et je tâchai de le satisfaire. On me manda que M. Bayle avait dessein de faire soutenir quelques thèses sur la nature du corps, où il voulait considérer mon opinion; mais cela n'a point été exécuté. Fnfin, àla semonce d'un ami de Leipsick, je fis insérer dans les Acles de cette année le petit discours cijoint de la nature de la substance, et de l'usage qu'on .y peut faire de la notion de la force. Ainsi, n'ayant point encore eu le loisir de ranger mes pensées, je me suis contenté d'en donner quelques petits échantillons, et de répondre aux amis ou autres qui m'avaient proposés des doutes làdessus ; et c'est le moyen d'avancer insensiblement selon les rencontres.
Je travaille maintenant à mettre par écrit la manière que je crois unique, pour expliquer intelligiblement l'union de l'âme avec le corps, sans avoir besoin de recourir à un concours spécial de Dieu, ni d'employer exprès l'entremise de la première cause pour ce qui se passe ordinairement dans les secondes : c'est enfin de pouvoir soumettre mon opinion au public. Je l'ai déjà eu il y a plusieurs années; et ce n'est qu'un corollaire de la notion que je me suis formée de la substance en général. Si vous le trouvez à propos, Monseigneur, on pourra faire mettre les deux pièces ci- jointes dans le Journal des savants, \ our donner quelque goût do mon dessein. La bonté que vous avez de vous informer de mes pensées, me donne la hardiesse de vous les adresser. Au moins, je crois avoir fait quelques pas à l'égard de la notion qu'on doit avoir de la substance en général, et de la substance corporelle en particulier; et comme je ne trouve rien de si intelligible que la force, je crois que c'est encore à elle qu'on doit recourir pour soutenir la présence réelle, que j'avoue ne pouvoir bien concilier avec 1 opinion qui met l'essence du corps dans une étendue toute nue. Car ce que Descartes avait dit sur le sacrement, ne regardait que la conservation des accidents : et quoique le révérend P. Malebranche nous ai l'ait espérer une conciliation de la mulliprésence avec la notion de l'étendue pure et simple, je ne me souviens pas de i'avolr encore vue. Je suis avec zèle, etc.
<0I7 PART. XIV. LETTRES DIVERSE
A M. DE RANCÉ, ABBÉ DK LA TRAPPE
Vœux qu'il forme pour l'abbaye de la Trappe.
Je reçois, Monsieur, avec une reconnaissance sincère, l'assuranco de la continuation de vos bonlés. Je prie Noire-Seigneur qu'il vous comble de ses grâces avec le troupeau qu'il vous a commis, et que vous soyez tous, comme je l'espère, de ceux dont il a dit : Sanctifiez-les en vérité: je me sanctifie pour eux. (Joan. xvn, 17, 19.)
A Paris, ce 17 janvier 109i.
LETTRE CLXXVf.
DL BOSSU ET A M. DE YEBNON, PROCUREUR DU ROI AU PRÉSIDIAL DE MF.AUX (330).
// le prie d'empêcher les assemblées , et les représentations qui pourraient porter au mal.
Il n'y a rien de plus important que d'empêcher les assemblées^ et de châtier ceux qui excitent les autres : ainsi, je ne puis que louer votre zèle, et vous remercier de l'avis que vous me donnez de ce qui se passe. Pendant que vous prenez lant de soin de réprimer les mal convertis, je vous prie de veiller aussi à l'édification des Catholiques, et d'empêcher les marionnettes, où les représentations honteuses, les discours impurs, et l'heure même des assemblées porté au mal. Jl m'est bien fâcheux, pendant que je tâche à instruire le peuple le mieux que je puis, qu'on m'amène de tels ouvriers, qui en détruisent plus en un moment que je n'en puis édifier par un long travail. Je suis de tout mon cœur, comme vous savez, etc.
A Paris, 18 novembre 1G8G.
il serait à celte occasion, et à un si grand éclat d'un mérite qui se cachait avec lant do Mjin.Enlin, Madame, nous ne perdrons pas M. l'abbé de Fénclon ; vous pourrez en jouir; et moi, quoique provincial, je m'échapperai quelquefois pour Palier embrasser. Recevez, je vous en conjure, les témoignages de ma joie, et les assurances du respect avec lequel je suis, etc.
A Germigny, ce 19 août 1G89.