‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 22 sur 458 · PART. XII. THEOL. HISTORIQUE.— H. 1ÏÏST. DE FRANCE. LIV. XV · texte numérisé non relu

PART. XII. THEOL. HISTORIQUE.— H. 1ÏÏST. DE FRANCE. LIV. XV

lequel les rois de France ont la conscience chargée d'un poids terrible, et le salut de leurs » sujets est entre leurs mains ; mais il\s peuvent faire 5 eux-mêmes et a tout leur royaume un bien extrême, si, au lieu de regarder les prélatures comme une récompense temporelle, ils ne songent qu'à donner an peuple de dignes pasteurs.

Le concordat étant fait, pour l'autoriser davantage, le Pape le fit lire au concile de La Iran, où il lut approuvé; mais en France la chose reçut de grandes difficultés par les oppositions du clergé, des universités et du parlement, que l'autorité absolue du roi fit enfin cesser au bout de deux ans. Il désirait beaucoup de retourner dans son royaume; mais il était bien aise auparavant de s'accorder avec les Suisses, qui avaient fait perdre aux Français le duché de Milan sous Louis XII. La disposition était favorable, parce que les Suisses étaient rebutés tant par leur défaite à Marignan, que par le peu de sûreté qu'ils avaient trouvé avec Ferdinand et Maximilien.

Mais le roi d'Angleterre, jaloux des progrès de la France, traversait sous main cet accord, et faisait de grandes offres aux Suisses pour les obliger d'entrer en Bourgogne. Elles n'eurent d'autre effet que de donner moyen aux Suisses de se faire acheter plus cher par le roi, avec qui ils voulaient absolument renouveler l'alliance. Ils eurent tout l'argent qu'ils désiraient, et promirent de rendre les places qu'ils avaient usurpées sur le Milanais, à quoi néannoins cinq des cantons qui s'en étaient emparés, ne voulurent pas consentir. Cela fait, le roi revint à Paris, et laissa le duc de Bourbon gouverneur dans le duché de Milan.

Aussitôt après son départ, le Pape se mit à chicaner sur chaque article de l'exécution du traité. 11 ne craignait plus tant les Français depui* que Ferdinand lui avait mandé qu'il avait pourvu à l'Italie, et que François allait avoir des affaires du côté de Maximilien et de Henri, roi d'Angleterre. En effet, il avait donné beaucoup d'argent à Maximilien pour se jeter dans le Milanais, et Henri avait promis en môme temps d'entrer en Picardie; mais la mort de Ferdinand donna moyen à François d'apaiser le roi d'Angleterre. Au contraire, Maximilien, qui espérait que les Espagnols lui donneraient la régence des royaumes de son petit-fils, arma puissamment pour leur plaire, et nos gens le craignaient si peu qu'il était arrivé à 'trente avec une armée nombreuse, avant qu'on eût eu avis de sa marche.

Les Vénitiens s'occupaient à recouvrer leirs Etals de terre ferme, et ils assiégeaient \ érone et Bresse avec le secours des Français. L'empereur leur fit lever le siège, et passa l'Oglio, malgré Lantrec qui avait promis de l'arrêter. Ainsi lu connétable le vit > tout à coup aux portes de Milan. Il fut contraint de mettre le feu aux faubourgs, et se renfermant dans la ville, il résolut d'y périr plutôt que de se rendre. Il Jui vint treize iuille Suisses de secours, conduits par le co-

OE'JVBES ÇOUPL, DE BOSSUET. XI.

ni

lonel Albert de la Pierre toujours affe( lionne à la France; mais quand ils 8 ir< ni que l'armée de l'empereur élail pour la [tins grande partie composée de leurs compatriotes, aucun d'eux ne voulut tirer l'épée, si ce a peut-être trois cents qui demeurèrent auprès de leur colonel.

L'empereur ne fut pas mieux servi ; car s'imaginant que les Français abandonneraient tout à s* • arrivée, et qu'il payerait ses Suisses de l'argent qu'il trouverait dans ie Milanais, il n'en avait point apporté; mais l'affaire dura plus qu'il ne pensait. Les Suisses voulurent avoir leur paye, et l'empereur demeura court. Le secours qui était venu aux Français lui fit peur; il se défia de sa propre armée qui se dissipa tout entière en un moment ; peu après, le connétable ayant eu quelque mécontentement, quitta de luimême son gouvernement. On croit qu'il appréhenda d'être abandonné de la cour, et ne voulut pas s'exposer a. perdre un duché si considérable.

