‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 263 sur 458 · REPONSE DE BOSSU ET · texte numérisé non relu

REPONSE DE BOSSU ET

// fait sentir à M. Pirot combien il es! née saire de relever les erreurs es autres écrit. < de Richard Simon, en même temps qié corrigera sa version ; cl l'avcrlit guil a de quoi confondre ce téméraire écrivain, s'il ne s'exécute lui-même. Jugement du prélat sur la version du P. Bouhours.

Je suis bien aise, Monsieur, .de voir par votre lettre, que mes remarques sont entre

vos mains, et que vous les ayez lues. Je no prétends pas qu'elles soient toutes d'une égale conséquence ; mais je crois qu'il n'j (u a guère qui ne demandent îles carions, Pour moi, je n'ai jamais vu d'exemple d'une pareille témérité. Je crois pourtant qu'à force de cartons on pourrait rendre I ouvrage 'passable; mais on n'en fera jamais une version parfaite. Je crois de [lus qu'eu môme temps qu'on corrigera cet ouvra; i . il ne sera pas permis de se taire sur les autres erreurs de ses Critiques, \ ûur deux raisons : la première, qu'on ne doit recevoir un Nouveau Testament que d'une main irrépivchaide: autrement ce serait donner de l'autorité à un homme qui n'en peut avoir

(514) Dominique Bouhours, k5suii<», auteur de plusieurs ouvrages estimés, mort à l'àg< ilo soixjmte-

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- iruit des principes et mai taies posés

« ,u.~ - ' ritifueg qui ont précédé. Ainsi ce

serait trahir la vérité que de laisser sans

- I ritiùuu île l'auteur, a commencer

parcelles du Vieux Testament.

Je suis assuré qu'il y a de quoi le cunfondre jusque l'empêcher de lever lus yeux, il \ i trop longtemps que ce faux critique se joue de l'Eglise, et il paraît que Dieu a permis les prodigieuses erreurs de sa vernon, pour faire naître une occasion de noter - I fautes passées. C'est un ouvrage déjà presque fait; cl je puis, en très-peu de temps, le mettre en état de voir Uî jour. Je vous prie que ceci demeure entre vous cl moi durant quelque temps, et de l'expliquer seulement à Son Eminence, en lui demandant un pareil secret : la raison qui m'y i blige, c'est que je fais secrètement une tentative pour obliger l'auteur à se rétracter lui-même; et il semble qu'il n'en paraisse pas éloigné : cela serait plus doux et pus fort d'une certaine manière, parce qu'on aurait son consentement. Je saurai bientôt ee qu'il y a à espérer de ce côté-là, et j'en rendrai comptée Son Eminence.

Quoi qu'il en soit, il y va de tout pour la religion de faire connaître cet auteur, qui v e il moque tout visiblement, et d'abattre c lui une cabale de faux critiques dont il est le chef, et qui ne travaillent qu'à ôler toute autorité aux saints Pères et eux décisions de l'Eglise. Je vois cela si clair, que je ne crois pas pouvoir me taire en conscience; il je suis persuadé que Son Eminence • lemcurera convaincue de la vérité de mon Bealiment, par les raisons que j'aurai à lui fxposer. Mais il est bon d'aller doucement, et de lâcher de tirer le consentement de l'auteur, qu'il m'a lui-même offert autrefois; et il ne tint pas à moi que la chose ne ;ûl exécutée.

Au reste, la version est si gâtée, que je ne rais ouvrir le livre sans y trouver quelque tacite. Aujourd'hui , sans aller plus loin, je trouve au chapitre x , verset '* de la première Epitre aux Corinthiens, que le traducteur fait suivre les eaux, quoique saint Paul dise expressément : Bibebant apirituali conséquente eos pelra : ce qui litre que c'est la pierre qui suit, et non ix. La note brouille aussi tout cet endroit : el quoique celte remarque puisse pa- !«ître peu importante, à cause qu'elle ne telle | as la loi, elle montre une hardiesse substituer ses pensées à celles de saint Paul, qui ne doit pas être soufferte.

A" même chapitre, note sur le verset 22, • traite d'indifférent de mander des

choses immolées

pourvu qu'on évite le

s'enquérir scrupuleusement si une viande a été immolés Ou non; mais lorsqu'il est certain el notoire qu'elle l'a été, il est mauvais de soi d'en manger; et c'est saint Paul qui le décide lui-même dans les versets précédents. On ne finirait point sur celle matière ; et je ne vois rien de plus important dans l'Eglise que de réprimer ces dangercu critiques : je n'en dirai pas davantage quant à présent.

Je suis fâché de la mort du P Bouliours, qui était de mes amis; mais je ne lui aurais I as cédé sur le pour que. Ces expressions aifeetées et de mode me semblent indignes, je ne dis pas d'une version de l'Evangile, mais encore de tout ouvrage sérieux.

Je n'ai pas besoin de vous prier de choisir les moments de Mgr le cardinal, parmi les affaires qui l'accablent, et surtout durant l'assemblée. Quand j'aurai quelque réponse ou de l'auteur ou de M. Bourret, à qui les remarques doi-vent être à présent communiquées, je vous en dirai davantage.

A Meaux, ce 28 mai 1702.

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