‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 228 sur 458 · RÉPONSE DE ROSSUET A UNE CONSULTATION DE JACQUES II, ROI D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE ROSSUET A UNE CONSULTATION DE JACQUES II, ROI D'ANGLETERRE

On vient de publier celle réponse en Angleterre; elle a élé trouvée dans les papiers d'un ancien secrétaire de lord Met for ô, qui remplissait, à ce qu'il paraît, les fonctions d'ambassadeur de Jacques II à Home. Elle a rapport à une discussion importante, que nous exposerons le plus brièvement possible.

Jaques II, dépouillé de sa couronne par la révolution de 1688, avait conservé beaucoup de partisans en Angleterre , non-seulement parmi les catholiques, mais encore parmi les protestants. Un grand nombre des anglicans les plus zélés n'avaient point voulu reconnaître Guillaume, et plusieurs évèques avaient refusé de lui prêter serment. Ils furent dépossédés, ainsi que les ecclésiastiques qui

PART. XIV. LETTRES DIVERSES

une Déclaration datée de

dans

Publia le 18 mai

suivirent leur exemple. Parmi ces derniers étaient des hommes très-capables, et connus par leur écrits, tels que Dodwell, Hickes, Collier, Mesley, eic. Hickes et Lesley vinrent secrètement en France s'aboucher

avec Jacques. Ce prince avait aussi élé suivi par plusieurs seigneurs protestants. Il entretenait une correspondance assidue avec l'Angleterre, et plusieurs projets furent formés pour ménager son retour. Mais les anglicans demandaient avant tout qu'il donnai des garanties de sa fidélité à maintenir l'Eglise établie. Jacques avait cherché plusieurs fois à rassurer les esprits à cet égard. Peu après son arrivée à Saint-Germain, il avait adressé aux lords et autres membres du conseil privé une lettre où il protestait de son intention de respecter les droits de l'Eglise établie. Le 3 février 11580, il écrivit aux pairs et aux membres des communes une lettre dans ce sens ; et il tint le même langage

quelques caéleyérent la question

l'Eglise lois, et

Les protestants jacobites lui ayant demandé , <n 1693, de renouveler ses assurances llioliques , attachés au roi s'il, pouvait en conscience promettre de i une religion qu'il croyait fausse. Des ecclésiastiques de la suite de Jacques blâmaient une telle promesse, et des seigneurs meute s'y montraient contraires. Dodd , dans son Histoire de l'Eglise d'Angleterre . nous a conservé la ri lation d'un entretien à ce sujet, cuire le roi et sir Edouard Hal«s. Celui ci était un de ses plus fidèles partisans, et il avait quitté l'Angleterre en 1090 pour rejoindre le prince. Ou voit, par sa relation, (pie Dodd possédait écrite de sa main, qu'il fit quelques objections au roi contre la Déclaration, et ce fut alors que Jacques lui dit qu'il s'était appuyé sur l'avis de quelques évèques français et de quelques docteurs de Sorbonne, et que les théologiens anglais, quoiqu'ils ne partageassent pas la même opinion , avaient reconnu qu'il pouvait en conscience suivre (285).

La Déclaration, telle qu'elle fut publiée le 17 avril 1693 (v. s.), était conçue en ces termes, pour (e qui regarde la religion : « Nous déclarons, sur notre Rî,r0,!e royale, que nous protégerons et défendrons flicane, telle qu'elle est établie parles que nous assurerons à ses membres toutes les églises , universités et écoles qu'ils possèdent aujourd'hui, ainsi que leurs dignités, droits et privilèges. Nous déclarons aussi que nous recommanderons sérieusement au parlement l'établissement d'une liberté de conscience impartiale , et telle qu'elle conviendra au bonheur de la nation. Nous déclarons de plus que nous ne violerons pas le test, que nous ne dispenserons pas de son observation , et que nous laisserons au parlement le soin d'expliquer et de limiter notre pouvoir de dispenser en d'autres matières. »

On avait dressé d'abord deux différents projets de Déclaration, qui furent soumis l'un et l'autre au jugement des évèques et des docteurs français. Nous trouvons deux des réponses qui furent faites, dans le journal anglais llie Ualhotic Gentleman s Magazine, loin. 1, n. 10, novembre ISIS , p. 7l6. La première de ces réponses est signée de Bossuel ; et la seconde, de six docteurs de Sorbonne.

