‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 21 sur 458 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

FRANÇOIS 1". [An 1515.

François, parvenu h la couronne, joignit le titre de duc de Milan à celui de roi de France, et continua les desseins de son prédécesseur. Pour reconquérir ce duché, Louis avait résolu de donner le commandement de son année à Charles, duc de Bourbon, second prince du sang, aussi illustre par sa valeur et par son habileté, que par sa naissance. François Je fit connétable, et songea en même temps aux moyens de commencer l'entreprise.

La première chose qu'il avait à faire était de s'assurer, autant qu'il pouvait, des princes voisins. Il renouvela la ligue avec les Vénitiens, et avec Henri , roi d'Angleterre. On avait cru d'abord dans le conseil de François, qu'il se brouillerait avec un prince si fier, en donnant, comme il lit, la reine Marie à son amant le duc de Sutfolk : niais quand la chose fut faite, on obtint, plus facilement qu'on ne pensait, le consentement de Henri, qui était l'homme du monde sur qui l'amour pouvait le plus, et il pardonna aisément une faute que cette passion avait fait faire.

En même temps l'archiduc Charles faisait proposer à François un accommodement ; ce prince n'avait que quinze ans, et, dès lors, son gouverneur l'accoutumait aux affaires : il lui faisait lire toutes les dépêches, et dans les occasions pressantes il interrompait son sommeil, pour lui porter les paquets. Il lui faisait proposer les affaires en son conseil , prendre les voix , dire son avis ; et quand il manquait, il lui faisait connaître ses fautes en particulier elavec douceur. Enfin il n'oubliait rien pour le rendre capable de gou-

verner son Etat et les royaumes d'Espagne, dont la succession lui allait venir; car Ferdinand , son aïeul, défaillait visiblement et s'attendait à une mort prochaine.

Charles que celle mort devait obliger d'aller bientôt en Espagne, avait inléiêt, durant ce temps, de ne point avoir les Français pour ennemis. Les Flamands étaient enclins a la révolte, et une guerre avec la Flandre eût mis les Pays-Ras en proie. Une raison semblable obligea le roi à souhaiter d'êlre en paix avec Charles, dans le dessein qu'il avait de regagnerle Milanais et de rétablir Jean d'Albreidans son royaume de Navarre.

Dans une conjoncture si favorable, Henri, comte de Nassau, envoyé do Charles, arriva en France, pour faire, au nom de l'archiduc, hommage au roi des comtés de Flandre et d'Artois, et des autres terres qu'il tenait de la couronne. Il négocia la paix, et par le traité qui fut fait, Renée, seconde fille de Louis, alors âgée de quatre ans, était promise à l'archiduc, avec six cent mi Ile ducats de dot, et le duché de Rerri , province au cœur du royaume, qu'on ne craignait point de lui donner, moyennant quoi elle renonçait à toute succession directe et collatérale. Le roi devait secourir Charles d'hommes et de vaisseaux pour son voyage d'Espagne.

Charles s'obligeait aussi à laisser faire le roi dans le duché de Milan, et à restituer la Navarre, quand il aurait recueilli la succession de Ferdinand. Tel fut le traité conclu entre1 François et l'archiduc.

II nri de Nassau, eu négociant hs affaires de son maître, fit aussi les siennes; et Thé-

131 OEUVRES COMPLI

, i,. . .1 il nourrie auprès de

la eine, lui tut accordée en mariage. Celle i aii étant faite, le roi tenta vainemenl de détacher l'cmnoreur cl le roi d'Aragon des inii li ne réussil pas non

plus auprèi - - ' leurs

~. tant par les harannal de Si 'H. que par les probes i: l'emi ereur et de Ferdinand.

\ u Pape, François ne lui deman-

dai! autre chose que d'attendre, pour >c arer, 1'événenirnl tir la guerre, et lui Mettait pour i ■ grands avantages,

t;ini | our le Sainl que pour sa mai-

- i. li le trouva trop » n .. \?é avec Maximi- 1 1 Ferdinand : mais il ne voulait pas se r, résolu de faire quelque temps, en- • le personnage de père commun. Ainsi il amusail par dii propositions ic roi ,

cl Guillaume Budé, maître des requêtes, qu'il lui avail envoyé pour ambassadeur.

