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sur la signification de quelque» expressions grecques du Nouveau Testament.
J'ai appris avec joieque voire dessein était d'écrire non-seulement contre la iradnelion du Nouveau Testament, imprimée a Trévoux, mais encore contre les autres livres de M. Simon, c'est-à-dire contre la critique qu'il a faile des Livres sacrés : car cette critique est une pierre (Je scandale pour les théologiens, et elle peut être cause que les libertins blasphèment contre la majesté des saints Livres. Sous la belle apparence d'érudition grecque et hébraïque, elle cache un secret poison, qu'on peut avaler d'autant plus aisément qu'on s'en aperçoit moins d'abord. On peut dire, en ce sens, que la traduction du Nouveau Testament n'est pas le plus méchant livre que M. Simon ait fait: sa Critique sur l'Ancien et le Nouveau Testament est beaucoup plus dangereuse, il fallait aller à la source du mal, comme je vois que vous en avez le dessein.
Je ne doute pas, Monseigneur, qu'en écrivant contre M. Simon , vous n'observiez une règle qu'il a donnée lui-même à ceux qui veulent écrire contre les sociniens et autres errants. C'est, dit M. Simon, qu'il ne faut rien proposer de faible contre eux ; car cela ne servirait qu'à les entretenir dans leurs erreurs.
Comme M. Simon veut triompher en fait de grec et d'hébreu ; comme c'est par cet endroit qu'il jette delà poudre aux yeux des lecteurs ignorants, et qu'il attire plusieurs personnes de son parti, il faut apporter une grande exactitude à examiner toutes les diflîcu liés qui dépendent du grec et de l'hébreu : car si on lui donne la moindre prise de ce côté-là, il ne manquera pas de s'en prévaloir auprès des ignorants et des faibles, qui croiront qu'en attaquant M. Simon on en veut à l'érudition grecque et hébraïque.
Encore un coup, .Monseigneur, je suis persuadé que vous observerez celte règle en écrivant contre M. Simon, et surtout contre sa téméraire critique des Livres sacrés. Cependant l'importance qu'il y a d'observer cette règle m'oblige de représenter à Votre Grandeur, avec tout le respect que je lui dois, que, dans le premier écrit qui vient de paraître de volrc part, cette importante règle n'a point été observée : mais cet endroit me paraît d'une assez grande conséquence pour être représenté à Votre Grandeur, avec tout le respect qu'un diacre et licencié de Sorbonne doit à un grand docteur, et à un grand évêque de notre France.
Vous dites, Monseigneur, dans la page 115 de votre I'" Instruction sur le Â'ou-
veau Testament imprimé à Trévoux , revéïOcv ne signii! i naître ou (ire né aucun endroit Je l'Evangile. C'est partout uniquement jmt&eQtu; il faut corriger ainsi.
Cependant j'ai trouvé dans le Nouveau Testament plusieurs endroits ou le verbo yevioQat signitie naître ; les voici :
Notre-Soigneùr dit au figuier, <|u'il avait
trouvé sans fruit, les paroles que l'auteur de
la Vulgate traduit ainsi (Matth. xxt, 19) :
' Nunquam ex te fructus nascatur in sempiter-
num, yévn-ca.
liotn. i, 3. De folio suo qui natus (365) est toû "/î-jot/évou, ex semine David secundum cai nem.
Galat. iv, h. Misit Deus Filium suum natum
(3G6j ex muliere, yevôuevov $x yuvaixôj.
/ Petr. m, 6. Sara cujus natœ estis filia", ht £yîvàr}riTZ xéxva.
Voilà, Monseigneur, quatre passages où le verbeyiWeae semble signifier natfre, san;que j'aie trouvé aucune variété dans les éditions du Nouveau Testament que j'ai consultées.
En voici quatre autres où le verbe yiWOasignifie aussi naître : mais ils ne me paraissent pas si décisifs, parce qu'on ne les lit. pas de la même manière dans toutes les éditions.
Notre-Seigneur dit de Judas [Matth. xxvi, 2i) : Bonum erat ei si natus non esset si où* èyevnbo, homo ille. Dans quelques éditions.
01] lit iyevDriOr) (307) (lu verbe ysyiiii^X'..
Il est dit de Jacob et Esaù (Rom. ix, il) : Cum nondum natiessent, ft/tteu yù.a yivrîOivTw». Dans quelques éditions on lit , yevv»}9svt<ov (368).
Il est dit des enfants d'Abraham (Hebr. xi, 12) : Ex uno nati (369) sunt, «»' hoç êys *»©>,o-kv. Dans d'autres éditions, il y a lyswijd4«tv (370).