Les deux formules et promesses dans .fond sont de même force. Le roi de Grande-Bretagne peut également accepter et signer, sans blesser sa conscience, et donner la préférence à celle que Sa Majesté croira la plus avantageuse [mur le bien do son service.

T'ait à Versailles, ce 12 février 1G93.

J. Bénigne, évoque de Meaux.

le

la

LETTRE DE M. L EVEQUE DE MEAUX AS. 1 M. CARDINAL DE JANSON, DL 22 MAI 1093.

LE

Monseigneur

a plu au roi d'Angleterre de me faire communiquer certains éclaircissements

qu'on demandait à Sa Majesté touchant la religion, en faveur de ses sujets protestants, lorsqu'ils se rangeraient à leur devoir; et il me fit témoigner en même temps qu'il voulait savoir de moi si je croyais qu'ils pussent blesser sa conscience. Je crus qu'il les pouvait accorder sans aucune difficulté, et je lui déclarai mon sentiment, tant de vive voix que par écrit.

Le même roi m'ordonna présentement,

(283) The Cliurch History cf England, par Dodd , t. III, p. 421.

Bseign ni-. de ... i Voire Eminence les

ij appuyé mon avis, afin

i rendre compte à Sa Sain-

le) ■ umets de tout mon

mes pensées et tontes mes vues.

i \ ! ninen«'i verra en peu de

mots, dai : inclus, les raisons qui me

uinenl à approuver la Déclaration do

Bf Ml.

i roi notre maître a au la consultation

et la ré onse, el il a approuvé mes senti-

nis. .ini se sont trouvés conformes à

s principaux docteurs de la Sor-

bs que nous ayons communiqué

Il s'agit à présent, Monseigneur, de taire

m: s raisons à un Pape donl la pru-

ice et l.-i [ > i - ■ 1 1 ' éditent par toute l'Eglise;

<m j'ose espt rer, de la bonté dont vous m'a-

toujours honoré, que vous voudrez bien

servir de celte occasion pour assurer

ce saint pontife de mes profondes soumis-

. et de l'inviolable respect que je res-

sens , comme je le dois , non-seulement

pour sa place si auguste et si sainte, mais

encore pour sa personne, dont les vertus

remplissent le monde d'édification et de joie.

Conservez-moi, Monseigneur, l'honneur

de voire amitié, et croyez que je suis tou-

jours, avec le très-humble respect que vous

connaissez, Monseigneur, votre, etc.

J. Bénigne, év. de Meaux.

Preuves du sentiment de M. Vevégue de Meaux

sur la déclaration du roi d'Angleterre.

La Déclaration qu'on demande au roi d'Angleterre, en faveur de ses sujets protestants, consiste principalement en deux points : le premier est que Sa Majesté promel a de protéger et de défendre l'Eglise anglicans, comme elle est présentement établie par les lois, et qu'elle assure aux membres d'icelle toutes leurs églises, universités, collèges et écoles, avec leurs immunités et privilèges. Le second , que Sadite Majesté promette aussi qu'elle ne violera point le serment du test, ni n'en dispensera point.

J'ai répondu et je réponds que Sa Majesté peut accorder sans dilliculté ces deux articles ; et, [jour entendre, la raison de celte réponse, il ne faut que User le sens des deux articles.

Le premier a deux parties ; l'une, de proléger et de défendre l'Eglise anglicane, comme elle est présentement établie par les lois ; ce qui n'emporte autre chose que de laisser ces lois dans leur vigueur, et comme roi, les exécuter selon leur forme et teneur.