Le gouvernement fut donné à Odet do Foix, seigneur de Laulrec, frère de la comtesse de Chateaubriand, que le roi aurait. Ce nouveau gouverneur, peu après qu'il fut arrivé, assiégea Bresse avec les Vénitiens, à qui il la rendit quand elle fut prise. Il mit ensuite avec eux le siège devant Vérone ; mais il allait lentement, en attendant des nouvelles de l'accommodement qui se traitait entre François et le nouveau roi d'Espagne. Artus Gouffier, seigneur de Boissi, grand maître de France, et Guillaume de Chièvres, étaient pour cela à Noyon. Ils avaient été l'un et l'autre gouverneurs de leurs maîtres, et tous deux ils avaient le principal crédit dans leurs conseils. L'alliance fut renouvelée par leur entremise, à condition (pie- François donnerait à Charles , Louise sa fille, qui n'avait pas un an, avec le droit qu'il avait sur Je royaume de Naples, et que, jusqu'à ce qu'elle fût en âge, Charles payerait tous les ans cent mille écus pour son entretien ; que si la petite princesse venait à mourir et qu'elle n'eût point de sœur, Charles devait épouser Renée, qui lui avait été promise. Il s'obligeait à rendre le royaume de Navarre dans six mois ; et si lesr états de Castille l'en empêchaient, il était libre à François d'agir par la force, sans que la paix fût rompue par celte entreprise.

L'empereur avait deux mois de temps pour entrer dans ce trailé, et alors il devait rendre la ville de Vérone moyennant cent mille écus, pour être ensuite restituée aux Vénitiens. A ces conditions il se fit une ligue défensive entre la France et l'Espagne, et François s'obligea h secourir Charles, pour se mettre en possession de ses royaumes. L'empereur, après avoir hésité assez longtemps, ratifia le traité; Vérone fut remise entre les mains de L.iutr-c, qui la rendit aux Vénitiens, et les treize cantons suisses, dont quelques-uns avaient refusé de renouveler l'alliance avec Je roi, l'acceptèrent d'un commun accord.

Le Pane avait lâché de traverser ce traité,

MUS 4 SSUET.

pai un ail | ,.- ' - \ éoiliens, et qu'il

t bien aise que la \ i ûl des enne-

- Le i . - i était d'ailleurs Ires-

s lis fa il do Pa| e oui, loin d« le secourir

mt. ii vv , it i çé, b'o| i osail autant il | ouvail à s Unsi il lai

main facilita au duc

ns da ramasser des Irou-

ir lesquelles i reooui ra son Etal : mais

au fond il ne « ■ point de guerre avec le

ni que, sur les plaintes

lii ii 1 1 nouvel accord, où le se-

5ou devait nt se donner le Pape et le

Icitiô i lus eipresséraenl que ja-

. mais avec aussi peu d'effet.

pra s'appliqua plus utilement à ga-

r le roi d'Angleterre. Charles, en partant l'Ecluse pour aller en Espagne, relâcha à Douvres, comme s'il y eut été jeté par la i 6ie : son dessein était de réveiller la Jalousie de Henri ; mais il ne trouva pas dans m. u esprit les dispositions qu'il souhaitait. •prime, en le recevant magnifiquement, lui déclara qu'il ne voulait rompre avec aucun'de ses \oisins. Ainsi Charles s'en alla sans rien faire; mais François, qui vit le temps favorable, songea à retirer Tournai des mains de Henri. Celte place lui était à charge par la grande dépense qu'elle lui faisait ; cependant il avait peine à la rendre, tant à cause qu'il l'avait prise lui-même et l'aimait comme sa conquête, qu'à cause qu'il trouvait honteux de l'abandonner. Bonnivet, amiral de France, frère de Boissi, qui négociait en Angleterre, trouva moyen de vaincre <ciie difficulté. O

[15181 Environ dans ce même temps le roi eut un Dauphin : l'amiral proposa de le marier avec Marie, fille de Henri, et les Anglais ne crurent point se faire tort de donner Tournai en faveur de ce mariage, pour ser- \ir de dot à leur princesse. François promit une somme considérable pour que cette place lui fût cédée par avance ; et comme il ne se trouva point d'argent dans ses coffres, Henri se contenta qu'il lui donnât pour otages huit personnes des plus qualifiées de son royaume.

Le Dauphin fut tenu au nom du Pape par Laurent de Médicis, qui lui donna le nom de François. Ce fut une occasion au Pape d'obtenir de nouvelles grâces pour son neveu. François le lit épouser l'héritière de la maison de'Boulogne, l'une des plus puissantes de France, et promit, foi de roi, de n'entrer jamais dans des intérêts contraires au Pape. C'était tout dire pour lui, car jamais prince ne fut plus religieux observateur de ses promesses ; mais le Pape n'agissait pas avec la même sincérité.