Budé était le plus savant homme de son temps, surtout dans les belles-lettres grecques et latines : François les aimait, el dans le dessein qu'il avail de les rétablir, il élevait les hommes savants. Le Pape avait le u, Orne dessein, cl il l'ut le restaurateur des belles-lettres en Italie, comme le roi le fut en France. U s'y était lui-même appliqué, el prenait plaisir d'en parler. Ainsi, ayant auprès de lui un homme comme Budé, il avait un beau moyen de mêler diverses choses à la négociation.

Mais pendant qu'il croyait amuser le roi, il ne s'apercevait pas (pie le connétable détachait de son pafli Octavien Frégose, duc de doues, son intime confident, qu'il avait lui-même établi dans cette place. Il quitta le titre de duc, et commanda dans Gènes au i du roi. Durant ces négociations, la Cour de Home el l'Italie demeuraient tranquilles el ne s'attendaient pas que le roi dût sitôt commencer la guerre. On croyait qu'il lui fallaitq our le moins un an pour affermir son autorité au commencement de son règne, quoique Ferdinand, mieux instruit du naturel des Fiançais, mandât souvent au Pape qu'ils s'accoutumaient d'abord à leur prince naturel, et jamais à un étranger.

Fn effet, François ne songeait qu'à lever

- troupes, sous prétexte de s'opposer aux - qui menaçaient la Bourgogne, sans lémoi, ner encore ses desseins sur le Milanais. Il fut question de trouver de l'argent, le roi en donna la charge à Anloine Duprat, qu'il avait l'ait chancelier de France. Celuici ne trouva point d'autre expédient que de Vendre les charges de judicalure, comme Louis XII avait vendu celles des finances. *t ainsi quu les choses vont toujours en augmentant, et ordinairement de .mal en

Lis.

Pour avoir plus de quoi vendre, il multiplia '.es charges, el il créa une nouvelle chambre de vingt conseillers dans le parieut, qui obtint du roi que celle chambre ne serait \ as formée de tsus ces officiers de nouvelle création, mais que dix seraient

TES DE BOSSl'ET.

ajoutés hune des anciennes chambres, el que dix 'ie-> anciens composeraient la

nouvelle, avec dix nouveaux conseillers.

Cette première création d'offices vénaux a donné lieu dans la suite à une infinilé d'autres, el a rempli le royaume d'une multitude innombrable d'officiers inutiles.

'l'ouï le monde se récria contre celle nouvelle institution, qui rendait, disait-on, la justice même vénale. Le parlement s'y opposa de toute sa force; niais à la fin il fallut- céder à l'autorité du roi et à la nécessité des temps ; el tout ce qu'il put faire, fut d'avoir la permission de mettre dans ses registres qu'il ne passait cette affaire que par le commandenent absolu du roi. Aussitôt après, le roi résolut son départ. Il avail île belles troupes et d'excellents officiers, parmi lesquels était Pierre de Navarre, qui, voyant que son maître l'abandonnait après de si grands services, jusqu'à lui refuser une somme médiocre pour le tirer de prison, fut contraint à la lin de prendre le parti de la France, où il se voyait si bien Irai lé.

Avec ces troupes le roi alla à Lyon, d'où il fit partir en diligence son avant-garde, composée de vingt mille hommes, sous le commandement du connétable. Il donna l'arrière-garde au duc d'Alençon et marcha avec le corps de bataille, après avoir déclaré sa mère régente. Au bruit de son départ, les Suisses jetèrent des troupes dans le passage ùcs Alpes, et le Pape surpris envoya quinze cents chevaux pour les soutenir, sous la conduite de Prosper Colonne. Ainsi il n'y avait rien de [dus difficile que le passage des Alpes, les Suisses ayant occupé les détroits du Monl- Cenis et du Mont-Genèvre, et n.ème le s as (ie Suze, où les deux chemins aboutissaient.

Comme on était dans cet embarras, sans y trouver aucune issue, un paysan découvrit un nouveau chemin qu'il avait trouvé dans la roche nommée Epervière, ou la roque Sparvière. Ce chemin inconnu à tout le monde, quoique étroit et rude au dernier point, parut suffisant 5 passer des troupes et même la cavalerie. On eut avis, en passant, que Prosper Colonne était tranquillement à Villefrauche, sans se défier des Français, qu'il croyait arrêtés au pied des Alpes. Le connétable envoya aussitôt la Palice, fait depuis peu maréchal de France, et connu sous le nom de maréchal de Chabanuas, qui trouva contre l'ordinaire le Pô guéable.