La conscience du roi n'est point blessée ; ar Cette partie de la Déclaration, puisque la iteclion et la défense qu'il promet à l'Kmglicane protestante ne regarde (pie l extérieur, et n'oblige Sa Majesté à autre chose qu'a laisser celle prétendue Eglise dans I état extérieur où il la trouve, sans l'y

J ' «antinal de Janson élait ambassadeur

.. l.dil. de Vers.,

troubler , ni permettre qu'on la trouble.

Pour décider cette question par principes,

il faut faire grande différence entre la pro-

leclion qu'on donnerait h une fausse Eglise,

par adhérence aux mauvais sentiments qu'elle professe, cl à celle qu'on lui donne pour conserver, à l'extérieur, la tranquillité. La première protection est mauvaise, parce qu'elle a pour principe l'adhérence a la fausseté ; mais la seconde est très-bonne, parce qu'elle a pour principe l'amour de la p.'bx, et pour objet, une chose bonne et nécessaire, qui est le repos public.

Ceux qui traitent avec le roi d'Angleterre, dans celle occasion, ne lui demandent pas l'approbation de l'Eglise anglicane ; parce qu'au contraire ils le supposent Catholique, el traitent avec lui comme l'étant. Ils ne lui demandent donc qu'une protection légale, c'est-à-dire une protection extérieure, telle qu'elle convient à un roi, qui ne peut rien sur les consciences ; et tout le monde demeure d'accord que celle sorte de protection est légitime et licite.

Les rois de France ont bien donné, par l'édit de Nantes, une espèce de protection aux protestants réformés, en les assurant contre les insultes de ceux qui les voudraient troubler dans leurs exercices, et en leur accordant des espèces de privilèges, où ils ordonnaient à leurs officiers de les maintenir. On n'a pas cru que leur conscience fût intéressée dans ces concessions , tant qu'elles ont été jugées nécessaires pour le repos public, parce que c'était ce repos et non pas la religion prétendue réformée qui en était le motif. On peut dire à proportion la même chose du roi d'Angleterre ; et s'il accorde de plus grands avantages à ses sujets protestants, c'est que l'état où ils sont clans le royaume, et le motif du repos public, l'exigentainsi. Aussi ceux qui trouvent h redire à cet endroit de l'article ne mettent-ils la difficulté qu'eu ce qu'il renferme une tacite promesse d'exécuterles lois pénales qui sont décernées par le parlement contre les catholiques, parce que, disent-ils, les protestants mettent dans ces lois pénales une partie de la protection qu'ils demandent pour l'Eglise anglicane prolestante.

Mais les paroles dont se sert le roi n'emportent rien de semblable ; et il importe de bien comprendre comme parle la Déclaration. «Nous protégerons,» dit-elle, « etdéfenurons l'Eglise anglicane, comme elle est présentement établie par les lois. » il ne s'agit que des principes constitutifs de celte prétendue Eglise en elle-même, et non pas des lois pénales par lesquelles elle prétendrait pouvoir repousser les religions qui lui sont opposées.

Les principes constitutifs de la religion anglicane, selon les lois du pays, sont, premièrement, les prétendus articles de foi réglés sous la reine Elisabeth ; secondement la liturgie approuvée par les parlements ; troisièmement les homélies et instructions

de, France à Rome, il occupa ce poste jusqu'en

PART. XIV. LETTRES D1VI V

que les mêmes parlements ont autorisées. On nafiemande pas au roi qu'il se rende

!o protecteur de ces trois choses, mais seulement qu'a l'extérieur il laisse un libre cours, pour le repos de ses sujets : ce qui suffit d'un côté pour maintenir ce qui constitue à l'extérieur l'Eglise anglicane protestante, et d'autre part ne blesse point la conscience du roi. Voilà donc à quoi il s'oblige par cette première partie de l'article?, où il promet d'assurer à l'Eglise protestante, et à ses membres leurs églises, etc. La seconde a encore moins de difficulté, et môme elle tempère la première, en réduisant manifestement la protection et la défense de icane protestante aux. choses

ang!

l'Eglise

extérieures dont elle est en possession, et dans lesquelles le roi promet seulement de ne point souffrir qu'on la trouble.