Cependant Maximilien songeait à laisser l'empire dans sa maison, et à faire pour cela un roi des Romains; mais les constitutions <:e l'empire n'en permettaient l'élection qu'a- I :ès que l'empereur avait reçu la couronne par le P;.pc; ce que Maximilien n'avait pas fait. C'est pourquoi il pria Léon de le faire couronner en Allemagne par un légat, quoique la chose lût sans exemple : aussi celte

innovation ne plaisait pas ;i In cour de Uo- . Au reste, l'empereur était encore in.

soin soi celui de ms deux pelits-ûls qu'il

fera il roi des Romains; son inclination h; portait pour Ferdinand ; il prétendait parla*

sa maison en deux branches, < ;< >n i l'une aurait les royaumes d'Es| a ne et ce qui en dépendait, et l'autre aurait l'empire avec les pays héréditaires et les Pays- Bas ; car son dessein était de les faire tomber a celui qu'il laisserait empereur.

Parcel établissement il regardait sa maison comme la plus puissante et la plus solidement établie qui fût jamais. Comme i' était dans ce dessein, la mort le surprit, et Charles songea à l'empire. Il eut un grand concurrent, à qui il ne s'attendait pas : ce fut François, qui, aussitôt après la mort de Maximilien, envoya pour cela Bonnivet son favori à Francfort, où se fait ordinairement l'élection de L'empereur. H lit représentera i Tape que la grande puissance de Charles e i Jtalie lui donnerait moyen de réveiller les anciennes prétentions des empereurs en ce pays, et que c'était pour cette raison que dans les investitures que les Papes accordaient aux rois de Naples, ils inséraient toujours la condition qu'ils ne seraient point empereurs : d'un autre côté, il faisait dire aux Allemands que s'ils élisaient des princes d'Autriche et les fils des empereurs, l'empire à la tin deviendrait héréditaire dans celte ma son, qui, élanl d'ailleurs si puissante en Allemagne, pouvait aisément s'y rendre la maîtresse; au lieu qu'un roi de France n'ayant rien dans l'empire, on ne pouvait attendre de lui que. de la protection.

Charles, au contraire, faisait remontrer par ses agents qu'il était dangereux de mettre l'empire entre les mains des Français, dont les rois, accoutumés à un commandement absolu, ne pourraient jamais s'accommoder aux tempéraments et à la douceur du gouvernement germanique; que la nation française regardait l'empire comme un bien injustement arraché à la maison de Charlemagne où il avait été héréditaire ; en sorte que les rois de France, si on les faisait empereurs, croiraient rentrer dans les droits de leurs prédécesseurs et dans leur possession ancienne, sans se mettre en peine de l'élection [1519]. Ainsi, qu'il valait bien mieux donner l'empire à un prince accoutumé dès sa naissance aux mœurs allemandes, et qui d'ailleurs, par la grandeur de ses Etats, était seul capable de résister à l'ennemi commun dont les progrès étonnants menaçaient la chrétienté d'une prompte ruine, si on ne lui opposait une puissance égale à la sienne. En effet, l'empereur Sélim, enflé de la conquête de l'Egypte, semblait devoir bientôt attaquer la Hongrie, l'île de Corfou, et les îles voisines, d'où le passage était si aisé en Italie.

Telles étaient les raisons des deux contendants, à quoi ils joignaient de grandes sommes d'argent, qu'ils distribuaient ou promettaient aux électeurs; et du r< ste la chose se passait entre eux avec beaucoup

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d'honnêteté, sons qu'un intérêt si pressant leur lit rion dire d'offensant l'un contre l'autre. Au contrains François déclara aux ambassadeurs de Charles qu'il ne savait po nt mauvais gré à leur maître de prétendre à l'empire, et qu'il attendait do lui les mémos sentiments. Les villes libres d'Allemagne entrèrent dans les intérêts de Charles, et no voulurent point souffrir que l'empire sortit d'Allemagne.

A l'égard des Suisses, ils eussent souhaité qu'on exclût les deux princes comme trop puissants ; mais des deux ils préféraient Charles, dont !a puissance plus dissipée leur paraissait moins redoutable, et ils représentèrent celte raison aux électeurs. Le Pape, dont la recommandation était puissante, surtout auprès des électeurs ecclésiastiques, était dans les mêmes sentiments ; mais il ne croyait pas pouvoir donner l'exclusion à Charles, s'il ne fortifiait en apparence le parti de François, afin d'obliger les électeurs à élire un tiers, par la difficulté de prendre parli entre deux rois si puissants.

