‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 221 sur 458 · LA FACULTÉ DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

LA FACULTÉ DE MÉDECINE

Celte Faculté est presque entièrement tonifiée, sans qu'on puisse accuser les professeurs de sa chute. Après avoir été pourvus de leurs chaires par le concours, ils trouvèrent la discipline des écoles en mauvais état : les leçons étaient négligées, les quatre thèses que les écoliers doivent faire pour parvenir au degré de licence étaient réduites à deux, et on passait facilement sans que les examens fussent fort rigoureux.

Les professeurs modernes travaillèrent à remédier à ces maux : ils se rendirent assidus à leurs leçons , obligèrent les écoliers à les fréquenter, choisirent les matières les plus utiles et les plus curieuses, établirent un théâtre analomique et un jardin des simples, obligèrent les écoliers aux quatre thèses et à deux examens, et se tinrent fermes à refuser les degrés à ceux qu'ils en jugeraient indignes.

Cette exactitude, bien loin de repeupler les écoles, les a rendues presque désertes. Les écoliers, pour éviter une rigueur qui leur parait dure, mais qui cependant est nécessaire, vont a quelque université peu fameuse en Fiance, où, dès le jour même de leur arrivée, et s'ils le veulent, sans sortir de l'hôtellerie, ils obtiennent des lettres de licencié cl de docteur eu médecine, en vertu desquelles ils viennent exercer la médecine dans les pays conquis. Il y va de la santé et de la vie des hommes de remédier à cet abws , dans lequel on supplie nos seigneurs les commissaires de vouloir entrer. On pourra, lorsqu'ils en auront pris une parfaite connaissance, leur suggérer quelques moyens, auxquels on a pensé, pour remédier à cet inconvénient.

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