Le roi est bien loin d'approuver par là l'usurpation des églises et des bénéfices ; mais il promet seulement de ne point permettre que ceux qui les ont usurpés soient troublés par des voies de fait, parce que cela ne se pourrait faire sans ruiner la tranquillité de ses Etats.

A l'égard du lest, qui fait le second article de la Déclaration du roi, il n'oblige Sa Majesté à autre chose, sinon à exclure des charges publiques ceux qui refuseraient de faire un certain serment : en quoi il n'y a point de difficulté, puisqu'on peut vivre humainement et chrétiennement sans avoir des charges.

Que s'il paraît rude aux Catholiques d'en Aire exclus, ils doivent considérer l'état où ils sont, et la petite portion qu'ils composent du royaume d'Angleterre ; ce qui les oblige a ne pas exiger de leur roi des conditions impossibles ; et au contraire à sacrifier tous les avantages dont ils se pourraient flatter, à l'avancement, au bien réel et solide d'avoir un roi de leur religion, et d'affermir sur le trône sa famille, quoique Catholique; ce qui peut faire raisonnablement espérer, sinon d'abord, du moins dans la suite, l'entier rétablissement de l'Eglise et de la foi. Que si on s'attache, au contraire, à vouloir faire la loi aux prolestants, qui sont les maîtres, on perdra, avec l'occasion de rétablir le roi, non-seulement tous les avantages qui sont attachés au rétablissement, mais encore tous Jes autres, quels qu'ils soient ; et on s'exposera à toutes sortes de maux, étant bien certain que si les rebelles viennent à bout, selon leurs désirs, d'exclure tout h la fois le roi, ils negarderont aucune mesure envers les catholiques, et ne songeront qu'à assouvir la haine qu'ils leurs portent.

Par ces raisons, je conclus, non-seulement que le roi a pu en conscience faire Ja Déclaration dont il s'agit, niais encore qu'il y était obligé ; parce qu'il doit faire tout ce qu'il est possible pour l'avantage de l'Eglise et de ses sujets catholiques, auxquels rien ne peut être meilleur, dans la conjoncture présente, que son rétablissement. On doit même regarder déjà comme un grand avantage la déclaration que fait Sa Majesté, de

recommander fortement a son pari

une impartiale liberté de conscience : cequi

montre le zèle de ce prince? pour le repos de ses sujets catholiques, et tout ensemble une favorable disposition pour eux, dans ses sujets pro lestants qui acceptent sa Déclaration .

Je dirai donc volontiers aux Catholiques, s'il y en a qui n'approuvent pas la Déclaration dont il «'agit : Noli esse justns nmltum, neque plus sapias quamnecesse est, ne obslupescas. (Eccle. vu, 17.)

Je ne doute pas que notre Saint-Père le Pape n'appuie le roi d'Angleterre dans l'exécution d'une Déclaration qui était si nécessaire, et ne pense bien des intentions d'un prince qui a sacrifié trois royaumes, toute sa famille et sa propre vie à la religion catholique. Je me soumets de tout n:on cœur à la suprême décision de Sa Sainteté.

f J. Bénigne, év. de Meaux.

Fait à Meaux, ce 22 mai 1693.

» The foregoing were originals, in the library

round wiili several other aiiioiii; l lie papers of an ohfsccretary of Ihe latc lord M effort. Tliey aie followed liy olber letters concernïng the Déclaration of IG(J3," froin lord Mellbri, cardinal de Forbin, ->.'> niay; cardinal Howard, 1 june, cardinale d'Esté, ojuue; cardinal Howard, 8 jnne : ail in the portfolio ofM Lancclol, and also containsa loi g letter from lord Penh (o the Abborl of la Trappe, on the Kmg's illness, and a short discourse of pope Clément ou bis death, wilh sundry reinaiks on [lie gênerai subjeclsof ihe calhoiic religion in England, togetber wilh a su in ma ry reciproeily of law belween Seotland, France, etc. >