Au reste, comme il n'y avait guère d'apparence que François pût réussir dans cette brigue, il lui tit proposer de s'unir avec lui pour faire élire le marquis de Brandebourg, par où il aurait le contentement de donner ilu moins l'exclusion à son compétiteur ; mais François se croyait trop fort pour quitter la partie. En effet, quelques électeurs s'étaient déjà engagés à lui, et il avait des amis qui lui promettaient les autres. *

Bonnivet faisait beaucoup de voyages, déguisé et pendant la nuit, et donnait beaucoup d'argent pour gagner des voix; mais cependant les amis de François lui manquaient. Charles trouvait moyen de les détacher ; il avait engagé dans ses intérêts le roi de Bohême, son beau-frère et l'un des électeurs; il en gagna trois autres ou par argent ou par crainte, car il fit faire quelques mouvements aux troupes qu'il avait prêtées en Allemagne ; ainsi il fut élu empereur, et Bonnivet revint en diligence, chargé de confusion.

Le Pape accepta aussitôt l'élection contre la teneur de l'investiture qu'il avait donnée à Charles pour le royaume de Naples. Ce fut une grande douleur à François qu'un avantage si considérable remporté sur lui fût la première action d'un prince de vingt ans ; «t il ressentait beaucoup de honte, après "«voir fait tant de bruit de n'avoir eu que deux «oix. Il eut, depuis ce temps, une éternelle jalousie contre l'empereur, qui de son côté, devenu fier de l'avantage qu'il venait de remporter, s'en promettait beaucoup d'autres.

Ce prince souhaitait de pouvoir rompre le traité deNoyon, qu'il avait fait, disait il, par une espèce de contrainte, dans l'appréhension où il était de trouver la révolte en Espagne. Ainsi une guerre furieuse menaçait la chrétienté sous deux princes si belliqueux et si jaloux l'un de l'autre. Pour la prévenir, Boissi et Chièvres résolurent de s'aboucher a Montpellier; ih avaient tous deux de bon-

nes intentions pour la paif, et le rnn" qu'ils tenaient dans les conseils île leurs prn les rendaient comme m;iiires de l'exécution ; mais Boissi mourut sur ces enlreTaite Bonnivet, qui succéda à sa faveur. qu'avec moins d'autorité, ne songea qu'à se conserver les bonnes grâces de son mal • ire eu le flattant dans toutes ses incli lions.

[15201 Dans les jalousies qu'avaient les deux princes, rien ne leur était plus important que de ménager le roi d'Angleterre. Ils y pensèrent tous deux en même temps :

François prévint l'empereur, et il se fit entre Ardres et Guines une entrevue des deux rois. On dressa au roi une tente magnifique; celle du roi d'Angleterre fut agréable et surprenante par la nouveauté de la décoration. Le premier jour de la conférence se passa sérieusement à parler d'affaires; mais les deux rois, après les avoir ébauchées, les laissèrent discuter à leurs ministres, c'est-à-dire au chancelier Dunrat d'un côté, et au cardinal d'York de l'autre, Cependant ce n'était que jeux et tournois ; les deux rois coururent souvent l'un contre l'autre, et les prix étaient donnés par les plus belles dames des deux nations qui étaient venues à cette assemblée. Henri donna le premier festin, et François le rendit avec magnificence.

Comme ces princes vivaient avec une extrême familiarité , un malin François se rendit à la porte de Henri et voulut lui donner sa chemise. Quelques-uns le blâmèrent de n'avoir pas assez ménagé sa dignité, et d'autres d'avoir trop exposé sa personne ; mais François se sentait si grand, que rien ne pouvait Je ravilir; et son cœur, incapable de supercherie, ne lui permettait pas d'en soupçonner les autres ; le mal fut qu'au milieu de ces divertissements, et malgré ces apparences d'amitié sincère les affaires ne se faisaient pas.

Leroid'Angleterredéclara à François qu'il voulait demeurer neutre, c'est-à-dire qu'il voulait attendre l'événement pour se ranger à loisir au parti le plus fort. Ainsi cette entrevue, où François dépensa taitl d'argeni, fut inutile.

Charles fil ses affaires avec moins d'appareil, mais plus solidement. En venant d'Espagne en Allemagne, il passa en Angleterre, et étant arrivé à Kent, il eut une longue conférence avec le roi son oncle. 11 ne lui parla p;is de faire la guerre à François, ce prince y était peu disposé; mais en lui proposant le glorieux dessein d'entretenir la paix de l'Europe, il l'obligea à se rendre arbitre et médiateur entre les deux princes, et à déclarer la guerre à celui des deux qui ne voudrait pas en passer par son avis. Cette proposition, équitable en apparence, tendait en effet à engager Henri contre François, qui ayant deux royaumes à redemander à Charles, celui de Naples pour lui, et celui de Navarre pour son allié, n'avait garde de mettre en compromis ce qui lui était dû par un traité. Charles, après cela, continua son

ironucr à Ai\ la-

. il dans un grand

fui était difficile de demeurer

s Icui i is, Il royail ç< t inconvé-

. que ces pi inc le tiers de

l'Italie se ligueraient ensemble pour en occu-

lisaient la guerre, le | i .\ du victorieux. Ainsi, il ri.ii » * | arti, ol son intention était ; i, udre celui «lu plus fort: mais c'est ce qui t tiit d h lé ider: dans <e doute,

la liaison plus particulière qu'il avait avec , oce, il l»1 prétexte que lui donnait le mme de Nantes, que Cl arles ne devait ni empereur, le délerminè- ; faveui le François.

