‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 254 sur 458 · A M. PASTEL, D0C1EVH EN SORBONNE · texte numérisé non relu

A M. PASTEL, D0C1EVH EN SORBONNE

Sur une lettre de Dcscarles, louchant la transsubstantiation.

Vous entendîtes, Monsieur, ces jours passés, M. Pourchot, qui me disait qu'il avait une lettre de M. Descartes sur la transsubstantiation. Je vous prie de la lui demander, et de prendre le soin de m'en envoyer une copie. Il n'est pas nécessaire qu'on sache ma curiosité ; c'est à bonne (in. Je vois de grands inconvénients à la publier; et si elle est telle que je l'imagine, sur Je récit qu'on m'en a l'ail, elle n'évitera pas la censure. M. Descaries a. toujours craint d'être noté par l'Eglise; et on lui voit prendre sur cela des précautions, dont quelques-unes allaient jusqu'à l'excès Quoique ses amis pussent désavouer pour lui une pièce qu'il n'aurait pas donnée lui-même, ses ennemis en tireraient cies avantages qu'il ne faut pas leur donner. Je vous en dirai davantage quand j'aurai vu la lettre, et je ne ferai point difficulté d'en

(403) Ces deux letlres de Dcscarles sur l'Euchansiie oui élé imprimées pour h première fois en '"XII. dans l'ouvrage iulilulé Pensées de Descartes >ur la religion et la morale, pa;-c 2.'jU et suiv. (Edit. île Xcr .,

• > U livre dont il s'agit ici était intitulé : Ques-

om in portantes, ci fui publié à l'occasion de la

^'.oire des congrégation» Lie auxiliis, elc.

Le livre se vendu publi juemcni à Paris dès la lin du

dire non sentiment à M Pourchot. J>' vou i prie de lui faire mes compliments, et de bien croire, Monsieur, que je suis sincèrement à

vous.

A Meaux, ce 2V mars 1701.

LETTRE CCEXXXIX.

AU MEME

// lui marque son jugement sur les deux lettres de Descaries, qu'il lui ai ail envoyées.

J'ai reçu, Monsieur, avec voire lettre la copie que vous avez faite des deux de M. Dcscarles (iG3). Vous pouvez dans l'occasion bien assurer notre ami qui m'en parla, qu'elles ne passeront jamais, et qu'elles se trouveront directement opposées à la doctrine catholique. M. Descaries, qui ne voulait point être eensuré, a bien senti qu'il les fallait supprimer, et ne les a pas publiées. Si ses disciples les imprimaient, ils seraient une occasion de donner atteinte à la réputation de leur maître, et il y a de la charité à les en empêcher. Pour moi, je liens pour suspect tout ce qu'il n'a pas donné luimême; et dans ce qu'il a imprimé, je voudrais qu'il eût retranché quelques points, pour être entièrement irrépréhensible par rapport à la foi; car pour le pur philosophique, j'en fais bon marché. Par le titre qu'ont les deux lettres, il me semble qu'elles soient déjà imprimées, et qu'elles aient servi de véhicule à des écrits déjà publics. Je suis avec eslime et affliction, etc.

A Meaux, ce 30 mars 1701.

LETTRE CCXG.

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