Il est dit des débauchés (// Petr. n, 12) : Isli vero tanquam irrationalia unimalias quœ sola natura duce ducuntur, na'.a ad> etc., ysy.-vflp-'va. Dans d'autres éditions, on lit y&y£w/)pé-JK (371), du verbe yrjvâ-rOai.
Comme il ne s'agit que du Nouveau Testament, il n'est pas nécessaire de remarquer que, dans les aueurs profanes, yiy*taHi ou ytv£o6«t, aussi bien que yeùtaBcu, signifient souvent naître. Par exemple , dans Homère (372) : La maison où je suis né, Ô0t
Dans Isocrate, « Ne pas laisser d'autres héritiers que ceux à qui nous avons donné naissance, » tzX/.v toùç èç »j/xwv ysyovor«.r (373).
Platon dit aussi : Non nobis solum nati sumus, comme traduit Cicéron, o-J^ «-tm pi*
yiyovîy (37V).
(3G5) Bossuet, dans les remarques qu'il a faites (3G9) Bossuet observe que la Vulgate traduit,
sur celte lettre, observe que la Vulgate traduit fuc- orii.
,MS* (3"0) Bossuet observe que clans l'édition à trots
(36G) Bossuet observe que la Vulgate traduit colonnes on lit, èyevv^ÔTjaav.
\aclum. (571) Bossuet oiiserve qu'o.i lit ainsi dans le. ti.
(ob/) Bossuet observe que dans l'cdilion de Mous, lion à trois colonnes.
* l«>is colonnes, on lit, èysvvfjOï]. (572) Homer., Odyss.
(588) Bossuet observe que dan» l'édition à ti ois (575) Isocrates, ud Philips .
olonnes. on lit, yevvTjeévrwv. (374) Plato, epit-t. -2.
(El VIII S COMPLETES DE BOSSUF.T.
K/iu'tiii rit, nomme
. moslhène . yf/tviofai natum (378 .
\ - . l quibu$ nascitur, i; uv
... (i/< ȕ< augetur (376).
On li dans Plu (arque ces mois : a Croyez^ \ ta qu'il y .'iii de la différence entré n'être poinl né, et mourir après être né? » t ««
vov ùro; evéaQui (•577).
i ,i nous montre quelle précaution il faut apporter, pour bien juger Je la signification
- mois grei s, surtout dans le Nouveau Testament. Il n'j a pas longtemps que l'homme de Pari-; qui sache le mieux le grec prétcni avoir trouvé une nouvelle preuve de la divinité de Jésus-Chrisl dans ces paroles du
mon : 'op;r<u *■ ri» e*ov [Marc, v, 7), qu'il Iraduisail : Adjuro te Dcum, te qui Deus es.
J'étais d'abord ravi de cette découverte, afin de joindre ce passage avec plusieurs autres du Nouveau Testament, où Jésus- Chrisl esl appelé Dieu. Mais, après l'avoir examiné de plus près, je trouvai qu'il fallait i irii se donner de garde de s'en servir , de crainte, comme dit quelque part saint Thomas, que les hérétiques ne s'imaginent que nous fondions notre foi sur de faibles principes. Voici les raisons que j'avais d'entrer dans ce sentiment :
Premièrement l'auteur de la Vulgate a traduit : Adjuro te per Dcum.
Secondement, il y a d'autres endroits où IpxiÇtn ma signifie conjurer de la part, ou i au nom de quelqu'un. En voici des exemples :
OpxiÇo/tsy vftûç rôv 'ino-eûv : id esl, Adjura- /• Jesum, comme on lit dans la Vulgate. [Art. xi\, 13.)
Opxifa -luy; TÔvKûpiov : id esl, Adjuro vos per Dominum, comme on lit dans la Vulgate. ,1 Thess. v, 27.)
M. Simon lui-môme, qui se pique tant de •• a très- mal traduit ces paroles EuUijrme sur saint Jean : o Uaxip ri9oW«* - ■■ . «os iîovat&ni Suc t»î moreuç. Voici la traduction (Je M. Simon (378) : « U a plu ue le Fils donnai le pouvoir à tous ■ la foi. » Voilà une insigne falsification. - -': ■• m signifie pas donner le pouvoir, mais dominer, avoir pouvoir, exercer son •uvoir. Euthyme veuf, dire que l'intention du Père céleste a été que le Fils dominât sur tous 1rs hommes par la foi. Et, pu effet, disait Jésus-Christ lui-même • Data utmthiomni» potestae (Mm th. \xvnr 18) • oeû poUstatem omnisiamis.{Joan.x\u,
-.} ueia suflfit pour que nous nous défiions >e m. Simon, môme pour ce qui re-arde le Je crois avoir encore quelques passa - !" il a mal traduits dans se* cri-
tiques. Je suis, Monseigneur, avec un trèsprofond respect, etc.