Il conclut donc avec lui un traité secret, lequel il fui dit que la conquête de ce royaume se ferait entre eux à frais comins, que quelques, provinces seraient réus à l'Etal ecclésiastique, et que l'investiture du resie sérail donnée au second tils de nce, <|ui sérail nourri à Naples, sous la tutelle d'un cardinal légal, jusqu'à ce qu'il cul quatorze ans.

Charles était occupé des affaires d'Allemagne, et il avait assemblé une diète à Worras pour les régler. Il y avait de grands mouvements dans l'Empire, au sujet de Martin Luther, moine Augustin, qui availcommencé depuis environ trois ans à soulever le peuple contre le Pape et contre l'Eglise. Léon, voyant la chrétienté si cruellement menacée I ar Sélim , empereur des Turcs, avait, à l'exemple de Jules II , son prédécesseur , donné par loute l'Eglise des indulgences en faveur de ceux qui contribueraient à lever des troupes conlre le Turc. Les prédicateurs ■lauts, et transportés d'un faux .zèle, prêchaient ces indulgences d'une étrange sorte, cl on eût dit qu'il ne fallait que donner de l'argent pour ê.re sauvé.

Cependant on amassait des sommes immenses, dont on faisait des usages délestablés, principalement en Allemagne et dans tout le Nord. Il était < ncore arrivé un autre inconvénient à YiUemberg en Saxe; on avait fait prêcher les indulgences aux Jacobins, à la place dos Auguslins, a qui on avait accoulumé de donner celle commission. Sur cela Luther se mil à piêcher premièrement contre les abus des indulgences, conlre ceux de la cour de Home et de l'ordre ecclésiastique, et enfin conlre la doctrine même de l'Eglise, et de l'autorité du Sainl-Siége.; car il s'échauffait de plus en plus à mesure qu'il se voyait écoulé. Son éloquence populaire et séditieuse était admirée ; sa doctrine flattait le peuple qu'elle déchargeait déjeunes, d'abstinence et de confession, ce qu'il couvrait pou: tant d'une piélé apparente.

Les princes entraient volontiers dans son parti, pour profiter du bien des églises, qu'ils regardaient déjà comme leur proie. Ainsi toute l'Allemagne élait pleine de ses li urs, (pii parlaient de lui comme d'un nouveau prophète. Léon, au lieu de réformer Ji-S abus qui donnaient lieu à l'hérésie, ne

songeait qu'à perdre Luther. Si on s'y fût bien pris au commencement, on eût pu ou lo gagner ou l'arrêter par la crainte, car il élail intimidé, et ne demandait qu'une issue qui ne lui lui pas tout à fait honteuse; mais cm aima n ieux le pousser.

Léon X anàthémaUsa, par une bulle solennelle, >.i personne et sa doctrine pernicieuse, et lui. de son côté, s'emporta à des insolences inouïes ; car il lit censurer par l'université de Viltemberg les Décrélales, et les tu briller publiquement comme on avait fait ses livres à Home. Il ajouta a ecl Outrage qu'il lit au Saint-Siège des railleries contre Léon, d'autant plus piquantes qu'elles n'étaient pas éloignées de la vraisemblance ; car il est certain, entre autres choses, qu'il avait donné à sa sœur les revenus des indulgences, et que l'argent s'en levait par ses ministres avec une avarice honteuse.

L'empereur dissimula quelque temps , et ne fut pas fâché de laisser un peu échauffer les choses : il voyait qu'il en serait toujours le maître, cl il voulait s'en faire un mérite auprès du Sainl-Siége. Léon ne tarda pas do venir à lui. Manuel, son aml>assade'ur, auparavant méprisé à Home, fut regardé de meilleur œil : et on croit que dès ce temps le Pape concerta avec lui, malgré les Irai lés, les moyens de chasser François d'Italie.