A la vue de Villefranchc, deux gendarmes coururent à bride abattue, et choquèrent si pudeu e .t contre la porte, qu'il y en eut un des deux qui fut renversé du coup dans le fossé, et I autre ayant mis sa lance entre les battanis de la porte» empêcha qu'on ne la fermât, cl en même temps la cavalerie qui suivait s'étant répandue dans la ville, Prosper Colonne fut surpris comme il dînait, et l'ait prisoi nier avec tout ce qu'il commanda-il. Les Suisses, en même temps, abandonnèrent leur pot>le, el se retirèrent

sous Milan pour y assembler leur armée. Le Pape effrayé voulait s'accommoder avec la France; mais il en fut empêché par le cardinal de Médicis, son neveu, partisan de l'empereur et de Ferdinand. La division cependant s'était mise parmi les Suisses, dont quelques troupes vinrent à Novare où ils parlèrent d'accommodement. L'empereur ni Ferdinand ne leur tenaient rien de ce qu'ils avaient promis, mais il leur vint de l'argent du roi d'Aragon. Ainsi le cardinal de Sion, qui avait la qualité do général avec celle de légat du Saint-Siège, les obUgea aisément à faire des demandes excessives. Elles furent méprisées par les députés du roi, et les Suisses ayant délogé de Novare, cette place se rendit à lui.

En même temps, Aimar de Prie surprit Alexandrie et Tortone, et se rendit maître de toutes les places du duché en deçà du Pô ; le roi cependant passa le Tessin, et Pavie se rendit à lui. Il manda au duc de Savoie, son oncle maternel, qui se mêlait do l'accommodement, qu'il le conclût à quelque prix que ce fût, et qu'il accordât aux Suisses leurs prétentions, quoique iniques, disant qu'il était indigne d'un roi de France de prodiguer le sang de ses alliés et de ses sujets, quand il pouvait l'épargner en donnant de l'argent. Ainsi l'accord fut fait avec les Suisses, et il fallut trouver des sommes immenses pour les contenter.

Le roi emprunta tout ce qu'il y avait dans l'armée d'argent monnayé et de vaisselle d'argent, qu'il leur envoya par Lautrec ; mais les Suisses manquèrent de parole. D'autres troupes survinrent, qui leur firent rompre l'accord, et le cardinal de Sion leur persuada d'aller surprendre Lautrec avec son argent; il en fut averti et se retira. Le roi voyant qu'il n'y avait plus de paix à espérer avec les Suisses, résolut de marcher contre eux. Il sut que Laurent de Médicis, avec l'armée ecclésiastique, et le vice-roi deNaples, avec ceile de Ferdinand, devaient passer le Pô pour se joindre aux Suisses : d'un autre côté, Alviane était à Crémone, avec l'armée vénitienne, pour se joindre à lui.

Ainsi il alla droit à Marignan, auprès de Milan, poste qui l'approchait d'Alviane, et (jui était avantageux pour empêcher la jonction de ses ennemis. Il eût pourtant eu peine à réussir dans ce dessein, si la mésintelligence des confédérés n'eût donné le loisir à Alviane de gagner Lodi. Aussitôt que le vice-roi en eut la nouvelle, il retourna promp terrien t a-u delà du Pô, qu'il avait passé, et les Suisses se virent réduits à combattre seuls ou à se retirer.

Ce fut alors que le cardinal de Sion employa toute son éloquence, et les remplit tellement de la gloire qu'ils remporteraient à vaincre, sans le secours de l"urs alliés, toutes les forces de Fiance avec leur roi à la tête, qu'ils se résolurent au combat; de sorte qu'on vin! dire au roi qu'ils âtla-

- II. INST. DE FRANCE, l.tv. w. 134

quaient l'avant-garde, avant qu'il eût su leur Approcha. Ce fut le 13 septembre, à deux heures après-midi, qu'ils commencèrent l'attaque. Ils avaient cinquante mille hommes, et le roi n'eu avait pas moins. Mais les Suisses n'avaient de cavalerie que d'eux petits corps qui s'étaient détachés deux-mêmes de l'armée des confédérés, et qui avaient trouvé moyen de passer.

