DE NOAILLES, ARCIIEVL ( DE PARIS
7/ lui fait sentir tous les vices de la version du Nouveau Testament de Richard Simon, imprimée à Trévoux, cl de quelle nécessité il est d'y remédier efficacement.
J'envoie enfin mes remarques îi Votre Fminence : je la supp ie de les vouloir | communiquer à M. i'irot ; et (pian i il lui en aura rendu compte, et que Votre Eminence elle-même en aura pris la connaissance que ses grandes et continuelles occupations lui pourront permettre, qu'elle veuille bien me prescrire 1 usage que j'en dois l'aire. Nous devons tout à la vérité et à l'Evangile ; et dès (pie l'affaire est devant vous, Monseigneur, je tiens pour certain que non-seulement vous y ferez par vous-même ce qu'il faudra, mais encore que vous ferez voir, à moi et aux autres, ce qu'il convient à chacun. J'ose seulement vous dire qu'il y faut regarder de près-, et qu'un verset échappé peut causer un embrasement universel. Je trouve presque partout des erreurs, des vérités affaiblies, des commentaires et encore des commentaires mauvais , mis à la place du texte, et enfin les pensées des hommes au lieu de celles de Dieu; un mépris étonnant des locutions consacrées par l'usage de l'Eglise; et enfin de tels obscurcissements, qu'on ne peut les dissimuler sans prévarication. Aucune des fautes de cette nature ne peut passer pour peu importante; puisqu'il s'agit de l'Evangile, qui ne doit perdre ni un iola ni un de ses traits.
Je supplie Votre Eminence de croire
faire. Il semble qu'il n'en ait voulu faire que cl" en appuyant mes remarques avec un peu
pour donner atteinte à ce verset autorisé par saint Cyprien, comme l'évèque d'Oxford l'a remarqué dans l'édition de ce Père, au livre De l'unité de l'Eglise. Je ne sais si ce qu'il dit des censeurs de Rome sous Urbain VJII, que tous les manuscrits grecs étaient sans ce septième verset, est bien vrai, mais il semble ne le remarquer que pour faire entendre qu'ils ont eu tort de l'avoir voulu retenir dans le plan d'une nouvelle édition grecque qu'ils ont dressée. Je ne dis rien du prologue de saint Jérôme sur les sept Epi; très canoniques ; parce que l'auteur n'en parle pas ici comme il en avait parlé dans sa critique contre ce qu'en dit Tévèque d'Oxford.
Je suis avec un très-profond respect, etc.
TlROT.
En Sorbonne, le 29 avril 1702.
(508) Cet ouvrage est principalement dirigé contre M. Steyaerl, docteur de la Facullé.de Louvain ; et à la tête de la neuvième partie de ses Difficultés à ce docteur, M. Arnauld a mis une longue dissertation contre Richard Simon, touchant les exemplaires sur lesquels cet écrivain prétendait que l'ancienne Vulgate avait été faite.
(509) Celle lettre et les suivantes furent écrites par bossue!, en envoyant à ceux à qui elles so:.t
>lusde loisir, je puis, par la grâce de Dieu, es tourner en démonstrations. On peut remédier au mal à force de carions : mais il faudra que le public en ait connaissance; puisque sans cela le débit qui se fait du livre porterait l'erreur par tout l'univers, et qu'il ne faut pour cela qu'un seul exemplaire. Je m'expliquerai davantage, Monseigneur, sur les desseins que l'amour de la vérité me met dans le cœur, quand j'aurai appris sur ceci les sentiments de Votre Eminence.
Post-scriptum de la main de M. de Meaux. Le prier, pendant les occupations de l'assemblée, de faire examiner mes remarques non-seulement par M. Pirol, mais encore par MM. de Beau fort et Boileau, cl de mu donner communication de ses remarques, qui donneront lieu à de nouvelles réflexions.
Le 10 mai 1702.
adressées ses remarques sur la version du Nouveau Testament de M S mon. M. de .Meaux fondit depuis tomes ces remarques dans ses deux Instructions pastorales sur la version de Trévoux, insérées au t'.Mne X de celle édition. Au reste, les trois let- Ires qui suivent sont sans (laie dans les originaux; mais on voil par le Journal de il. Ledieu, secrétaire de Bossuet, qu'elles turent envoyées de Meaux, le 10 mai 1702.
CEI VUES COMPLETES 1>K BOSSl'KT.
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