Le docteur J.-S. Clarke a parlé de ces pièces dans la Vie de Jacques II, qu'il vient de publier sur les papiers originaux de la famille des Sluarts ; papiers qui étaient à Rome, et que le Souverain Pontife a envoyés au prince régent d'Angleterre. L ■: docteur entre dans quelques détails sur celle controverse, et expose les taisons des catholiques anglais, qui blâmaient la Déclaration. Le roi, dit-il, s 'étant adn ssé à quatre ecclésiastiques de sa nation, ils déclarèrent unanimement qu'il ne pouvait pas promettre, de protéger et de défendre une religion qu'il croyait erronée ; niais que rien n'empêchait qu'il ne promit de protéger et de maintenir ses sujets de l'Eglise d'Angleterre dans le libre exercice de leur rel gion, et dans la tranquille possession et jouissance de leurs bénéfices, comme aussi de conférer ces bénéfices; vu que c'était deux choses très-diûén mes, de promettre de maintenir une religion, ou seulement de maintenir ceux qui la professaient dans la possession de leurs bénéfices. Le roi ayant consulte les mêmes théologiens, pour savoir s'n pouvait pi omettre île co. sentir aux lois qu'on lui proposerait pour la sùrelé de l'Eglise établie, ils firent encore une réponse négative : car, disaient-ils, aptes une pareille promesse, le roi se irouvei ail obligé d'accéder à la proposition qu'on lui ferait, par exemple, d'élever le pi ince de Galles dans la religion anglicane, ou d'exclure tout Catholique de la succession.

L'élail là aussi à peu prés le raisonnement de sir Edouard Haies, dans sa relation de la conférence du y juin 1693 avec Jacques, ci dans ses remarques sur cet entretien. Si le ioi, disait- il, remontait sur son trône, en vertu de la déclaration du 17 avril, il se trouverait livré aux protestants, et oblige d'accéder a toutes leurs demandes; s n année et sa c*Hir seraient toutes composées de protestants ; le pnece de Galles serait entouré de protestants, et élevé par eux. Les anglicans , disait sir Edouard, pourraient-ils croire qu'un prince qui a perdu trois royaumes plu-

<H UVRES COMPLETES DE BOSSl ET.

IMG

t,M qptàt maMquer à sa religion, esl ilncèreen leur

faiMii! des promesses qui lendenl si manifestement

min • «!<• celle ii ème n ligion î Enûn, ajouiail-

\\t | . , oliques d'Angleterre et d'Irlande seraient

situation pire sous Jacques rétabli a

.(.millions, qu'ils ne Bont actuellement

s.mis le prince d'Orange; car celui-ci peul leur ac-

,!, - faveurs, l'ila veulent lui prêter, Herment

i rapportant ainsi les raisons des adversaires ,i,- |a />•</. iniiion , nous sommes loin de cherrher à combattre le sentiment <!<• Bossoel sur celle irnverse, el noua n'axons voulu que montrer qu'on disait de pari el d'aulre. Le docleur Clarkc prétend que les docteurs français revinrent sur l'avis qu'ils avaient donné. Ils s'étaient trop bâtés, selon lui. d'approuver la Déclaration i; et, après avoir pris connaissance des lois anglaises et .I,- Tarif du lest, ils donnèrent une réponse loute contraire i la première. Bossuel lui-même reconnut, quoique plus lard, qu'il s'était Irompé ; et Jacques i idonna aussi sou premier sentiment. L'historien ne cite rien de Bossuel ni des docieurs de Sorbonue, à l'appui de ce changement ; et la lettre «lu roi à l'abbé.de la Trappe u'esl pas assez précise pour confirmer ce qu'il avance. Dodd, au contraire, rapporte que sir Ed uard Haies et quelques-uns de ses amis tombèrent peu après dans une suite de race p ur ce sujet, ou pour quelque autre semblable ; et il esl probable qu'il n'eût pas manqué de fane mention du changement d'avis du roi , si ce changement avait eu lieu. Enfin dans l'article du Calltolic Geutleman's Magazine, que nous avons (île, on remarque que le lils el le pelil-iils de Jacques 11 ont toujours parlé dans le sens de la / i ; iraiion du 17 a\ril 1095 ; el on le prouve par des extraits du manifeste du prince Charles , signé à Puis le 10 mai 1715, d'une Déclaration datée de Home le -25 décembre 1743, et du manifeste donné a Edimbourg le 10 octobre 1745. Dans toutes ces pièces, les Siuarts promettent de maintenir l'Eglise établie 1 586- 87).