Le dessein de Rost, général des Suisses, était de se saisir de notre canon et de le tourner contre nous. Ainsi, tout l'effort tomba d'abord sur les lansquenets, qui gardaient l'artillerie : eux qui avaient tant ouï parler d'accommodement, et qui virent (pie l'ennemi laissait la cavalerie pour venir à eux, s'imaginèrent qu'ils étaient trahis, et que les Français les sacrifiaient aux Suisses; ainsi ils reculèrent, tout prêts à se débander.

Le connétable connut leur erreur et donna si ouvertement sur les Suisses, avec la gendarmerie, que les lansquenets eurent le temps de se rassurer. Claude de Guise, qui les commandait, les ranima ; le roi survint avec la bataille et les bandes noires. C'étaient de vieilles troupes allemandes qui avaient quitté le service sous Louis XII, et que François avait regagnées. A son arrivée le choc, fut âpre et le combat opiniâtre; l'ami et l'ennemi étaient pêle-mêle, parce que les deux partis avaient une croix blanche à leur étendard, et les Suisses ne se reconnaissaient entre eux qu'à une clef de drap blanc qu'ils avaient cousue devant leur pourpoint.

La nuit les surprit et ne les sépara pas : ils demeuraient acharnés bataillon à bataillon, et homme à homme, jusqu'à ce qu'épuisés et n'en pouvant plus, ils s'arrêtèrent comme de concert. L'avantage était égal, et les Français étant mêlés parmi les Suisses, Je roi se trouva à cinquante pas du plus gros bataillon des ennemis. Son cheval avait 1 té blessé, et il avait eu lui-même quelques contusions, et il se voyait encore en péril d'être pris; car le mouvement qu'il eût fallu faire pour se retirer eût averti l'ennemi. Ainsi on se. contenta d'éteindre les flambeaux autour do lui et de parler bas. Il avait une soif extrême ; on ne trouva pour tout breuvage (pie de l'eau teinte de sang, qu'on lui apporta dans un casque; il se coucha à plate terre, la tète appuyée sur raffut d'un canon.

Dès la pointe du jour, les Suisses recommencèrent l'attaque avec plus de vigueur que jamais: ils tirent reculer les ban les noires environ six vingts pas, sans pourtant qu'elles se rompissent. J)e notre côté, les lansquenets, animés par le comte de Guiche, tâchaient de réparer la faute du jour précédent; mais ce jeune prince, en combattant avec une valeur extrême, fut abattu par vinxt-deui plaies, et eût péri sans son écujer qui, de couvrant de son corps, donna le temps à la maison du roi de venir ie dégager.

Cependant les Suisses ne cessaient do

pro»

UVKES COMPLETES DE 1 les bandes noires, -

pendant Quatre heures, rien

avmr [mi,

que du terrain. Au contraire, notre artillerie leur ii: i des Blés entières, «m la cavalerie

jetait et les mettait en désordre; c'esl ce qui le* tit résoudre à laisser un peu on repus les ban les noir» - et b venir i rendre la cavalerie | i ière : mais ils furenl bien reçus r l'arrière-garde et par le duc d'Alençon qui soutint leur effort de front; el cependant Aimar de Prie les prit par le flanc, de - i le qu'ils furent contraints de se retirer c beaucoup de désordre ei de précipitation. Ils perdirent dans cette occasion, selon quelques-uns, quatorze nulle hommes, et Imii a tiiv. mille hommes, selon d'autres.

Après la retraite, survint Alviane qui avait marché avec une extrême diligence au premier avis du combat. Il fut outré de le troui ; le dépit il s'attacha à tailler en s deux compagnies qui se reliraient plus lentement que les autres : elles firent une terrible résistance, et les efforts d'Alviane, joints à la douleur qu'il cul d'avoir si peu de part a une journée si glorieuse, lui causa la mort quelque temps après.

Voilà ce qui arriva à ce général, a qui quelques Italiens attribuèrent l'honneur de la victoire, La première chose que lit le roi fut de rendre grâces a Dieu dans le champ bataille, où il lit dire des Messes durant trois jours, cl il lit bâtir une chapelle pour marque de sa réconnaissance. Ensuite, sans perdre de temps, il envoya à la ville de Milan qui se rendit ; il se retira ensuite à Pane, pendant qu'on assiégea le château:

l'armée des Suisses se dissipa, le vice-roi retourna à Naples, et le Pape effrayé, quoi que lui [tût dire son neveu, vit bien qu'il n'y avait rien à faire pour lui qu'a se jeter cuire les bras des Français, il lit son accommodement par l'entremise du duc de Savoie. Le roi et le Pape convinrent qu'ils se défendent

