‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 252 sur 458 · DE BOSSUET AU MÊME · texte numérisé non relu

DE BOSSUET AU MÊME

ïl lui dit son sentiment sur sa protestation, et lui donne différents avis.

J'ai reçu les deux paquets que vous m'avez envoyés, et en particulier celui où était la censure de Mgr votre évêque, avec votre protestation. Vous voulez que je vous en dise mon sentiment, et je le fais volontiers, par l'estime que j'ai eue de tout temps pour vous.

I. La censure est très-juste , très-précise, très-modérée ; et dans votre protestation vous promettez d'y souscrire.

IL Dans cet esprit vous condamnez les quatre propositions censurées, en désavouant seulement de les avoir avancées.

III. Sur ce pied, et en révoquant tout le reste , qui pourrait tendre à faire penser qu'on en veut a la mémoire et à la doctrine de feu Mgr de Luçon , vous rendez une pleine soumission au jugement de votre évêque.

IV. Je vois que vous avezdéféré à l'interdit de votre prélat; en quoi je vous loue : et je dois seulement vous dire que personne n'approuve ici la réponse que vous lui fîtes sur l'excommunication injuste, dont vous lui devez demander pardon.

V. A ces conditions, je suis prêt à supplier Monseigneur de vous rétablir dans vos fonctions et de vous recevoir dans l'honneur de

ses bonnes grâces; et je commence à le fot'r • dès aujourd'hui , par une lettre que j'ai l'honneur de lui écrire.

VI. Par ce moyen, il demeurera inutile d'examiner vos sermons ; et Mgr de Luçon sera supplié do ne plus entrer dans c< t examen, content de ce qu'il avait exigé d'abord, qui est que vous souscrivissiez à la censure, et condamnassiez les propositions purement et simplement, comme vous faites.

VIL Si vous avez appelé, ce que je ne vois poiat dans les actes que vous m'avez envoyés, mais seulement dans votre lettre du 10 mars, il faudra vous désister de tout appel , et vous soumettre à votre prélat , qui , semblable à celui qui l'a envoyé, ne veut point la mort du pécheur ni sa condamnation, mais sa soumission.

VIII. Vous devez aussi renoncer à défendre le diocèse, qu'on n'attaque pas, et la mémoire de feu Mgr de Luçon, à laquelle vous faites tort en supposant qu'on l'attaque, et vous offensez sa parenté.

J'envoie copie de cette lettre à Mgr de Luçon, et j'espère que vous recevrez des marques de ses bontés. Je suis avec estime et de bien bon cœur, etc.

A Paris ce 19 avril 1701.

LETTRE CCXLXXXV.

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