Quoi qu'il en soit, l'empereur sollicité par Léon et pressé par sa conscience de remédier a un mal qui ne s'était que trop accru , après avoir ouï Luther à la diète de Worms, où il était venu sur la foi publique, le mit au ban de l'Empire, lui et ses sectateurs, et les déclara soumis à toutes les peines décernées contre les criminels de lèse-majesté divine et humaine; mais l'électeur de Saxe , son prolecteur, lui donna ret'raile, et l'Allemagne se vit plus que jamais menacée de guerres sanglantes par cette hérésie.

L'Espagne n'était pas moins en trouble ; Charles en donnait lou.es les charges aux F.amands, avec qui il avait été nourri, et à qui il se fiait davantage qu'aux Espagnols, ses nouveaux sujets. Après la mort du grand cardinal de Ximenès, qui availsi sagement présidé aux conseils de son aïeul Ferdinand elaux siens, il 'donna i'archevêché do Tolède au- frère de Chièvres, et laissa à Chièvres luimême le gouvernement des affaires durant son absence. Les grandes villes entrèrent dans le ressentiment de la nation, el aussitôt après le départ de Charles loute l'Espagne se révolta.

Cependant les six mois dans lesquels Charles avait promis de restituer la Navarre, étant accomplis sans que la chose fût exécutée, François résolut, seion le traité de Noyon, de remettre Jean d'Albreien possession par la force ;. ainsi il leva une armée en Guienne [1521]. André dcFoix, seigneur de J'Esparre, frère de Laulrec , en eut le commandement, et il conquit en quinze jours la Navarre, qu'il trouva toute dégarnie.

il l'eût aisément conservée s'il en fût demeuré là ; mais il passa l'Ebre contre ses or-

PAKT. XII. ïllliOL. HISTORIQUE.— IL H I ST. DE FRAxNCE. I.!V. \V.

lires, et assiégea une- place dans la Castille; à celle nouvelle les Espagnols se réveillèrent. Logro^ne, qui fut la place assiégée, tint assez longtemps pour leur donner le loisir de se reconnaître. Les ministres de l'empereur leur représentèrent combien il serait houleux à l'a nation que ses divisions intestines missent le royaume en proie. 11 n'en fallut pas davantage pour les réunir, et le duc de Nocera se mil h la tète des troupes : il trouva les nôtres ruinées. Un des lieutenants généraux croyant l'affaire finie, avait pris de l'argent de la plupart des soldats pour leur donner leur congé. Le duc de Nocera tomba sur l'Esparre, qui comballit sans attendre le secours qui lui venait : il fut battu et pris, et la Navarre reconquise en aussi peu de temps qu'elle avait été perdue.

François ne se rebuta pas, et à dire vrai les deux princes se regardaient secrètement comme ennemis. Charles ne songeait à rendre ni la Navarre ni Naples, et son mariage, accordé avec une princesse d'un an, lui paraissait une illusion : ainsi ils n'avaient tous ileux (pie la guerre dans l'esprit, et la question était seulement à qui trouverait une m ei Heure occasion do se déclarer.

Durant ces dispositions, et au milieu de la diète de Worms, Robert de la Mark, prince se Sedan et seigneur de Bouillon, eut une grande affaire avec l'empereur, qui avait donné un relief d'appel à la chambre impériale de Spire, sur un jugement rendu par f^s officiers de Bouillon ; il prétendait que ce duché ne relevait point de l'Empire; et parce t'ue Charles refusa de lui rendre justice sur cette entreprise, un si-petit prince osa défier l'empereur en pleine diète par un héraut. En môme temps il se mit sous la protection de la France, et fit assiéger Virton, place du Luxembourg, par Fleuiange, son fils aîné, grand homme de guerre, et qui avait bien servi à la bataille de Marignan.

Quoique le roi fût irrité contre Boberl, qui s'était attaché à Charles dans l'affaire de son élection à l'Empire, il reprit aisément ses premiers sentiments pour une maison qui avait toujours été attachée aux rois de France, et qui ne s'en était séparée en cette occasion que par quelque mécontentement particulier. Quand le roi d'Angleterre vit ce commencement de division, il en prévit les conséquences, et se crut obligé par sa qualité de médiateur à les prévenir. Il fil faire à Robert des propositions équitables, et envoya en même temps le duc de Suffolk a François. 11 le trouva dangereusement malade d'un coup qu'il avait reçu en jouant; car le comte de Saiul-Pol, ayant fait, le jour des Rois, un roi de la fève, François l'a I la attaquer dans une espèce de fort où il s'élaii renfermé ; et pendant qu'on se jetait de part et d'autre beaucoup de pelotes Oe neige, un étourdi jeta un tison qui blessa le roi à la tête.