LETTRE CCXXI1Ï.

DE BOSSLET A M. BRUEYS (388).

Je vous envoie, Monsieur, une lettre pour monseigneur de Montpellier, comme vous l'avez souhaité. M. de Noailles sait bien la [tait que je prends à ce qui

vous touche, puisque je lui ai parlé trèssouvent de vous; et je puis dire aussi que je l'ai trouvé très-disposé à vous rendre service. Il est ici depuis hier au soir; mais

(ÔS.'jj Ckurch Hislory of England, tom. m, page (586-") Calltolic Gentleman' s Maqazine, loin. 1. n

(588) David-Augustin Brueys, né à Aix en 1640, fui élé\é dans la religion protestante. 11 avait été destiné au barreau , el même reçu avocat ; mais entraîné par son goût pour la théologie, il'se livra a l'élu, le de celte science , et devint membre du consistoire de Montpellier. Ce fut alors qu'il publia une Réponse au livre de l'Exposition de liossuet, et

tuile des Entretiens sur l'Eucharistie, où il attaque la présence réelle. Bossuel, au lieu de lui iépbquei, entreprit de le convertir, el y réussit. Après

• mon de sa femme, Brueys entra "dans L'état ec- »asiique, et composa plusieurs ouvrages pour

défendre Ibglise catholique contre les protestants.

• premier, publié peu de lemps après son abjura- ., cl dont Bossuel parle dans celle lettre, a pour

»,>.:, ulion des protestant* 1083. Juneu el plusieurs

je ne l'ai pas encore vu. Je suis ravi du nouvel ouvrage auquel vous travaillez, et j'espère qu'il fora du bien. Je ne sais si vous savez que la Gazette de Hollande a parlé de vous d'une manière bizarre, et a dit que vous aviez trouvé le moyen do traiter la controverse en catholique, sans vous dédire de rien de ce que vous aviez dit en écrivant contre moi, étant huguenot. J'ai reçu uno lettre sans nom, qui vous accuse de laisser pour indifférentes toutes les choses que vous traitez dans votre ouvrage. Ils n'ont pas entendu votre dessein, et ils ont cru qu'en cU'et vous trouviez peu considérables les articles qui, selon vous, ne devraient point arrêter les huguenots. Un mot ajouté, pour faire voir que votre argument est ad hominem, consolera, a ce que je vois, les âmes infirmes et ignorantes. Au reste, ce petit ouvrage est fort estimé, et fait de grands fruits. Il a paru, il y a près de deux mois, une réponse de M. Claude à ma Conférence; elle m'obligera à quelque réplique; mais je voudrais bien, sans tant écrire, qu'on pût pousser les adversaires à conférer avec nous. Je suis certain qu'avec la grâce de Dieu, je les confondrais sur cette matière, et qu'eu peu d'heures je ferais paraître le défaut inévitable de leur cause. Continuez, Monsieur, à les instruire, et soyez au reste persuadé que je suis avec toute l'estime et la sincérité possible , Monsieur, votre, etc.

t J. Bénigne, év. deMeaux.

Versailles, le 2 décembre 1683.

A M. DE SAINT-ANDRÉ, CURÉ DE VARFDDrB.

Bossuet lui parle de plusieurs affaires du diocèse de Meaux, et en particulier de celle quil avait avec les religieux de Itebais, touchant l'exemption.