moyen il Qt offrir à Jérôme Moron, chancelier do Milan, avec sa charge de chancelier) qui lui serait conservée, une charge de maître des requêtes de l'hôtel du loi. H n'y

eu avait alors que quatre, et elles étaient forl considérables. Ces offres n'auraient rien

l'ait, s'il n'avait vu la sédition eî !a révolte des Suisses qui étaient en garnison dans le château. Il eut peur qu'ils n'abandonnassent Maximilien, comme ils avaient fait son père Ludovic, el l'en .a gea à se rendre. On stipula pour le duc une grosse pension en France, avec ,1e chapeau de cardinal, si le roi voulait qu'il demeurât en Italie. Le duc sortit du château avec une gaieté surprenante, sans témoigner aucune douleur n'avoir perdu le duché, dont aussi tout le monde le jugeait indigne.

L'entrée du roi dans Milan fut remarquable par sa mine haute et relevée, par les troupes qui le suivaient, et par la manière obligeante dont il recevait tout le monde. U écoula en môme temps, par Laurent de Méditas, diverses demandes du Pape. 11 se rendit facile à les accorder, à condition que le Pape et lui se verraient à Bologne, ce que le Pape accorda facilement. Ces deux princes espéraient de grands avantages de celte entrevue. François victorieux ne croyait pas qu'on pût rien lui refuser en face, dans l'état où se trouvaient les affaires [1516]. Léon espérait tout de la souplesse de son esprit, et il comptait pour beaucoup d'arrêter le roi de peur qu'il ne se jetât sur le royaume de Naples, où tout était en frayeur. Il s'avança à Bologne pour recevoir le roi, et envoya deux légats au-devant de lui jusqu'à lleggio.

Quand le roi fut arrivé à Bologne, la première chose qu'il fil, lut de rendre en personne l'obédience au Pape dans un consistoire public. Ils furent ensemble trois jours

l'un

raient attaqués. Le

lion le Saini-Siége, !

uicis, à qui i! lit de

ans un môme palais, vivant dans la dernière l'autre, quand leurs Etals se- familiarité. Par le traité qui l'ut fait, le Pape

roi prit sous sa proleces Florentins et les Méel le

grands avantages ,

Pape promiï i? lui rendre Parme et Plaisance.

Celte paix ne fut pas plutôt conclue que le Pape fut fâché de l'avoir faite si avantageuse a la France, et ne songea plus qu'à en altérer les conditions par des explications eldjs délais. 11 attendait, pour la ratifier, ce qui

iverait du château de Milan, dont on croyait que le siège pourrait tirer en longueur. En effet, Pierre de Navarre, qui avait

mis de l'emporter en peu de temps, réussait peu av. c ses mines, et pensa être

iblé lui-môme par la ruine d'une muraille; mais le connétable, qui voyait que

affaires avançaient peu par la lorce, les finit bientôt par adresse.

: y avait dans le château un de ses pa-

Sj de la mai: i n de Conzauuc

qui avait

beaucoup de crédit sur l'esprit du duc, et &es| érant des atfaires du Milanais, trouver ses

i bien aise <i

avec la Fiance. Il le ea;

avantages

ua , et par son

devait tendre Modène et lleggio au duc de Ferrare, et le roi abandonnait François-Marie de la llovèrc, duc d'Ur'bin, qui, après avoir obtenu sa protection, avait servi la France, et dont le Pape destinait l'Etal à son neveu.

On Irai ta ensuite de la guerre de Naples, et le roi se contenta de la simple parole que le Pape lui donna, de l'aider dans celte conquête, après la mort du roi d'Aragon; il n'y avait <pie l'affaire de la pragmatique qui était la plus difficile. La cour de Rome en souhaitait l'abolition avec ardeur, et le roi ne l'aurait jamais abandonnée, si le Pape, en abolissant les élections canoniques pour les béni fie s consistoriaux, n'en eût donné la nomination au roi et à ses successeurs. L'institution ou provision fut réservée au Lape, a qui le roi accorda un droit d'Annates. que la France avait toujours contesté jusqu'alors; mais François le iixa à un prix plus modéré que la cour de Rome ne lo désirait.

Voi :à le principal article de ce fameux concordat entre Léon X et François Ier, par

Page 1