Suffjlk, l'ayant trouvé en cet état, obtint

de lui aisément qu'il fît commander à la

Mark de lever le siège de Virton. Il fallut

nmv, et François étant revenu eu santé, lit

dire au roi d'Angleterre que, puisqu'il ,v • fait ce qu'il demandait, il obligeai l'empereur à lui rendre les royaume- de Naples <'t de Navarre. Il savait bien que l'empereur t." le ferait pas; mais il voulait le mettre dans son tort, et cherchait l'occasion d'exécuter le projet fait entre le Pape et lui pour le royaume de Naples : il ne savait pas encore que les choses étaient bien changées.

Manuel, ambassadeur de l'empereur, avait fait avec Léon une iigue [tour chasser les Français d'Italie. Francisque Sforce, frère de Maximiiien devait être duc de Milan, le Pape devait avoir Parme et Plaisance, et l'empereur le devait aider à déposséder le duc de Ferrarc : ce traité devait être secret, jusqu'à ce que le Pape eût trouvé un prétexte «Je rompre avec François; car il était honteux de manquer si grossièrement de parole. Lé roi ne laissa pas d'être assez lot averti u> son infidélité : on lui conseillait de déclarer le traité à l'empereur, pour lui faire voir le peu de sûreté qu'il y avait en la parole du Pape. Il ne le voulut jamais, parce qu'il avait promis le secret; il dit qu'il ne voulait point manquer de parole, même a ceux, qui lui en manquaient.

Le Pape cependant fit une entreprise sur Gênes, qui fut découverte ; il ne se ralentit pas pour cela, et conçut divers desseins sur le Milanais : les affaires y allaient en grand désordre, et les Français s'y étaient rendus fort odieux.

, Sous Louis XII, qui aimait l'ordre en tout, et dont les finances étaient réglées, les soldats étaient, payés et soumis ; mais il n'en était pas de même sous François : les dépenses étaient excessives et sans ordre ; comme on ne payait point les soldats, on ne savait comment les retenir dans la discipline. Lautrec réussit à les réprimer pendant qu'il fut à Milan, car il était homme d'ordre et d'autorité; mais il eut congé de venir en France pour quelques affaires, et le roi envoya en sa place, son jeune frère Lescun, un des plus braves hommes de son siècle, mais emporté et sans règle : ainsi la licence des soldais élait extrême. Le gouverneur chassait lous les jours quelques habitanls de Milan, ou pour avoir leur bien dans la nécessité des affaires, ou parce qu'étant maltraités, ils complotaient contre le service, et le nombre des bannis égalait presque celui des citoyens qui restaient dans la ville. Comme us étaient dispersés en si grand nombre, le chancelier Moron s'en rendit le chef et entreprit de les réunir. Il élait sorti de Milan, gagné par le Pape, et mécontent de n'avoir pas eu la charge de ma lire tlès requêtes, qui lui avait été promise. Ou dit que le chancelier Duprat ne voulait point d'un tel homme dans le conseil.

Moron ainsi retiré persuada à Francisque Sforce de rentrer dans le duché de ses pères, qui avait été perdu par la lâcheté de son frère Maximiiien ; il assembla les bannis, qui, soutenus par le Pape, tirent une entreprise sur Crémone. Ils furent découverts, e( comme Lescun, fait en ne temps maréchal

i' - tua le non Je maréchal de Poix, allait i - la i r en pièces, François G uichariiiî: l'historien] les saura* en les rece*

.vflnt dan» R . lonl il était gouverneur, aussi bien que dé tfodène.

i maréchal investit aussitôt la place pour her d'échapper, el pressait le gourneur de les rendre. Comme Lescun était en pourparler arec lui entre la porte et le i sa . un bruit se répandit que les Français roulaient surprendre le place; le peuple s'éi.uit ému aussitôt, le maréchal fut en grand l ciil, el Guichardin eut peine à le sauver. Pape fut ravi dé ce désordre, pour avoir occasion de se declarercontrelaFrance.il assembla aussitôt le consistoire, où il se plaignit avec une extrême véhémence de l'ambition de François, qui s'emportait, dit-il, jusqu'à entreprendre contre les terres de l'Eglise , il déclara, peu de temps après, son traité avec l'empereur, comme s'il l'eût l'ait depuis peu de jours; il donna le commandement de ses troupes à Frédéric de Conzague. marquis de Mantoue : celles d'Es- I agne avaient pour général don Fernando d'Avalos, marquis de Pescaire, et par-dessus eux Prosper Colonne, qui était le généralissime de toute l'armée.

Les Florentins entrèrent dans la ligue, et tous ensemble résolurent d'attaquer le Milanais A peu près dans le même temps, le comte de Nassau, celui s qui François avait fait épouser l'héritière d'Orange, ravagea les terres de la Mark, el après lui avoir loul ôté, à la réserve de Sedan et de Jainets, il menaçait la Champagne. Le roi, sans s'étonner de se voir attaqué par tant d'endroits, tit aller Bonnivel avec la flotte du côté d'Esne, renvoya Lautrec en Italie, et marcha en personne du côté de Reims.

