‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 227 sur 458 · DE M. DE BISSY, ÉVÊQUE DE TOUL · texte numérisé non relu

DE M. DE BISSY, ÉVÊQUE DE TOUL

Sur un Mandement qu'il avait donné contre l'usure.

Je suis ravi d'apprendre, par la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, que vous approuvez mon Mandement sur l'usure. Puisque vous me témoignez désirer d'en savoir les suites, je vous envoie la défense que la cour de Lorraine a faite de le publier ; et en même temps je vous demande votre avis, comme au père des évoques de France, pour savoir ce que je dois faire pour une matière de cette importance. En ai-je assez fait en envoyant mon mandement à tous mes doyens ruraux et aux chefs des communautés, pour m'opposer, autant que je le dois, aux erreurs contenues dans le libelle que j'ai condamné? ou doisje encore faire davantage, après la défense du souverain de publier mon Ordonnance?

et en ce cas là, que dois-je faire? Il ne s'agit pas ici d'un point de discipline ou de juridiction ; mais d'une matière de foi, de doctrine et de mœurs. C'est un usage commun en Lorraine de prêter sur de simples obligations, et d'en tirer du profit. Je suivrai vos avis, Monseigneur, sachant qu'ils sont pleins de lumière el de sagesse. Je prie Dieu de tout mon cœur qu'il vous rende une santé parfaite. Je suis avec tout rattachement et le respect possible, etc.

A Toul, ce 2 novembre 1703

LETTRE CCXXL

DE M. PUSSYKAN (382).

Il menace Bossuet d'écrire contre lui, s'il ns se déclare pas ouvertement contre le « Silence respectueux. »

On a appris que Votre Grandeur travaillait contre le Silence respectueux. On en serait édifié, si on n'avait su depuis que vous

sentiments de Bossuet sur ce qui fait le sujet de sa lettre C'était alors, en effet, que l'évéque de Meaux composait, sur l'autorité des jugements ecclésiastiques , un ouvrage , dont le but était de montrer « par des faits constants, des actes authentiques et des exemples certains le droit perpétuel de l'Eglise, et qu'elle a toujours exercé, d'exiger des fidèles leur conseil lement et leur approbation expresse à ses jugements, avec une persuasion entière et absolu,: dans l'intérieur. » On peut voir ce qui reste de cet écrit 'Je Bossuet, ci-dessus, loin. V.

supposez dans cet ouvrage que l'Eglise n'est pas infaillible sur les laits doctrinaux, et que vous n'exigez des fidèles qu'un simple préjugé en faveur des décisions de l'Eglise. Si vous prévariquez jusqu'à ce point, vous devez v,ous attendre que les docteurs catholiques fondront sur vous, et qu'en vous relevant sur cet article, ils ne vous épargneront pas sur les autres fautes de vos ouvrages. J'en ai en mon particulier un recueil assez ample pour vou-; donner du chagrin le reste de votre vie, dût-elle être bien plus longue qu'on n'a lieu de l'espérer. Eh 1 Monseigneur, si vous voulez avoir l'honneur de défendre l'Eglise, défendez-la sans la trahir: et ne confirmez pas le juste soupçon qu'on a eu que vous ne faisiez pas, à l'égard des nouvelles hérésies, ce qu'on devait attendre d'un prélat de votre distinction. Il faut même que je vous avoue qu'il y a déjà sur voire chapitre un petit volume tout prêt, sous ce titre : Rétractation de messire Bénigne Bossuet,évéque de Meaux. Il est plein d'onction et de vérité; l'auteur écrit d'une manière à se faire lire. Vous ne pouvez vous épargner celte critique publique, qu'en vous déclarant sans ménagement contre les fauteurs du Silence respectueux. Au reste, Monseigneur, quand vous expliquerez la grâce efficace par elle-même, appliquez-vous bien à la distinguer de celle de Calvin, premier auteur de celle expression. Je suis, etc.

J.-B. PlJSSYRAN, D.

LETTRE CCXXII.

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