Je commence par vous dire, Monsieur.

que vous ne sauriez me parler trop fréquemment, ni trop franchement, ni trop amplement, de tout ce que vous croirez utile pour les intérêts de l'Eglise en général, et du diocèse en particulier : tout est

autres minisires écrivirent contre cet ouvrage. Brueys les réfuta dans sa Défense du culte extérieur de l'Eglise catholique, qu'il lit paraître en 1085. U a encore donné Réponse aux plaintes des protestants contre les moyens que l'on emploie en France pour les réunir à l'Eglise, où l'on réfute les calomnies qui sont contenues dans le livre intitulé : La politique u u Clergé de France (par Jurieu ), 1680; Traité de l'Eucharistie, où, sans entrer dans la controverse, ou prouve la réalité par des vérités avouées de part el d'aulre, 1686; Traité de l'Eglise , où l'on montre que les principes des calvinistes se contredisent, 1687; Histoire du fanatisme de notre temps , et le dessein que l'on avait de soulever en France les calvinistes , 1692 , avec une suile de celle Histoire , 1709 eï. 1715. Traité de la sainte Messe, 1700; Truite de l'obéissance d s Chrétiens aux puissances temporelles, 171)9 , Brueys a composé d'autres ouvrages d'un genre différent. Il mourut à Montpellier le. 25 novembre 1723 ( Edil. de Vers. )

PAKT. XIV. LETTRES DIVERSES

î:ni

bien rec.u , et j'y fais toujours grande attention.

Je conviens de toutes les qualités que vous attribuez à M. le curé de Crepoil .mais je ne crois pas qu'il convienne nu diocèse ni à lui de le mettre à Meaux, avant qu'il nous ait donné des preuves d'une cqn-

lus sérieuse et plus

régulière. Vous

dui le p

pouvez lui dire mon sentiment, quo je lui expliquerai moi-même en lui donnant cette lettre. Je suis très-aise cependant que vous ayez accommodé son affaire avec Mme de là Trousse, et je vous en sais très-bon gré. Il faudra néanmoins le tirer de là, et j'en conviens avec vous.

Je consens que M. Treillard continue à Saint-Barthélémy : mais il faut en môme lemps qu'il ne compte plus rien du tout sur le revenu de Bouillanci, dont je disposerai absolument après avoir fait le service.

J'ai de la peine à comprendre ce que vous

part

de

Mgr de Tournay. Je J

me dites de la

conviens qu'il a déclaré plusieurs fois, à l'audience, qu'il ne voulait point soutenir la juridiction de Rebais (389) : mais ce serait contredire à cette déclaration que de vouloir encore soutenir la transaction de 1112, comme les religieux semblent le vouloir; puisqu'ils ne donnent aucun désistement ni sur celle transaction, ni sur leur prétendu privilège. Jusqu'à ce qu'ils s'expliquent, je crois être obligé de poursuivre tant contre eux que contre M. de Tournay, et je poursuis l'audience où ce sage prélat pourra faire telle déclaration qu'il lui plaira. Cependant, pour la procédure, il faut que j'agisse également contre les abbés et religieux. Vous pouvez dire néanmoins à Mgr de Tournay que je ne puis lui refuser de dignes louanges pour la volonté qu'il continue de témoigner, de ne vouloir point combattre les droits de l'épiscopat, où il tient un si grand rang : mais si les religieux ne conviennent, le procès ne sera pas fini. Si vous apprenez de lui quelque chose sur

Sur Si

l'aire des offres compétentes, ou d'acquiescer pour éviter les dépens, qu'en ce cas je remettrai.

Je vous envoie la commission que votre charité vous oblige à me demander :je vous donne toute mon autorité, que je sais bien <pie votre prudence ne vous permettra jamais de mettre en compromis.

J'ai passé à Farrooutiers, où j'ai vu do très-bons effets de votre administration, et des espérances meilleures encore. Je suis à vous avec toute l'estime et la confiance possible.

A Germigny, ce 18juin 1G95.

LETTRE CCXXV.

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