[1522] Ce fut avec regret que Lautrec retourna à Milan ; il voyait le désurdredes finances et se défiait de Louise de Savoie, mère du roi, qu'on appelait Madame, et à qui ce prince en laissait la disposition. Louise haïssait la comtesse de Chateaubriand, sœur de Lautrec, el ainsi, quelques promesses qu'elle lui lit, il augurait mal de son voyage. A son arrivée à Milan, et le propre jour dé saint Pierre, sur les six heures du soir et dans un air fort serein, un grand feu tomba du ciel tout à coup, renversa une grosse tour qui était sur la porte du châleau, consuma beaucoup de poudre et autres munitions, et tua plus de cent cinquante hommes, avec le gouverneur du château.

Pendant que la guerre s'allumait de tous côtés, le roi d'Angleterre ménagea une con- ■uce ù Calais, dans laquelle les esprits ne firent que s'aigrir : les envoyés de l'empereur y tirent des propositions qui auraient paru exorbitantes, quand même leur maître aurait été victorieux ; car ils demandèrent le duché do Bourgogne et la souveraineté des comtés de Flandre et d'Artois. Pendant la eiuiléreace, les impériaux commencèrent la guerre vers Tournai.

En gentilhomme du Iîainaut, nommé Lègues, secouru des forces de rempereur,.sous

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prétexte d'une querelle particulière «lu cardinal de Bourbon, trouva le moyen de chasser tous les Elançais du Toumaisis. Il prit Ardres qu'il rasa, et en mêmn temps le gouverneur de Flandre mit le siège devant Tournai. Ces heureux SUCCès excitèrent le comte de Nassau à faire 'quelque entreprise : il assiégea Mouzon; et le roi, quoique assez proche avec son armée, ne put empêcher que l'épouvante ne se mît dans la place à un tel point, qu'elle se rendit sans résistance. Nassau trouva à Mézières une défense plus vigoureuse, aussi celle place était-elle défendue par cet illustre chevalier Bavard, à qui sa valeur et sa fidélité oui donne tant de réputation dans nos histoires. Il n'avait que deux cents chevaux el deux mille hommes de pied de nouvelles levées, dont encore une grande partie se sauva. Cependant il ne laissa pas de soutenir trois assauts et de ruiner l'armée impériale, qui fut contrainte à la lin île lever le siège.

Nassau se relira en colère le long de la Picardie, mit le feu partout où. il passa, et donna lieu aux cruautés qui s'exercèrent de part et d'autre durant toute celte guerre. La valeur de Bayard fut récompensée sur-lechamp d'une compagnie de cent hommes d'armes et du collier de Saint-Michel. L'empereur, vint à son armée, qu'il trouva si affaiblie, qu'elle n'était plus en état d'être | opposée à celle de France. Il s'alla posler entre Cambrai et Valenciennes ; ainsi le comte de Saint-Pol, prince du sang, entra sans peine dans Mouzon, que les ennemis abandonnèrent, et le roi poursuivant les impériaux prit en [tassant B.qjaumeet Landrecies, qui furent rasées.

11 eût pu tirer d'autres avantages du désordre de ses ennemis, si une intrigue de cour ne l'en avait empêché. Il n avait pas d'inclination pour le connétable, dont l'humeur grave et sévère ne s'accommodait pas avec la sienne, qui était vive et enjouée; mais l'amour de la mère du roi lui fit plus de tort que l'aversion du roi même. Madame, c'est ainsi, comme on vient de le dire, qu'on appelait cette princesse, avait eu do la passion pour Je connétable, dès qu'il avait paru à la cour, el lui avait fait entendre qu'elle voulait bien l'épouser. Refusée avec mépris, elle entra dans une colère implacable, dont ei!e lui tit sentir de tristes effets en diverses occasions; mais eu voici un des plus fâcheux.

Elle avait donné sa fille Marguerite, de. puis reine de Navarre, au duc d'Aiençon, homme faible de corps et d'esprit, qui n'avait rien de recommandable que la qualité de premier prince du sang, il crut qu'elle suffisait pour disputer le commandement de l'avant-garde au connétable, chose qui jusqu'alors n'avait jamais été contestée à ceui' qui avaient celte dignité.

Quoique Madame l'estimât peu, elle appuya sa prétention pour faire déplaisir a son concurrent : le duc d'Aiençon gagua a cause; mais il fallut donner à ce général il capable un lieutenant, plus habwe, qui t t

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